
PFU ou Barème Progressif : Choisir la Fiscalité de ses Rachats
PFU (flat tax) ou barème progressif pour vos rachats d'assurance vie : seuils de TMI, CSG déductible, option globale, exemples chiffrés pour choisir l'option qui réduit votre impôt.
Depuis le 1er janvier 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé "flat tax", est le mode d'imposition par défaut des gains issus de l'assurance vie. Fixé à 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), ce taux s'applique automatiquement à chaque rachat. Mais le législateur a maintenu une alternative : l'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, souvent plus avantageuse pour les contribuables faiblement imposés. La règle de décision est simple : en dessous d'une tranche marginale de 11 %, le barème gagne presque toujours ; au-delà, le PFU l'emporte. Tout le reste relève de l'ajustement fin.
Sur les 54 millions de contrats d'assurance vie en France, pour 18 millions de souscripteurs, représentant 2 107 milliards d'euros d'encours fin 2025 (France Assureurs, 2026), des millions de détenteurs effectuent chaque année des rachats sans avoir optimisé leur choix fiscal. Cet article vous donne la méthode pour déterminer, selon votre tranche marginale d'imposition, votre situation familiale et vos autres revenus de capitaux mobiliers, quelle option réduit réellement votre charge fiscale.
À retenir :
- Le PFU sur l'assurance vie reste à 30 % avant 8 ans et 24,7 % après 8 ans, alors que la flat tax des autres revenus du capital passe à 31,4 % au 1er janvier 2026 (loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025).
- L'assurance vie est explicitement exclue de la hausse des prélèvements sociaux : ils restent à 17,2 %, contre 18,6 % désormais sur dividendes, intérêts, PEA et PER (France Assureurs, 2026).
- Le point de bascule se situe à la TMI de 11 % : en dessous, le barème progressif gagne presque toujours ; à 30 % et au-delà, le PFU est quasi systématiquement préférable.
- L'option pour le barème, cochée case 2OP, s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année, pas seulement à l'assurance vie.
- Depuis 2026, cette option n'est plus irrévocable : vous pouvez la rectifier après votre déclaration (loi de finances 2026).
Le PFU (flat tax) : fonctionnement et taux
Un taux unique, une simplicité apparente
Le PFU a été instauré par la loi de finances pour 2018 dans un objectif de simplification. Son fonctionnement repose sur trois composantes :
- 12,8 % d'impôt sur le revenu (taux forfaitaire, indépendant de vos autres revenus)
- 17,2 % de prélèvements sociaux sur l'assurance vie (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %)
- Total : 30 % sur les gains compris dans le rachat
Le PFU est l'option par défaut. Si vous ne faites rien, c'est ce régime qui s'applique. L'assureur prélève un acompte de 12,8 % lors du rachat (ou 7,5 % pour les contrats de plus de 8 ans avec des versements inférieurs à 150 000 euros), régularisé ensuite lors de la déclaration de revenus.
Ce qui change en 2026 : la flat tax monte à 31,4 %, sauf pour l'assurance vie
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025) relève la CSG sur les revenus du capital de 1,4 point, via la création d'une contribution financière pour l'autonomie. Le taux de CSG de droit commun passe de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. La flat tax globale grimpe ainsi à 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) sur la plupart des placements.
L'assurance vie échappe à cette hausse. Par dérogation, les produits d'assurance vie, comme les revenus fonciers, les plus-values immobilières et l'épargne logement, restent soumis aux prélèvements sociaux à 17,2 %. Le PFU sur un rachat d'assurance vie demeure donc à 30 % avant 8 ans, alors que les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, gains de PEA et de PER subissent désormais 18,6 % de prélèvements sociaux. Pour le détail de cette réforme, consultez notre analyse des prélèvements sociaux 2026 sur le PER et le capital.
| Placement | IR (PFU) | Prélèvements sociaux 2026 | Total flat tax |
|---|---|---|---|
| Assurance vie (moins de 8 ans) | 12,8 % | 17,2 % | 30,0 % |
| Assurance vie (plus de 8 ans, au-delà de l'abattement) | 7,5 % | 17,2 % | 24,7 % |
| Dividendes, intérêts, plus-values mobilières | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| PEA (retrait avant 5 ans) | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| PER (sortie en capital, part gains) | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
Cette divergence renforce l'attrait fiscal relatif de l'assurance vie face aux autres enveloppes, et complique le calcul de l'option globale détaillée plus loin.
L'exception des contrats de plus de 8 ans
Après 8 ans de détention, le taux d'impôt sur le revenu est réduit pour les versements n'excédant pas 150 000 euros :
- 7,5 % au lieu de 12,8 % sur la fraction des gains correspondant aux versements jusqu'à 150 000 euros
- 12,8 % sur la fraction correspondant aux versements excédant 150 000 euros
- L'abattement annuel de 4 600 euros (célibataire) ou 9 200 euros (couple) s'applique en priorité sur les gains
La taxation globale passe ainsi à 24,7 % (7,5 % + 17,2 %) au-delà de l'abattement, contre 30 % avant 8 ans. Le seuil de 150 000 euros s'apprécie en additionnant les primes versées sur l'ensemble de vos contrats, nettes de rachats. Pour une analyse complète du régime après 8 ans, consultez notre article sur l'assurance vie après 8 ans.
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Faire le quizLe barème progressif : une alternative souvent sous-estimée
Le principe : vos gains imposés comme vos salaires
En optant pour le barème progressif, les gains de votre assurance vie sont intégrés à votre revenu imposable global et soumis aux tranches d'imposition de droit commun. Voici le barème 2026, applicable aux revenus 2025, revalorisé de 0,9 % par la loi de finances du 19 février 2026 :
| Tranche de revenu imposable (par part) | Taux marginal d'imposition (TMI) |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 euros | 0 % |
| De 11 601 à 29 579 euros | 11 % |
| De 29 580 à 84 577 euros | 30 % |
| De 84 578 à 181 917 euros | 41 % |
| Au-delà de 181 917 euros | 45 % |
Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur l'assurance vie dans les deux cas. Mais le barème progressif ouvre deux avantages que le PFU ne procure pas.
Avantage 1 : un taux potentiellement inférieur
Si votre TMI est de 0 % ou 11 %, le barème progressif est mécaniquement plus favorable que le PFU à 12,8 %. Vous payez moins d'impôt sur le revenu sur la part des gains, voire aucun impôt si vous n'êtes pas imposable.
Avantage 2 : la CSG déductible
Lorsque vous optez pour le barème progressif, une fraction de la CSG payée, précisément 6,8 points, devient déductible de votre revenu imposable de l'année suivante. Cette déduction n'existe pas avec le PFU. Le taux déductible reste fixé à 6,8 % en 2026, malgré la hausse de la CSG : sur les placements désormais taxés à 18,6 %, la fraction non déductible augmente, mais l'assurance vie conserve son régime à 17,2 % avec 6,8 points déductibles.
Concrètement, sur 10 000 euros de gains d'assurance vie, la CSG déductible représente 680 euros (10 000 x 6,8 %). Cette somme réduit votre base imposable l'année suivante, générant une économie d'impôt proportionnelle à votre TMI : 75 euros à 11 %, 204 euros à 30 %.
Tableau de décision : PFU ou barème selon votre TMI
Le tableau ci-dessous compare la charge fiscale totale (impôt sur le revenu plus prélèvements sociaux) pour 10 000 euros de gains d'assurance vie, selon votre TMI et l'option choisie. L'effet de la CSG déductible est intégré pour le barème progressif.
Pour un contrat de moins de 8 ans
| TMI | PFU (taux IR) | PFU total (IR + PS) | Barème (taux IR) | Barème total (IR + PS) | CSG déductible (économie N+1) | Option recommandée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 % | 12,8 % | 30,0 % | 0 % | 17,2 % | 0 euros | Barème |
| 11 % | 12,8 % | 30,0 % | 11 % | 28,2 % | 75 euros | Barème |
| 30 % | 12,8 % | 30,0 % | 30 % | 47,2 % | 204 euros | PFU |
| 41 % | 12,8 % | 30,0 % | 41 % | 58,2 % | 279 euros | PFU |
| 45 % | 12,8 % | 30,0 % | 45 % | 62,2 % | 306 euros | PFU |
Pour un contrat de plus de 8 ans (versements inférieurs à 150 000 euros, au-delà de l'abattement)
| TMI | PFU (taux IR) | PFU total (IR + PS) | Barème (taux IR) | Barème total (IR + PS) | CSG déductible (économie N+1) | Option recommandée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 % | 7,5 % | 24,7 % | 0 % | 17,2 % | 0 euros | Barème |
| 11 % | 7,5 % | 24,7 % | 11 % | 28,2 % | 75 euros | PFU (sauf CSG déductible significative) |
| 30 % | 7,5 % | 24,7 % | 30 % | 47,2 % | 204 euros | PFU |
| 41 % | 7,5 % | 24,7 % | 41 % | 58,2 % | 279 euros | PFU |
| 45 % | 7,5 % | 24,7 % | 45 % | 62,2 % | 306 euros | PFU |
Le point de bascule se situe clairement autour de la TMI de 11 %. En dessous, le barème progressif gagne presque toujours. Au-dessus, le PFU l'emporte largement, son taux d'impôt sur le revenu étant plafonné à 12,8 %.
Nuance pour la TMI à 11 % et les contrats de plus de 8 ans : le taux du PFU est de 7,5 %, inférieur au barème de 11 %. Cependant, si vous disposez par ailleurs de revenus de capitaux mobiliers importants déjà imposés au PFU (dividendes, intérêts), l'option globale pour le barème reste parfois intéressante grâce à la CSG déductible et à l'abattement de 40 % sur les dividendes. La hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % sur ces revenus, alors que l'assurance vie demeure à 17,2 %, modifie l'équation et impose une simulation au cas par cas.
Le piège de l'option globale
Une décision qui s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers
C'est le point le plus critique à comprendre : l'option pour le barème progressif n'est pas spécifique à l'assurance vie. En cochant la case 2OP de votre déclaration de revenus, vous appliquez le barème progressif à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année :
- Gains d'assurance vie (prélèvements sociaux à 17,2 %)
- Dividendes d'actions (prélèvements sociaux à 18,6 % depuis 2026)
- Intérêts de comptes à terme et livrets fiscalisés (18,6 %)
- Plus-values de cession de valeurs mobilières (18,6 %)
- Produits de PEA en cas de retrait avant 5 ans (18,6 %)
Cette globalité signifie qu'un choix optimal pour vos gains d'assurance vie peut se révéler défavorable pour vos dividendes, ou inversement. Depuis l'entrée en vigueur de la hausse de CSG, l'écart de prélèvements sociaux entre l'assurance vie et les autres revenus accentue l'importance d'une simulation complète intégrant l'ensemble de vos revenus financiers.
Pour comprendre les cases à remplir selon votre choix, consultez notre guide sur l'assurance vie et la déclaration d'impôts.
Une option désormais révocable
Bonne nouvelle pour 2026 : le caractère irrévocable de l'option 2OP a été supprimé. Auparavant, le choix du barème, une fois exercé, engageait définitivement le contribuable pour l'année concernée. Désormais, vous pouvez revenir sur votre option après le dépôt de la déclaration, dans les délais de réclamation, ce qui réduit considérablement le risque d'une erreur de calibrage.
Comment simuler avant de choisir
La démarche méthodique consiste à :
- Lister l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année, en distinguant ceux à 17,2 % (assurance vie) et à 18,6 % (autres)
- Calculer l'impôt total avec le PFU (option par défaut)
- Calculer l'impôt total avec le barème progressif, en intégrant l'abattement de 40 % sur les dividendes et la CSG déductible
- Comparer les deux montants
Cette simulation est proposée sur le site impots.gouv.fr lors de la saisie en ligne, qui permet de basculer entre les deux options et de visualiser l'impact sur votre impôt total.
À retenir : l'option pour le barème, case 2OP, est globale (tous vos revenus mobiliers) et désormais révocable. Comme l'assurance vie reste à 17,2 % de prélèvements sociaux quand vos dividendes passent à 18,6 %, le bon arbitrage dépend de la composition exacte de votre patrimoine financier.
Exemple 1 : Jean-Pierre, retraité avec TMI à 11 %
Jean-Pierre, 68 ans, célibataire, est retraité. Son revenu imposable (pensions de retraite) le place dans la tranche à 11 %. Il détient un contrat d'assurance vie ouvert il y a 14 ans et effectue un rachat partiel dont la part de gains s'élève à 12 000 euros. Ses autres revenus de capitaux mobiliers se limitent à 800 euros d'intérêts sur un livret fiscalisé.
Scénario PFU
- Gains assurance vie au-delà de l'abattement : 12 000 moins l'abattement de 4 600 = 7 400 euros
- Impôt sur le revenu (7,5 % car contrat de plus de 8 ans, versements inférieurs à 150 000 euros) : 7 400 x 7,5 % = 555 euros
- PFU sur les intérêts du livret : 800 x 12,8 % = 102 euros
- Total impôt sur le revenu : 657 euros
Scénario barème progressif
- Gains assurance vie au-delà de l'abattement : 12 000 moins l'abattement de 4 600 = 7 400 euros
- Impôt sur le revenu (TMI 11 %) : 7 400 x 11 % = 814 euros
- Barème sur les intérêts du livret (TMI 11 %) : 800 x 11 % = 88 euros
- Total impôt sur le revenu : 902 euros
- CSG déductible N+1 : (12 000 + 800) x 6,8 % = 870 euros, générant une économie de 870 x 11 % = 96 euros
Verdict pour Jean-Pierre
Le PFU est plus favorable : 657 euros contre 902 euros au barème, même après l'économie future de 96 euros liée à la CSG déductible (solde net barème : 806 euros). Pour un contrat de plus de 8 ans avec des versements sous 150 000 euros, le taux de 7,5 % du PFU bat le barème à 11 %.
En revanche, si Jean-Pierre détenait un contrat de moins de 8 ans, le PFU serait à 12,8 % et le barème à 11 % deviendrait avantageux. La durée de détention est donc un facteur déterminant. Pour approfondir les stratégies de rachat, consultez notre guide sur l'optimisation des retraits d'assurance vie.
Exemple 2 : Amina, cadre supérieure avec TMI à 30 %
Amina, 42 ans, célibataire, est cadre supérieure. Son salaire la place dans la tranche à 30 %. Elle détient un contrat d'assurance vie de 5 ans (moins de 8 ans) et effectue un rachat partiel dont la part de gains s'élève à 8 000 euros. Elle perçoit également 5 000 euros de dividendes d'actions logées dans un compte-titres.
Scénario PFU
- Gains assurance vie : 8 000 x 12,8 % = 1 024 euros
- Dividendes : 5 000 x 12,8 % = 640 euros
- Total impôt sur le revenu : 1 664 euros
Scénario barème progressif
- Gains assurance vie (TMI 30 %) : 8 000 x 30 % = 2 400 euros
- Dividendes après abattement de 40 % : 5 000 x 60 % = 3 000 euros x 30 % = 900 euros
- Total impôt sur le revenu : 3 300 euros
- CSG déductible N+1 : (8 000 + 5 000) x 6,8 % = 884 euros, économie : 884 x 30 % = 265 euros
Verdict pour Amina
Le PFU l'emporte nettement : 1 664 euros contre 3 300 euros au barème, même après l'économie de 265 euros (solde net barème : 3 035 euros). Avec une TMI à 30 %, le PFU reste quasiment toujours la meilleure option pour ses gains d'assurance vie.
Un point mérite attention : sur ses dividendes, Amina supporte désormais 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % sur son assurance vie. L'abattement de 40 % sur les dividendes a réduit l'écart entre les deux régimes, mais sans inverser le verdict. Pour un contribuable percevant uniquement des dividendes, sans gains d'assurance vie, le calcul peut différer. C'est là tout l'enjeu de la globalité de l'option.
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Le contribuable non imposable (TMI 0 %)
Si vous n'êtes pas imposable, le barème progressif est toujours préférable. Vous ne payez aucun impôt sur le revenu sur vos gains (0 % au lieu de 12,8 % ou 7,5 %). Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur l'assurance vie. L'acompte de 12,8 % ou 7,5 % prélevé par l'assureur vous sera intégralement restitué après votre déclaration.
Les versements avant le 27 septembre 2017
Pour les primes versées avant cette date, l'ancien régime s'applique : les taux forfaitaires dégressifs (35 % avant 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, 7,5 % après 8 ans) restent disponibles en alternative au barème progressif. Le PFU ne concerne pas ces versements anciens. L'option pour le barème progressif demeure néanmoins ouverte et peut être avantageuse pour les TMI faibles.
L'articulation avec les autres enveloppes fiscales
Le PEA (Plan d'Épargne en Actions) est exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans : les gains ne supportent que les prélèvements sociaux, désormais à 18,6 % depuis 2026. Si vous détenez à la fois un PEA et une assurance vie, les gains du PEA n'entrent pas dans le calcul de l'option PFU/barème (sauf retrait avant 5 ans). En revanche, les dividendes et intérêts perçus sur un compte-titres ordinaire sont pleinement concernés par l'option globale.
Pour une vision d'ensemble, consultez notre guide complet de la fiscalité de l'assurance vie ou notre article sur la stratégie consistant à combiner PER et assurance vie.
La méthode pour faire le bon choix
Étape 1 : déterminer votre TMI
Votre tranche marginale d'imposition figure sur votre dernier avis d'imposition. Elle correspond au taux applicable au dernier euro de revenu perçu. Si votre TMI est de 0 % ou 11 %, l'option barème mérite systématiquement une étude approfondie. Au-delà, le PFU sera presque toujours préférable.
Étape 2 : recenser tous vos revenus de capitaux mobiliers
Listez l'intégralité de vos revenus financiers de l'année : gains d'assurance vie, dividendes, intérêts, plus-values. Distinguez les revenus à 17,2 % (assurance vie) de ceux désormais à 18,6 % (le reste). L'option étant globale, cette cartographie conditionne le résultat.
Étape 3 : calculer le scénario global
Pour chaque option, calculez l'impôt total sur l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers. Intégrez l'abattement de 40 % sur les dividendes (réservé au barème) et l'économie future liée à la CSG déductible de 6,8 points.
Étape 4 : vérifier lors de la déclaration en ligne
Le simulateur du site impots.gouv.fr permet de tester les deux options. Remplissez votre déclaration, notez le montant d'impôt avec le PFU, puis cochez la case 2OP et comparez. Cette vérification prend quelques minutes et peut vous faire économiser plusieurs centaines d'euros. Depuis 2026, l'option étant révocable, une erreur reste rattrapable dans les délais de réclamation.
Pour savoir exactement quelles cases remplir selon votre choix, reportez-vous à notre article sur l'assurance vie et la déclaration d'impôts.
Points d'attention
L'option est annuelle et révocable
Le choix entre PFU et barème progressif se fait chaque année, lors de la déclaration de revenus, et n'engage pas les années suivantes. Adaptez votre choix à l'évolution de votre situation : départ en retraite, changement de situation familiale, variation de revenus. Depuis 2026, vous pouvez en outre revenir sur l'option après le dépôt de la déclaration.
L'impact sur les revenus fonciers et salariaux
L'option pour le barème progressif ne modifie pas l'imposition de vos revenus fonciers ou salariaux, qui restent soumis au barème progressif dans tous les cas. Elle ne concerne que les revenus de capitaux mobiliers.
Le cas du rachat en fin d'année
Si vous effectuez un rachat en décembre, vous ne connaîtrez votre TMI définitive qu'après la clôture de l'exercice fiscal. Estimez votre TMI en amont, puis confirmez votre choix lors de la déclaration, en profitant désormais de la possibilité de rectification.
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Être rappelé sous 6hFAQ : PFU et barème progressif de l'assurance vie
Le PFU sur l'assurance vie augmente-t-il en 2026 ?
Non. La flat tax des autres revenus du capital monte à 31,4 % au 1er janvier 2026, mais l'assurance vie est explicitement exclue de la hausse des prélèvements sociaux. Le PFU sur un rachat d'assurance vie reste à 30 % avant 8 ans et à 24,7 % après 8 ans (au-delà de l'abattement). Cette exclusion figure dans la loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025.
À partir de quelle TMI faut-il préférer le PFU au barème ?
Le point de bascule se situe à la tranche marginale de 30 %. Pour une TMI de 0 % ou 11 %, le barème progressif est généralement plus avantageux, surtout sur un contrat de moins de 8 ans. À partir de 30 %, le PFU et son taux d'impôt sur le revenu plafonné à 12,8 % l'emporte presque toujours.
Qu'est-ce que la case 2OP et que coche-t-elle exactement ?
La case 2OP de la déclaration de revenus active l'option pour le barème progressif sur l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année : gains d'assurance vie, dividendes, intérêts, plus-values mobilières. Elle est globale, donc un seul choix s'applique à tous ces revenus simultanément. Depuis 2026, elle est révocable dans les délais de réclamation.
La CSG déductible s'applique-t-elle aux gains d'assurance vie ?
Oui. Lorsque vos gains d'assurance vie sont imposés au barème progressif (option 2OP), 6,8 points de la CSG payée deviennent déductibles de votre revenu imposable de l'année suivante. Cette déduction n'existe pas avec le PFU. Le taux déductible reste fixé à 6,8 % en 2026.
Faut-il refaire le calcul chaque année ?
Oui. L'option est annuelle. Votre TMI, vos revenus de capitaux mobiliers et votre durée de détention évoluent d'une année sur l'autre. Un calcul favorable une année peut s'inverser la suivante, notamment lors d'un départ en retraite ou d'une vente d'actions générant des plus-values. Le simulateur d'impots.gouv.fr permet de trancher en quelques minutes.
Le barème est-il toujours gagnant si je ne suis pas imposable ?
Oui. Un contribuable non imposable (TMI 0 %) a toujours intérêt à opter pour le barème : il ne paie aucun impôt sur le revenu sur ses gains, et seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. L'acompte prélevé par l'assureur lui est intégralement restitué après la déclaration.
Comment France Épargne vous accompagne
Le choix entre PFU et barème progressif est l'une des décisions fiscales les plus structurantes pour les détenteurs d'assurance vie. France Épargne vous aide à arbitrer en connaissance de cause.
Simulation fiscale personnalisée
Nos conseillers intègrent l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers, en distinguant ceux à 17,2 % et à 18,6 %, pour déterminer l'option la plus favorable. Cette analyse couvre vos gains d'assurance vie, vos dividendes, vos intérêts et vos plus-values mobilières dans un même calcul.
Conseil en stratégie de rachat
Nous vous aidons à calibrer le montant et le timing de vos retraits pour optimiser l'interaction entre l'abattement annuel (4 600 ou 9 200 euros), votre TMI et la CSG déductible. Un rachat échelonné sur deux exercices fiscaux permet souvent de neutraliser totalement l'impôt sur le revenu.
Veille réglementaire
Les seuils, taux et règles évoluent vite : la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % et la fin de l'irrévocabilité de l'option 2OP datent de 2026. Nous vous tenons informé de chaque changement impactant votre fiscalité.
Utilisez nos simulateurs France Épargne pour estimer l'impact du PFU et du barème progressif sur votre situation précise, puis échangez avec un conseiller pour valider votre arbitrage.
Conclusion
Le choix entre PFU et barème progressif n'est pas anodin. Pour les contribuables dont la TMI est de 0 % ou 11 %, l'option pour le barème progressif génère une économie réelle, amplifiée par la CSG déductible. Pour les TMI à 30 % et au-delà, le PFU reste presque systématiquement préférable grâce à son taux d'impôt sur le revenu plafonné à 12,8 %.
La complexité tient à la globalité de l'option : elle s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers, pas seulement à l'assurance vie. Depuis 2026, l'écart de prélèvements sociaux (17,2 % sur l'assurance vie contre 18,6 % sur le reste) rend la simulation globale encore plus indispensable avant chaque déclaration. Bonne nouvelle, cette décision est désormais non seulement annuelle, mais aussi révocable : vous pouvez la rectifier si votre premier choix se révèle sous-optimal. C'est l'un des rares leviers fiscaux entièrement entre vos mains.
À lire également :
- Fiscalité de l'Assurance Vie : Guide Complet
- Assurance Vie Après 8 Ans : Abattement et Stratégie de Rachats
- Optimiser ses Rachats d'Assurance Vie
- Assurance Vie et Déclaration d'Impôts
- Combiner PER et Assurance Vie : La Stratégie Optimale
Sources :
- Service-Public.fr, barème de l'impôt sur le revenu 2026 : publié 2026
- France Assureurs, chiffres clés de l'assurance vie : publié 2026
- Service-Public.fr, prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine : publié 2026
- impots.gouv.fr, l'assurance vie et le PEA : publié 2026
- Légifrance, loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 : promulguée le 30 décembre 2025
- Bulletin Officiel des Finances Publiques, déductibilité partielle de la CSG (BOI-IR-BASE-20-20) : consulté 2026
- Code général des impôts (articles 125-0 A, 200 A et 158) et Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOI-RPPM-RCM-10-10-80).
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