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Meta engagerait 13 milliards de dollars canadiens pour son premier centre de données au Canada

Selon plusieurs sources, Meta serait le client anonyme du projet Greenlight en Alberta, un centre de données dédié à l'intelligence artificielle alimenté par une centrale au gaz de 932 MW. L'investissement total avoisinerait 13 milliards de dollars canadiens, une première pour le groupe au Canada.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite de flux de données interconnectés et d'infrastructures énergétiques, symbolisant un centre de données dédié à l'intelligence artificielle

Le groupe Meta Platforms, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, serait sur le point d'engager environ 13 milliards de dollars canadiens dans un vaste centre de données dédié à l'intelligence artificielle en Alberta. Selon les informations publiées le 7 juillet 2026 par Juno News, citant plusieurs sources proches du dossier, il s'agirait du premier centre de données du géant américain sur le sol canadien. Ni Meta ni ses partenaires n'ont confirmé officiellement cette identification à ce stade.

Un client resté anonyme derrière la centrale Greenlight

Le projet s'articule autour de la Greenlight Electricity Centre, une centrale au gaz naturel dont la construction a été validée le 2 juillet 2026 par Pembina Pipeline et deux partenaires. D'une puissance de 932 mégawatts, l'installation sera implantée dans le comté de Sturgeon, au sein de l'Industrial Heartland de l'Alberta, au nord d'Edmonton. Son coût est estimé à 4,6 milliards de dollars canadiens et sa mise en service est visée pour le second semestre 2030.

Pembina Pipeline développe le projet aux côtés de Morgan Stanley Infrastructure Partners et de Kineticor Asset Management. Les permis obtenus autorisent un doublement ultérieur de la capacité, jusqu'à 1 864 MW, ce qui laisserait au client la possibilité d'étendre son empreinte énergétique lors de phases suivantes. Au moment de l'annonce, la province et les entreprises n'ont pas nommé le client alimenté par la centrale.

La Greenlight Electricity Centre illustre parfaitement cette approche. En demandant aux centres de données d'apporter leur propre production et de financer les infrastructures électriques associées, ce cadre garantit que des projets comme celui ci réduiront réellement les coûts de transport sur les factures d'électricité des Albertains.

Danielle Smith, Première ministre de l'Alberta

Une stratégie albertaine taillée pour les hyperscalers

L'Alberta cherche activement à attirer les développeurs dits hyperscale, comme Meta et Google, mais son réseau électrique ne dispose pas actuellement d'assez de capacité pour accueillir plusieurs projets de cette ampleur. La province privilégie donc les projets qui construisent ou contractent leur propre production, un modèle que la centrale au gaz vient concrétiser. La centrale consommerait environ 150 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour.

Selon Danielle Smith, un tel investissement n'aurait pas été possible sans l'accord énergétique signé en novembre entre Ottawa et l'Alberta. Les deux gouvernements ont notamment convenu de suspendre la réglementation fédérale sur l'électricité propre, que la province jugeait susceptible d'alourdir les coûts et de fragiliser la fiabilité d'un réseau largement dépendant du gaz naturel.

Ce que le projet représente pour Pembina

Pour Pembina Pipeline, l'opération se traduit par un investissement net d'environ 2,1 milliards de dollars canadiens après prise en compte du produit de la vente de terrains. Le groupe anticipe un excédent brut d'exploitation ajusté d'environ 310 millions de dollars canadiens par an. Près de 85 % du coût de construction serait sécurisé par des contrats à prix fixe, ce qui limite l'exposition du promoteur aux dérapages budgétaires.

Le site s'inscrit dans une zone qui concentre raffineries, complexes pétrochimiques et installations de captage et de stockage du carbone. Cette proximité pourrait aider les acteurs technologiques à contenir l'empreinte carbone liée aux charges de calcul de l'intelligence artificielle, un argument mis en avant par la province pour justifier son positionnement.

Un montant encore susceptible d'évoluer

Le chiffre de 13 milliards de dollars canadiens reste une estimation. Selon Juno News, l'enveloppe finale pourrait changer, la validation définitive par Mark Zuckerberg et le conseil d'administration de Meta n'étant pas confirmée. Le projet a par ailleurs fait l'objet d'un recours devant les tribunaux de la part d'une Première Nation locale, ce qui rappelle que les grands centres de données restent sensibles aux enjeux fonciers et environnementaux.

Pour l'épargnant, cette annonce illustre l'accélération des dépenses d'infrastructure liées à l'intelligence artificielle, un thème qui pèse désormais lourdement sur les résultats et les valorisations des géants technologiques cotés. Les montants engagés par Meta, Microsoft, Alphabet ou Amazon alimentent un débat récurrent sur le rythme de retour sur investissement de ces capacités de calcul.

Ce qu'il faut surveiller

  • Une confirmation officielle par Meta ou Pembina de l'identité du client et du montant total engagé.
  • Le calendrier des recours judiciaires susceptibles de retarder la mise en service prévue en 2030.
  • La décision d'activer ou non la seconde phase portant la capacité à 1 864 MW.
  • L'impact sur les dépenses d'investissement de Meta et sur sa communication financière trimestrielle.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.