Investissement · titres liés à l'assurance

ILS et Cat Bonds : Étude du Multiple Servi et Souscription Accompagnée

Le multiple fixe le prix réellement payé pour le risque catastrophe

Une obligation catastrophe verse une prime de risque qui rémunère une perte annuelle attendue, toutes deux inscrites au prospectus. Leur quotient, le multiple, indique combien de fois la perte modélisée vous est payée chaque année. Le marché sert 2,29 fois cette perte sur les dernières émissions recensées, contre 3,14 un an plus tôt et 4,82 au plus haut du cycle (Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026). Notre étude commence par ce quotient, avant le coupon annoncé sur la plaquette.

A

Deux tranches au même coupon portent des risques sans commune mesure

Les primes servies sur le dernier trimestre recensé s'échelonnent de 1,95 % à 26 %, pour des pertes attendues allant de 0,13 % à 13,09 % (Artemis). Une prime de 9 % assise sur 4,5 % de perte attendue paie deux fois la perte modélisée, une prime de 3 % assise sur 0,8 % en paie près de quatre. Le conseiller relève ces deux chiffres position par position.

B

La rémunération du risque a reculé de moitié en trois ans

Le multiple moyen à l'émission est passé de 4,82 à 2,29, quatrième trimestre consécutif sous 3, et la prime au-dessus de la perte attendue est tombée à 3,74 %, plus bas en vingt trimestres (Artemis). L'émission record de 11,3 milliards de dollars sur un trimestre et l'encours mondial de 65,6 milliards à fin juin 2026 mesurent l'afflux de capitaux qui comprime cette rémunération.

C

La structure de couverture change la réponse à sinistre égal

Une tranche en agrégat cumule les sinistres d'une saison au-dessus d'une franchise par événement, une tranche en occurrence ne retient que le sinistre unitaire. Le type de déclencheur répartit lui aussi le risque autrement : indemnitaire sur 81 % des volumes émis et 55 tranches sur 80, indice de perte sectorielle sur 15 %, paramétrique sur un peu plus de 3 % (Artemis).

D

La concentration géographique se mesure au reporting

Les périls américains représentent 9,2 milliards de dollars, soit 81 % des volumes émis sur le dernier trimestre suivi. Le conseiller relève le poids de la Floride, de la Californie et du Texas dans le portefeuille du fonds, ainsi que la part apportée par les périls européens, japonais et souverains, avant de valider une allocation présentée comme diversifiée.

Fonctionnement

Notre étude, en quatre temps

01

Bilan et cadrage du montant

Le conseiller mesure votre patrimoine financier, votre horizon, vos revenus et vos réserves disponibles, puis fixe la part affectable à une poche décorrélée. Aucune souscription n'est envisagée sur une réserve appelée à court terme.

02

Qualification du véhicule

Forme juridique du fonds, agrément de la société de gestion contrôlé auprès de l'Autorité des marchés financiers, document d'informations clés, prospectus, politique de rachat, devise de la part et référencement du support dans le contrat visé.

03

Analyse du portefeuille et des frais

Perte attendue moyenne et prime servie agrégées sur les positions, multiple du portefeuille calculé et confronté aux repères de place, répartition entre déclencheurs, poids des périls américains, part des structures en agrégat, politique de couverture de change, puis reconstitution de la charge annuelle totale.

04

Souscription et revue annuelle

Arbitrage chiffré entre compte-titres, assurance vie et plan d'épargne retraite, recommandation écrite remise avant l'engagement, puis relecture annuelle du reporting, contrôle des dépréciations de l'exercice et ajustement du dosage.

Comparatif

Ce que change une étude préalable

CritèreSans étudeAvec un conseiller France Épargne
Prix payé pour le risqueLe coupon annoncé sert de repère uniquePerte attendue et prime relevées au prospectus, multiple calculé et confronté au marché
Structure de couvertureLe mode d'attachement reste inconnuPart des structures en agrégat relevée, points d'attachement et d'épuisement contrôlés
Type de déclencheurLe déclencheur n'est pas examinéRépartition entre indemnitaire, indiciel et paramétrique mesurée sur le portefeuille
Concentration par périlLa diversification annoncée est retenue telle quellePoids de la Floride, de la Californie et du Texas chiffré, apport des périls hors États-Unis mesuré
Frais supportésLa commission de gestion annoncée est retenueDroits d'entrée, frais courants, commission de surperformance, rétrocession et chargements repris poste par poste
Enveloppe de détentionLe fonds est logé là où il est proposéCompte-titres à 31,4 %, assurance vie de plus de huit ans à 26,1 % et plan d'épargne retraite chiffrés sur votre situation
Pour qui

Les situations que nous accompagnons

Cadre supérieur ou profession libérale cherchant un moteur de rendement sans sensibilité aux taux longs, adossé à un risque naturel indépendant du cycle économique.
Chef d'entreprise après une cession, avec une trésorerie longue placée en produits monétaires dont la rémunération suit les taux courts.
Détenteur d'un contrat d'assurance vie multisupport souhaitant arbitrer une fraction de sa poche obligataire sans déclencher d'imposition.
Investisseur déjà exposé à la dette privée, qui distingue le risque de crédit d'entreprise du risque assurantiel avant de doser les deux poches.
Épargnant en phase de distribution, qui cherche un revenu régulier sans allonger la duration de son portefeuille.
Dirigeant détenant une holding patrimoniale, qui compare une souscription logée dans la société et une souscription à titre personnel.
★★★★★

« On me présentait un fonds avec un coupon de 9 % et une belle courbe de décorrélation. Le conseiller a repris le reporting ligne à ligne, agrégé la perte attendue du portefeuille et m'a montré que le multiple encaissé tombait sous la moyenne des dernières émissions. J'ai réduit le montant, choisi une autre part et je sais désormais quels trois chiffres relire chaque année. »

Bertrand M. · Cadre dirigeant, Hauts-de-Seine
Questions

Questions posées avant l'étude

La forme juridique du véhicule, l'agrément de la société de gestion auprès de l'Autorité des marchés financiers, la perte attendue moyenne et la prime servie par le portefeuille, le multiple qui en découle, la répartition entre déclencheur indemnitaire, indiciel et paramétrique, le poids des périls américains, la part des structures en agrégat, la politique de couverture de change et la charge annuelle totale, rétrocession comprise.

Non. Les notes s'émettent sous le régime de la règle 144A du droit fédéral américain, réservé aux acheteurs institutionnels qualifiés, statut subordonné à la détention d'au moins 100 millions de dollars de titres d'émetteurs non affiliés. L'accès d'un épargnant français passe par un fonds coordonné, un fonds indiciel coté ou une unité de compte référencée dans un contrat.

Non. L'étude porte sur le véhicule et sur votre situation, indépendamment de l'endroit où le produit vous est proposé. Le conseiller compare ensuite le compte-titres, l'assurance vie et le plan d'épargne retraite, chiffre l'écart de charge entre ces routes et recommande une enveloppe par écrit avant toute souscription.

Le montant se détermine au bilan patrimonial, à partir de vos réserves disponibles et de votre horizon. La question posée est simple : quelle somme pouvez-vous voir amputée d'une fraction significative après un événement naturel majeur sans que vos projets en soient modifiés ? La réponse fixe le plafond, auquel s'ajoutent les contraintes du véhicule.

Sur un compte-titres ordinaire, le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux après la hausse de la contribution sociale généralisée votée en loi de financement de la sécurité sociale. En assurance vie de plus de huit ans, la charge revient à 26,1 % après un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule.

Un conseiller France Épargne répond sous 6h les jours ouvrés, du lundi au vendredi de 9h à 19h. Le premier échange cadre le montant envisageable et le niveau de risque pertinent. L'étude démarre dès réception du prospectus, du document d'informations clés et du dernier reporting du véhicule.

Oui. La revue annuelle couvre la relecture du reporting, le contrôle de l'évolution de la perte attendue et de la prime servie, la vérification des dépréciations consécutives aux sinistres de l'exercice, la confrontation du rendement servi aux repères de place et l'ajustement du dosage au fil de l'évolution de votre patrimoine.

Pour aller plus loin

Une obligation catastrophe, du sponsor à l'épargnant

Une obligation catastrophe, en anglais cat bond, est un titre de dette émis par un véhicule de titrisation dédié, qui verse un coupon composé du rendement d'un collatéral placé en titres d'État et d'une prime de risque, et dont le capital est rappelé au profit de l'assureur émetteur lorsqu'une catastrophe naturelle définie au contrat franchit un seuil de déclenchement. Les ILS (insurance-linked securities, titres liés à l'assurance) désignent la famille complète de ces instruments, dont les obligations catastrophe forment le segment coté, noté et négociable. L'encours mondial atteint 65,6 milliards de dollars à fin juin 2026, plus haut de fin de trimestre jamais enregistré, après 61,3 milliards à fin 2025 et 63,9 milliards à fin mars 2026, selon le rapport de marché Artemis du deuxième trimestre. La prime moyenne servie par les émissions de ce trimestre ressort à 6,63 %, et 77 % des volumes affichent une perte annuelle attendue inférieure à 3 %.

Le montage suit toujours la même séquence. Un assureur ou un réassureur, appelé sponsor, transfère une tranche de son exposition à un péril naturel. Il constitue un véhicule ad hoc, souvent domicilié aux Bermudes, en Irlande ou à Singapour, qui émet des notes auprès d'investisseurs institutionnels et signe parallèlement un contrat de réassurance avec le sponsor. Le produit de l'émission ne finance aucune activité industrielle : il est déposé sur un compte de collatéral investi en parts de fonds monétaires adossés à des titres du Trésor américain. Ce compte garantit à la fois le remboursement des porteurs à l'échéance et le paiement du sponsor en cas de sinistre. Le coupon trimestriel additionne donc le rendement du collatéral et la prime négociée à l'émission.

Trois familles de déclencheurs répartissent le risque de base entre le sponsor et le porteur. Le déclencheur indemnitaire rapporte le rappel de capital aux pertes réellement subies par le sponsor, ce qui supprime son risque de base et concentre 81 % des volumes du dernier trimestre recensé, soit 9,2 milliards de dollars et 55 tranches sur 80 (données Artemis). Le déclencheur indiciel retient une estimation de perte sectorielle publiée par un tiers, pour 15 % des volumes et 17 tranches. Le déclencheur paramétrique se contente d'un paramètre physique mesuré, vitesse de vent ou magnitude sismique, et représente un peu plus de 3 % des volumes, soit 360 millions de dollars sur trois tranches. Une tranche de 50 millions a combiné indice sectoriel et paramètre physique.

Le prix du risque se lit dans trois chiffres inscrits au prospectus de chaque tranche. La perte annuelle attendue est la perte moyenne modélisée sur un an, exprimée en pourcentage du nominal. La prime de risque est la rémunération servie au-dessus du rendement du collatéral. Le multiple, quotient de la prime par la perte attendue, mesure combien de fois la perte modélisée le porteur encaisse chaque année. Ce multiple moyen s'établit à 2,29 sur les émissions du dernier trimestre recensé, contre 3,14 un an plus tôt et 4,82 trois ans auparavant, record de la série suivie par Artemis. Il demeure inférieur à 3 depuis quatre trimestres consécutifs.

La dispersion entre tranches dépasse largement ces moyennes. Sur ce même trimestre, 6 % des volumes affichent une perte attendue inférieure à 1 %, 77 % restent sous 3 %, 9 % se situent entre 3 et 4 % et 14 % dépassent 4 %. La tranche D de Buttonwood Re marque le point bas à 0,13 % de perte attendue, la tranche C de Hestia Re le point haut à 13,09 %. Les primes s'échelonnent de 1,95 % sur la tranche A notée de Yardstick Re DAC à 26 % sur cette même tranche C de Hestia Re. Deux tranches affichant un coupon voisin portent donc des niveaux de risque sans commune mesure, et seul le multiple les rend comparables.

Les maturités restent courtes et le marché secondaire fonctionne. Le dernier trimestre recensé a vu 9,6 milliards de dollars de notes arriver à échéance, remboursements anticipés compris, contre 11,3 milliards émis sur la même période, un record absolu porté par 48 opérations et 80 tranches (rapport Artemis). Cette rotation permanente explique que le marché absorbe des flux importants sans creuser d'écart durable entre le prix d'émission et le prix de cession.

L'accès direct demeure fermé aux particuliers. Les obligations catastrophe s'émettent sous le régime de la règle 144A du droit fédéral américain, réservé aux acheteurs institutionnels qualifiés, statut qui suppose de détenir au moins 100 millions de dollars de titres d'émetteurs non affiliés. Un épargnant français passe donc par un véhicule collectif. Le fonds coordonné GAM Star Cat Bond, co-géré depuis le 7 mai 2025 par Swiss Re Insurance-Linked Investment Advisors, affiche 2,03 milliards de dollars d'encours au 4 août 2026. Le gérant boutique atmencapital, agréé par l'Autorité des marchés financiers, prépare le premier fonds coordonné de droit français dédié à cette classe d'actifs, l'atmen Cat Bonds Resilience Fund, avec une collecte cible de 100 à 150 millions de dollars (Artemis, 19 mai 2026).

France Épargne accompagne la souscription du premier échange à la revue annuelle. Le conseiller qualifie le véhicule proposé, relève la perte attendue moyenne et la prime servie par son portefeuille, en déduit le multiple réellement encaissé, contrôle la répartition entre déclencheurs et entre périls, reconstitue la charge annuelle totale rétrocession comprise, puis arbitre entre compte-titres, assurance vie et plan d'épargne retraite au regard de votre situation fiscale. La recommandation est remise par écrit avant tout engagement.

Schéma éditorial du circuit d'une obligation catastrophe entre sponsor, véhicule et investisseurs
Encours mondial de 65,6 milliards de dollars à fin juin 2026, plus haut de fin de trimestre jamais enregistré (Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre).

Le multiple encaissé, calculé et non supposé

Le conseiller relève la perte annuelle attendue moyenne et la prime servie par le portefeuille du fonds, puis en déduit le multiple. La référence de marché s'établit à 2,29 sur les dernières émissions recensées par Artemis, contre 4,82 trois ans plus tôt. Un fonds situé nettement sous cette référence rémunère moins bien le risque qu'il porte.

La répartition entre déclencheurs, contrôlée ligne à ligne

Un portefeuille dominé par le déclencheur indemnitaire expose au risque de souscription du sponsor, un portefeuille indiciel au risque de base. Les émissions récentes se répartissent à 81 % en indemnitaire, 15 % en indice de perte sectorielle et un peu plus de 3 % en paramétrique (Artemis). Le conseiller mesure cette répartition sur le véhicule visé.

La concentration géographique, mesurée avant la signature

Les périls américains représentent plus de 9,2 milliards de dollars, soit 81 % des émissions du dernier trimestre suivi. Le conseiller relève le poids de la Floride, de la Californie et du Texas dans le portefeuille du fonds, ainsi que la part apportée par les périls européens, japonais et souverains.

La charge annuelle totale, reconstituée poste par poste

Frais de gestion du fonds, droits d'entrée, commission de surperformance, rétrocession au distributeur et chargements du contrat lorsque la part est logée en unité de compte. Cette reconstitution transforme un rendement affiché en rendement net réellement perçu par l'épargnant.

La qualification juridique du véhicule

Forme juridique, agrément de la société de gestion contrôlé auprès de l'Autorité des marchés financiers, document d'informations clés, prospectus, politique de rachat et référencement du support dans le contrat visé. Aucune recommandation n'est formulée avant l'obtention de ces pièces.

L'arbitrage d'enveloppe, chiffré sur votre fiscalité

Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Un contrat d'assurance vie de plus de huit ans ramène la charge à 26,1 % après abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule. Le conseiller chiffre l'écart sur votre situation.

Le suivi annuel des reportings

Relecture du reporting du fonds, contrôle de l'évolution de la perte attendue et de la prime servie, vérification des dépréciations consécutives aux sinistres de l'exercice, confrontation du rendement servi aux repères de place et ajustement du dosage au fil de l'évolution de votre patrimoine.

Calculez le multiple servi par la tranche qui vous est proposée

Saisissez la perte annuelle attendue et la prime de risque figurant au prospectus. L'outil renvoie le multiple encaissé, la prime servie au-dessus de la perte attendue et le nombre d'années de prime qu'un rappel de capital efface.

Ouvrir le simulateur

Comment se forment la perte attendue, la prime et le multiple

Le multiple est le seul indicateur qui rend deux tranches comparables. Il divise la prime de risque servie par la perte annuelle attendue et répond à une question unique : combien de fois la perte modélisée l'investisseur encaisse-t-il chaque année pour la supporter ? Le marché sert 2,29 fois cette perte sur les dernières émissions recensées, un niveau inférieur à 3 depuis quatre trimestres et très éloigné du 4,82 atteint au plus haut du cycle (rapport de marché Artemis du deuxième trimestre 2026). Un coupon élevé assis sur une perte attendue élevée rémunère moins bien qu'un coupon modeste assis sur une perte attendue faible, ce que le seul taux facial ne montre jamais.

La perte annuelle attendue sort d'un modèle catastrophe. Les agences de modélisation construisent un catalogue d'événements stochastiques, des dizaines de milliers de trajectoires d'ouragans, de séismes ou de feux, chacune affectée d'une fréquence annuelle. Le modèle applique ces événements au portefeuille de risques du sponsor, en déduit une courbe de dépassement des pertes, puis mesure la fraction de cette courbe qui tombe dans la tranche émise. Le résultat, exprimé en pourcentage du nominal, agrège la probabilité de toucher la tranche et la sévérité moyenne du rappel lorsqu'il survient.

Deux seuils encadrent chaque tranche. Le point d'attachement est le niveau de perte à partir duquel le capital commence à être rappelé, et sa probabilité annuelle se traduit couramment en période de retour : une probabilité d'attachement de 1,11 % correspond à une occurrence moyenne d'une année sur quatre-vingt-dix. Le point d'épuisement est le niveau au-delà duquel le rappel devient total. Entre les deux, la perte du porteur croît proportionnellement à la fraction de la couche consommée. Un sinistre sévère efface donc rarement l'intégralité du nominal, ce qui explique que les baisses observées sur les portefeuilles diversifiés restent contenues.

La prime, elle, se fixe au moment du placement. Le sponsor annonce une fourchette indicative, les gérants remettent leurs ordres, et le prix se cale sur le point d'équilibre entre l'offre de risque et le capital disponible. Le cycle de réassurance commande donc directement cette prime. La rémunération servie au-dessus de la perte attendue s'établit à 3,74 % sur le dernier trimestre suivi, plus bas trimestriel depuis trois ans et première incursion sous 4 % en vingt trimestres, en recul de 1,19 point sur un an et de 0,68 point sur le trimestre précédent (Artemis). La prime moyenne des émissions recule dans le même mouvement, de 7,23 % un an plus tôt à 7,12 % puis 6,63 %.

Le multiple ne se dégrade pas uniformément le long de la courbe de risque. Sur les émissions du dernier trimestre recensé, les fourchettes de prime les plus courantes affichent des multiples de 2,45, 2,47, 2,47 et 2,33. La fourchette de 9,01 % à 11 % ressort la mieux payée, à 2,57. La fourchette supérieure à 11,01 % tombe à 1,97, seul segment sous 2. Un an auparavant, deux fourchettes seulement descendaient sous 3 et le segment le plus risqué dépassait 4. Les tranches les plus exposées sont donc celles dont la rémunération relative s'est le plus détériorée, constat qui contredit l'intuition selon laquelle le risque supplémentaire se paie proportionnellement.

Quatre limites bornent la lecture du multiple. La première tient au modèle : la perte attendue dépend d'hypothèses de fréquence et de vulnérabilité révisées à chaque version, et deux modélisateurs produisent des chiffres différents sur la même couche. La deuxième tient à la structure de couverture : une tranche dite en agrégat cumule les sinistres d'une saison entière au-dessus d'une franchise par événement, alors qu'une tranche en occurrence ne retient que le sinistre unitaire, si bien que deux tranches de perte attendue identique ne réagissent pas de la même façon à une succession de petits événements. La troisième tient à la corrélation entre périls d'un même portefeuille. La quatrième tient à la concentration géographique, les périls américains pesant 81 % des volumes émis sur le dernier trimestre suivi.

Notre méthode consiste à reconstituer ces éléments avant toute recommandation. Le conseiller demande le reporting détaillé du fonds, agrège la perte attendue moyenne et la prime moyenne pondérées par les positions, calcule le multiple du portefeuille, le confronte à la référence de marché, contrôle la part des structures en agrégat, relève la répartition par déclencheur, par péril et par zone, puis reconstitue la charge annuelle réellement supportée. Ce travail précède la question de l'enveloppe et celle du montant.

La saisonnalité complète cette lecture. Les primes de marché s'élargissent à l'approche de la saison des ouragans de l'Atlantique nord et se resserrent lorsqu'elle s'achève sans sinistre majeur. La prime de risque du marché est ainsi remontée de 4,88 % fin novembre 2025 à 5,72 % au 20 mai 2026, avant même toute dégradation du contexte, selon la méthodologie de Plenum Investments relayée par Artemis. Un porteur qui compare le multiple d'une tranche achetée en janvier avec celui d'une tranche achetée en mai confronte donc deux points d'un même cycle annuel. Le conseiller rapporte pour cette raison le multiple du portefeuille à la référence publiée sur le même trimestre. Une moyenne longue écraserait cet effet de calendrier.

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Bilan patrimonial et cadrage du montant

Le conseiller mesure votre patrimoine financier, votre horizon, vos revenus et vos réserves disponibles, puis fixe la part affectable à une poche décorrélée. Aucune souscription n'est envisagée sur une réserve appelée à court terme.

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Qualification du véhicule et de la société de gestion

Forme juridique du fonds, agrément de la société de gestion contrôlé auprès de l'Autorité des marchés financiers, document d'informations clés, prospectus, politique de rachat, devise de la part et référencement du support dans le contrat visé.

3

Analyse du portefeuille et des frais

Perte attendue moyenne, prime servie, multiple du portefeuille, répartition entre déclencheur indemnitaire, indiciel et paramétrique, poids des périls américains, part des structures en agrégat, politique de couverture de change, puis reconstitution de la charge annuelle totale.

4

Souscription puis revue annuelle

Arbitrage chiffré entre compte-titres, assurance vie et plan d'épargne retraite, recommandation écrite remise avant l'engagement, puis relecture annuelle du reporting, contrôle des dépréciations de l'exercice et ajustement du dosage.

Représentation éditoriale des quatre étapes de l'étude d'un fonds d'obligations catastrophe
Quatre étapes, du bilan patrimonial à la revue annuelle du reporting, conduites par un conseiller France Épargne.

Quel véhicule pour accéder à cette classe d'actifs ?

Fonds coordonné géré activement

  • Sélection tranche par tranche par une équipe spécialisée, avec arbitrages en cours de vie
  • Liquidité hebdomadaire ou quotidienne selon le prospectus, sans engagement de blocage
  • Encours de référence en Europe : 2,03 milliards de dollars pour le fonds GAM Star Cat Bond au 4 août 2026
  • Frais courants les plus élevés des trois formules, commission de surperformance fréquente
  • Premier fonds coordonné de droit français en préparation chez atmencapital, agréé par l'Autorité des marchés financiers

Fonds indiciel coté sur le segment

  • Réplication d'un panier diversifié d'obligations catastrophe, sans sélection discrétionnaire
  • Frais courants nettement inférieurs à ceux de la gestion active
  • Négociation en continu sur une place réglementée, liquidité quotidienne
  • Aucune capacité à éviter une tranche dont le multiple s'est dégradé
  • Format récent sur le segment, historique de performance encore court

Fonds spécialisé multi ILS

  • Combine obligations catastrophe cotées et transactions privées de réassurance collatéralisée
  • Accès à des structures paramétriques et à des attachements sur mesure absents du marché coté
  • Liquidité réduite, capital immobilisable au-delà de la maturité attendue après un sinistre majeur
  • Contrats sous-jacents de courte durée, renouvelés annuellement pour l'essentiel
  • Ticket d'entrée et exigences de qualification supérieurs aux deux formules cotées

Chiffres clés du marché des obligations catastrophe

IndicateurDonnéeSource
Encours mondial65,6 milliards de dollars à fin juin 2026Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026
Émission du premier semestrePrès de 18 milliards de dollars, 83 opérationsArtemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026
Année pleine la plus forte25,6 milliards de dollars en 2025Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026
Multiple moyen de marché2,29 au deuxième trimestre 2026, contre 4,82 en 2023Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026
Prime moyenne servie à l'émission6,63 %, contre 7,23 % un an plus tôtArtemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026
Prime au-dessus de la perte attendue3,74 %, plus bas en vingt trimestresArtemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026
Rendement total du marché9,42 % au 29 mai 2026Plenum Investments, relayé par Artemis
Perte attendue du marché2,39 %Plenum Investments, relayé par Artemis
Performance de l'indice de référence11,40 % en 2025, 17,29 % en 2024, 19,69 % en 2023Swiss Re Global Cat Bond Performance Index
Part du déclencheur indemnitaire81 % des volumes émis, 55 tranches sur 80Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026
Sinistralité assurée mondiale107 milliards de dollars en 2025, sixième année consécutive au-dessus de 100 milliardsSwiss Re Institute, sigma 1/2026
Incendies de Los Angeles40 milliards de dollars de pertes assuréesSwiss Re Institute, sigma 1/2026
Prélèvements sociaux sur les revenus du capital18,6 % depuis le 1er janvier 2026Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026

Faites relever le multiple réel du fonds qui vous est proposé

Transmettez le prospectus, le document d'informations clés et le dernier reporting. Un conseiller France Épargne agrège la perte attendue et la prime du portefeuille, calcule le multiple encaissé et le confronte à la référence de marché. Réponse sous 6h les jours ouvrés.

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Un marché record dans un cycle qui s'assouplit

Le marché des obligations catastrophe traverse la phase la plus active de son histoire. Le deuxième trimestre 2026 constitue le plus gros trimestre jamais enregistré, avec plus de 11,3 milliards de dollars placés, première fois qu'un trimestre franchit la barre des 11 milliards, en hausse de 842 millions et de 8 % sur le précédent record. Ce volume dépasse de 4,8 milliards, soit 73 %, la moyenne décennale du trimestre. Le premier semestre culmine à près de 18 milliards, au-dessus des 17,6 milliards du précédent record, et 2026 se place déjà au deuxième rang historique derrière les 25,6 milliards de 2025 (rapport de marché Artemis du deuxième trimestre).

La demande d'investisseurs excède l'offre de risque, ce qui comprime la rémunération. La prime servie au-dessus de la perte attendue tombe à 3,74 %, plus bas trimestriel depuis trois ans et première incursion sous 4 % en vingt trimestres. Le multiple moyen recule à 2,29, en retrait de 0,85 sur un an, et reste sous 3 depuis quatre trimestres. L'écart avec le sommet de 4,82 atteint au plus fort du durcissement mesure exactement ce que trois années de capitaux entrants ont retiré à la rémunération du risque. La sélection tranche par tranche prend donc plus d'importance qu'au cours du cycle précédent, où l'ensemble de la courbe payait généreusement.

Les performances publiées restent élevées malgré cette compression. Le Swiss Re Global Cat Bond Performance Index a rendu 11,40 % en 2025, sixième meilleure année de son histoire et troisième exercice consécutif à deux chiffres, séquence inédite pour cet indice. Il avait délivré 17,29 % en 2024, deuxième meilleure performance jamais enregistrée, après 19,69 % en 2023. Le rendement courant du marché atteint 9,42 % au 29 mai 2026, en recul de près de 14 % sur un an, pour une perte attendue de 2,39 % mesurée selon la méthodologie de Plenum Investments et relayée par Artemis. Lane Financial situe le rendement total attendu en 2026 autour de 6 % une fois les pertes anticipées déduites.

La sinistralité assurantielle ne s'est pourtant pas allégée. Les catastrophes naturelles ont provoqué 107 milliards de dollars de pertes assurées en 2025, sixième année consécutive au-dessus de 100 milliards, et les feux, orages convectifs et inondations ont représenté un record de 92 % du total (Swiss Re Institute, sigma 1/2026). Les incendies de Los Angeles de janvier 2025 ont coûté 40 milliards de dollars aux assureurs, record absolu pour le péril incendie, et les orages convectifs sévères 51 milliards. Le Swiss Re Institute retient 148 milliards de pertes assurées si 2026 suit la tendance longue, et environ 320 milliards dans son scénario de pointe modélisé.

Le comportement des obligations catastrophe face à ces sinistres éclaire leur profil. Malgré 40 milliards de pertes assurées, les incendies de Los Angeles n'ont provoqué qu'environ 200 millions de dollars de dépréciation sur le marché des obligations catastrophe, écart qui tient aux points d'attachement élevés et au fait que le péril incendie figure rarement seul, le plus souvent agrégé à des périls plus lourds. L'ouragan Ian avait au contraire fait reculer l'indice Swiss Re d'environ 10 % à la première cotation qui a suivi son atterrissage, le 30 septembre 2022, et l'indice Swiss Re consacré au vent américain avait cédé près de 32 %. Le rappel de capital dépend donc de la structure de la tranche bien davantage que de l'ampleur médiatique de l'événement.

La décorrélation reste l'argument central de l'allocation. La corrélation des obligations catastrophe avec les actions et l'obligataire traditionnel demeure inférieure à 0,15, la performance étant commandée par la survenance d'événements naturels et non par le cycle économique ou les écarts de crédit (Sage Advisory, 2026). L'indice Swiss Re Global Cat Bond Total Return affiche un ratio de Sharpe de 1,47 depuis 2002, contre 0,89 pour l'indice Bloomberg Aggregate Bond selon la même étude, pour une volatilité inférieure au tiers de celle des actions d'après Morningstar.

La diversification géographique progresse enfin, ce qui élargit le gisement disponible. Le dernier trimestre suivi a vu la Banque asiatique de développement émettre ses premières notes pour le Kirghizistan et le Tadjikistan, sur des risques sismiques et de précipitations extrêmes, Gothaer apporter du risque inondation allemand, Achmea Reinsurance une tempête européenne, Zenkyoren un séisme japonais et le gouvernement de la Jamaïque revenir pour sa troisième émission. Neuf sponsors inauguraux sont entrés sur le marché en trois mois, record trimestriel, et douze sur le semestre. Les périls américains conservent malgré tout 81 % des volumes, ce qui laisse la concentration au premier rang des points à vérifier sur un portefeuille.

Pour un épargnant français, ce contexte impose une lecture précise plutôt qu'une décision d'allocation générale. Un conseiller France Épargne relève le multiple servi par le portefeuille visé, mesure sa concentration, contrôle la part des structures en agrégat, reconstitue la charge annuelle et détermine si la rémunération résiduelle justifie l'immobilisation demandée.

Le format d'accès évolue en parallèle du marché lui-même. L'arrivée de fonds indiciels cotés sur ce segment a ouvert aux épargnants une porte réservée jusque-là aux investisseurs institutionnels, avec une négociation en continu et des frais courants nettement inférieurs à ceux de la gestion active. Le mouvement se prolonge en France avec le projet du gérant atmencapital, agréé par l'Autorité des marchés financiers, qui prépare le premier fonds coordonné de droit français dédié aux obligations catastrophe, pour une collecte cible de 100 à 150 millions de dollars (Artemis, 19 mai 2026). Cette ouverture accroît la demande de capitaux sur un gisement de risque qui ne s'élargit pas au même rythme, ce qui entretient la compression des primes constatée depuis quatre trimestres. La sélection du véhicule et la vérification de son multiple concentrent donc l'essentiel du travail d'allocation.

Le multiple moyen de marché, trimestre après trimestre

Multiple moyen à l'émission (prime divisée par la perte attendue)
+4,8+3,1+2,6+2,3T2 2023T2 2025T1 2026T2 2026
Source : Artemis, rapport de marché des obligations catastrophe et ILS, deuxième trimestre 2026
Illustration éditoriale de la compression du multiple servi sur le marché des obligations catastrophe
Multiple moyen ramené à 2,29, contre 4,82 au plus fort du durcissement du cycle de réassurance (Artemis).

Risques encourus, cadre juridique et traitement fiscal

Le capital investi en obligations catastrophe reste exposé à une perte partielle ou totale. Lorsque l'événement défini au contrat dépasse le point d'attachement de la tranche, le capital est rappelé au profit du sponsor à hauteur de la fraction de couche consommée, et le rappel devient intégral au-delà du point d'épuisement. Ce risque ne se couvre pas et ne se diversifie qu'imparfaitement, puisque les périls américains concentrent 81 % des volumes émis sur le dernier trimestre recensé par Artemis. Une poche construite sur cette classe d'actifs se dimensionne donc à partir de réserves dont l'épargnant n'a pas besoin à court terme.

Le cadre juridique du transfert repose sur le véhicule de titrisation de réassurance. L'article L. 310-1-2 du code des assurances le définit comme une entité, dotée ou non de la personnalité morale, autre qu'un organisme d'assurance ou de réassurance, qui prend en charge des risques d'assurance qui lui sont transférés et finance intégralement son exposition par l'émission de titres ou par un autre mécanisme de financement, les droits au remboursement des porteurs étant subordonnés aux engagements du véhicule envers l'organisme cédant. Le véhicule est soit constitué en organisme de titrisation régi par le code monétaire et financier, soit agréé par un autre État membre de l'Union européenne dans les conditions de l'article 211 de la directive 2009/138/CE dite Solvabilité II.

L'ordonnance n° 2017-1432 du 4 octobre 2017 portant modernisation du cadre juridique de la gestion d'actifs et du financement par la dette, prise sur le fondement de l'article 117 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, a créé les organismes de financement spécialisé aux côtés des organismes de titrisation. Cette architecture autorise la domiciliation en France d'un véhicule de transfert de risque assurantiel, alors que la pratique de place privilégie encore les Bermudes, l'Irlande et Singapour pour les émissions cotées.

La distribution obéit à une seconde contrainte. Les notes s'émettent sous le régime de la règle 144A du droit fédéral américain, réservé aux acheteurs institutionnels qualifiés, qualité subordonnée à la détention d'au moins 100 millions de dollars de titres d'émetteurs non affiliés, seuil abaissé à 10 millions pour les entreprises d'investissement. Un particulier français ne détient donc pas de notes en direct : il souscrit des parts d'un fonds coordonné ou d'un fonds indiciel coté qui, lui, remplit ces conditions.

Quatre risques techniques complètent le risque de sinistre. Le risque de modèle tient à ce que la perte attendue résulte d'hypothèses de fréquence et de vulnérabilité révisées à chaque version du modèle, deux modélisateurs produisant des valeurs différentes sur une même couche. Le risque de base frappe les structures indicielles et paramétriques, dont le rappel dépend d'un indice ou d'un paramètre physique plutôt que du sinistre subi. Le risque de change concerne les parts libellées en dollars, la quasi-totalité des émissions étant dénommée dans cette devise ; la politique de couverture du fonds figure au prospectus. Le risque de liquidité enfin varie fortement selon le format retenu : les fonds coordonnés offrent une liquidité hebdomadaire ou quotidienne, les stratégies incluant des transactions privées immobilisent le capital au-delà de la maturité attendue après un sinistre majeur.

Le traitement fiscal dépend de l'enveloppe. Sur un compte-titres ordinaire, les revenus et les plus-values de cession de parts relèvent du prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la contribution sociale généralisée de 1,4 point sur les revenus du capital, de 9,2 % à 10,6 %, ce qui porte le total des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %, soit 10,6 % de contribution sociale généralisée, 0,5 % de contribution au remboursement de la dette sociale et 7,5 % de prélèvement de solidarité. L'option pour le barème progressif reste ouverte et se chiffre au cas par cas.

Le contrat d'assurance vie modifie sensiblement ce calcul. Aucune imposition n'intervient tant qu'aucun rachat n'est effectué, ce qui laisse les arbitrages entre supports hors du champ de l'impôt. Après huit ans de détention, la fraction des gains correspondant à des primes inférieures à 150 000 euros supporte un prélèvement forfaitaire de 7,5 %, soit 26,1 % prélèvements sociaux compris, après un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. Le plan d'épargne retraite ouvre de son côté une déduction à l'entrée et supporte une fiscalité de sortie propre. Le conseiller chiffre ces trois routes sur votre taux marginal avant de recommander une enveloppe.

Le conseil délivré relève enfin d'un cadre réglementé. France Épargne remet une recommandation écrite motivée, adossée au recueil de votre situation, de vos objectifs, de votre horizon et de votre tolérance au risque, avant toute souscription. Le document d'informations clés du véhicule vous est transmis, la charge annuelle totale vous est présentée poste par poste, et aucune performance future n'est projetée.

Questions fréquentes sur les obligations catastrophe et les ILS

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On me présentait un fonds avec un coupon de 9 % et une belle courbe de décorrélation. Le conseiller a repris le reporting ligne à ligne, agrégé la perte attendue du portefeuille et m'a montré que le multiple encaissé tombait sous la moyenne des dernières émissions. J'ai réduit le montant, choisi une autre part et je sais désormais quels trois chiffres relire chaque année.

Bertrand M.Cadre dirigeant, Hauts-de-Seine

À qui cette classe d'actifs convient

Une poche d'obligations catastrophe s'adresse à un épargnant qui dispose déjà d'un patrimoine financier constitué, qui accepte une exposition à un risque naturel sans lien avec le cycle économique, et qui immobilise un capital dont il n'a pas l'usage à court terme. La corrélation avec les actions et l'obligataire traditionnel reste inférieure à 0,15 (Sage Advisory, 2026), ce qui en fait un instrument d'allocation plutôt qu'un placement de constitution d'épargne. Cinq situations reviennent régulièrement dans les études conduites par France Épargne.

Le cadre supérieur ou la profession libérale cherche une source de rendement obligataire dépourvue de sensibilité aux taux longs. Un portefeuille classiquement construit autour d'actions et d'obligations souveraines subit la hausse des taux sur ses deux jambes simultanément, comme l'exercice 2022 l'a montré. Une poche adossée au risque catastrophe apporte un moteur de performance indépendant, dont la rémunération dépend de la survenance d'événements naturels et non des décisions de politique monétaire. Le dimensionnement s'établit à partir du patrimoine financier total et des réserves déjà constituées.

Le chef d'entreprise après une cession dispose d'une trésorerie longue en attente d'affectation, souvent logée en produits monétaires dont la rémunération suit les taux courts. La perspective d'une détente monétaire réduit ce rendement, alors que la prime servie sur le risque catastrophe reste indépendante du taux directeur, puisqu'elle s'ajoute au rendement du collatéral. Le conseiller mesure la part de la trésorerie mobilisable sur trois à cinq ans, contrôle le calendrier des besoins prévisibles et fixe le montant en conséquence.

Le détenteur d'un contrat d'assurance vie multisupport arbitre une fraction de sa poche obligataire vers une exposition décorrélée, sans quitter le contrat ni déclencher d'imposition. L'absence d'imposition tant qu'aucun rachat n'est effectué rend cet arbitrage neutre fiscalement, ce qui constitue un avantage marqué sur une cession de parts détenues en compte-titres. Le conseiller vérifie que le support est référencé dans le contrat, relève les chargements applicables sur unité de compte et compare le rendement net obtenu par cette route à celui du compte-titres.

L'investisseur déjà exposé à la dette privée compare deux moteurs de rendement souvent présentés comme interchangeables. La dette privée rémunère un risque de crédit d'entreprise, corrélé au cycle économique et aux écarts de crédit. Les obligations catastrophe rémunèrent un risque naturel, indépendant de ce cycle. Un portefeuille qui empile direct lending, crédit structuré et obligations à haut rendement multiplie une seule source de risque, alors que l'ajout d'une poche assurantielle en introduit une autre. Le conseiller mesure les expositions existantes avant de proposer un dosage.

L'épargnant en phase de distribution cherche un revenu régulier sans allonger la duration de son portefeuille. Le coupon des obligations catastrophe se compose du rendement du collatéral, indexé sur les taux courts, et d'une prime de risque fixée à l'émission. Cette construction limite la sensibilité du prix aux mouvements de taux longs, contrairement à une obligation d'entreprise de maturité comparable. Le rendement courant du marché atteint 9,42 % au 29 mai 2026 selon la méthodologie de Plenum Investments relayée par Artemis, pour une perte attendue de 2,39 %.

Certaines situations appellent une autre réponse. Un épargnant dont l'horizon reste inférieur à trois ans, dont les réserves de précaution ne sont pas constituées, ou dont le patrimoine financier reste concentré sur un seul actif, tire davantage d'un travail préalable sur la structure globale de son allocation. France Épargne conduit alors un bilan patrimonial complet, arrête les priorités et propose les enveloppes adaptées, quitte à reporter la question de la poche assurantielle à une étape ultérieure. Cette séquence protège le patrimoine mieux qu'une souscription conduite à contretemps.

Le dosage se raisonne enfin en montant supportable plutôt qu'en pourcentage théorique. La question posée au bilan est simple : quelle somme pouvez-vous voir amputée d'une fraction significative après un événement naturel majeur sans que cela modifie vos projets ? La réponse fixe le plafond. Le conseiller applique ensuite les contraintes du véhicule, minimum de souscription, devise de la part, politique de rachat, puis retient un montant compatible avec l'ensemble. Le suivi annuel ajuste ce montant au fil de l'évolution de vos revenus, de vos charges et de vos autres expositions.

Le dirigeant détenant une holding patrimoniale occupe une position particulière. La trésorerie placée au sein d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés relève d'un régime distinct de celui du patrimoine privé, et les revenus de parts de fonds y sont imposés selon les règles applicables aux bénéfices sociaux, sans bénéfice du prélèvement forfaitaire unique. L'arbitrage entre une souscription logée dans la holding et une souscription à titre personnel après distribution de dividendes se chiffre poste par poste, en tenant compte de la fiscalité de la distribution et de l'horizon de réemploi de la trésorerie. Le conseiller conduit cette comparaison avec l'expert-comptable de la société lorsque la situation le justifie, puis recommande la structure de détention par écrit. Cette étape précède le choix du véhicule, puisqu'un même fonds ne se traite pas de la même manière selon le porteur retenu.

Illustration éditoriale des profils d'épargnants accompagnés sur une poche décorrélée
Cinq situations récurrentes, du cadre supérieur au chef d'entreprise après cession, accompagnées par France Épargne.

Faites étudier votre projet avant de souscrire

Transmettez le prospectus, le document d'informations clés et le dernier reporting du véhicule proposé. Un conseiller France Épargne qualifie la société de gestion, agrège la perte attendue et la prime du portefeuille, calcule le multiple encaissé, mesure la concentration par péril, reconstitue la charge annuelle totale et arbitre l'enveloppe de détention. Recommandation écrite remise avant tout engagement, réponse sous 6h les jours ouvrés, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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Faites calculer le multiple avant de souscrire

Transmettez le prospectus, le document d'informations clés et le dernier reporting du fonds qui vous est proposé. Un conseiller France Épargne qualifie la société de gestion, agrège la perte attendue et la prime du portefeuille, calcule le multiple encaissé, mesure la concentration par péril, reconstitue la charge annuelle totale et arbitre l'enveloppe de détention. Réponse sous 6h les jours ouvrés, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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