Réservé aux administrateurs
France Épargne Logo
ComparateursSimulateursAcademieRechercheProduits
+33 6 38 75 22 70
Être recontacté
Rappel sous 6h
Espace Client
France Épargne

Protégez votre avenir avec France Épargne. Comprenez, comparez et souscrivez vos contrats d'assurance, d'épargne et d'investissement aux meilleures conditions du marché. Votre courtier indépendant spécialisé.

Produits

  • Tous les produits
  • Investissement
  • Assurance Vie
  • Épargne Retraite
  • SCPI

Outils

  • Simulateurs
  • Comparateurs
  • Espace Client

Ressources

  • Actualités
  • Académie
  • Recherche
  • Contact

Contact

+33 6 38 75 22 70info@france-epargne.fr

© 2026 France Épargne. Tous droits réservés.·Conçu par La Boétie

Mentions légales|Confidentialité|Cookies|ORIAS n° 23001687
/
/
  1. Accueil
  2. Académie
  3. Épargne retraite
  4. PER et Décès : Transmission, Clause Bénéficiaire et Fiscalité
Épargne retraite

PER et Décès : Transmission, Clause Bénéficiaire et Fiscalité

Guide complet du PER au décès : abattement 152 500 € avant 70 ans, article 757 B après 70 ans, clause bénéficiaire optimale, réforme loi finances 2026.

26 janvier 202622 min de lectureMis à jour le 25 mai 2026
Sommaire
  • PER assurantiel ou PER bancaire : un écart fiscal majeur au décès
  • Comprendre les deux enveloppes juridiques
  • Tableau comparatif : la fiscalité au décès en un coup d'œil
  • Fiscalité du PER assurantiel : régime article 990 I CGI avant 70 ans
  • Le mécanisme de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire
  • Exemple 1 : transmission à un enfant unique
  • Exemple 2 : répartition à parts égales entre deux enfants
  • Exemple 3 : franchissement du seuil de 700 000 €
  • Où placer votre capital débloqué
  • Fiscalité du PER assurantiel : régime article 757 B après 70 ans
  • Une bascule complète, pas seulement les versements postérieurs
  • Barème des droits de succession en ligne directe 2026
  • Exemple : décès à 75 ans avec deux enfants bénéficiaires
  • Réforme 2026 : article 9 de la loi de finances et fin de la déduction après 70 ans
  • Ce qui change depuis le 1er janvier 2026
  • Impact sur la stratégie de transmission
  • Clause bénéficiaire : le levier d'optimisation décisif
  • Pourquoi la rédaction de la clause détermine la fiscalité finale
  • Modèle de clause générique à éviter
  • Modèle de clause optimisée et précise
  • Stratégies avancées validées par la pratique notariale
  • Quand et comment réviser sa clause bénéficiaire
  • Calculez le rendement net SCPI sur votre capital
  • Options de versement pour les bénéficiaires : capital ou rente
  • Comparatif des deux options
  • Réversion d'une rente déjà liquidée
  • Cinq erreurs fréquentes à éviter
  • Erreur 1 : choisir un PER bancaire sans en mesurer le coût successoral
  • Erreur 2 : laisser une clause obsolète après un événement familial
  • Erreur 3 : désigner « mes héritiers » comme bénéficiaires
  • Erreur 4 : verser après 70 ans depuis la réforme LF 2026
  • Erreur 5 : ignorer la coordination avec l'assurance-vie
  • Stratégie de placement après déblocage PER
  • FAQ : PER et succession
  • Le capital PER est-il intégré à la succession civile ?
  • Peut-on contester une clause bénéficiaire après le décès ?
  • Quelle différence entre l'article 990 I et l'article 757 B pour un PER ?
  • Le conjoint pacsé bénéficie-t-il de l'exonération ?
  • Que devient le PER en cas de décès du bénéficiaire avant le titulaire ?
  • La réforme de la loi de finances 2026 affecte-t-elle la fiscalité au décès ?
  • Combien de bénéficiaires peut-on désigner dans la clause ?
  • Comment France Épargne Vous Accompagne
  • Conclusion
Rédigé par
France Épargne
Conseil en gestion de patrimoine
TwitterLinkedIn

Le Plan d'Épargne Retraite ne sert pas qu'à préparer la retraite. En cas de décès du titulaire, il devient un levier de transmission patrimoniale au profit des bénéficiaires désignés dans la clause. La fiscalité applicable dépend de trois critères : la nature du contrat (PER assurantiel ou PER bancaire), l'âge du titulaire au décès (avant ou après 70 ans) et le lien de parenté avec le bénéficiaire.

Depuis la promulgation de la loi de finances pour 2026 au Journal officiel le 20 février 2026, l'article 9 supprime la déductibilité fiscale des versements PER effectués à compter de 70 ans (source : Légifiscal, février 2026). Cette mesure change radicalement la stratégie de transmission pour les épargnants seniors. Parallèlement, la CSG sur les revenus de placement passe à 10,6 % au 1er janvier 2026, portant les prélèvements sociaux globaux à 18,6 % (source : LFSS 2026).

Ce guide détaille la fiscalité PER au décès, les stratégies de clause bénéficiaire validées par la jurisprudence, et les écarts considérables entre PER assurantiel et PER bancaire.

À retenir :

  • PER assurantiel : abattement de 152 500 € par bénéficiaire si décès avant 70 ans (article 990 I CGI).
  • PER assurantiel : abattement global de 30 500 € tous bénéficiaires confondus si décès après 70 ans (article 757 B CGI).
  • Conjoint et partenaire de PACS : exonération totale quel que soit l'âge.
  • PER bancaire : aucun abattement spécifique, capital intégré à la succession.
  • Réforme 2026 : versements après 70 ans non déductibles depuis le 1er janvier 2026 (article 9 LF 2026).

PER assurantiel ou PER bancaire : un écart fiscal majeur au décès

Comprendre les deux enveloppes juridiques

Le PER assurantiel est un contrat d'assurance souscrit auprès d'une compagnie (Suravenir, Generali, Spirica, Crédit Mutuel Vie, etc.). En cas de décès, il bénéficie du régime fiscal dérogatoire de l'assurance-vie, articulé autour des articles 990 I et 757 B du Code général des impôts. Les capitaux sont versés hors succession aux bénéficiaires désignés dans la clause.

Le PER bancaire est un compte-titres logé chez un établissement bancaire. Au décès du titulaire, le capital est intégré à l'actif successoral et imposé selon les droits de mutation à titre gratuit classiques, sans aucun abattement spécifique (source : BforBank, guide succession compte-titres).

Cette distinction est posée par l'article L. 224-1 du Code monétaire et financier, qui définit les deux formes de PER individuel issues de la loi PACTE du 22 mai 2019.

Tableau comparatif : la fiscalité au décès en un coup d'œil

Critère PER assurantiel PER bancaire
Régime juridique Article 990 I et 757 B CGI Droits de succession classiques
Hors succession Oui Non, intégré à l'actif successoral
Abattement décès avant 70 ans 152 500 € par bénéficiaire 100 000 € par enfant (tous actifs)
Abattement décès après 70 ans 30 500 € global (tous bénéficiaires) 100 000 € par enfant (tous actifs)
Conjoint / PACS Exonération totale Exonération totale
Taxation au-delà (avant 70 ans) 20 % puis 31,25 % (au-delà de 700 000 €) Barème successoral 5 % à 45 %
Plus-values latentes Intégrées au capital transmis Effacées (purge fiscale)
Optimisation clause Forte (démembrement, conditions) Limitée (ordre successoral)

Conséquence pratique : pour une transmission de 300 000 € à un enfant unique avec un décès avant 70 ans, le PER assurantiel taxe 29 500 € (20 % sur 147 500 €), contre environ 38 194 € pour le PER bancaire (barème 5 % à 20 % sur 200 000 € après abattement de 100 000 €). L'écart se creuse rapidement avec des montants plus élevés.

Fiscalité du PER assurantiel : régime article 990 I CGI avant 70 ans

Le mécanisme de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire

Lorsque le titulaire d'un PER assurantiel décède avant son 70e anniversaire, l'intégralité du capital transmis (versements et gains) relève de l'article 990 I du CGI. Chaque bénéficiaire désigné bénéficie d'un abattement personnel de 152 500 €, tous contrats d'assurance-vie et PER confondus (source : article 990 I CGI, version en vigueur 2026).

Au-delà de cet abattement, le prélèvement spécifique s'applique :

  • 20 % sur la fraction comprise entre 152 501 € et 852 500 € de la part taxable (soit jusqu'à 700 000 € au-delà de l'abattement)
  • 31,25 % sur la fraction excédant 852 500 € de part taxable

Exonération totale lorsque le bénéficiaire désigné est :

  • Le conjoint marié
  • Le partenaire de PACS
  • Sous certaines conditions, un frère ou une sœur célibataire de plus de 50 ans ayant vécu avec le défunt les cinq années précédant le décès

Exemple 1 : transmission à un enfant unique

Un parent décède à 64 ans en laissant un PER assurantiel de 300 000 € à son enfant.

Étape Calcul Montant
Capital transmis 300 000 € 300 000 €
Abattement 990 I 152 500 € 152 500 €
Base taxable 300 000 € moins 152 500 € 147 500 €
Prélèvement (20 %) 147 500 € multiplié par 0,20 29 500 €
Net reçu 300 000 € moins 29 500 € 270 500 €

Taux effectif d'imposition : 9,83 %.

Exemple 2 : répartition à parts égales entre deux enfants

Un parent décède à 62 ans en laissant un PER assurantiel de 400 000 € réparti à parts égales entre ses deux enfants désignés dans la clause.

Bénéficiaire Part reçue Abattement Base taxable Prélèvement 20 % Net reçu
Enfant 1 200 000 € 152 500 € 47 500 € 9 500 € 190 500 €
Enfant 2 200 000 € 152 500 € 47 500 € 9 500 € 190 500 €
Total 400 000 € 305 000 € 95 000 € 19 000 € 381 000 €

Taux effectif : 4,75 %. La répartition entre plusieurs bénéficiaires multiplie l'effet de l'abattement individuel.

Exemple 3 : franchissement du seuil de 700 000 €

Un parent décède à 68 ans en laissant un PER assurantiel de 1 000 000 € à un enfant unique.

Tranche Montant taxable Taux Prélèvement
Abattement 152 500 € Exonéré 0 €
De 152 501 € à 852 500 € 700 000 € 20 % 140 000 €
Au-delà de 852 500 € 147 500 € 31,25 % 46 094 €
Total prélèvement 186 094 €
Net reçu 813 906 €

Où placer votre capital débloqué

Comparez les meilleures enveloppes pour replacer le capital sorti de votre PER : assurance vie, SCPI, fonds euros.

Voir les enveloppes

Fiscalité du PER assurantiel : régime article 757 B après 70 ans

Une bascule complète, pas seulement les versements postérieurs

Pour l'assurance-vie classique, seuls les versements effectués après 70 ans sont soumis au 757 B (les gains restent exonérés). Pour le PER assurantiel, la règle est différente et plus sévère.

L'alinéa 2 de l'article 757 B CGI, issu de la loi PACTE, dispose que dès lors que le titulaire d'un PER décède après son 70e anniversaire, l'intégralité du capital (versements + gains, quelle que soit la date des versements) bascule sous le régime 757 B avec un abattement global unique de 30 500 € réparti entre tous les bénéficiaires.

Au-delà de l'abattement, la part taxable est soumise aux droits de mutation à titre gratuit selon le lien de parenté.

Barème des droits de succession en ligne directe 2026

Tranche taxable (après abattement) Taux
Jusqu'à 8 072 € 5 %
De 8 072 € à 12 109 € 10 %
De 12 109 € à 15 932 € 15 %
De 15 932 € à 552 324 € 20 %
De 552 324 € à 902 838 € 30 %
De 902 838 € à 1 805 677 € 40 %
Au-delà de 1 805 677 € 45 %

Barème non revalorisé depuis 2011 (source : article 777 CGI ; Transactive, barèmes succession 2026).

Exemple : décès à 75 ans avec deux enfants bénéficiaires

Un titulaire décède à 75 ans en laissant un PER assurantiel de 150 000 € réparti à parts égales entre ses deux enfants. Hypothèse : abattement successoral classique de 100 000 € par enfant déjà consommé par d'autres actifs.

Étape Calcul Montant
Capital total transmis 150 000 € 150 000 €
Abattement 757 B (global) 30 500 € 30 500 €
Base taxable totale 150 000 € moins 30 500 € 119 500 €
Part taxable par enfant 119 500 € divisé par 2 59 750 €
Droits par enfant (5 % à 20 %) Voir détail ci-dessous 9 695 €
Total des droits 9 695 € multiplié par 2 19 390 €
Net transmis 150 000 € moins 19 390 € 130 610 €

Détail des droits par enfant (59 750 € taxables) :

  • Jusqu'à 8 072 € à 5 % : 404 €
  • De 8 072 € à 12 109 € à 10 % : 404 €
  • De 12 109 € à 15 932 € à 15 % : 574 €
  • De 15 932 € à 59 750 € à 20 % : 8 764 €
  • Total par enfant : 9 695 €

Taux effectif global : 12,93 %. La fiscalité reste maîtrisée tant que l'abattement de 100 000 € par enfant n'est pas saturé par d'autres actifs successoraux.

Réforme 2026 : article 9 de la loi de finances et fin de la déduction après 70 ans

Ce qui change depuis le 1er janvier 2026

La loi de finances pour 2026, promulguée au Journal officiel le 20 février 2026 après validation du Conseil constitutionnel le 19 février, comprend un article 9 qui modifie en profondeur la fiscalité du PER pour les seniors (source : Légifiscal, février 2026 ; Auguste Patrimoine, analyse LF 2026).

Mesures applicables :

  • Tout versement volontaire effectué sur un PER par un titulaire de 70 ans ou plus depuis le 1er janvier 2026 perd sa déductibilité du revenu global.
  • Tous les types de PER sont concernés : PER individuel, PERE collectif, PER obligatoire, PEPP européen, versements TNS.
  • L'épargne salariale (intéressement, participation, PPV, abondement employeur, CET) versée sur un PER après 70 ans perd également son exonération d'IR.
  • En contrepartie, le report du plafond non utilisé passe de 3 à 5 ans (article L. 224-2 CMF modifié).

Ce qui ne change pas :

  • Les versements effectués avant 70 ans conservent leur déductibilité dans la limite des plafonds annuels.
  • La fiscalité au décès (articles 990 I et 757 B CGI) reste inchangée.
  • Le PERP, dispositif d'épargne retraite antérieur à la loi PACTE, conserve la déductibilité après 70 ans selon la doctrine BOFiP en vigueur.

Impact sur la stratégie de transmission

Avant la réforme, verser après 70 ans présentait un double intérêt : déduction fiscale immédiate du revenu imposable et constitution d'un capital transmissible (avec une fiscalité 757 B alourdie, certes).

Depuis le 1er janvier 2026, le versement après 70 ans ne procure plus que l'effet de capitalisation. La déduction disparaît, mais l'abattement global de 30 500 € au décès reste le seul avantage fiscal résiduel. Pour les contribuables dans les tranches élevées de l'IR (41 % ou 45 %), l'arbitrage bascule en défaveur du PER après 70 ans dans la majorité des cas.

Recommandation chiffrée : un contribuable de 71 ans dans la tranche à 41 % qui verse 10 000 € sur son PER perd désormais 4 100 € d'économie d'IR par rapport à la situation antérieure. Sur 10 ans de versements de 10 000 € annuels, le coût d'opportunité atteint 41 000 €.

Clause bénéficiaire : le levier d'optimisation décisif

Pourquoi la rédaction de la clause détermine la fiscalité finale

La clause bénéficiaire désigne nominativement les personnes qui percevront le capital PER au décès du titulaire. Une rédaction imprécise produit trois risques majeurs : versement à des personnes non souhaitées (ex-conjoint, héritiers légaux par défaut), perte du bénéfice de l'abattement 152 500 €, et contestations successorales devant le tribunal judiciaire.

Selon la jurisprudence constante de la Cour de cassation (notamment Cass. ch. mixte, 21 décembre 2007), la clause bénéficiaire d'un contrat d'assurance prime sur les dispositions testamentaires lorsqu'elle est clairement rédigée.

Modèle de clause générique à éviter

Mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers.

Faiblesses identifiées :

  • L'expression « à défaut » est ambiguë en cas de décès simultané ou de renonciation
  • Aucune répartition contrôlée entre enfants
  • La mention « mes héritiers » fait perdre le bénéfice de l'article 990 I si le conjoint et les enfants prédécèdent (intégration à la succession classique)
  • Pas d'adaptation aux familles recomposées

Modèle de clause optimisée et précise

Mon conjoint marié [NOM Prénom], né(e) le [JJ/MM/AAAA] à [VILLE], non séparé de corps ni engagé dans une procédure de divorce au jour de mon décès, pour 100 % du capital.

À défaut, mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés par parts égales, étant précisé que les représentants se répartiront la part de leur auteur prédécédé par souches égales.

À défaut, [bénéficiaire subsidiaire nominativement désigné : neveu, association reconnue d'utilité publique, etc.] pour 100 % du capital.

Atouts :

  • Identification civile complète du conjoint, neutralisant le risque de confusion en cas de remariage
  • Conditions explicites pour exclure un conjoint en instance de divorce
  • Mécanisme de représentation par souches conforme aux articles 751 à 755 du Code civil
  • Bénéficiaire subsidiaire nominatif évitant la requalification en succession

Stratégies avancées validées par la pratique notariale

Démembrement de la clause bénéficiaire (usufruit / nue-propriété)

L'objectif est de protéger le conjoint survivant par l'attribution de l'usufruit du capital tout en transmettant la nue-propriété aux enfants. Au décès du conjoint usufruitier, les enfants récupèrent la pleine propriété sans fiscalité supplémentaire (article 1133 CGI).

Barème fiscal de l'article 669 CGI (inchangé depuis la loi de finances 2004) :

Âge de l'usufruitier au décès Valeur de l'usufruit Valeur de la nue-propriété
Moins de 21 ans révolus 90 % 10 %
De 21 à 30 ans révolus 80 % 20 %
De 31 à 40 ans révolus 70 % 30 %
De 41 à 50 ans révolus 60 % 40 %
De 51 à 60 ans révolus 50 % 50 %
De 61 à 70 ans révolus 40 % 60 %
De 71 à 80 ans révolus 30 % 70 %
De 81 à 90 ans révolus 20 % 80 %
Plus de 90 ans révolus 10 % 90 %

Exemple chiffré. Capital PER de 200 000 €, conjoint usufruitier de 65 ans, deux enfants nus-propriétaires :

  • Valeur de l'usufruit : 200 000 € multiplié par 40 % = 80 000 € (exonération conjoint)
  • Valeur de la nue-propriété : 200 000 € multiplié par 60 % = 120 000 €
  • Part par enfant nu-propriétaire : 60 000 €
  • Abattement 990 I (décès avant 70 ans) : 152 500 € par enfant
  • Taxation : 0 € sur la nue-propriété

Au second décès (conjoint usufruitier), les enfants récupèrent les 80 000 € correspondant à la valeur de l'usufruit sans aucune nouvelle taxation.

Répartition inégalitaire entre enfants

Cette stratégie permet d'avantager un enfant ayant des besoins spécifiques (handicap reconnu, situation financière fragile, charge de famille élevée). La répartition se rédige par pourcentages :

Mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, dans les proportions suivantes : 60 % à mon fils [NOM Prénom, date et lieu de naissance], 40 % à ma fille [NOM Prénom, date et lieu de naissance].

Limite légale : la clause doit respecter la quotité disponible (article 912 du Code civil). En présence de deux enfants, elle est de un tiers de la masse successorale ; avec trois enfants ou plus, elle tombe à un quart. Au-delà, les héritiers réservataires peuvent exercer une action en réduction.

Clause à options pour le bénéficiaire

Cette technique permet au bénéficiaire principal de choisir entre plusieurs options de répartition au moment du décès, en fonction de sa situation patrimoniale et fiscale :

Mon conjoint [NOM Prénom] à hauteur de 100 %, à charge pour lui d'opter, dans le délai légal de renonciation, entre :

Option 1 : 100 % du capital en pleine propriété.

Option 2 : 50 % du capital en pleine propriété, le solde revenant à mes enfants par parts égales.

Option 3 : usufruit du capital, la nue-propriété revenant à mes enfants par parts égales.

La cohérence civile et fiscale de cette technique a été confirmée par la doctrine notariale (réponse ministérielle Ciot, n° 78192, JOAN 23 février 2016).

Quand et comment réviser sa clause bénéficiaire

Événements déclencheurs :

  • Mariage, divorce, PACS, dissolution de PACS
  • Naissance, adoption ou décès d'un bénéficiaire
  • Achat ou vente d'un bien immobilier modifiant l'équilibre patrimonial
  • Modification de la situation financière d'un héritier

Procédure pratique :

  1. Adresser un courrier recommandé à l'assureur ou utiliser l'espace client en ligne
  2. Joindre la nouvelle rédaction datée et signée
  3. Conserver l'accusé de réception comme preuve de date

Le délai de prise en compte est immédiat à compter de la réception par la compagnie. Aucun frais n'est facturé chez la quasi-totalité des assureurs du marché (vérifier les conditions générales). Recommandation : réviser la clause tous les 3 ans ou après tout événement familial majeur.

Calculez le rendement net SCPI sur votre capital

Simulez les revenus mensuels qu'un capital sorti d'un PER peut générer en SCPI, après fiscalité.

Lancer la simulation

Options de versement pour les bénéficiaires : capital ou rente

Comparatif des deux options

Au décès du titulaire d'un PER assurantiel en phase d'épargne, le bénéficiaire choisit entre un versement en capital (somme forfaitaire unique) et un versement en rente viagère (pension mensuelle ou trimestrielle à vie).

Critère Capital Rente viagère
Liquidité Immédiate Versements étalés à vie
Fiscalité initiale Prélèvement 990 I ou 757 B en une fois Imposition annuelle sur les rentes
Imposition courante Néant après versement Barème IR après abattement 10 % (article 158 CGI)
Risque financier Mauvaise gestion possible Garantie de revenu à vie
Transmission Capital retransmissible aux héritiers Éteinte au décès du crédirentier
Adapté à Besoins immédiats, capacité de gestion Personnes âgées, dépendantes

Réversion d'une rente déjà liquidée

Si le titulaire avait déjà liquidé son PER en rente viagère avec réversion (option choisie à la sortie), le décès du crédirentier d'origine déclenche le versement de la rente au bénéficiaire réversataire.

Régime fiscal de la rente réversible :

  • Exonération totale de droits de succession lorsque la réversion bénéficie au conjoint, partenaire de PACS, ascendant ou descendant en ligne directe (article 793 ter CGI)
  • Imposition annuelle de la rente perçue au barème progressif de l'IR après l'abattement de 10 % sur les pensions (plafond 2026 : 4 399 € pour l'ensemble du foyer)
  • Soumission aux prélèvements sociaux au taux de 9,1 % (rentes viagères à titre gratuit)

Cinq erreurs fréquentes à éviter

Erreur 1 : choisir un PER bancaire sans en mesurer le coût successoral

Le PER bancaire séduit par ses frais d'arbitrage souvent inférieurs et un univers d'investissement plus large (ETF, actions vives). Au décès, cet avantage est balayé par l'absence d'abattement 152 500 €. Pour un objectif de transmission, le PER assurantiel reste le choix par défaut.

Erreur 2 : laisser une clause obsolète après un événement familial

Une clause non révisée après divorce peut transférer le capital à l'ex-conjoint si la formulation initiale était nominative sans condition matrimoniale. Cas tranché par la Cour de cassation (Civ. 2e, 19 mars 2009, n° 08-13.428).

Erreur 3 : désigner « mes héritiers » comme bénéficiaires

Cette formule désigne les héritiers légaux selon l'ordre successoral et entraîne l'intégration du capital à la succession civile, supprimant le bénéfice de l'article 990 I. L'erreur la plus coûteuse en pratique.

Erreur 4 : verser après 70 ans depuis la réforme LF 2026

Sans déductibilité fiscale à l'entrée et avec un abattement réduit à 30 500 € global au décès, le PER après 70 ans n'a plus d'intérêt fiscal en 2026 pour la majorité des profils. L'arbitrage doit basculer vers l'assurance-vie classique (qui conserve les abattements assurance-vie) ou la donation entre vifs.

Erreur 5 : ignorer la coordination avec l'assurance-vie

Les abattements de 152 500 € et 30 500 € sont partagés entre tous les contrats d'assurance-vie et PER assurantiels d'un même titulaire, par bénéficiaire et tous contrats confondus. Un titulaire qui détient 200 000 € d'assurance-vie et 100 000 € de PER assurantiel ne dispose pas de deux abattements distincts mais d'un seul de 152 500 € par bénéficiaire pour l'ensemble.

Stratégie de placement après déblocage PER

Nos conseillers patrimoniaux structurent le replacement de votre capital débloqué, en fonction de votre fiscalité et de votre horizon.

Être rappelé sous 6h

FAQ : PER et succession

Le capital PER est-il intégré à la succession civile ?

Pour un PER assurantiel, non : les capitaux sont versés hors succession aux bénéficiaires désignés dans la clause, en application des articles L. 132-12 et L. 132-13 du Code des assurances. Pour un PER bancaire, oui : le capital constitue un actif successoral classique soumis au partage entre héritiers.

Peut-on contester une clause bénéficiaire après le décès ?

Oui, dans deux cas principaux : si les primes versées sont manifestement exagérées au regard de la situation patrimoniale du défunt (article L. 132-13 du Code des assurances, jurisprudence Pelletier de 2004), ou si la clause est entachée d'un vice du consentement (dol, erreur, violence) au moment de sa rédaction. La contestation se porte devant le tribunal judiciaire dans un délai de cinq ans.

Quelle différence entre l'article 990 I et l'article 757 B pour un PER ?

L'article 990 I CGI s'applique au PER assurantiel si le décès survient avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, taux forfaitaire de 20 % ou 31,25 %. L'article 757 B CGI s'applique au PER assurantiel si le décès survient après 70 ans : abattement global de 30 500 €, puis barème successoral selon le lien de parenté. Pour le PER, la bascule entre les deux régimes dépend de l'âge au décès, pas de la date de chaque versement (contrairement à l'assurance-vie).

Le conjoint pacsé bénéficie-t-il de l'exonération ?

Oui, le partenaire de PACS est assimilé au conjoint marié pour l'application de l'exonération des droits de mutation à titre gratuit (article 796-0 bis CGI) et pour le prélèvement de l'article 990 I. L'exonération totale s'applique tant pour le 990 I que pour le 757 B.

Que devient le PER en cas de décès du bénéficiaire avant le titulaire ?

Si le bénéficiaire désigné décède avant le titulaire, la clause de représentation joue (si elle est prévue), faisant passer le capital aux descendants du bénéficiaire prédécédé. À défaut de représentation explicite, le rang suivant de la clause s'active (« à défaut, mes enfants », etc.). Une clause sans bénéficiaire vivant ni mécanisme de substitution entraîne l'intégration du capital à la succession.

La réforme de la loi de finances 2026 affecte-t-elle la fiscalité au décès ?

Non. L'article 9 de la LF 2026 supprime uniquement la déductibilité des versements effectués après 70 ans à compter du 1er janvier 2026. Les régimes fiscaux au décès (articles 990 I et 757 B CGI) restent inchangés, avec les mêmes abattements et les mêmes taux.

Combien de bénéficiaires peut-on désigner dans la clause ?

Il n'existe aucune limite légale. La clause peut désigner autant de bénéficiaires que souhaité, chacun pour une quote-part nominative ou en pourcentage. Chaque bénéficiaire personne physique dispose de son propre abattement de 152 500 € (décès avant 70 ans), ce qui rend la multiplication des bénéficiaires fiscalement avantageuse pour les patrimoines importants.

Comment France Épargne Vous Accompagne

Optimiser la transmission d'un PER demande une expertise pointue en fiscalité successorale et en droit des contrats d'assurance. Les conseillers en gestion de patrimoine de France Épargne accompagnent les épargnants sur l'ensemble de la chaîne décisionnelle :

  • Diagnostic du PER actuel : vérification de la nature assurantielle ou bancaire, audit de la clause en vigueur, identification des risques de requalification
  • Rédaction sur mesure de la clause bénéficiaire : démembrement, clause à options, répartition inégalitaire conforme à la réserve héréditaire
  • Coordination patrimoniale globale : articulation du PER avec l'assurance-vie, les donations entre vifs, les SCI familiales et le pacte Dutreil
  • Simulation chiffrée de la transmission : calcul des prélèvements 990 I, 757 B, droits de succession en fonction de l'âge et de la composition familiale
  • Veille réglementaire : suivi des évolutions législatives, comme la réforme article 9 de la LF 2026, et adaptation continue de la stratégie

Estimer la fiscalité de votre transmission avec nos simulateurs

Conclusion

Le PER assurantiel offre l'un des cadres fiscaux les plus avantageux du droit français pour transmettre un capital à des bénéficiaires désignés. L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire en cas de décès avant 70 ans et l'exonération totale du conjoint ou partenaire de PACS en font un outil de transmission de premier plan, bien au-delà de sa vocation retraite initiale.

Au-delà de 70 ans, la fiscalité se durcit nettement avec un abattement global réduit à 30 500 € et l'application du barème successoral. La réforme issue de l'article 9 de la loi de finances 2026, qui supprime la déductibilité des versements après 70 ans depuis le 1er janvier 2026, modifie radicalement l'équation : l'arbitrage entre PER, assurance-vie et donation entre vifs doit être réévalué pour les épargnants seniors.

La clause bénéficiaire demeure le levier d'optimisation le plus puissant. Démembrement usufruit/nue-propriété, répartition inégalitaire, clauses à options : ces techniques nécessitent une rédaction notariale ou un accompagnement par un gestionnaire de patrimoine pour produire pleinement leurs effets.

Une dernière règle vaut comme principe directeur : privilégier un PER assurantiel plutôt qu'un PER bancaire dès lors que la transmission est un objectif explicite. L'écart fiscal au décès peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros sur des capitaux modestes, et plus de 100 000 € sur des patrimoines significatifs.


À lire également :

  • Clause Bénéficiaire PER 2026 : Optimisation et Transmission
  • PER : Aspects Juridiques et Réglementaires
  • PER vs PEA : Quel Placement Long Terme Choisir
  • PER Bancaire vs Assurantiel : Comparatif Complet
  • Déduction Fiscale PER 2026 : Plafonds et Optimisation
  • PER après Retraite : Continuer à Verser

Sources :

  • Article 990 I du Code général des impôts : régime fiscal au décès avant 70 ans
  • Article 757 B du Code général des impôts : régime fiscal au décès après 70 ans
  • Article 669 du Code général des impôts : barème démembrement usufruit/nue-propriété
  • Loi de finances pour 2026 (Légifiscal) : suppression déductibilité après 70 ans
  • Auguste Patrimoine, analyse LF 2026 : article 9 LF 2026 et PER
  • Hagnéré Patrimoine, PER et succession 2026 : règles 990 I et 757 B appliquées au PER
  • Transactive, droits succession 2026 : barème succession ligne directe
  • Service-Public.gouv.fr, simulateur usufruit : barème article 669 CGI
Partager
◇
Recommandation

Simulez votre économie d'impôt avec le PER

Un conseiller calcule votre déduction PER selon votre TMI et propose le contrat le mieux adapté. Réponse sous 6h.

Lancer la simulation

Articles connexes

01
Clause Bénéficiaire PER 2026 : Optimisation et Transmission Patrimoine
02
PER : Aspects Juridiques et Réglementaires 2026 - Guide Complet
03
PER vs PEA : Quel Placement Long Terme Choisir en 2026 ?

Produits liés

01
PER Collectif (PERECO/PERCOL)
02
PER Individuel (PERIN)
03
PER Obligatoire (PERO)
À la uneTous les articles
  • Assurance vieil y a 7 heures

    Allocation d'Actifs en Assurance Vie : Construire Son Portefeuille

  • Assurance vieil y a 9 heures

    Abattement de 152 500 € en assurance vie : transmettre sans droits

  • Assurance vieil y a 10 heures

    Pourquoi Ouvrir une Assurance Vie : Les Avantages Concrets

  • Assurance vieil y a 13 heures

    L'Assurance Vie, Placement Préféré des Français : Les Raisons

  • assurance-habitationil y a 7 jours

    Assurance Habitation, le repère essentiel pour locataires et propriétaires

  • assurance-habitationil y a 7 jours

    Airbnb et location saisonnière, l'assurance que vous devez vraiment souscrire