Gestion de patrimoine

Étaler les droits de succession : ce que coûtent trois ans

Le Trésor accepte de découper les droits en versements semestriels, et chaque échéance ne porte intérêt que sur le capital restant dû. La part de biens non liquides de l'actif décide de la durée obtenue, un an ou trois ans.

Taux du crédit de paiement 2,0 %Seuil de biens non liquides 50 %Dépôt de la déclaration 6 mois
Barèmes 2026 officielsChiffres mis à jour : HCSF, droits d'enregistrement, plafonds PTZ, indices INSEE.
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Le calcul applique le taux du Trésor au capital restant dû à chaque échéance semestrielle.

78 000 €
10 k€150 k€400 k€

Le montant chiffré par le notaire pour votre part.

70 %
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Immeubles, parts de sociétés non cotées, fonds de commerce, objets d'art et de collection.

20 000 €
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Comptes, capitaux d'assurance vie et titres cotés disponibles pour votre part.

Sert de point de comparaison sur la même durée que l'échéancier public.

Succession

Ce que coûte réellement un étalement des droits de succession

Le crédit de paiement fractionné applique son taux au capital restant dû à chaque échéance semestrielle. Sept versements sur trois ans reviennent ainsi à 3,0 % du montant étalé, très en deçà d'un crédit bancaire de même durée et des pénalités d'un dépôt tardif.

Le taux ne porte que sur le capital restant dû

Le crédit de paiement fractionné découpe les droits en versements égaux espacés de six mois au plus (article 1717 du code général des impôts, articles 396 à 404 GD de son annexe III). Le premier règlement intervient au dépôt de la déclaration et n'appelle aucun intérêt. Chaque échéance suivante porte intérêt sur le seul solde encore dû, qui décroît d'un septième à chaque versement dans le régime long.

La somme des soldes pondérés par les semestres vaut une année et demie de dette pleine sur sept versements. Au taux de 2,0 %, le coût total ressort donc à 3,0 % du montant étalé, quand un calcul appliquant le taux à la dette entière pendant trois ans annoncerait le double. Sur 78 194 euros de droits, l'étalement coûte 2 346 euros sur trois ans, soit 782 euros par an.

La part de biens non liquides commande la durée obtenue

Le régime général autorise trois versements sur un an. Lorsque l'actif successoral comprend au moins 50 % de biens non liquides, l'étalement passe à 7 versements répartis sur trois ans. Le décret n° 2014-1565 du 22 décembre 2014 range dans cette catégorie les immeubles, les fonds de commerce, la clientèle, les parts de sociétés non cotées, les valeurs mobilières non cotées, les marchandises neuves, le cheptel et le matériel agricole, ainsi que les objets d'antiquité, d'art ou de collection.

Ce seuil est atteint dans la plupart des successions françaises : l'immobilier représente 61 % du patrimoine brut des ménages contre 22 % pour les actifs financiers (INSEE, Insee Focus n° 371, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2024). La présence de la résidence principale dans la masse à partager suffit le plus souvent à ouvrir la durée maximale.

Un dépôt tardif coûte quatre fois plus qu'un étalement régulier

La déclaration de succession se dépose dans les 6 mois du décès survenu en France métropolitaine, douze mois lorsque le décès a eu lieu à l'étranger. Au-delà, l'intérêt de retard court à 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an (article 1727 du code général des impôts), et une majoration de 10 % s'ajoute dès le treizième mois suivant le décès (article 1728 du même code).

Une déclaration déposée dix-huit mois après le décès sur 78 194 euros de droits produit environ 1 877 euros d'intérêts et 7 819 euros de majoration, soit plus de 9 600 euros. Le même montant étalé régulièrement sur trois ans coûte 2 346 euros. Demander le crédit au moment du dépôt reste donc la seule voie qui préserve à la fois le délai et le coût.

Garanties, déchéance et transmissions d'entreprise

Le comptable public statue dans un délai de deux mois depuis le décret n° 2023-1324 du 28 décembre 2023, et le redevable dispose ensuite de quatre mois pour constituer la garantie offerte. Sont admis une hypothèque sur un immeuble dépendant ou non de la succession, le nantissement d'un portefeuille de valeurs mobilières ou d'un contrat d'assurance vie, la caution solidaire d'un établissement de crédit ou l'engagement personnel solidaire d'un tiers solvable.

La cession du bien grevé et le défaut de paiement d'une échéance emportent déchéance du terme, avec une tolérance d'un mois pour régulariser. Les transmissions d'entreprise individuelle ou de parts de sociétés non cotées relèvent d'un régime propre : différé de cinq ans limité aux intérêts, puis fractionnement sur dix ans, au taux réduit de 0,6 %.

Questions fréquentes

Comment mesurer la part de biens non liquides de la succession ?

Rapportez la valeur des immeubles, parts de sociétés non cotées, fonds de commerce et objets de collection à l'actif brut de la succession. L'inventaire notarié fournit ces valeurs. Le seuil de 50 % s'apprécie sur l'ensemble de l'actif successoral, non sur la part reçue par chaque héritier.

Le crédit du Trésor finance-t-il aussi les frais de notaire ?

Non. Le crédit de paiement porte sur les seuls droits de mutation par décès. Les émoluments du notaire, les dettes du défunt et les charges du bien transmis restent à financer sur les liquidités successorales ou par un crédit bancaire, qui accepte lui une assiette plus large.

Chaque héritier demande-t-il son propre étalement ?

Oui. La demande se raisonne par redevable, avec son offre de garantie propre. Un héritier disposant de liquidités solde immédiatement pendant qu'un autre étale sur trois ans. La solidarité fiscale de l'article 1709 du code général des impôts impose toutefois de sécuriser chaque part, puisque l'administration peut réclamer la totalité à l'un des cohéritiers acceptants.

Que devient l'échéancier si le bien est vendu avant le terme ?

La cession totale ou partielle des biens grevés rend le solde immédiatement exigible, avec une tolérance d'un mois pour régulariser (BOI-ENR-DG-50-20-30). Le notaire séquestre en pratique le prix de vente à hauteur du solde dû, ce qui éteint le crédit et permet la mainlevée de l'hypothèque.

Le paiement différé se cumule-t-il avec le fractionnement ?

Oui. Les droits assis sur une nue-propriété deviennent exigibles au plus tard six mois après la réunion de l'usufruit ou la cession du bien, et le solde peut ensuite être fractionné. Le nu-propriétaire acquitte les intérêts pendant le différé, sauf option irrévocable pour une assiette élargie à la valeur en pleine propriété, qui en dispense.

Les intérêts versés au Trésor sont-ils déductibles ?

Ces intérêts ne se déduisent d'aucun revenu imposable des héritiers : ils constituent un coût net. Le même raisonnement vaut pour un prêt bancaire souscrit pour régler la dette fiscale, sauf lorsque le bien financé est affecté à une activité locative relevant d'un régime réel.