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Holcim proche du feu vert européen pour Xella après la cession d'un actif roumain

Holcim devrait obtenir l'aval de la Commission européenne pour le rachat de Xella, évalué à 1,85 milliard d'euros, après s'être engagé à céder un actif roumain. Bruxelles doit statuer d'ici au 12 juin sur cette opération qui consolide le groupe suisse en Europe.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite évoquant la consolidation du secteur des matériaux de construction en Europe et le contrôle des concentrations

Le groupe suisse Holcim devrait recevoir l'aval de la Commission européenne pour le rachat de l'allemand Xella, une opération valorisée à 1,85 milliard d'euros, selon des sources proches du dossier. Cette autorisation interviendrait après l'engagement pris par Holcim de céder un actif situé en Roumanie, afin de répondre aux inquiétudes de Bruxelles sur la concurrence.

L'exécutif européen doit rendre sa décision d'ici au 12 juin. Le délai d'examen avait été allongé après le dépôt par Holcim de propositions de remèdes, signe que l'opération soulevait des questions de concentration sur certains marchés nationaux.

Une acquisition pour renforcer les systèmes de murs

Annoncé le 20 octobre 2025, le rachat porte sur Xella, spécialiste des systèmes de murs basé à Duisbourg, en Allemagne. Holcim acquiert l'entreprise auprès du fonds de capital-investissement américain Lone Star Funds. Xella emploie environ 4 350 personnes et exploite 56 sites de production répartis dans 21 pays.

Le portefeuille de Xella réunit des marques reconnues dans la construction: Ytong et Silka pour la maçonnerie, Hebel pour le béton cellulaire armé et Multipor pour l'isolation thermique. Le groupe allemand vise un chiffre d'affaires de l'ordre du milliard d'euros pour 2025.

Pour Holcim, l'opération doit être relutive dès la première année sur le bénéfice par action et sur le flux de trésorerie disponible. Le groupe table sur des synergies récurrentes de 60 millions d'euros au niveau de l'excédent brut d'exploitation à partir de la troisième année.

La Roumanie au cœur des remèdes

Le point sensible du dossier se situe en Roumanie, où les positions des deux groupes se chevauchent. Xella y est le leader du marché des blocs de béton cellulaire, exploitant des usines à Paulesti, Deva et Oradea sous les marques Ytong et Macon. Holcim, déjà solidement implanté dans le ciment et les granulats roumains, aurait vu sa part de marché renforcée par l'acquisition.

Pour lever ces réserves, Holcim a proposé de se séparer d'un actif roumain. Cette cession vise à préserver une concurrence suffisante sur le segment des matériaux de murs, là où l'addition des deux entités aurait créé l'un des portefeuilles les plus diversifiés du pays.

Les remèdes structurels, comme la vente d'une usine ou d'une activité, restent l'outil privilégié de Bruxelles pour autoriser une fusion tout en maintenant la pression concurrentielle sur un marché donné.

Un calendrier encore ouvert

Si la Commission valide les engagements, l'autorisation européenne constituerait une étape majeure, sans pour autant clôturer le processus. La finalisation de l'opération reste attendue au cours du second semestre 2026, sous réserve des feux verts des autorités de concurrence dans plusieurs juridictions.

Pour Holcim, qui a achevé en 2025 la scission de ses activités nord-américaines, ce rachat illustre une stratégie de croissance ciblée sur les solutions de construction à plus forte valeur ajoutée en Europe. L'intégration de Xella élargirait l'offre du groupe au-delà du ciment, des granulats et du béton, vers les systèmes de murs et l'isolation.

Ce qu'il faut surveiller

La décision attendue le 12 juin précisera le périmètre exact de l'actif roumain cédé et l'identité d'un éventuel repreneur, point clé de la solidité du remède aux yeux de Bruxelles. Les investisseurs suivront aussi l'avancement des autres autorisations réglementaires nécessaires hors Union européenne, déterminantes pour une clôture au second semestre 2026.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.