La prime servie, rapportée à la perte annuelle attendue
Le multiple moyen des dernières émissions recensées ressort à 2,29, quatrième trimestre consécutif sous 3, contre un record de 4,82 trois ans plus tôt, pour une prime moyenne servie de 6,63 % et une prime au-dessus de la perte attendue de 3,74 %, plus bas en vingt trimestres (Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026). L'encours mondial atteint 65,6 milliards de dollars à fin juin 2026.
Le coupon compare mal, le multiple compare bien
Une obligation catastrophe verse un coupon composé du rendement de son collatéral, placé en titres du Trésor américain, et d'une prime de risque fixée à l'émission. Cette prime rémunère une perte annuelle attendue, calculée par un modèle catastrophe et inscrite au prospectus. Le multiple divise l'une par l'autre et répond à la seule question qui compare deux tranches : combien de fois la perte modélisée le porteur encaisse-t-il chaque année pour la supporter ?
Une tranche servant 9 % de prime sur 4,5 % de perte attendue paie deux fois la perte modélisée. Une tranche servant 3 % sur 0,8 % en paie près de quatre. La seconde affiche pourtant un coupon trois fois inférieur. Le multiple moyen des dernières émissions recensées ressort à 2,29, en recul de 0,85 sur un an, quatrième trimestre consécutif sous 3, contre un record de 4,82 trois ans plus tôt (Artemis, rapport de marché du deuxième trimestre 2026).
Comment la perte annuelle attendue se construit
Un modèle catastrophe simule des dizaines de milliers de trajectoires d'ouragans, de séismes ou de feux, chacune affectée d'une fréquence annuelle. Il applique ce catalogue au portefeuille de risques du sponsor, en déduit une courbe de dépassement des pertes, puis mesure la fraction de cette courbe qui tombe dans la tranche émise. Le résultat agrège la probabilité de toucher la tranche et la sévérité moyenne du rappel lorsqu'il survient.
Deux seuils bornent la couche. Le point d'attachement déclenche le rappel de capital, et sa probabilité annuelle se traduit en période de retour : une probabilité de 1,11 % correspond à une occurrence moyenne d'une année sur quatre-vingt-dix. Le point d'épuisement rend le rappel total. Entre les deux, la perte du porteur croît proportionnellement à la fraction de couche consommée, ce que reproduit le curseur de sévérité de l'outil.
Où se situe le marché sur la courbe de risque
Sur le dernier trimestre recensé, 77 % des volumes émis affichent une perte attendue inférieure à 3 %, 6 % descendent sous 1 % et 14 % dépassent 4 %. Les extrêmes s'écartent fortement : 0,13 % sur la tranche D de Buttonwood Re, 13,09 % sur la tranche C de Hestia Re. Les primes servies vont de 1,95 % sur la tranche A notée de Yardstick Re DAC à 26 % sur cette même tranche C, pour une moyenne de 6,63 %.
Le multiple ne se dégrade pas uniformément le long de cette courbe. Les fourchettes de prime les plus courantes affichent 2,45, 2,47, 2,47 et 2,33. La fourchette de 9,01 % à 11 % ressort la mieux payée à 2,57, tandis que le segment au-dessus de 11,01 % tombe à 1,97, seul niveau sous 2. Un an auparavant, deux fourchettes seulement descendaient sous 3 et le segment le plus risqué dépassait 4 (Artemis).
Ce que le multiple ne dit pas
La perte attendue dépend d'hypothèses de fréquence et de vulnérabilité révisées à chaque version du modèle, et deux modélisateurs produisent des valeurs différentes sur une même couche. La structure de couverture pèse tout autant : une tranche en agrégat cumule les sinistres d'une saison au-dessus d'une franchise par événement, une tranche en occurrence ne retient que le sinistre unitaire, si bien que deux tranches de perte attendue identique ne réagissent pas de la même façon à une succession de petits événements.
La concentration géographique complète la lecture. Les périls américains représentent 81 % des volumes émis sur le dernier trimestre suivi, et le type de déclencheur répartit le risque de base autrement : indemnitaire sur 81 % des volumes et 55 tranches sur 80, indice de perte sectorielle sur 15 % et 17 tranches, paramétrique sur un peu plus de 3 % et 3 tranches. Ces trois dimensions se relèvent au reporting du fonds, hors de portée du coupon affiché.
Ce que l'outil laisse au conseiller
Le calcul porte sur une tranche et sur les chiffres que vous saisissez. Le travail restant concerne le véhicule dans son ensemble : agrégation de la perte attendue et de la prime pondérées par les positions, contrôle de l'agrément de la société de gestion auprès de l'Autorité des marchés financiers, relevé de la part des structures en agrégat, mesure de la concentration par péril et par zone, politique de couverture de change, reconstitution de la charge annuelle rétrocession comprise et arbitrage entre compte-titres, assurance vie et plan d'épargne retraite. Un conseiller France Épargne conduit cette étude et remet une recommandation écrite avant la souscription.