Investissement

Obligations catastrophe : le multiple que sert votre tranche

Le coupon d'une obligation catastrophe additionne le rendement de son collatéral et une prime de risque qui rémunère une perte annuelle attendue. Saisissez ces deux chiffres du prospectus pour obtenir le multiple réellement encaissé, la prime résiduelle une fois la perte modélisée déduite, et le nombre d'années de prime qu'un rappel de capital effacerait.

Multiple moyen à l'émission 2,29Prime moyenne servie 6,63 %Source Artemis et Plenum
Barèmes 2026 officielsChiffres mis à jour : HCSF, droits d'enregistrement, plafonds PTZ, indices INSEE.
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Votre tranche et ses deux chiffres

La perte annuelle attendue et la prime de risque figurent au prospectus de chaque tranche.

2,4 %
0,1 %4 %13 %

77 % des volumes émis restent sous 3 %, la plus basse tranche du dernier trimestre recensé ressort à 0,13 % et la plus haute à 13,09 % (Artemis).

6,6 %
1 %10 %26 %

La prime moyenne des dernières émissions ressort à 6,63 %, contre 7,12 % au trimestre précédent et 7,23 % un an plus tôt (Artemis).

Le rappel croît avec la fraction de couche consommée, du point d'attachement au point d'épuisement de la tranche.

Obligations catastrophe et ILS

La prime servie, rapportée à la perte annuelle attendue

Le multiple moyen des dernières émissions recensées ressort à 2,29, quatrième trimestre consécutif sous 3, contre un record de 4,82 trois ans plus tôt, pour une prime moyenne servie de 6,63 % et une prime au-dessus de la perte attendue de 3,74 %, plus bas en vingt trimestres (Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026). L'encours mondial atteint 65,6 milliards de dollars à fin juin 2026.

Le coupon compare mal, le multiple compare bien

Une obligation catastrophe verse un coupon composé du rendement de son collatéral, placé en titres du Trésor américain, et d'une prime de risque fixée à l'émission. Cette prime rémunère une perte annuelle attendue, calculée par un modèle catastrophe et inscrite au prospectus. Le multiple divise l'une par l'autre et répond à la seule question qui compare deux tranches : combien de fois la perte modélisée le porteur encaisse-t-il chaque année pour la supporter ?

Une tranche servant 9 % de prime sur 4,5 % de perte attendue paie deux fois la perte modélisée. Une tranche servant 3 % sur 0,8 % en paie près de quatre. La seconde affiche pourtant un coupon trois fois inférieur. Le multiple moyen des dernières émissions recensées ressort à 2,29, en recul de 0,85 sur un an, quatrième trimestre consécutif sous 3, contre un record de 4,82 trois ans plus tôt (Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026).

Comment la perte annuelle attendue se construit

Un modèle catastrophe simule des dizaines de milliers de trajectoires d'ouragans, de séismes ou de feux, chacune affectée d'une fréquence annuelle. Il applique ce catalogue au portefeuille de risques du sponsor, en déduit une courbe de dépassement des pertes, puis mesure la fraction de cette courbe qui tombe dans la tranche émise. Le résultat agrège la probabilité de toucher la tranche et la sévérité moyenne du rappel lorsqu'il survient.

Deux seuils bornent la couche. Le point d'attachement déclenche le rappel de capital, et sa probabilité annuelle se traduit en période de retour : une probabilité de 1,11 % correspond à une occurrence moyenne d'une année sur quatre-vingt-dix. Le point d'épuisement rend le rappel total. Entre les deux, la perte du porteur croît proportionnellement à la fraction de couche consommée, ce que reproduit le curseur de sévérité de l'outil.

Où se situe le marché sur la courbe de risque

Sur le dernier trimestre recensé, 77 % des volumes émis affichent une perte attendue inférieure à 3 %, 6 % descendent sous 1 % et 14 % dépassent 4 %. Les extrêmes s'écartent fortement : 0,13 % sur la tranche D de Buttonwood Re, 13,09 % sur la tranche C de Hestia Re. Les primes servies vont de 1,95 % sur la tranche A notée de Yardstick Re DAC à 26 % sur cette même tranche C, pour une moyenne de 6,63 %.

Le multiple ne se dégrade pas uniformément le long de cette courbe. Les fourchettes de prime les plus courantes affichent 2,45, 2,47, 2,47 et 2,33. La fourchette de 9,01 % à 11 % ressort la mieux payée à 2,57, tandis que le segment au-dessus de 11,01 % tombe à 1,97, seul niveau sous 2. Un an auparavant, deux fourchettes seulement descendaient sous 3 et le segment le plus risqué dépassait 4 (Artemis).

Ce que le multiple ne dit pas

La perte attendue dépend d'hypothèses de fréquence et de vulnérabilité révisées à chaque version du modèle, et deux modélisateurs produisent des valeurs différentes sur une même couche. La structure de couverture pèse tout autant : une tranche en agrégat cumule les sinistres d'une saison au-dessus d'une franchise par événement, une tranche en occurrence ne retient que le sinistre unitaire, si bien que deux tranches de perte attendue identique ne réagissent pas de la même façon à une succession de petits événements.

La concentration géographique complète la lecture. Les périls américains représentent 81 % des volumes émis sur le dernier trimestre suivi, et le type de déclencheur répartit le risque de base autrement : indemnitaire sur 81 % des volumes et 55 tranches sur 80, indice de perte sectorielle sur 15 % et 17 tranches, paramétrique sur un peu plus de 3 % et 3 tranches. Ces trois dimensions se relèvent au reporting du fonds, hors de portée du coupon affiché.

Ce que l'outil laisse au conseiller

Le calcul porte sur une tranche et sur les chiffres que vous saisissez. Le travail restant concerne le véhicule dans son ensemble : agrégation de la perte attendue et de la prime pondérées par les positions, contrôle de l'agrément de la société de gestion auprès de l'Autorité des marchés financiers, relevé de la part des structures en agrégat, mesure de la concentration par péril et par zone, politique de couverture de change, reconstitution de la charge annuelle rétrocession comprise et arbitrage entre compte-titres, assurance vie et plan d'épargne retraite. Un conseiller France Épargne conduit cette étude et remet une recommandation écrite avant la souscription.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le multiple d'une obligation catastrophe ?

Le quotient de la prime de risque servie par la perte annuelle attendue de la tranche. Il indique combien de fois la perte modélisée le porteur encaisse chaque année pour la supporter. La moyenne des dernières émissions recensées s'établit à 2,29, contre 3,14 un an plus tôt et 4,82 trois ans auparavant (Artemis, rapport du deuxième trimestre 2026).

Pourquoi le coupon ne suffit-il pas à comparer deux tranches ?

Parce qu'un coupon élevé rémunère souvent une perte attendue élevée. Sur le dernier trimestre recensé, les primes servies vont de 1,95 % à 26 % et les pertes attendues de 0,13 % à 13,09 %. Deux tranches au coupon voisin portent donc des niveaux de risque sans commune mesure, que seul le multiple rend comparables.

Que signifie la prime au-dessus de la perte attendue ?

La différence entre la prime servie et la perte annuelle attendue, exprimée en points. Elle mesure la rémunération résiduelle une fois la perte modélisée déduite. Le marché sert 3,74 % sur les dernières émissions, plus bas trimestriel en vingt trimestres, en recul de 1,19 point sur un an (Artemis).

Comment lire le nombre d'années de prime effacées ?

Il divise la part du nominal emportée par un rappel de capital par la prime annuelle servie. À 6,6 % de prime, un rappel de la moitié du nominal efface 7,6 années de prime, un rappel total 15,2 années. Cet indicateur traduit la sévérité d'un sinistre en durée de portage, sans projeter aucun rendement.

Quelle perte attendue retenir par défaut ?

La valeur inscrite au prospectus de la tranche visée. À défaut, la perte attendue du marché ressort à 2,39 % selon la méthodologie de Plenum Investments relayée par Artemis, et 77 % des volumes émis sur le dernier trimestre recensé restent sous 3 %.

Pourquoi le multiple de marché baisse-t-il ?

La demande d'investisseurs progresse plus vite que l'offre de risque. L'émission a atteint un record de 11,3 milliards de dollars sur un trimestre et près de 18 milliards sur le semestre en 83 opérations, pour un encours mondial de 65,6 milliards à fin juin 2026. Cet afflux de capitaux comprime la prime servie, tombée de 7,23 % à 6,63 % en un an (Artemis).

Un particulier français peut-il acheter ces titres en direct ?

Non. Les notes s'émettent sous le régime de la règle 144A du droit fédéral américain, réservé aux acheteurs institutionnels qualifiés, statut subordonné à la détention d'au moins 100 millions de dollars de titres d'émetteurs non affiliés. L'accès passe par un fonds coordonné, un fonds indiciel coté ou une unité de compte référencée dans un contrat.

Cet outil projette-t-il un rendement ou note-t-il un fonds ?

Non. Il convertit la perte attendue et la prime que vous saisissez en multiple encaissé, en prime au-dessus de la perte attendue et en années de prime effacées par un rappel. Aucune performance future n'est projetée, et le capital investi reste exposé à une perte partielle ou totale.