Assurance Auto

Bonus-malus: la mécanique complète du coefficient et ses angles morts

Bonus de 5 % par an, malus de 25 %, descente rapide, bonus 50 protégé: toutes les règles du CRM expliquées avec projections chiffrées sur trois ans.

11 août 202614 min de lectureMis à jour le 21 août 2026
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Sur votre avis d'échéance figure un nombre à deux décimales, 0,68, 0,85 ou 1,25, qui multiplie directement votre prime. Ce coefficient de réduction majoration, le CRM que tout le monde appelle bonus-malus, obéit à des règles fixées par la loi, identiques chez tous les assureurs, et pourtant largement méconnues. Quatre règles chiffrées résument le système, défini par l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances: le coefficient baisse de 5 % par année sans sinistre responsable jusqu'à un plancher de 0,50, il augmente de 25 % par sinistre responsable et de 12,5 % en responsabilité partagée, il revient automatiquement à 1,00 après deux années consécutives sans sinistre responsable, et il suit le conducteur d'assureur en assureur via le relevé d'information. Cet article détaille chaque règle avec des calculs complets, expose les angles morts qui changent les décisions, descente rapide et bonus 50 protégé en tête, puis projette en euros l'effet d'un accident responsable sur trois ans de prime.

Le CRM, un coefficient réglementé identique chez tous les assureurs

Le bonus-malus n'est pas une politique commerciale: c'est un dispositif légal, décrit par l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances, consultable sur Légifrance, qui s'impose à tous les contrats d'assurance des véhicules terrestres à moteur, à quelques exceptions près comme les deux et trois roues de petite cylindrée, les matériels agricoles ou les véhicules de collection.

Le principe: chaque contrat porte un coefficient, fixé à 1,00 pour un conducteur jamais assuré. À chaque échéance annuelle, l'assureur calcule votre prime en multipliant sa prime de référence, celle qu'il facturerait à votre profil avec un coefficient neutre, par votre CRM. Un coefficient de 0,50 divise la prime de référence par deux, un coefficient de 1,25 l'augmente d'un quart. La période observée pour le calcul court sur les douze mois précédant de deux mois l'échéance annuelle: un sinistre déclaré le mois précédant votre échéance ne pèsera donc que sur le coefficient de l'année suivante.

Ce que l'assureur choisit librement, c'est la prime de référence, jamais le coefficient. La fiche bonus-malus de Service-Public.fr, mise à jour en 2025, le confirme: les règles d'évolution du CRM sont les mêmes pour tous les assureurs. Deux conducteurs au même coefficient peuvent donc payer des primes très différentes, ce qui rend la comparaison du marché utile même pour un profil malussé. L'effet financier du coefficient est massif: selon les données publiées par LeLynx.fr en 2026, un conducteur malussé paie en moyenne 1 211 € par an, environ le double de la moyenne du marché mesurée à 633 €.

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Comment le bonus se construit: 5 % par an et un plancher à 0,50

Chaque année d'assurance écoulée sans sinistre responsable multiplie votre coefficient par 0,95, le résultat étant arrêté à deux décimales. Partant de 1,00, la trajectoire descend ainsi: 0,95 après un an, 0,90 après deux ans, 0,85 après trois ans, puis 0,80, 0,76, 0,72, 0,68, 0,64, 0,60, 0,57, 0,54, 0,51 et enfin 0,50.

Le plancher de 0,50 est atteint après treize années consécutives sans sinistre responsable, comme le détaille la fiche bonus-malus de Service-Public.fr. La loi interdit de descendre plus bas: un conducteur assuré depuis trente ans sans accident conserve le même coefficient de 0,50 qu'un conducteur à treize ans d'historique vierge. Certains assureurs proposent commercialement des avantages supplémentaires au delà du bonus 50, réduction additionnelle ou protection d'un sinistre, mais ces gestes relèvent du contrat, pas du CRM légal.

Une précision utile pour les conducteurs professionnels: les contrats couvrant un usage tournées ou tous déplacements bénéficient d'un rythme accéléré prévu par la même annexe, réduction de 7 % par année sans sinistre et majoration limitée à 20 % par sinistre responsable.

En euros, la construction du bonus est le placement le plus rentable du conducteur. Sur une prime de référence de 750 €, chaque année sans sinistre vaut environ 37 € de réduction supplémentaire les premières années, et le passage de 1,00 à 0,50 représente 375 € d'économie annuelle permanente. Le chemin pour atteindre et conserver le bonus 50 mérite donc d'être protégé dans chaque décision de déclaration de sinistre.

Comment le malus frappe: 25 % par sinistre responsable

Chaque sinistre dont vous êtes entièrement responsable multiplie votre coefficient par 1,25, dans la limite d'un plafond fixé à 3,50 par l'annexe à l'article A121-1. Les majorations se cumulent au sein d'une même année: deux accidents responsables multiplient le coefficient par 1,25 puis encore par 1,25, soit une hausse totale de 56 %.

Le calcul part toujours du coefficient courant. Un conducteur à 0,50 passe à 0,62 après un accident responsable, ce qui reste un bonus. Un conducteur à 1,00 passe à 1,25. Un conducteur déjà à 1,56 passe à 1,95. La sanction relative est identique, mais la sanction en euros croît avec le niveau de prime: sur une prime de référence de 750 €, le passage de 0,50 à 0,62 coûte 90 € par an, le passage de 1,56 à 1,95 en coûte 292.

La règle comporte un amortisseur légal souvent ignoré, le bonus 50 protégé: l'assuré dont le coefficient est resté à 0,50 pendant au moins trois ans ne subit aucune majoration pour son premier sinistre responsable, comme le prévoit l'annexe à l'article A121-1 et le rappelle la fiche de Service-Public.fr consultée en 2026. Ce capital de protection se reconstitue ensuite après trois nouvelles années sans sinistre responsable au coefficient 0,50.

Attention enfin à la distinction entre malus et surprimes: le CRM sanctionne la responsabilité dans un sinistre, tandis que les majorations pour conduite en état d'ivresse, délit de fuite ou suspension de permis relèvent d'un autre régime, celui des surprimes autorisées par l'article A335-9-2 du Code des assurances, qui peuvent s'ajouter au malus. Le détail des effets d'un accident fautif figure dans notre page sur le malus après un accident responsable.

Responsabilité partagée: la règle des 12,5 %

Quand la responsabilité de l'accident est partagée entre les conducteurs, la majoration est divisée par deux: votre coefficient est multiplié par 1,125 au lieu de 1,25, comme le prévoit l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances. Un coefficient de 0,80 passe ainsi à 0,90, arrondi à deux décimales, au lieu de 1,00 en responsabilité totale.

La détermination du partage ne vous appartient pas: elle résulte de l'application par les assureurs des conventions de règlement, au premier rang desquelles la convention IRSA, à partir des éléments du constat amiable. Les croix cochées dans la colonne des circonstances alimentent des barèmes qui aboutissent à une responsabilité de 0, 50 ou 100 %. Une case mal cochée peut donc transformer un accident non responsable, sans effet sur votre coefficient, en responsabilité partagée à 12,5 % de majoration, puis en dizaines d'euros de surprime pendant plusieurs années.

L'enjeu du partage se mesure sur la durée. Sur une prime de référence de 750 € et un coefficient initial de 0,60, une responsabilité totale porte le coefficient à 0,75 et coûte environ 112 € la première année, quand une responsabilité partagée le porte à 0,67 et coûte environ 52 €. La différence cumulée dépasse 150 € sur trois ans, le temps que les deux trajectoires convergent par le jeu des réductions annuelles. Vérifier la position de l'assureur sur la responsabilité retenue, et la contester avec des éléments matériels quand elle est discutable, constitue donc un levier financier réel, détaillé dans notre page sur l'effet d'un accident non responsable.

La descente rapide: deux ans pour effacer un malus

Voici la règle la plus favorable et la moins connue du système. L'article 5 de l'annexe à l'article A121-1 dispose qu'après deux années consécutives sans sinistre responsable, le coefficient ne peut pas être supérieur à 1,00. Les assureurs la nomment descente rapide, et Service-Public.fr la confirme dans sa fiche bonus-malus à jour en 2025.

L'effet est spectaculaire pour les conducteurs lourdement malussés. Prenons un conducteur monté à 1,95 après deux accidents responsables. Par le seul jeu des réductions de 5 %, il lui faudrait environ quatorze ans pour revenir à 1,00. Avec la descente rapide, deux années sans sinistre responsable suffisent: son coefficient est ramené d'office à 1,00, quelle que soit la hauteur du malus accumulé. La règle efface le malus, pas le bonus antérieur: le conducteur repart de 1,00, pas de son ancien coefficient de 0,60.

Cette règle change les stratégies de sortie de malus. Un conducteur à 2,20, dont la prime a presque doublé, a un intérêt majeur à maintenir une assurance continue pendant deux ans, éventuellement sur un véhicule moins coûteux à assurer, plutôt qu'à interrompre son assurance en espérant repartir de zéro. L'interruption produit l'effet inverse: le coefficient reste acquis et figure sur le relevé d'information, et une longue interruption d'assurance rend par ailleurs le dossier plus difficile à placer chez les assureurs standards. Pour un malussé, la combinaison descente rapide plus comparaison du marché constitue le vrai plan de retour à une prime normale, à chiffrer par exemple via notre comparateur d'assurance auto.

Ce qui ne touche jamais votre coefficient

Le CRM sanctionne exclusivement les sinistres engageant votre responsabilité au moins partielle. Toute une famille d'événements laisse donc votre coefficient strictement intact, ce que la fiche bonus-malus de Service-Public.fr énumère précisément: le bris de glace, le vol du véhicule, l'incendie, les catastrophes naturelles et événements climatiques, ainsi que tout accident dans lequel votre responsabilité n'est pas engagée, par exemple lorsque vous êtes percuté à l'arrêt ou par un conducteur entièrement fautif identifié.

Deux cas particuliers méritent attention. Premier cas: l'accident causé par un tiers non identifié, typiquement le véhicule rayé sur un parking sans témoin. Sans tiers identifié, l'assureur peut retenir votre responsabilité par défaut si les circonstances restent indéterminées, et le sinistre peut alors majorer votre coefficient. Second cas: le sinistre survenu alors que le véhicule était conduit par un voleur ou un tiers non autorisé, sans effet sur votre CRM dès lors que le vol est établi.

La confusion la plus coûteuse concerne la franchise et le coefficient. Un sinistre non responsable ne majore jamais votre CRM, mais il peut laisser une franchise à votre charge tant que le recours contre le responsable n'a pas abouti. Inversement, un petit sinistre responsable indemnisé quelques centaines d'euros déclenche la majoration pleine de 25 %. D'où un calcul à faire avant toute déclaration facultative: sur une prime de 600 €, un malus de 25 % coûte environ 150 € la première année et près de 400 € cumulés avant retour au coefficient antérieur. Déclarer un sinistre responsable dont les réparations coûtent 300 € revient alors à payer deux fois.

Changer d'assureur avec son bonus: le relevé d'information

Le coefficient est attaché au conducteur, jamais à la compagnie. Le document qui matérialise ce droit s'appelle le relevé d'information: il récapitule votre coefficient, la liste des sinistres des cinq dernières années avec leur part de responsabilité, la date de souscription et les conducteurs désignés. L'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances oblige votre assureur à vous le délivrer dans les quinze jours suivant votre demande, et il vous est remis automatiquement en cas de résiliation.

Ce document conditionne trois opérations. Le changement d'assureur d'abord: le nouvel assureur reprend le coefficient exact du relevé, ni plus ni moins, ce qui garantit la portabilité totale du bonus, comme l'explique notre guide pour changer d'assureur en conservant son coefficient. Le changement de véhicule ensuite: le coefficient suit le conducteur sur le nouveau véhicule assuré. La reprise après interruption enfin: un coefficient reste acquis après une interruption d'assurance, l'annexe ne prévoyant aucune remise à 1,00 pour simple interruption, même si les assureurs tarifent par ailleurs la période sans antécédent récent.

Vérifiez votre relevé ligne par ligne dès réception: une part de responsabilité mal enregistrée, 100 % au lieu de 50 %, se propage chez le nouvel assureur et fausse la prime pendant des années. La procédure d'obtention et la lecture détaillée du document sont couvertes dans notre page sur le relevé d'information, et les subtilités de portabilité dans celle sur le transfert du bonus.

Projection: votre prime sur trois ans après un accident responsable

Mesurons maintenant le coût réel d'un accident responsable, au delà de la majoration de la première année. Hypothèses: prime de référence de 750 €, stable sur la période pour isoler l'effet du coefficient, conducteur au coefficient 0,60, accident entièrement responsable en année N.

Année Sans accident Avec accident responsable Surcoût annuel
N 0,60 soit 450 € 0,75 soit 562,50 € 112,50 €
N+1 0,57 soit 427,50 € 0,71 soit 532,50 € 105,00 €
N+2 0,54 soit 405,00 € 0,67 soit 502,50 € 97,50 €

Le surcoût cumulé sur trois ans atteint 315 €, et la convergence complète des deux trajectoires demande plusieurs années supplémentaires, chaque ligne restant décalée d'un cran. Ce chiffrage éclaire deux décisions. La déclaration d'abord: pour un dommage responsable dont la réparation coûte moins de 300 à 400 €, l'auto réparation est souvent plus rationnelle que la déclaration, franchise comprise. La fidélité ensuite: un malus renchérit la prime chez tous les assureurs puisque le coefficient est portable, mais les primes de référence diffèrent fortement d'une compagnie à l'autre sur les profils malussés, l'écart moyen mesuré par LeLynx.fr en 2026 entre un profil malussé à 1 211 € et la moyenne du marché à 633 € recouvrant de grandes disparités entre assureurs.

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Questions fréquentes sur le bonus-malus

Comment est calculé le bonus-malus en assurance auto?

Le coefficient de réduction majoration part de 1,00 pour un nouveau conducteur. Il est multiplié par 0,95 à chaque année sans sinistre responsable, avec un plancher à 0,50 atteint après treize ans, et par 1,25 à chaque sinistre entièrement responsable, avec un plafond à 3,50. En responsabilité partagée, la majoration est réduite de moitié, soit 12,5 %. Ces règles sont fixées par l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances et s'appliquent identiquement chez tous les assureurs.

Est ce que je perds mon bonus si je change d'assureur?

Non. Le coefficient est attaché au conducteur et se transmet intégralement au nouvel assureur via le relevé d'information, que votre assureur actuel doit vous délivrer sous quinze jours. Le nouvel assureur applique exactement le coefficient du relevé à sa propre prime de référence. Comparer le marché reste donc pertinent à tout niveau de bonus comme de malus.

Combien d'années faut il pour atteindre le bonus 50?

Treize années consécutives sans sinistre responsable, en partant du coefficient initial de 1,00. La réduction de 5 % par an conduit à 0,50, plancher légal en dessous duquel le coefficient ne descend plus, comme l'indique la fiche bonus-malus de Service-Public.fr. Les remises supplémentaires proposées au delà par certains assureurs relèvent d'avantages commerciaux, hors CRM légal.

Un accident non responsable fait il perdre du bonus?

Non. Un sinistre dans lequel votre responsabilité n'est pas engagée ne modifie pas votre coefficient, tout comme le bris de glace, le vol, l'incendie ou une catastrophe naturelle. Le point de vigilance concerne les accidents sans tiers identifié: si les circonstances restent indéterminées, l'assureur peut retenir votre responsabilité et appliquer la majoration.

Qu'est ce que la descente rapide du malus?

C'est la règle de l'article 5 de l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances: après deux années consécutives sans sinistre responsable, votre coefficient ne peut pas rester supérieur à 1,00. Un conducteur monté à 2,00 après plusieurs accidents revient donc à 1,00 en deux ans d'assurance continue sans sinistre responsable, au lieu de la quinzaine d'années qu'exigerait la seule réduction annuelle de 5 %.

Que devient mon bonus 50 après un accident responsable?

Si votre coefficient était resté à 0,50 pendant au moins trois ans, votre premier accident responsable n'entraîne aucune majoration: c'est le bonus 50 protégé, prévu par l'annexe à l'article A121-1. Cette protection se reconstitue après trois nouvelles années sans sinistre responsable au coefficient 0,50. Sans cette ancienneté de trois ans, le coefficient passe de 0,50 à 0,62 et remonte vers 0,50 au rythme de 5 % par an.

Mon coefficient repart il à zéro après une interruption d'assurance?

Non. Le coefficient acquis figure sur votre relevé d'information et reste valable après une interruption: l'annexe à l'article A121-1 ne prévoit aucune remise à 1,00 pour simple pause d'assurance. En revanche, une longue interruption complique l'acceptation du dossier chez certains assureurs et peut peser sur la prime de référence, indépendamment du coefficient.

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