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Grandes banques américaines : JPMorgan, Citi, BofA et Wells Fargo ouvrent la saison des résultats du deuxième trimestre

JPMorgan, Bank of America, Citigroup et Wells Fargo publient leurs comptes du deuxième trimestre le 14 juillet, avant l'ouverture de Wall Street. Les analystes attendent une croissance solide des bénéfices, portée par le trading et le crédit, mais la courbe des taux nourrit la prudence.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite d'actualités d'entreprises - Grandes banques américaines : JPMorgan, Citi, BofA et Wells

Contexte et enjeux

La saison des résultats du deuxième trimestre 2026 s'ouvre le 14 juillet aux États-Unis avec les publications de quatre grandes banques : JPMorgan Chase, Bank of America, Citigroup et Wells Fargo. Toutes quatre communiquent avant l'ouverture de Wall Street, selon le calendrier confirmé par IG et par la prévision Zacks. Le secteur bancaire constitue le deuxième contributeur aux bénéfices de l'indice S&P 500, derrière la technologie, et ses résultats sont traditionnellement lus comme un baromètre de la santé de l'économie américaine.

Pour l'épargnant français, l'enjeu dépasse la seule Bourse de New York. Les grandes banques américaines figurent dans de nombreux fonds actions internationales, trackers indiciels et unités de compte proposées en assurance vie. Leur trajectoire influence aussi le sentiment général des marchés européens, alors que le CAC 40 dividendes réinvestis a inscrit un record en juillet et que la place parisienne reste sensible aux signaux venus d'outre-Atlantique.

Des bénéfices attendus en hausse

Les prévisions de consensus dessinent un trimestre robuste. Pour l'ensemble du S&P 500, les bénéfices du deuxième trimestre sont attendus en progression de 23,9 % sur un an, pour des revenus en hausse de 11,7 %, une estimation relevée depuis le début du mois d'avril, où elle ressortait à 18 %. Les banques ouvrent le bal de cette séquence.

JPMorgan, chef de file du secteur, est attendue avec un bénéfice ajusté de 5,62 dollars par action pour un chiffre d'affaires de 49,5 milliards de dollars. Le consensus a été revu en hausse de 3,7 % au cours des quatre dernières semaines. La banque a dépassé les attentes de bénéfice lors de chacun de ses huit derniers trimestres, et son action évolue autour de 338 dollars, contre un objectif moyen des analystes de 350 dollars.

Bank of America devrait publier un bénéfice de 1,12 dollar par action pour 30,7 milliards de dollars de revenus, soit une croissance annuelle proche de 25 %. Son estimation a été relevée de 2,2 % sur le mois écoulé. Le titre se négocie autour de 60 dollars, pour un objectif de 64 dollars. Selon la prévision Zacks, Citigroup afficherait la plus forte progression de bénéfice par action du groupe, de l'ordre de 38,8 % sur un an, devant Bank of America (environ 27 %), Wells Fargo (12,3 %) et JPMorgan (11,3 %).

Le trading et le crédit au cœur des comptes

La majeure partie de la croissance provient de la banque de détail, du crédit et surtout des activités de marché. Les mises à jour de mi-trimestre pointent vers une hausse des revenus de trading comprise entre 10 % et 15 %, un moteur devenu fiable pour les plus grands établissements. Au premier trimestre, JPMorgan avait déjà publié des revenus de marché record de 11,6 milliards de dollars.

Sur le front des opérations, le tableau reste contrasté. Les marchés de capitaux ont bénéficié d'un calendrier d'introductions en Bourse plus animé, mais l'activité de fusions et acquisitions demeure décevante, l'incertitude géopolitique pesant sur les projets de rapprochement. Chris Beauchamp, analyste en chef des marchés chez IG, résume la tendance : la banque d'investissement apparaît « globalement stable plutôt qu'en plein essor ».

La qualité du crédit constitue le point rassurant. Les défauts des ménages et des entreprises, les faillites et les indicateurs de service de la dette se sont bien tenus, ce qui écarte l'une des inquiétudes habituelles autour des résultats bancaires. Les analystes de l'agrégat sectoriel anticipent la meilleure dynamique de croissance des prêts depuis près de trois ans pour les quatre établissements.

Perspectives d'experts

Le débat oppose deux lectures. Pour les optimistes, la configuration est favorable : accélération des prêts, crédit résilient, revenus de trading soutenus et retours de capital en hausse, le tout à une valorisation nettement inférieure à celle de l'indice. Les banques se traitent autour de 12 fois les bénéfices, contre 22 fois pour le S&P 500, alors que le consensus table sur une croissance de 11 % des profits du secteur en 2026.

Les prudents mettent en avant trois réserves. Une courbe des taux plus plate comprime les marges d'intérêt, l'activité de fusions reste atone, et l'exposition au crédit privé suscite des interrogations. Ce dernier point retient l'attention des investisseurs, en raison des liens de ce segment avec les secteurs du logiciel et des centres de données. Wells Fargo illustre les écarts internes au groupe : ses estimations ont été rabotées d'environ 1 %, reflet d'une pression sur la marge tandis que la banque engage sa phase d'expansion après la levée du plafond d'actifs imposé par la Réserve fédérale.

Implications pratiques pour l'épargnant

Trois signaux méritent une lecture attentive. Le premier est le revenu net d'intérêts, qui mesure l'écart entre ce que les banques perçoivent sur leurs prêts et ce qu'elles rémunèrent sur les dépôts. Bank of America a relevé sa prévision de croissance annuelle de ce poste à une fourchette de 6 à 8 % pour 2026. Le deuxième signal concerne les retours aux actionnaires : après la validation des tests de résistance de la Réserve fédérale, les rachats d'actions et les dividendes devraient rester soutenus, un facteur de rendement pour les porteurs de fonds exposés au secteur.

Le troisième signal touche à la tonalité générale. Lorsque les dirigeants bancaires se montrent confiants sur la demande de crédit et la qualité des emprunteurs, le message dépasse le seul secteur financier et éclaire la trajectoire de l'économie. La publication du 14 juillet coïncide avec la parution de l'indice des prix à la consommation américain et l'audition du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, devant le Congrès, dans un contexte où les marchés à terme intègrent une probabilité de hausse des taux supérieure à celle d'une baisse.

Ce qu'il faut surveiller

  • La marge nette d'intérêt, sous la pression d'une courbe des taux plus plate, attendue autour de 2,7 à 2,9 % pour le groupe.
  • Les revenus de trading, moteur principal du trimestre, et leur progression réelle par rapport à la fourchette de 10 à 15 % anticipée.
  • L'exposition au crédit privé, en particulier les engagements liés aux logiciels et aux centres de données.
  • Les retours de capital, rachats d'actions et dividendes, après le feu vert des tests de résistance.
  • Le ton des dirigeants sur la demande de crédit et la qualité des emprunteurs, indice avancé de l'état de l'économie américaine.

Conclusion

Les publications du 14 juillet donneront le tempo du reste de la saison, le secteur bancaire pesant lourd dans les bénéfices du S&P 500. Le scénario le plus probable, selon les analystes, confirme la tendance constructive plutôt qu'il ne la renverse : les banques ont dépassé les attentes de façon régulière et les révisions d'estimations s'orientent à la hausse à l'approche de la publication. Reste que la combinaison d'une courbe des taux aplatie, d'un marché des fusions atone et des questions autour du crédit privé impose de lire ces résultats sans excès d'optimisme. Pour l'investisseur français exposé aux actions américaines, ces comptes offriront un premier repère solide sur la vigueur des marchés au second semestre.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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