Avec 2 107 milliards d'euros d'encours en 2025 (source France Assureurs) et un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire hors droits de succession, l'assurance vie reste le premier outil de transmission patrimoniale en France.
L'assurance vie est l'outil de transmission patrimoniale le plus puissant du droit français. Les capitaux versés aux bénéficiaires désignés ne font pas partie de la succession civile du défunt. Ce principe fondateur, inscrit à l'article L132-12 du Code des assurances, produit des effets majeurs sur la fiscalité, la liberté de désignation et la protection des proches.
Les capitaux transmis ne sont pas soumis aux droits de succession classiques, dont le barème progressif peut atteindre 45 %. Ils ne sont pas rapportables à la succession : les autres héritiers ne peuvent pas exiger leur prise en compte dans le partage, sauf si les primes versées sont qualifiées de manifestement exagérées par un tribunal. Le souscripteur peut désigner librement ses bénéficiaires, y compris des personnes extérieures à la famille légale : concubin, ami, association caritative, neveu, petit-enfant. Cette liberté de désignation constitue l'une des spécificités les plus précieuses du contrat.
Le capital transmis échappe également à la réserve héréditaire, dans la limite des primes non manifestement exagérées. Cela signifie qu'un souscripteur peut favoriser un bénéficiaire extérieur à la famille légale, sans que les héritiers réservataires (enfants, conjoint) puissent réclamer leur quote-part légale sur ces sommes.
L'assurance vie dispose de son propre régime fiscal en matière de transmission, défini par deux articles du Code Général des Impôts. L'article 990 I du CGI s'applique aux versements effectués avant 70 ans avec un abattement spécifique par bénéficiaire. L'article 757 B du CGI régit les versements effectués après 70 ans, avec un abattement global plus limité, mais les gains générés sont intégralement exonérés.
Ces deux régimes sont structurellement plus avantageux que le droit commun successoral. À titre de comparaison, l'abattement de droit commun en ligne directe (parent vers enfant) est de 100 000 euros renouvelable tous les 15 ans, contre le plafond individuel prévu par l'article 990 I du CGI, sans limite de renouvellement dans le temps pour l'assurance vie. Les encours totaux de l'assurance vie en France ont atteint 2 107 milliards d'euros à fin 2025, en progression de 6,1 % sur un an (France Assureurs, mars 2026). La collecte nette 2025 a atteint 50,6 milliards d'euros, un niveau record depuis 2011, confirmant l'attractivité persistante de ce placement pour les ménages français.
Ce statut hors succession n'est pas absolu. Les héritiers réservataires peuvent contester des primes manifestement exagérées au regard du patrimoine global, des revenus et de l'âge du souscripteur au moment des versements. La Cour de cassation apprécie au cas par cas, sans seuil légal fixe. Des versements représentant moins de 30 à 40 % du patrimoine global sont rarement remis en cause. La jurisprudence tient également compte du motif du versement (constitution d'une épargne de précaution, transmission planifiée, avantage consenti à un bénéficiaire) et de la situation financière du souscripteur au moment des versements.
Il faut également distinguer le caractère hors succession civile du caractère hors succession fiscale. Le régime fiscal autonome (articles 990 I et 757 B du CGI) s'applique de plein droit, mais le capital transmis peut malgré tout faire l'objet d'un prélèvement fiscal selon les montants et les bénéficiaires désignés. France Épargne accompagne ses clients dans la structuration de leur contrat pour maximiser l'efficacité fiscale et juridique de la transmission.
| Critère | Art. 990 I CGI (versements avant 70 ans) | Art. 757 B CGI (versements après 70 ans) |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 euros PAR BÉNÉFICIAIRE | 30 500 euros GLOBAL (tous bénéficiaires confondus) |
| Assiette taxable | Capitaux transmis (versements + gains) | Versements uniquement (les gains sont exonérés) |
| Taux d'imposition (1re tranche) | 20 % de 152 501 euros à 700 000 euros | Droits de succession classiques (5 % à 45 % selon lien de parenté) |
| Taux d'imposition (2e tranche) | 31,25 % au-delà de 700 000 euros | Droits de succession classiques (5 % à 45 %) |
| Conjoint ou partenaire PACS | Exonéré totalement | Exonéré totalement |
| Frère ou sœur (sous conditions art. 796-0 ter CGI) | Exonéré si conditions remplies | Exonéré si conditions remplies |
| Exemple : 300 000 euros à un enfant | Abattement 152 500 euros, puis 20 % sur 147 500 euros = 29 500 euros de droits | Abattement 30 500 euros sur versements, droits de succession sur le reste |
| Exemple : 152 500 euros à un enfant | 0 euro de droits (abattement couvre la totalité) | Versements moins 30 500 euros soumis aux droits de succession classiques |
| Nombre de bénéficiaires | Abattement multiplié par le nombre de bénéficiaires désignés | Abattement unique partagé entre tous les bénéficiaires |
| Stratégie optimale | Maximiser les versements avant 70 ans | Intéressant pour les gains futurs et les patrimoines à fort potentiel de croissance |
Le régime de l'article 990 I du CGI offre un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire désigné, ce qui, en multipliant les bénéficiaires, permet de transmettre des sommes considérables sans aucune taxation. Un couple avec deux enfants et quatre petits-enfants peut transmettre jusqu'à 2 × 6 × 152 500 euros = 1 830 000 euros en totale franchise de droits.
Jean et Marie, mariés sous le régime de la communauté, souhaitent optimiser la transmission de leur patrimoine. Chacun ouvre un contrat d'assurance vie distinct avec quatre bénéficiaires désignés, chacun jusqu'au seuil d'exonération individuel de l'article 990 I.
Contrat de Jean (versements avant 70 ans) :
Contrat de Marie avec la même configuration : 610 000 euros supplémentaires en franchise totale de droits.
Total transmis par le couple : 1 220 000 euros sans taxation.
Si les montants par bénéficiaire dépassent le seuil d'exonération, la taxation reste très modérée : 20 % jusqu'à 700 000 euros par bénéficiaire, puis 31,25 % au-delà de ce plafond. À titre de comparaison, le barème des droits de succession classiques en ligne directe peut atteindre 45 % pour les montants supérieurs à 1 805 677 euros.
En droit commun successoral, chaque parent bénéficie d'un abattement de 100 000 euros par enfant, renouvelable tous les 15 ans (article 779 du CGI). Au-delà, le barème progressif s'applique selon les tranches définies à l'article 777 du CGI. Pour une transmission de 610 000 euros à un enfant unique par voie successorale classique : abattement de 100 000 euros, puis droits progressifs sur 510 000 euros représentent environ 98 194 euros de droits. Via l'assurance vie avec l'article 990 I, répartis sur quatre bénéficiaires à hauteur du plafond d'exonération : 0 euro de droits.
Contrairement à une idée reçue répandue, verser sur une assurance vie après 70 ans conserve un intérêt successoral réel. L'abattement global de 30 500 euros est limité, mais les gains réalisés après le versement sont totalement exonérés de droits de succession, sans plafond de montant. Pour un versement de 200 000 euros après 70 ans qui génère 80 000 euros de gains sur 15 ans à un rendement de 2,65 % par an (taux moyen 2025 confirmé par l'ACPR), seuls les 169 500 euros de versements nets d'abattement sont soumis aux droits de succession classiques. Les 80 000 euros de gains sont intégralement exonérés, conformément au régime défini par le BOFIP (BOI-TCAS-AUT-60).
La combinaison des deux régimes (990 I avant 70 ans et 757 B après 70 ans) constitue la stratégie la plus robuste pour les patrimoines importants. France Épargne conseille systématiquement ses clients sur la répartition optimale entre versements avant et après le seuil de 70 ans, en fonction de leur âge actuel, de leur patrimoine global et du nombre de bénéficiaires envisagés.
Source: France Assureurs, mars 2026
La clause bénéficiaire démembrée est un outil patrimonial sophistiqué qui permet de scinder le capital décès entre un usufruitier (qui dispose du capital et perçoit ses revenus) et des nus-propriétaires (qui reçoivent le capital en pleine propriété à l'extinction de l'usufruit). Cette technique combine la protection du conjoint survivant avec la transmission optimisée aux enfants, sur deux générations.
Au lieu de la clause classique « mon conjoint, à défaut mes enfants », la clause démembrée prévoit typiquement : « Je désigne comme bénéficiaires : mon conjoint pour l'usufruit, et mes enfants nés ou à naître pour la nue-propriété, à parts égales entre eux. »
Au décès du souscripteur, le conjoint survivant reçoit le quasi-usufruit des capitaux. Il peut les utiliser librement, mais contracte une dette de restitution envers les nus-propriétaires, inscriptible au passif de sa succession. Au décès du conjoint usufruitier, les enfants récupèrent les capitaux en pleine propriété. Cette transmission est fiscalement neutre : aucun droit de succession n'est dû au moment de l'extinction de l'usufruit, conformément à l'article 1133 du CGI et à la réponse ministérielle Ciot de décembre 2016, qui a clarifié ce point après des années d'incertitude juridique.
Le conjoint est exonéré de droits de succession en toute hypothèse, en vertu de la loi TEPA du 21 août 2007 (article 796-0 bis du CGI). Les enfants nus-propriétaires ne sont taxés que sur la valeur de la nue-propriété, calculée selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment du décès :
Cette valorisation réduite de la nue-propriété peut placer les enfants en dessous du seuil fiscal de l'article 990 I du CGI, rendant la transmission globalement exonérée de droits au premier décès.
Pierre décède à 68 ans. Son contrat de 400 000 euros (versé avant 70 ans) est démembré entre Claire, son épouse de 65 ans (usufruitière) et leurs 2 enfants (nus-propriétaires à parts égales). Claire est exonérée en application de la loi TEPA. Chaque enfant reçoit la nue-propriété de 200 000 euros. Valorisation de la nue-propriété selon l'article 669 CGI (Claire a 65 ans, tranche 61-70 ans) : 60 % × 200 000 euros = 120 000 euros par enfant. La valeur taxable de 120 000 euros par enfant étant inférieure au plafond individuel d'exonération de l'article 990 I, donc 0 euro de droits pour chaque enfant. Au décès de Claire, les enfants récupèrent le capital en pleine propriété sans aucune taxation complémentaire. Résultat : 400 000 euros transmis sur deux générations avec 0 euro de droits fiscaux au total.
Le quasi-usufruit crée une dette inscrite au passif de la succession du conjoint survivant. Si le conjoint usufruitier utilise les capitaux pour son train de vie, cette dette réduit l'actif net taxable de sa succession, générant une économie de droits pour les enfants nus-propriétaires. Cette mécanique, confirmée par la Cour de cassation dans son arrêt du 17 mars 2021, renforce l'efficacité globale de la stratégie de démembrement.

La rédaction de la clause bénéficiaire est l'acte patrimonial le plus important du contrat d'assurance vie. Une clause imprécise, incomplète ou obsolète peut anéantir tous les avantages fiscaux et provoquer des contentieux successoraux coûteux.
Ne jamais écrire « mes héritiers » sans précision. Cette formulation renvoie au droit commun de la succession et peut créer des conflits d'interprétation, notamment dans les familles recomposées ou en présence d'un testament. Nommez chaque bénéficiaire avec ses éléments complets d'identification : nom, prénom, date de naissance, adresse. En cas d'homonymes dans la famille, ajoutez le numéro de sécurité sociale ou le numéro de passeport.
Ne jamais omettre la clause subsidiaire. Si le bénéficiaire principal décède avant le souscripteur et qu'aucune clause subsidiaire n'a été prévue, le capital tombe dans la succession classique et perd ses avantages fiscaux. Ajoutez systématiquement : « à défaut, mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux ».
Éviter les formulations ambiguës sur la répartition. La mention « en parts égales » est claire. En revanche, des formulations comme « à ma discrétion » ou « selon mes instructions à venir » peuvent créer des difficultés d'interprétation.
Voici un modèle couvrant les principaux scénarios : « Mon conjoint [Mme ou M. Prénom NOM, né(e) le JJ/MM/AAAA à Ville], pour la totalité ; à défaut, mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux ; à défaut, mes héritiers légaux. »
Ce modèle peut être adapté selon la situation familiale : désignation d'un concubin, d'une association, d'un enfant spécifique pour un montant fixe, ou mise en place d'une clause démembrée. Dans tous les cas, France Épargne recommande de faire relire la clause par un notaire ou un conseiller spécialisé avant sa transmission à l'assureur.
Depuis la loi du 17 décembre 2007, un bénéficiaire peut accepter sa désignation du vivant du souscripteur, en présence d'un conseiller ou d'un notaire. Cette acceptation rend la désignation irrévocable : le souscripteur ne pourra plus modifier la clause ni effectuer de rachat sans l'accord express du bénéficiaire acceptant (article L132-9 du Code des assurances). C'est un outil sécurisant pour certaines situations familiales (protection d'un enfant vulnérable, engagement consenti), mais il fige le contrat de façon significative. France Épargne conseille systématiquement de ne recourir à cette acceptation qu'après analyse approfondie de la situation patrimoniale et familiale.
La clause bénéficiaire doit être révisée lors de chaque événement majeur : mariage, divorce, naissance d'un enfant, décès d'un bénéficiaire désigné, recomposition familiale. Une clause désignant un ex-conjoint après un divorce peut avantager involontairement cette personne. Une clause ne mentionnant pas un enfant né après la rédaction initiale peut l'écarter de la transmission. La mise à jour annuelle de la clause est une bonne pratique patrimoniale, même en l'absence d'événement particulier.
L'assurance vie ne se substitue pas à la donation mais la complète remarquablement. La combinaison des deux outils multiplie les capacités de transmission en franchise de droits, en exploitant des régimes fiscaux distincts et cumulables.
Chaque parent peut donner à chaque enfant 100 000 euros en franchise de droits de donation, renouvelable tous les 15 ans (article 779 du CGI). À cela s'ajoute le don familial de sommes d'argent de 31 865 euros si le donateur a moins de 80 ans et le donataire est majeur, également renouvelable tous les 15 ans (article 790 G du CGI). Total cumulable par parent et par enfant : 131 865 euros tous les 15 ans sans aucun droit.
Les grands-parents bénéficient d'un abattement de donation de 31 865 euros par petit-enfant, majoré du don familial de 31 865 euros (soit 63 730 euros par grand-parent et par petit-enfant, tous les 15 ans).
Phase 1 : Donations immédiates. Chaque parent donne 131 865 euros à chaque enfant, soit 2 × 2 × 131 865 euros = 527 460 euros transmis sans aucun droit de donation.
Phase 2 : Assurance vie (régime de l'article 990 I, versements avant 70 ans). Chaque parent désigne les 2 enfants comme bénéficiaires de son contrat, chacun à hauteur du plafond individuel, soit 2 × 2 × 152 500 euros = 610 000 euros transmis sans aucun prélèvement fiscal.
Total en franchise de droits : 1 137 460 euros, dont la partie donation est renouvelable tous les 15 ans.
Les abattements de donation se renouvellent tous les 15 ans. Un parent qui effectue une donation de 100 000 euros à 50 ans peut effectuer une nouvelle donation de 100 000 euros à 65 ans, puis encore une à 80 ans si son état de santé le permet (sous réserve du plafond du don familial lié à l'âge). Sur une vie, un couple peut ainsi transmettre plusieurs millions d'euros à ses enfants en franchise totale de droits, en combinant renouvellements de donations et abattements d'assurance vie.
La loi Sapin 2 (article L631-2-1 du Code monétaire et financier) autorise le Haut Conseil de Stabilité Financière à suspendre temporairement les rachats sur les contrats français en cas de menace grave pour la stabilité financière. Ce mécanisme n'a jamais été activé à ce jour, et les institutions financières le considèrent comme un filet de sécurité systémique, non comme une mesure confiscatoire. Pour les patrimoines supérieurs à 500 000 euros, le contrat luxembourgeois offre une protection complémentaire via le triangle de sécurité : les actifs sont ségrégués du bilan de l'assureur, et le souscripteur est créancier de premier rang en cas de défaillance, un régime de protection inexistant dans le droit français.
Le régime de l'article 990 I du CGI s'applique à chaque bénéficiaire désigné de façon indépendante. En multipliant le nombre de bénéficiaires (enfants, petits-enfants), la capacité de transmission en franchise de droits se démultiplie sans limite légale de bénéficiaires.
L'assurance vie permet de transmettre à toute personne physique ou morale, indépendamment des liens familiaux et de la réserve héréditaire. Concubin, ami, association caritative : le souscripteur dispose d'une liberté totale de désignation.
Pour les versements effectués après 70 ans (article 757 B CGI), l'ensemble des gains réalisés sur le contrat est exonéré de droits de succession, quel que soit leur montant. Un contrat performant peut transmettre d'importantes plus-values en totale franchise.
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont intégralement exonérés de droits sur les capitaux reçus au décès, en vertu de la loi TEPA du 21 août 2007 et des deux régimes fiscaux applicables à l'assurance vie.
La clause bénéficiaire démembrée permet de protéger le conjoint tout en préparant la transmission aux enfants. Au deuxième décès, les enfants récupèrent le capital sans droits supplémentaires (article 1133 du CGI, réponse ministérielle Ciot 2016).
Le capital ne fait pas partie de la succession civile et n'est pas soumis au partage entre héritiers ni au rapport successoral. La transmission est directe, rapide, et confidentielle, sans passer par les délais d'une procédure notariale.
Sophie, 55 ans, divorcée, dispose d'un patrimoine de 600 000 euros. Elle souhaite transmettre équitablement à ses deux enfants tout en conservant suffisamment pour son train de vie.
Stratégie retenue : ouverture d'un contrat d'assurance vie de 305 000 euros avec ses deux enfants comme bénéficiaires à parts égales (capital exonéré à concurrence du plafond individuel de l'article 990 I pour chacun), puis donation de 100 000 euros à chaque enfant au titre de l'abattement en ligne directe. Conservation de 95 000 euros pour ses besoins courants et une épargne de précaution.
Résultat : 505 000 euros transmis avec 0 euro de droits (305 000 euros via assurance vie, 200 000 euros par donations). En succession classique sans planification préalable, les droits auraient atteint environ 78 194 euros, soit une économie fiscale directe de 78 194 euros.
Marc, 60 ans, et Isabelle, 58 ans, sont mariés sous le régime de la séparation de biens. Marc a deux enfants d'un premier mariage, Isabelle en a un. Leur patrimoine commun atteint 1 000 000 euros.
Stratégie retenue : contrat au nom de Marc de 400 000 euros avec clause démembrée (usufruit à Isabelle, nue-propriété aux 2 enfants de Marc à parts égales) ; contrat au nom d'Isabelle de 300 000 euros avec clause démembrée (usufruit à Marc, nue-propriété à son enfant). Conservation de 300 000 euros pour le train de vie du couple.
Résultat : protection totale du conjoint survivant via l'usufruit, transmission optimisée aux trois enfants avec quasi-exonération de droits à chaque décès, et traitement équitable de chaque lignée familiale.
Thomas, 62 ans, dirige une PME industrielle. Son patrimoine total atteint 2 000 000 euros dont 1 200 000 euros d'actifs professionnels. Il prépare la cession de son entreprise dans les 24 mois.
Stratégie retenue : avant la cession, ouverture de contrats d'assurance vie pour 610 000 euros répartis sur ses deux enfants et ses deux petits-enfants, chacun désigné au niveau du plafond individuel d'exonération. Après la cession, réinvestissement du produit sur un contrat luxembourgeois avec clause bénéficiaire démembrée pour la protection du capital et l'accès à des supports diversifiés (private equity, fonds dédiés). Utilisation du Plan d'Épargne Retraite (PER) pour déduire les versements du pic de revenus lié à la cession.
Résultat : 610 000 euros transmis en franchise de droits, optimisation de la fiscalité de cession, et protection renforcée du capital via le triangle de sécurité luxembourgeois. France Épargne accompagne ce type de structuration patrimoniale complexe avec une approche pluridisciplinaire.
L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) s'applique aux personnes dont le patrimoine net immobilier dépasse 1 300 000 euros au 1er janvier de l'année d'imposition. Son barème progressif va de 0,50 % à 1,50 % selon les tranches. L'assurance vie joue un rôle stratégique pour les contribuables assujettis à cet impôt.
Les fonds en euros des contrats d'assurance vie ne sont pas soumis à l'IFI : ils représentent des créances sur l'assureur, non des actifs immobiliers. Le rendement moyen des fonds en euros en 2025 s'est établi à 2,65 % (source ACPR), un niveau attractif comparé à la pression fiscale de l'IFI sur les actifs immobiliers. En revanche, les unités de compte investies en SCPI ou OPCI intègrent une fraction immobilière soumise à l'IFI, à hauteur de la proportion d'actifs réels détenus dans ces véhicules.
Pour un contribuable disposant de 2 000 000 euros de patrimoine net dont 1 500 000 euros d'immobilier locatif et 500 000 euros de placements financiers, un arbitrage partiel vers des unités de compte non immobilières en assurance vie permet de réduire l'assiette IFI sans quitter la logique d'investissement à long terme. Chaque euro sorti du patrimoine immobilier taxable et réinvesti en assurance vie fonds euros économise entre 0,50 % et 1,50 % d'IFI annuel. Sur 10 ans, cette économie peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Une proposition d'Impôt sur la Fortune Improductive (IFP) aurait pu inclure les fonds en euros des contrats d'assurance vie dans son assiette. Cette proposition a été rejetée lors des discussions du Projet de Loi de Finances pour 2026. Le régime IFI reste inchangé, confirmant que les fonds en euros demeurent hors de toute taxation patrimoniale annuelle. Pour les patrimoines supérieurs à 1 300 000 euros, France Épargne réalise des simulations IFI intégrées à l'analyse patrimoniale globale, afin d'identifier les leviers d'optimisation les plus pertinents.
Source: Calculs France Épargne selon CGI (articles 990 I, 779, 777)
Le régime de l'article 990 I du CGI est le levier fiscal le plus puissant de la transmission en assurance vie, grâce à son abattement individuel par bénéficiaire. Chaque euro versé avant vos 70 ans bénéficie de ce régime favorable, indépendamment de la durée du contrat. Après 70 ans, le régime de l'article 757 B s'applique avec un abattement global de seulement 30 500 euros.
Le plafond d'exonération s'applique à chaque bénéficiaire désigné de façon indépendante. Désigner vos enfants et vos petits-enfants permet de démultiplier la capacité de transmission en franchise de droits. Un couple avec deux enfants et quatre petits-enfants peut transmettre jusqu'à 1 830 000 euros sans aucune taxation, sur deux contrats ouverts (un par conjoint).
Nommez chaque bénéficiaire avec ses nom, prénom, date et lieu de naissance. Prévoyez systématiquement une clause subsidiaire et une clause résiduelle. Révisez la clause lors de chaque événement de vie : mariage, divorce, naissance, décès d'un bénéficiaire. Une clause obsolète est la première cause de contentieux successoral.
Pour protéger votre conjoint tout en préparant la transmission aux enfants, la clause démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) est l'outil idéal. Au deuxième décès, les enfants récupèrent le capital sans droits supplémentaires (article 1133 du CGI). La valeur de nue-propriété taxable est réduite selon l'âge de l'usufruitier au premier décès.
Exploitez simultanément les abattements de donation (100 000 euros par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans, augmentés de 31 865 euros pour le don familial de sommes d'argent) et les abattements assurance vie. Pour un couple avec deux enfants, cette combinaison permet de transmettre plus de 1,1 million d'euros en franchise totale de droits.
"L'assurance vie est, à ce jour, l'outil de transmission patrimoniale le plus efficace du droit français : elle cumule la liberté de désignation des bénéficiaires, un régime fiscal autonome et dérogatoire, et une protection contre les aléas de la procédure successorale classique. France Épargne accompagne ses clients dans la structuration précise de leurs contrats pour en maximiser le potentiel successoral.
La fiscalité de l'assurance vie successorale fait régulièrement l'objet de discussions parlementaires. Malgré plusieurs tentatives de réforme, le régime applicable reste inchangé à ce jour.
L'amendement Mattei proposait d'aligner la taxation des capitaux d'assurance vie transmis au décès sur le barème progressif des droits de succession classiques (de 5 % à 45 % selon le lien de parenté), en lieu et place du régime actuel (20 % jusqu'à 700 000 euros par bénéficiaire, puis 31,25 % au-delà). Cet amendement a été rejeté en séance plénière en octobre 2024, puis à nouveau lors des discussions du Projet de Loi de Finances pour l'exercice suivant. Le régime de l'article 990 I du CGI demeure inchangé.
Le ministère de l'Économie a annoncé une revue globale de la fiscalité successorale, avec pour objectif affiché une harmonisation et une simplification des abattements. Cette démarche porte sur l'ensemble du droit successoral et des outils de transmission, sans cibler spécifiquement l'assurance vie. Aucune réforme n'a été votée à ce stade. La direction générale du Trésor a rappelé que toute modification substantielle du régime fiscal de l'assurance vie nécessiterait un consensus politique difficile à atteindre, compte tenu des 2 107 milliards d'euros d'encours détenus par près de 38 millions de bénéficiaires désignés en France (France Assureurs, 2026).
Face à cette incertitude législative modérée, la stratégie recommandée par France Épargne est d'agir dans le cadre fiscal actuel plutôt que d'attendre une hypothétique réforme favorable ou défavorable. Maximiser les versements avant 70 ans dans le régime actuel de l'article 990 I du CGI sécurise les abattements acquis. Chaque année d'attente réduit la fenêtre de versements disponible avant le seuil fiscal des 70 ans. Nos conseillers en gestion de patrimoine vous accompagnent dans la construction d'une stratégie successorale robuste, conçue pour résister aux évolutions législatives futures.

Pour les patrimoines supérieurs à 250 000 euros, le contrat d'assurance vie luxembourgeois offre des garanties complémentaires au contrat français, sans modifier la fiscalité successorale applicable aux résidents fiscaux français.
Le droit grand-ducal impose une ségrégation stricte des actifs. Les capitaux du souscripteur sont déposés auprès d'une banque dépositaire agréée par le Commissariat aux Assurances luxembourgeois (CAA), distincte du bilan de l'assureur. En cas de défaillance de l'assureur, le souscripteur est créancier de premier rang, avant tout autre créancier, y compris l'État luxembourgeois. Ce super-privilège, unique en Europe, n'existe pas dans le droit français où le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) ne couvre que 70 000 euros par assuré.
La fiscalité successorale est strictement identique à celle d'un contrat français : les articles 990 I et 757 B du CGI s'appliquent pleinement aux résidents fiscaux français, qu'ils détiennent leur contrat auprès d'un assureur français ou luxembourgeois. L'avantage luxembourgeois réside exclusivement dans la sécurité du capital et dans la liberté d'investissement élargie.
Les contrats luxembourgeois permettent d'accéder à des Fonds Internes Dédiés (FID), structurés sur mesure selon le profil de risque et les objectifs patrimoniaux de l'investisseur. Ces fonds peuvent intégrer du private equity, des obligations structurées, des actifs non cotés, ou des mandats de gestion discrétionnaire gérés par des gestionnaires d'actifs de premier plan. Cette liberté d'investissement, impossible dans les contrats français standards soumis à des contraintes réglementaires plus strictes, constitue l'un des atouts majeurs du contrat luxembourgeois pour les grandes fortunes. France Épargne sélectionne et accompagne ses clients dans l'accès aux meilleures solutions luxembourgeoises adaptées à leurs objectifs de transmission.
Nos conseillers en gestion de patrimoine de France Épargne analysent votre situation familiale et patrimoniale pour construire une stratégie de transmission optimale : clause bénéficiaire sur mesure, arbitrage avant et après 70 ans, combinaison donation et assurance vie, contrat luxembourgeois pour les patrimoines importants. Bilan successoral gratuit et sans engagement.
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