Sécheresse et argile, faire indemniser les fissures de sa maison
Fissures dues à la sécheresse et à l'argile : garantie CatNat, franchise de 1 520 €, délai de 30 jours, recours et aides. La procédure complète pas à pas.
- La franchise légale s'élève à 1 520 € par sinistre sécheresse, contre 380 € pour les autres catastrophes naturelles (article A125-6 du code des assurances).
- La déclaration doit parvenir à l'assureur au plus tard trente jours après la publication de l'arrêté au Journal officiel (article L125-2 du code des assurances).
- L'action contre l'assureur se prescrit par cinq ans pour ces sinistres, et non par deux ans comme dans le reste du contrat (article L114-1 du code des assurances).
Une fissure en escalier apparue sur une façade après un été sec est la signature du retrait gonflement des argiles (RGA), le mouvement du sol provoqué par l'alternance entre sécheresse et réhydratation sous les fondations. Ce phénomène est devenu le premier poste d'indemnisation du régime des catastrophes naturelles. Depuis le 1er juillet 2026, la carte officielle d'exposition classe 55 % du territoire hexagonal en aléa moyen ou fort, contre 48 % en 2020, et 12,1 millions de maisons individuelles, soit 61,5 % du parc, se situent dans ces zones (Géorisques, 2026). L'indemnisation passe par la garantie catastrophe naturelle incluse dans toute assurance multirisque habitation, sous trois conditions strictes : un arrêté interministériel visant votre commune, une déclaration envoyée dans les trente jours suivant sa publication, et des dommages qui affectent réellement le bâti.
À retenir :
- 55 % du territoire hexagonal et 12,1 millions de maisons individuelles (61,5 % du parc) sont classés en aléa moyen ou fort depuis l'arrêté du 9 janvier 2026, applicable aux ventes et contrats de construction conclus à compter du 1er juillet 2026 (Géorisques, 2026).
- La franchise légale s'élève à 1 520 € par sinistre sécheresse, contre 380 € pour les autres catastrophes naturelles (article A125-6 du code des assurances).
- La déclaration doit parvenir à l'assureur au plus tard trente jours après la publication de l'arrêté au Journal officiel (article L125-2 du code des assurances).
- Depuis le décret n° 2024-82 du 5 février 2024, seuls les désordres qui affectent la solidité du bâti ou entravent l'usage normal du bâtiment sont indemnisés, et l'indemnité doit financer des travaux engagés dans les 24 mois.
- L'action contre l'assureur se prescrit par cinq ans pour ces sinistres, et non par deux ans comme dans le reste du contrat (article L114-1 du code des assurances).
Ce que la nouvelle carte d'exposition change pour votre maison
L'arrêté du 9 janvier 2026 a remplacé la cartographie de 2020 des zones exposées au mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux. Le résultat est une extension nette du périmètre réglementaire : les zones d'aléa moyen et fort passent de 48 % à 55 % du territoire hexagonal, et le nombre de maisons individuelles concernées grimpe de 10,3 millions (52,5 % du parc) à 12,1 millions (61,5 %), selon les données publiées par Géorisques. Cette révision croise les données géotechniques du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières, l'établissement public de référence pour le sous sol) avec les 446 000 sinistres assurés recensés entre 1989 et 2022.
Le nouveau zonage produit ses effets sur les promesses de vente, les actes authentiques de vente de terrains non bâtis constructibles et les contrats de construction conclus à compter du 1er juillet 2026, précise Service-Public.fr. Concrètement, deux obligations issues de l'article 68 de la loi Élan (loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, codifiée aux articles L132-4 et suivants du code de la construction et de l'habitation) suivent la carte, et une troisième situation, celle des maisons déjà bâties, reste hors de leur champ.
| Situation | Obligation | Qui la supporte |
|---|---|---|
| Vente d'un terrain non bâti constructible en aléa moyen ou fort | Étude géotechnique préalable (mission G1) annexée à la promesse ou à l'acte | Le vendeur, à ses frais |
| Construction d'une maison individuelle sur ce terrain | Étude géotechnique de conception (mission G2) ou application des techniques particulières de construction | Le maître d'ouvrage ou le constructeur |
| Maison existante déjà bâtie | Aucune obligation d'étude, mais exposition identique au risque | Le propriétaire |
L'étude préalable reste valable trente ans tant qu'aucun remaniement du sol n'est intervenu (article R112-8 du code de la construction et de l'habitation). Pour un propriétaire déjà installé, ce zonage n'impose rien, mais il conditionne l'accès aux aides publiques de prévention de la sécheresse et pèse sur la valeur de revente. Vérifier l'adresse sur le portail Géorisques prend deux minutes et détermine tout le reste du raisonnement.
Devis en 1 minute
Comparez les assurances habitation
Une formule adaptée à votre statut et à votre logement, un conseiller affine sous 6 heures.
Statut · 1/7
Comment la sécheresse et l'argile fissurent une maison individuelle
L'argile est une roche sédimentaire feuilletée qui absorbe l'eau puis la restitue. En période de sécheresse, le sol argileux se rétracte sous l'effet de l'évaporation et de la succion racinaire, les fondations superficielles s'enfoncent de façon inégale, et le bâti subit des tassements différentiels, c'est à dire des mouvements verticaux d'amplitude différente d'un point d'appui à l'autre. Au retour des pluies, l'argile regonfle et soulève ces mêmes fondations. La maçonnerie encaisse des contraintes de cisaillement supérieures à sa résistance, et se fissure.
La signature du phénomène est reconnaissable. Les fissures dessinent un escalier en suivant les joints de parpaings ou de briques, en diagonale depuis les angles d'ouvertures. Les portes et fenêtres cessent de fermer correctement, le carrelage se désaffleure, la dalle de garage se décolle du corps de bâtiment. Les canalisations enterrées se rompent dans les cas avancés. Le coût moyen d'un sinistre sécheresse atteint 16 500 € par maison individuelle, le montant le plus élevé de toutes les garanties de dommages aux biens (Géorisques, 2026).
| Indice observé | Gravité probable | Réflexe immédiat |
|---|---|---|
| Micro fissures de moins de 0,2 mm, faïençage d'enduit | Superficielle, rarement liée à la sécheresse du sol | Photographier et dater, surveiller après l'été |
| Fissure en escalier traversant les joints, largeur 1 à 5 mm | Structurelle probable | Déclarer, demander une expertise |
| Fissure traversante, décollement de dalle, ouvertures bloquées | Atteinte à la solidité du bâti | Déclarer sans attendre, faire caractériser les désordres |
| Affaissement de plancher, rupture de canalisation | Sinistre lourd, reprise en sous œuvre probable | Déclarer, envisager un expert d'assuré |
Cette lecture des indices n'a rien d'anecdotique : depuis le décret de février 2024, c'est précisément la nature du désordre qui ouvre ou ferme le droit à indemnisation. Le sujet des fissures dépasse d'ailleurs le seul retrait gonflement, et notre article sur ce que l'assurance habitation prend en charge en cas de fissures détaille les autres causes possibles.
Faites auditer vos contrats d'assurance gratuitement
Quels dommages la garantie catastrophe naturelle couvre vraiment
La garantie catastrophe naturelle, instituée par la loi du 13 juillet 1982 et codifiée à l'article L125-1 du code des assurances, est incluse d'office dans toute multirisque habitation. Son déclenchement suppose la publication d'un arrêté interministériel reconnaissant l'état de catastrophe naturelle pour la commune, au titre d'une période de sécheresse précise. Sans arrêté, aucune indemnisation au titre de ce régime n'est possible, quelle que soit l'évidence des désordres. Les reconnaissances arrivent avec un décalage important : l'arrêté du 10 juillet 2026, publié au Journal officiel du 17 juillet 2026, statuait encore sur des mouvements de terrain survenus entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025.
Le décret n° 2024-82 du 5 février 2024, pris pour l'application de l'ordonnance n° 2023-78 du 8 février 2023, a resserré le périmètre de la garantie pour les sinistres survenus depuis le 1er janvier 2024. Trois règles en découlent, et elles changent la façon de monter un dossier.
Seuls certains désordres ouvrent droit à indemnité. Le texte vise les dommages qui affectent la solidité du bâti ou entravent l'usage normal du bâtiment, y compris ceux susceptibles d'évoluer défavorablement. Une fissure purement esthétique sur un enduit ne remplit pas ce critère.
Les annexes sont exclues. Remises, garages, terrasses et murs de clôture sortent du champ, sauf s'ils font indissociablement corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert de la maison.
L'indemnité est affectée aux travaux. Elle doit servir à la remise en état effective du bien conformément à l'expertise, sauf lorsque le coût des travaux excède la valeur du bien. Le propriétaire dispose de 24 mois pour engager les travaux, délai prorogeable de 12 mois, et l'assureur verse le solde dans les 21 jours suivant la réception des factures. L'assureur doit informer l'assuré du caractère obligatoire ou non de cette affectation au moment de la proposition d'indemnisation.
Cette architecture explique la tension récurrente des dossiers sécheresse : l'assuré raisonne en fissures visibles, le régime raisonne en atteinte au bâti et en travaux réellement exécutés. Une expertise qui décrit des désordres sans les rattacher à l'épisode de sécheresse reconnu par l'arrêté laisse la porte ouverte à un refus.
Franchise sécheresse, délais et calendrier de l'indemnisation
La franchise légale constitue la deuxième spécificité du régime sécheresse. L'article A125-6 du code des assurances, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, fixe la franchise à 380 € par événement pour les biens à usage d'habitation, portée à 1 520 € pour les dommages imputables à un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Cette franchise légale est d'ordre public : aucune clause du contrat ne peut la réduire, la supprimer ou la racheter, et elle s'applique par sinistre, non par bâtiment.
Une règle ancienne a en revanche disparu, et beaucoup de propriétaires l'ignorent encore. La modulation qui doublait, triplait puis quadruplait la franchise dans les communes dépourvues de PPRN (plan de prévention des risques naturels prévisibles) au fil des reconnaissances successives ne s'applique plus aux particuliers ni aux entreprises pour les sinistres survenus depuis le 1er janvier 2023. Elle ne subsiste que pour les contrats des collectivités territoriales. Un assureur qui appliquerait aujourd'hui une franchise majorée de 3 040 € à un particulier au motif de l'absence de PPRN commettrait une erreur contestable en l'état du droit. Notre guide dédié à la procédure d'indemnisation catastrophe naturelle et aux franchises de 380 et 1 520 euros reprend le détail des montants applicables selon la nature du bien.
Les délais, eux, ont été durcis au profit de l'assuré par la loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021, entrée en vigueur le 1er janvier 2023.
| Étape | Délai légal | Point de départ |
|---|---|---|
| Déclaration du sinistre par l'assuré | 30 jours (contre 10 auparavant) | Publication de l'arrêté au Journal officiel |
| Information de l'assuré sur les modalités de garantie et ordre d'expertise | 1 mois | Réception de la déclaration |
| Provision sur indemnité | 2 mois | Remise de l'état estimatif des biens endommagés ou publication de la décision |
| Proposition d'indemnisation ou de réparation en nature | 1 mois | Réception de l'état estimatif ou du rapport d'expertise définitif |
| Versement de l'indemnité après accord | 21 jours | Accord de l'assuré |
| Prescription de l'action contre l'assureur | 5 ans | Événement donnant naissance à l'action |
Ces six échéances forment le squelette procédural du dossier. La plus contraignante reste la première : le délai de trente jours court à compter de la publication de l'arrêté, pas de la découverte des fissures. Comme les arrêtés paraissent jusqu'à dix huit mois après l'épisode, à l'image de l'arrêté du 10 juillet 2026 statuant sur la sécheresse de 2025, la vigilance consiste à surveiller le Journal officiel ou le portail Géorisques pour sa commune. La prescription de cinq ans, dérogatoire au délai de deux ans applicable au reste du contrat, laisse en revanche une marge confortable pour agir en justice, un point que notre fiche sur la prescription biennale permet de replacer dans son contexte général.
Constituer un dossier qui résiste à l'expertise
La qualité du dossier détermine l'issue plus sûrement que la gravité apparente des désordres. Quatre étapes structurent la constitution.
- Déclarer dans les trente jours. Lettre recommandée avec accusé de réception ou déclaration en ligne horodatée, mentionnant l'arrêté visé et la période de sécheresse et de réhydratation concernée. Une déclaration anticipée, envoyée avant la publication de l'arrêté, reste recevable mais ne sera instruite qu'après celle ci.
- Documenter photographiquement. Chaque fissure est photographiée deux fois, en plan large pour situer le désordre sur la façade et en gros plan avec une règle ou une pièce de monnaie pour l'échelle. Les clichés sont datés, classés pièce par pièce et conservés en double sur un support externe. Les photographies antérieures au sinistre, présentes dans les albums de famille ou les annonces immobilières, valent preuve de l'état initial.
- Rassembler les pièces. Formulaire de déclaration, titre de propriété, plan de masse, attestation d'assurance mentionnant la garantie catastrophe naturelle, état des risques annexé à l'acte d'achat et devis d'entreprises spécialisées composent le socle minimal.
- Préparer la visite de l'expert. L'assureur ordonne une expertise lorsqu'il le juge nécessaire. Le jour de la visite, montrez chaque désordre sans en minimiser aucun, et demandez que le rapport caractérise explicitement les fissures et se prononce sur l'atteinte à la solidité du bâti ou à l'usage normal, puisque c'est ce critère qui commande l'indemnisation.
Pour les dossiers lourds, l'expert diligente une étude géotechnique de diagnostic (mission G5 au sens de la norme NF P94-500), qui consiste à sonder le sol autour de la maison, à analyser les échantillons et à préconiser une solution de réparation. Son coût se situe entre 2 000 et 5 000 € selon le barème indicatif publié par Expert Géotechnique en 2026, et elle est prise en charge dans le cadre du sinistre lorsque l'assureur la commande.
Combien coûtent les réparations d'une maison fissurée
Aucun barème public ne consolide le prix des reprises de fondations en France. Les ordres de grandeur ci dessous proviennent de professionnels du renforcement de sol et doivent être confrontés à des devis réels, mais ils cadrent utilement la négociation avec l'assureur.
| Solution technique | Fourchette indicative 2026 | Cas d'emploi |
|---|---|---|
| Reprise des joints et réfection d'enduit | Quelques milliers d'euros | Fissures superficielles sans atteinte structurelle |
| Injection de résine expansive | 5 000 à 20 000 € | Tassement modéré, sol traitable sans forage profond |
| Micropieux | 15 000 à 50 000 € | Ancrage dans une couche stable sous les fondations |
| Reprise complète en sous œuvre, cas lourds | Jusqu'à 100 000 € | Reprise sur tout le linéaire, accès difficile |
| Diagnostic géotechnique G5 | 2 000 à 5 000 € | Préalable technique aux solutions ci dessus |
Source : barème indicatif Expert Géotechnique, 2026. Pour une maison individuelle, la facture se situe le plus souvent entre 10 000 et 40 000 €, la moyenne des sinistres RGA indemnisés ressortant à 16 500 € (Géorisques, 2026).
Exemple chiffré. Une maison de 110 m² sur vide sanitaire, située dans une commune reconnue au titre de la sécheresse 2025, présente des fissures traversantes sur deux façades et un plancher affaissé côté sud. L'étude G5 conclut à un ancrage nécessaire à 9 mètres et chiffre les travaux : 32 000 € de micropieux, 9 000 € de reprise des maçonneries et 3 500 € d'étude géotechnique, soit 44 500 € de dommages retenus par l'expert. Après application de la franchise légale de 1 520 €, l'indemnité s'établit à 42 980 €. Elle est versée en deux temps, une provision dans les deux mois suivant la remise de l'état estimatif puis le solde dans les 21 jours suivant la production des factures, et elle doit être affectée aux travaux, engagés dans un délai de 24 mois. Si le contrat prévoit une indemnisation en valeur d'usage, la vétusté est déduite du premier versement, ce que notre fiche sur la vétusté en assurance explique en détail.
Votre habitation est-elle bien protégée ?
Garanties, franchises, exclusions : nos conseillers analysent votre contrat et identifient les économies possibles.
Demander un audit gratuitContester un refus ou une indemnité insuffisante
Trois points de friction dominent le contentieux sécheresse, et chacun appelle une réponse différente.
Le premier tient au lien de causalité entre l'épisode de sécheresse reconnu par arrêté et les désordres constatés. L'assureur peut opposer l'antériorité des fissures ou un défaut de conception de la construction. Les photographies datées, les diagnostics techniques annexés à l'acte d'achat et les rapports d'expertise antérieurs constituent la réponse la plus efficace.
Le deuxième porte sur le montant retenu. Un assuré qui juge l'estimation basse peut mandater un expert d'assuré, professionnel indépendant qui défend son chiffrage face à l'expert mandaté par la compagnie. Lorsque les deux experts ne convergent pas, une tierce expertise départage, ses conclusions s'imposant aux parties et ses honoraires étant partagés. Nos articles sur le choix entre expert d'assuré et expert de l'assureur et sur le mécanisme de la tierce expertise détaillent la mécanique et les coûts de chaque option.
Le troisième concerne le refus de garantie pur et simple, motivé par l'absence d'atteinte à la solidité du bâti depuis le décret de février 2024, par le caractère annexe du bâtiment endommagé ou par une déclaration hors délai. La contestation commence par une réclamation écrite motivée auprès du service dédié de l'assureur, puis se poursuit devant le Médiateur de l'Assurance, dont la saisine est gratuite et dont la procédure est décrite ici. La voie judiciaire reste ouverte pendant cinq ans à compter de l'événement, contre deux ans pour les autres litiges d'assurance.
Le fonds prévention argile et les gestes qui limitent le risque
L'État a ouvert en octobre 2025 une expérimentation de soutien à la prévention, dotée de 30 millions d'euros au titre de la loi de finances pour 2026 et déployée dans onze départements : Allier, Alpes-de-Haute-Provence, Dordogne, Gers, Indre, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle, Nord, Puy-de-Dôme, Tarn et Tarn-et-Garonne. Le fonds prévention argile finance d'abord un diagnostic de vulnérabilité, puis les travaux destinés à éviter l'apparition ou l'aggravation des fissures, pour les propriétaires occupants sous conditions de ressources.
Le démarrage a été laborieux. Au 29 avril 2026, près de 2 000 simulations d'éligibilité avaient été réalisées, 218 ménages identifiés comme éligibles et 19 dossiers seulement étaient en cours de paiement, un bilan que Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, a qualifié de « en demi-teinte » devant les élus, en affirmant vouloir « absolument amplifier le nombre de diagnostics et de travaux engagés d'ici la fin de l'année » (Maire-Info, 2026). Les critères ont donc été assouplis au printemps 2026 : les maisons de trois niveaux deviennent éligibles au lieu de deux, la phase travaux s'ouvre aux fissures allant jusqu'à 5 mm au lieu de 1 mm, et l'aide aux études atteint 3 000 € hors taxes avec accompagnement administratif, 2 000 € sans (ministère de la Transition écologique, 2026).
Hors dispositif public, quatre gestes limitent l'amplitude des variations hydriques que la sécheresse impose aux fondations. Éloigner les plantations à forte demande en eau des façades, la pratique professionnelle retenant une distance au moins égale à la hauteur de l'arbre adulte. Collecter et évacuer les eaux pluviales loin du pied de mur, gouttières et descentes en bon état. Réaliser un trottoir périphérique étanche d'un mètre à un mètre cinquante de large, qui stabilise l'humidité du sol sous la semelle. Proscrire l'arrosage automatique en pied de façade, dont les cycles courts amplifient précisément l'alternance que l'on cherche à amortir. Ces travaux ne donnent droit à aucune réduction de cotisation, mais ils pèsent peu au regard d'une reprise en sous œuvre, et ils comptent désormais dans l'équation économique du régime : la surprime catastrophe naturelle prélevée sur toutes les multirisques habitation est passée de 12 % à 20 % des cotisations dommages le 1er janvier 2025, une hausse décidée par le ministère de l'Économie pour redonner de la capacité au régime.
Vendre ou acheter une maison touchée par la sécheresse
Un sinistre sécheresse reconnu et indemnisé se déclare. L'état des risques et pollutions, annexé à toute promesse de vente ou de bail, mentionne les sinistres ayant donné lieu à indemnisation au titre de la garantie catastrophe naturelle, conformément à l'article L125-5 du code de l'environnement. La dissimulation expose le vendeur à une action en annulation pour vice du consentement, voire pour réticence dolosive lorsqu'elle est délibérée.
Cette transparence n'interdit pas la vente, elle en déplace le curseur. Un acquéreur informé négocie le prix, exige les rapports d'expertise et les factures de reprise, et vérifie la garantie décennale des entreprises intervenues. Côté acheteur, le réflexe consiste à croiser trois sources avant de signer : l'état des risques, la carte d'exposition du portail Géorisques pour la parcelle, et les indices visuels d'une réparation antérieure, comme des joints de carrelage refaits sur une seule zone ou des reprises de peinture localisées le long des angles d'ouverture.
Pour un propriétaire occupant, le bon moment pour auditer sa couverture est celui où aucune fissure n'est encore apparue, sujet que développe notre article sur l'assurance du propriétaire occupant d'une maison. La cohérence des capitaux déclarés joue également, puisqu'une sous évaluation déclenche la règle proportionnelle décrite dans notre guide du capital mobilier et de l'article L121-5.
Êtes-vous bien couvert ?
Nos conseillers identifient les doublons et les lacunes dans votre couverture habitation.
Demander un auditFAQ : sécheresse, argile et indemnisation des fissures
Que faire si ma commune n'est pas reconnue en catastrophe naturelle ?
Sans arrêté, la garantie catastrophe naturelle ne peut pas jouer, car l'article L125-1 du code des assurances subordonne son déclenchement à la décision interministérielle. La commune peut déposer une demande de reconnaissance de la sécheresse auprès de la préfecture, y compris plusieurs mois après l'épisode. Les arrêtés relatifs à la sécheresse 2025 étaient encore publiés en juillet 2026. Une seconde demande reste possible après un premier refus si de nouveaux éléments hydrométéorologiques sont produits.
La franchise de 1 520 € peut-elle être rachetée par une option ?
Non. L'article A125-6 du code des assurances fixe cette franchise de manière impérative pour les dommages imputables au retrait gonflement des argiles. Aucune clause contractuelle ne peut la réduire, la supprimer ou permettre son rachat, contrairement aux franchises commerciales des autres garanties du contrat. Elle s'applique une fois par sinistre, ce qui signifie qu'un second épisode reconnu des années plus tard donnera lieu à une nouvelle franchise.
Mon garage fissuré est-il indemnisé ?
Pas nécessairement. Le décret n° 2024-82 du 5 février 2024 exclut les constructions annexes, dont les garages, remises, terrasses et murs de clôture, sauf lorsqu'elles font indissociablement corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert de la maison. Un garage accolé partageant les fondations du bâtiment principal entre dans le champ de la garantie, un garage isolé au fond du jardin en sort.
Combien de temps ai-je pour agir contre mon assureur ?
Cinq ans à compter de l'événement qui donne naissance à l'action, en vertu de l'article L114-1 du code des assurances. Ce délai déroge à la prescription biennale de deux ans qui régit le reste du contrat d'assurance, et il a été instauré par la loi n° 2021-1837 du 28 décembre 2021 pour tenir compte de la lenteur d'apparition des désordres liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols.
Dois-je réaliser les travaux pour toucher l'indemnité ?
Oui dans la plupart des cas. Le décret du 5 février 2024 impose que l'indemnité serve à la remise en état effective du bien, sauf lorsque le coût des travaux excède la valeur du bien. Le propriétaire dispose de 24 mois pour les engager, prorogeables de 12 mois, et l'assureur verse le solde dans les 21 jours suivant la réception des factures. L'assureur doit indiquer par écrit si cette affectation est obligatoire dans votre dossier.
Le retrait gonflement touche-t-il aussi les constructions neuves ?
Oui, mais les recours diffèrent. Une construction récente affectée par un tassement relève d'abord de la garantie décennale du constructeur au titre de l'atteinte à la solidité de l'ouvrage, et non du régime catastrophe naturelle. Depuis le 1er juillet 2026, le maître d'ouvrage bâtissant en zone d'aléa moyen ou fort doit appliquer les techniques particulières de construction ou suivre une étude géotechnique de conception, ce qui renforce sa position en cas de litige.
Comment France Épargne vous accompagne
Le retrait gonflement des argiles est un sinistre lent, technique et procédural, où les propriétaires perdent moins de terrain sur la négociation que sur les délais et la qualification des désordres. Nos conseillers en assurance travaillent la couverture en amont, quand elle coûte encore quelques euros par mois, et la procédure en aval, quand chaque échéance compte.
Audit d'exposition et de contrat
Nous croisons l'adresse du logement avec la carte d'exposition officielle, qui classe désormais 61,5 % des maisons individuelles françaises en aléa moyen ou fort, puis nous relisons les conditions particulières pour vérifier ce que le contrat prévoit en matière d'expertise et de valeur de reconstruction.
Options qui font la différence en sinistre
Deux garanties pèsent peu en cotisation et changent l'issue d'un dossier sécheresse : la prise en charge des honoraires d'expert d'assuré et la protection juridique. Nous les identifions ligne par ligne dans les offres comparées, plutôt que de raisonner sur le seul prix affiché.
Cadrage du calendrier procédural
Six échéances légales rythment un dossier catastrophe naturelle, de la déclaration sous trente jours au versement du solde sous vingt et un jours. Nous les posons avec vous dès la publication de l'arrêté, pour qu'aucune ne soit découverte trop tard.
Pour cadrer votre couverture face à ce risque, lancez le comparateur d'assurance habitation en renseignant votre commune et le type de logement. Un conseiller vous rappelle avec les formules adaptées à votre niveau d'exposition.
Conclusion
La sécheresse et l'argile forment aujourd'hui le premier risque du régime des catastrophes naturelles, et le cadre applicable a changé sur trois points décisifs : le périmètre géographique s'est étendu à 55 % du territoire au 1er juillet 2026, le décret du 5 février 2024 a réservé l'indemnisation aux désordres qui affectent la solidité du bâti ou l'usage normal du bâtiment, et les délais imposés à l'assureur comme la prescription de cinq ans ont renforcé la position de l'assuré. Le propriétaire qui vérifie son exposition sur Géorisques, surveille les arrêtés visant sa commune, déclare dans les trente jours et documente ses désordres par des photographies datées transforme un sinistre subi en dossier tenu. La prochaine étape utile consiste à relire ses conditions particulières avant l'été suivant, pendant que le dossier n'existe pas encore.
À lire également :
- Fissures sur votre maison, ce que l'assurance habitation prend en charge
- Catastrophe naturelle, la procédure d'indemnisation et les franchises 380 et 1 520 euros
- Expert d'assuré ou expert de l'assureur, quand rééquilibrer la balance
- Saisir le Médiateur de l'Assurance, la procédure gratuite avant le tribunal
- Propriétaire occupant d'une maison, l'assurance qui couvre votre exposition réelle
Sources :
- Arrêté du 9 janvier 2026 modifiant l'arrêté du 22 juillet 2020 définissant les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel, Légifrance, 2026.
- Décret n° 2024-82 du 5 février 2024 relatif aux conditions d'indemnisation des désordres consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, Légifrance, 2024.
- Article L125-2 du code des assurances, Légifrance, délais de déclaration et d'indemnisation.
- Article L114-1 du code des assurances, Légifrance, prescription de cinq ans pour les sinistres sécheresse.
- Article A125-6 du code des assurances, Légifrance, franchises de 380 et 1 520 euros.
- Exposition du territoire au retrait gonflement des argiles, Géorisques, BRGM, 2026.
- Le dispositif d'indemnisation des catastrophes naturelles, Géorisques, 2026.
- Le nouveau zonage d'exposition au retrait gonflement des argiles, Service-Public.fr, 2026.
- Maisons fissurées, le fonds prévention argile élargit ses critères, ministère de la Transition écologique, 2026.
- Le gouvernement promet une montée en puissance du fonds de prévention, Maire-Info, 2026.
Questions fréquentes
Faites le point sur vos assurances
Identifiez les doublons, les lacunes de couverture et les économies possibles grâce à notre audit personnalisé et sans engagement.
SCI Familiale, l'Assurance Habitation à Structurer Côté Société
Responsabilité Civile Vie Privée : Périmètre, Plafonds et Exclusions
Résiliation Loi Hamon, Votre Droit Après Douze Mois et la Lettre Prête à Envoyer
Résiliation Châtel, votre Recours si l'Avis d'Échéance Arrive en Retard
Mutuelle et Prévoyance Collective d'Entreprise : Guide PME
Mutuelle Santé Collective et Prévoyance : Guide Entreprise