
Résident en Israël avec un prêt immobilier en France : obtenir ou substituer son assurance emprunteur sous loi Lemoine, formalités, fiscalité, économies.
Vivre en Israël et acheter ou rembourser un crédit immobilier en France place l'emprunteur dans une zone grise que la majorité des banques françaises refusent de traiter. Le contrat groupe de la banque est calibré pour un salarié résident fiscal français ; dès que l'adresse principale bascule à Tel Aviv, Jérusalem, Netanya, Ashdod ou Raanana, le scoring automatique de l'assureur de la banque rejette le dossier ou impose une surprime géographique. La loi Lemoine du 28 février 2022 (Légifrance, loi n° 2022-270) change la donne : depuis le 1er juin 2022 pour les nouvelles offres et le 1er septembre 2022 pour les contrats en cours, tout emprunteur peut substituer son assurance à tout moment, sans frais, sans pénalité et sans attendre la date anniversaire, à la seule condition que la nouvelle assurance respecte l'équivalence des garanties fixée par le CCSF. Cette liberté bénéficie également aux non-résidents fiscaux français. Concrètement, un résident en Israël peut désormais imposer à sa banque française une assurance déléguée souscrite auprès d'un assureur partenaire qui accepte le risque israélien, avec des économies qui atteignent 10 000 à 20 000 euros sur la durée résiduelle du prêt selon les barèmes Magnolia et Meilleurtaux 2025.
À retenir :
- La loi Lemoine (loi n° 2022-270 du 28 février 2022) ouvre la résiliation et la substitution de l'assurance emprunteur à tout moment pour tout emprunteur, y compris les résidents fiscaux d'Israël.
- La banque dispose de 10 jours ouvrés pour répondre à la demande, refus motivé par écrit uniquement sur l'équivalence de garanties CCSF ; toute autre raison expose l'établissement à une amende de 3 000 euros (article L. 313-32 du Code de la consommation).
- Le questionnaire de santé est supprimé pour la part assurée inférieure à 200 000 euros par co-emprunteur et un terme de prêt avant les 60 ans de l'assuré, formalité majeure depuis Israël où la coordination médicale rallonge les délais.
- Les assureurs partenaires qui acceptent le risque israélien appliquent une surprime géographique de 20 % à 100 % selon la zone, contre un refus pur et simple dans la plupart des contrats groupe bancaires.
- La convention fiscale franco-israélienne du 31 juillet 1995 (décret n° 96-814) sécurise le traitement fiscal du prêt et des revenus du bien français côté Israël ; les revenus fonciers restent imposables en France au barème, taux minimum 20 % jusqu'à 29 315 euros (revenus 2025) puis 30 %.
L'assurance emprunteur d'un prêt immobilier français doit garantir trois risques : le décès, la perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA), l'incapacité ou l'invalidité (ITT, IPT, IPP). Le contrat groupe que la banque pousse au moment de l'offre de prêt est un contrat collectif négocié avec un assureur unique (souvent Cardif, CNP, Suravenir ou Crédit Logement) sur la base d'une population résidente de France métropolitaine. Le scoring du contrat groupe rejette automatiquement les profils dont l'adresse principale est située hors zone 1 (Union européenne, Espace économique européen, Suisse, Monaco, départements et collectivités d'outre mer). Israël se trouve hors de ces zones.
Trois raisons techniques expliquent ce refus.
La logistique médicale. Le médecin conseil de l'assureur exige des examens (analyses biologiques, électrocardiogramme, parfois épreuve d'effort) réalisés par un praticien agréé. Le réseau de médecins conseils des grands contrats groupe français ne couvre pas Israël. Sans accord avec un confrère israélien francophone, le dossier reste bloqué au stade de la sélection médicale.
Le risque géopolitique et sanitaire. Le service France Diplomatie classe Israël en zone de vigilance variable selon les périodes. Les actuaires intègrent ce paramètre dans la tarification du risque décès accidentel et invalidité, ce qui se traduit par une surprime forfaitaire que les contrats groupe ne savent pas appliquer (leur tarif est mutualisé par tranche d'âge, pas individualisé).
La gestion du sinistre depuis l'étranger. Un sinistre ITT déclaré depuis Tel Aviv impose à l'assureur de réceptionner un dossier médical en hébreu, de mandater un médecin conseil local pour expertise contradictoire, de convertir des décomptes en devise israélienne (shekel) et de coordonner avec un bénéficiaire éventuellement installé dans une troisième juridiction. Les contrats groupe ne sont pas équipés pour ce type de gestion.
Le résultat est documenté par Cardif sur son guide expatrié : pour un dossier hors zones 1 et 2, le tarif du contrat groupe est majoré jusqu'à plus de 100 %, ou le dossier est purement refusé. C'est sur ce refus que la délégation prend tout son sens : un assureur individuel spécialisé sait tarifer le risque israélien, mandater un médecin conseil sur place et gérer un sinistre transfrontalier.
Le refus de délégation d'assurance par la banque suit un cadre juridique strict que nous détaillons plus loin.
Loi Lemoine, délégation d'assurance : estimez les économies possibles sur la durée de votre prêt.
Calculer mes économiesLa loi Lemoine, codifiée aux articles L. 313-30 et suivants du Code de la consommation, instaure un droit unilatéral de l'emprunteur à substituer son assurance à tout moment. Aucune nationalité, aucune résidence fiscale, aucun seuil de capital ne restreint ce droit. Un résident fiscal israélien remboursant un prêt immobilier français peut donc déclencher la substitution dès le premier jour suivant la signature de l'offre.
La seule condition opposable est l'équivalence des garanties. Le Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF) a publié le 18 décembre 2015 une liste de 18 critères d'équivalence hors garantie perte d'emploi, dont 5 critères dits in concreto (situation de l'emprunteur, déplacements, statut professionnel) et 13 critères in abstracto (contenu des garanties : couverture, exclusions, franchises, plafonds, modalités de prise en charge). La banque ne peut retenir au maximum que 11 critères parmi ces 18 ; elle les inscrit dans la Fiche standardisée d'information (FSI) remise avec l'offre de prêt. Si la garantie perte d'emploi figure au contrat, la banque ajoute jusqu'à 4 critères supplémentaires parmi 8 prévus par le CCSF (Avis du CCSF du 18 décembre 2015).
Pour un résident d'Israël, le critère in concreto sur les déplacements et le séjour à l'étranger devient l'enjeu principal. Le contrat alternatif doit couvrir l'assuré pour les périodes passées en Israël, sans clause d'exclusion liée au pays. Un assureur spécialisé sait rédiger cette clause de couverture mondiale ; un assureur grand public ne la propose qu'au prix d'une surprime.
Le délai de réponse de la banque est de 10 jours ouvrés à compter de la réception de la demande de substitution (article L. 313-32 du Code de la consommation). En cas de refus, la banque doit motiver sa décision par écrit, en pointant précisément quels critères CCSF ne sont pas équivalents. Tout refus pour un autre motif (frais de dossier exigés, justificatifs supplémentaires hors FSI, délai dépassé, silence) expose l'établissement à une amende administrative de 3 000 euros prononcée par la DGCCRF.
L'article complet Loi Lemoine : Résilier son assurance emprunteur à tout moment détaille le mécanisme général. Les particularités pour les non résidents tiennent à la rédaction de la garantie et à la coordination des justificatifs depuis l'étranger.
La délégation d'assurance, ouverte par la loi Lagarde du 1er juillet 2010, autorise l'emprunteur à présenter à la banque, dès la signature de l'offre, un contrat individuel souscrit auprès d'un assureur extérieur. Combinée à la loi Lemoine, elle constitue le mécanisme principal pour un acquéreur résidant en Israël.
Trois conditions doivent être réunies en parallèle.
Un dossier bancaire validé. La banque française finance habituellement un non résident à condition de prendre une hypothèque sur le bien français acquis ou sur un bien déjà détenu en France. Les banques qui acceptent ce profil sont principalement Crédit Agricole International (CFM Indosuez, Banque Transatlantique), BNP Paribas (BNP Paribas International Buyers), Société Générale Private Banking, et certaines caisses régionales. L'apport personnel demandé oscille entre 20 % et 40 % du prix d'achat selon le profil.
Un assureur partenaire qui accepte le risque israélien. Le marché français compte une dizaine d'assureurs individuels capables de tarifer un dossier israélien : April, Generali, Allianz, AXA, Cardif individuel, Metlife, Utwin, SwissLife, Suravenir Pacifica et quelques mutuelles spécialisées. Tous ne couvrent pas Israël à des conditions identiques ; certains plafonnent la couverture, d'autres excluent les zones frontalières du nord, d'autres encore appliquent une exclusion temporaire en cas de service militaire actif.
Un courtier qui connaît les deux marchés. Le rôle du courtier est de positionner le dossier auprès de l'assureur qui couvrira au prix le plus juste, dans le respect des 18 critères CCSF retenus par la banque. Sans cette intermédiation, la probabilité de tomber sur un assureur qui refuse ou applique une surprime de 100 % est élevée.
La procédure de substitution suit cinq étapes successives :
Le détail de la procédure et les modèles de courrier figurent dans le guide Changer d'assurance emprunteur : procédure complète étape par étape.

C'est le point sur lequel la majorité des dossiers se bloquent. La loi Lemoine a supprimé le questionnaire médical pour les prêts dont la part assurée par co-emprunteur reste inférieure à 200 000 euros et dont le terme tombe avant le 60ème anniversaire de l'assuré (article L. 313-44 du Code de la consommation). Au-delà de ce seuil, ou pour un emprunteur dont la maturité du prêt dépasse 60 ans, la sélection médicale reprend ses droits, et c'est là que la résidence israélienne complique le calendrier.
Le détail des cas d'application de la suppression du questionnaire figure dans l'article Suppression du questionnaire de santé : qui est concerné. Pour la fraction du dossier qui exige des examens, voici comment un acheteur résidant à Tel Aviv ou Netanya structure la sélection.
Le questionnaire santé simplifié. L'assureur transmet un formulaire bilingue (français ou hébreu selon l'établissement). Les antécédents médicaux traités en Israël doivent être déclarés en mentionnant le nom du praticien, la kupat holim (caisse de santé : Clalit, Maccabi, Meuhedet, Leumit) qui a pris en charge le suivi, et la date de stabilisation du traitement. La fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (article L. 113-8 du Code des assurances).
Le bilan biologique. Un assureur français demande typiquement une prise de sang sur 12 à 15 paramètres (NFS, glycémie, transaminases, créatinine, bilan lipidique, sérologie VIH et hépatites avec accord explicite). Ces examens sont disponibles dans tous les laboratoires affiliés aux quatre kupot holim israéliennes, ainsi que dans les laboratoires privés (Medilab, Femi Premium, Assuta). Les résultats doivent être traduits par un traducteur assermenté français ou apostillés selon la procédure de La Haye (Israël et France sont signataires depuis 1965).
L'examen clinique et l'électrocardiogramme. Un médecin généraliste francophone à Tel Aviv, Netanya, Jérusalem ou Ashdod réalise l'examen et l'ECG. La liste des médecins agréés par l'assureur est fournie par le courtier. À défaut de praticien référencé, l'assureur peut accepter un médecin choisi sur la liste des médecins conseillés par l'ambassade de France en Israël, sous réserve d'authentification du cachet professionnel.
Le questionnaire de risque de séjour. Ce document, propre aux non résidents, évalue la zone de résidence sur quatre dimensions : qualité du système de santé israélien (très élevée, ce qui joue en faveur de l'assuré), stabilité politique (variable selon contexte), risques sanitaires endémiques (faibles), accessibilité aux soins (excellente dans les grandes villes). Le médecin conseil de l'assureur synthétise ces éléments pour décider d'une surprime, d'exclusions ou d'une acceptation aux conditions standard.
Le délai global. De la transmission du dossier complet à la décision médicale, comptez 3 à 6 semaines lorsque le dossier est fluide, 8 à 12 semaines en cas d'antécédents à instruire. Pour une signature notariale fixée à date, anticiper la demande d'assurance dès la signature du compromis évite le report.
Le tarif d'une assurance emprunteur s'exprime en pourcentage annuel, calculé soit sur le capital initial (contrat groupe), soit sur le capital restant dû (contrat individuel). Cette distinction n'est pas anodine : sur un prêt de 25 ans, la cotisation totale d'un contrat individuel à taux apparent identique au contrat groupe est inférieure de 30 % à 40 % grâce à la décroissance du capital restant dû.
Les barèmes 2025 publiés par Meilleurtaux et Cardif positionnent les taux moyens des contrats individuels en France métropolitaine comme suit :
| Âge à la souscription | Taux contrat groupe | Taux contrat individuel résident France | Taux contrat individuel résident Israël (estimation) |
|---|---|---|---|
| Moins de 30 ans | 0,35 % | 0,09 % à 0,15 % | 0,12 % à 0,22 % |
| 30 à 39 ans | 0,42 % | 0,13 % à 0,22 % | 0,18 % à 0,32 % |
| 40 à 49 ans | 0,55 % | 0,22 % à 0,38 % | 0,30 % à 0,55 % |
| 50 à 59 ans | 0,75 % | 0,38 % à 0,65 % | 0,55 % à 0,95 % |
| 60 ans et plus | 1,05 % | 0,65 % à 1,10 % | 0,95 % à 1,60 % |
Lecture du tableau : un emprunteur de 42 ans, fumeur modéré, cadre, résidant à Tel Aviv, achetant un appartement parisien financé par un prêt de 400 000 euros sur 20 ans, paiera de l'ordre de 0,38 % en contrat individuel délégué chez un assureur partenaire qui accepte Israël, contre 0,55 % en contrat groupe (si la banque accepte). Sur 20 ans, le différentiel cumulé représente près de 13 600 euros d'économies, à garanties équivalentes au sens CCSF.
Le détail âge par âge se trouve dans Taux d'assurance de prêt selon l'âge et la grille de comparaison TAEA dans TAEA assurance emprunteur.
Trois leviers permettent de baisser encore la cotisation.
La quotité. Pour un couple co-emprunteur, la répartition 50/50 est rarement optimale. Un foyer dont l'un des conjoints porte l'essentiel des revenus a intérêt à le couvrir à 100 % et le second conjoint à 50 % ou moins, sous réserve d'accord de la banque sur le risque résiduel.
Le périmètre des garanties. L'ITT et l'IPT sont obligatoires pour un prêt résidence principale ; elles deviennent optionnelles pour un prêt locatif où la banque accepte un contrat décès et PTIA seuls. Un investisseur israélien achetant un bien locatif à Lyon peut ainsi limiter la garantie au décès et PTIA, ce qui divise la cotisation par deux. Le détail des garanties est exposé dans Les garanties de l'assurance emprunteur : DC, PTIA, ITT, IPT, IPP.
Le rachat d'exclusions. Un assureur qui exclut un risque (par exemple un sport pratiqué en Israël, ou une zone géographique frontalière) propose dans la majorité des contrats un rachat moyennant surcotisation forfaitaire. Selon les profils, ce rachat se révèle plus avantageux qu'une exclusion sèche. Le mécanisme est détaillé dans Rachat d'exclusions assurance emprunteur.
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C'est le cas le plus fréquent rencontré par les Français installés en Israël : ils ont contracté leur prêt immobilier alors qu'ils résidaient encore en France ou dans un autre pays accepté par le contrat groupe, ils ont depuis transféré leur résidence fiscale vers Israël, et leur banque continue de prélever la cotisation du contrat groupe initial. La loi Lemoine permet de substituer ce contrat à tout moment.
Trois scénarios reviennent régulièrement.
Scénario 1 : prêt souscrit en France, départ en Israël après quelques années. Le contrat groupe initial reste valable juridiquement (l'assureur ne peut pas résilier unilatéralement pour changement de résidence), mais ses tarifs ne reflètent jamais le profil réel et la couverture peut comporter une clause d'exclusion mondiale au-delà de 90 jours hors de France. Substituer permet d'obtenir une couverture conforme à la résidence israélienne, souvent moins chère.
Scénario 2 : prêt souscrit récemment avec un contrat groupe qui a accepté l'adresse israélienne en surfacturant. La surfacturation atteint 50 % à 100 % selon les grilles Cardif et Meilleurtaux 2025. Substituer auprès d'un assureur individuel spécialisé ramène le tarif au niveau d'un contrat individuel standard plus une surprime géographique inférieure, soit en pratique un gain de 30 % à 50 %.
Scénario 3 : prêt en cours dont la résidence israélienne devient un argument pour renégocier. Même sans surfacturation initiale, le simple fait d'avoir contracté il y a 3, 5 ou 10 ans à des conditions de marché plus chères justifie une substitution. Les barèmes des contrats individuels ont baissé d'environ 25 % depuis l'entrée en vigueur de la loi Lemoine, grâce à la concurrence accrue (chiffres CCSF, rapport 2024 sur l'assurance emprunteur).
La méthode est identique à une délégation initiale : récupérer la FSI auprès de la banque, obtenir un devis assureur conforme aux 11 critères retenus, adresser la demande de substitution par lettre recommandée ou LRE. Le seul élément spécifique à la substitution d'un prêt existant tient au calcul de l'économie potentielle : seul le capital restant dû (et non le capital initial) sert d'assiette à la nouvelle cotisation. Sur les 5 à 10 dernières années d'un prêt amortissable, le capital restant dû représente 30 % à 50 % du capital initial, ce qui rend la substitution particulièrement rentable sur des prêts récents (où le capital restant dû est encore élevé) et marginale sur les prêts en fin d'amortissement.
L'article Comment résilier son assurance emprunteur en cours d'année détaille la procédure et les modèles de courrier applicables aux contrats déjà en place.
Trois sujets connexes à l'assurance emprunteur méritent d'être maîtrisés avant la souscription, car ils modifient le coût total du financement.
La convention fiscale franco-israélienne signée à Jérusalem le 31 juillet 1995 et publiée au Journal officiel français du 12 juin 1996 (décret n° 96-814 du 11 septembre 1996, Légifrance) règle la double imposition entre les deux États. Pour ce qui concerne un prêt immobilier français, deux dispositions sont structurantes. L'article 6 prévoit que les revenus immobiliers (donc les loyers d'un bien français) sont imposables dans l'État où le bien est situé, soit la France. L'article 11 prévoit que les intérêts d'emprunt versés par un résident français à un résident israélien (cas rare en assurance emprunteur, mais possible si un prêt familial transfrontalier complète le financement) sont imposables en Israël avec une retenue à la source maximale de 10 % en France.
La fiscalité française des revenus du bien. Si le bien financé est mis en location, les revenus fonciers d'un non-résident sont imposés au barème progressif avec un taux minimum de 20 % jusqu'à 29 315 euros de revenus 2025 (limite indexée chaque année dans la loi de finances), puis 30 % au-delà. À ce barème s'ajoutent les prélèvements sociaux. Les résidents fiscaux hors Union européenne, Espace économique européen et Suisse, ce qui inclut Israël, supportent les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %, contrairement aux résidents de l'EEE affiliés à un régime de sécurité sociale de leur pays qui bénéficient du Prélèvement de Solidarité réduit à 7,5 %.
La cotisation d'assurance emprunteur d'un prêt finançant un bien locatif est déductible des revenus fonciers au régime réel d'imposition (article 31 du Code général des impôts). Cette déductibilité s'applique pleinement à un emprunteur résident en Israël qui déclare des revenus fonciers français. Le calcul exact et les justificatifs requis sont détaillés dans Assurance emprunteur déductible des revenus fonciers.
La devise du contrat. L'assurance emprunteur d'un prêt français est libellée en euros, prélevée en euros depuis un compte français ou européen. Un résident en Israël dont les revenus sont en shekel devra alimenter régulièrement un compte euro, soit par virement bancaire international (coût SWIFT 15 à 40 euros par opération selon les banques), soit via une plateforme de change spécialisée (Wise, Currencyfair) avec un coût de change typiquement compris entre 0,4 % et 0,8 % du montant converti. Sur une cotisation mensuelle de 150 euros et un horizon de 20 ans, le coût cumulé des frais de change atteint facilement 700 à 1 400 euros, à intégrer dans le coût total réel du crédit.
Pour les emprunteurs qui souhaitent maintenir l'ensemble de leur patrimoine financier en France malgré leur résidence israélienne, l'article SCPI pour expatriés et non résidents examine une stratégie d'investissement complémentaire compatible avec la résidence en Israël.
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Être rappelé sous 6hOui. Aucune disposition légale n'oblige une banque française à accorder un prêt à un non résident. En pratique, les banques qui acceptent ce profil exigent un apport renforcé (20 % à 40 %), une hypothèque sur un bien français déjà détenu ou sur le bien acquis, et une justification de revenus stables. Le refus de financement est cependant distinct du refus d'assurance : si la banque accepte le prêt mais refuse d'inscrire le risque dans son contrat groupe, la délégation auprès d'un assureur individuel reste possible et opposable à la banque sous condition d'équivalence CCSF.
Oui, sous deux conditions cumulatives prévues à l'article L. 313-44 du Code de la consommation : la part assurée par co-emprunteur doit être inférieure à 200 000 euros et le terme du prêt doit tomber avant le 60ème anniversaire de l'assuré. La résidence israélienne n'entre pas dans les conditions d'application, donc un résident en Israël bénéficie de la suppression du questionnaire sur la même base qu'un résident français. Au-delà de ces seuils, la sélection médicale s'applique avec les particularités décrites dans la section dédiée.
Comptez 6 à 10 semaines en moyenne, dont 3 à 6 semaines pour constituer le dossier médical et obtenir le devis, 10 jours ouvrés pour la décision de la banque, et 1 à 2 semaines pour la prise d'effet du nouveau contrat et la résiliation du précédent. Anticiper la demande avant tout déménagement ou changement de situation professionnelle évite les compléments d'information qui rallongent l'instruction.
Une dizaine d'assureurs individuels français sait tarifer le risque israélien : April, Allianz, AXA, Cardif Individuel, Generali, Metlife, SwissLife, Suravenir, Utwin et certaines mutuelles spécialisées. Les conditions varient sensiblement, certains plafonnent la couverture, d'autres excluent des zones frontalières, d'autres encore intègrent une clause spécifique pour le service militaire. Un courtier qui travaille avec ces différents acteurs identifie en un seul devis comparatif celui qui couvre le profil au prix le plus juste.
Tout dépend du capital restant dû et du taux du contrat actuel. Sur un prêt résiduel de 150 000 euros à 10 ans restants, passer d'un contrat groupe à 0,42 % sur capital initial à un contrat individuel à 0,22 % sur capital restant dû représente une économie comprise entre 4 000 et 7 000 euros selon le profil. Le calcul de rentabilité doit toujours être fait au cas par cas, en comparant le coût total des cotisations restant à payer dans l'ancien contrat avec celui du contrat substitué, frais de change inclus si l'alimentation se fait depuis Israël.
La banque ne peut refuser que sur le motif de non équivalence des garanties au regard des 11 critères CCSF inscrits dans la Fiche standardisée d'information. Tout autre motif (frais, justificatifs hors FSI, délai dépassé, silence) constitue un refus abusif. La marche à suivre est codifiée : adresser une mise en demeure par lettre recommandée, saisir le médiateur de la consommation auprès de la fédération bancaire compétente, puis signaler à la DGCCRF qui peut prononcer une amende administrative de 3 000 euros par infraction constatée. Le détail des recours figure dans Refus de délégation d'assurance : que faire.
Oui, à condition d'opter pour le régime réel d'imposition des revenus fonciers. La cotisation d'assurance emprunteur est intégrée dans les charges déductibles aux côtés des intérêts d'emprunt, des frais de gestion locative, de la taxe foncière et des travaux d'entretien. Cette déductibilité s'applique aux non-résidents au même titre qu'aux résidents fiscaux français.
Certains contrats incluent une clause d'exclusion pour les périodes de service militaire actif. Cette clause doit être identifiée à la souscription. Pour un emprunteur jeune susceptible d'effectuer une période de réserve (miluim), un rachat d'exclusion ou un assureur dont la clause est moins restrictive peut être préférable. Le surcoût d'un rachat de cette exclusion se situe entre 3 % et 8 % de la cotisation de base selon les grilles assureurs 2025.
France Épargne traite les dossiers d'assurance emprunteur pour résidents fiscaux d'Israël depuis Tel Aviv, Jérusalem, Netanya, Ashdod, Raanana, Herzliya et toutes les villes du pays. L'accompagnement couvre les trois cas de figure : nouvelle acquisition avec délégation initiale, substitution d'un contrat groupe existant sous loi Lemoine, et renégociation d'un contrat individuel signé à des conditions de marché plus chères.
La méthode repose sur quatre étapes.
Premier échange. Un conseiller dédié recueille la situation : âge, profession, antécédents médicaux, capital restant ou capital à financer, durée résiduelle, banque française concernée, ville de résidence israélienne. Cet échange précise quels assureurs partenaires accepteront le risque, à quelles conditions, et avec quelle surprime géographique éventuelle.
Constitution du dossier. France Épargne récupère la Fiche standardisée d'information auprès de la banque, identifie les 11 critères CCSF retenus et configure le questionnaire médical adapté à la résidence israélienne. Les examens médicaux nécessaires sont coordonnés avec un médecin francophone à proximité du domicile en Israël ; la liste des praticiens et laboratoires partenaires couvre les principales villes.
Comparaison et choix de l'assureur. Le comparatif présente le coût total sur la durée résiduelle du prêt, l'économie nette par rapport à la situation actuelle, la couverture géographique mondiale, les exclusions éventuelles et les modalités de gestion d'un sinistre depuis Israël. Le choix appartient à l'emprunteur.
Suivi de la substitution. France Épargne adresse la demande de substitution à la banque par lettre recommandée électronique et suit le délai de 10 jours ouvrés. En cas de refus, le conseiller traite la réponse de la banque, ajuste le contrat si nécessaire pour caler l'équivalence CCSF, ou engage le recours auprès du médiateur bancaire puis de la DGCCRF.
Réponse sous 6h pour toute prise de contact initiale ; un conseiller rappelle au numéro indiqué ou écrit en français à l'adresse fournie, sur le créneau horaire choisi en tenant compte du décalage France-Israël (Israël est à GMT+2 en hiver, GMT+3 en été, soit une heure d'avance sur Paris).
Pour comparer immédiatement les offres et démarrer une étude personnalisée, le simulateur d'assurance emprunteur calcule l'économie nette estimée en moins de trois minutes, sur la base du profil renseigné. Une prise de contact directe via le formulaire contact France Épargne ouvre la phase d'instruction.
Vivre en Israël ne ferme aucune porte sur le marché de l'assurance emprunteur français. La loi Lemoine du 28 février 2022, combinée à la loi Lagarde de 2010 et au cadre CCSF des 18 critères d'équivalence, fait de la délégation d'assurance un droit opposable à toute banque française, quel que soit le pays de résidence fiscale de l'emprunteur. Ce qui sépare un dossier acceptable d'un dossier bloqué tient à la connaissance fine du marché : savoir quels assureurs partenaires acceptent le risque israélien, comment organiser la sélection médicale depuis Tel Aviv, Jérusalem ou Netanya, et comment caler la rédaction des garanties sur les 11 critères CCSF retenus par la banque. Un résident en Israël qui structure sa demande dans ces conditions économise typiquement 10 000 à 20 000 euros sur la durée d'un prêt immobilier français, à couverture équivalente ou supérieure au contrat groupe initialement proposé. L'assurance emprunteur résident Israël n'est plus un sujet de blocage ; c'est un poste d'optimisation patrimoniale.
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Sources :
Un conseiller calcule vos économies potentielles (Loi Lemoine, délégation) et vous envoie le comparatif sous 6h.