Gestion de patrimoine

Point mort d'une couverture de change

Le coût annuel d'une couverture est fixé par l'écart de taux courts entre les deux zones monétaires. Cet outil convertit ce coût en un niveau de change précis, celui que l'euro doit atteindre pour que la décision de couvrir ait été payante.

Facilité de dépôt BCE 2,25 %Fourchette Réserve fédérale 3,50 % à 3,75 %Taux directeur suisse 0,00 %
Barèmes 2026 officielsChiffres mis à jour : HCSF, droits d'enregistrement, plafonds PTZ, indices INSEE.
Réponse sous 6hUn courtier vous recontacte dans la journée pour transformer l'estimation en offre.
Sans engagementVos coordonnées ne sont utilisées qu'à des fins d'étude de votre dossier.
  1. Exposition
  2. Résultat
  3. Contact

Votre exposition en devises

Le calcul retient les taux courts en vigueur et l'écart de frais entre un support couvert et sa version ouverte.

250 000 €
25 k€1000 k€2000 k€

Titres étrangers, supports indiciels transparisés et liquidités en monnaie étrangère.

5 ans
1 ans8 ans15 ans

Durée pendant laquelle la couverture serait maintenue et renouvelée.

Chaque monnaie porte son propre écart de taux face à la facilité de dépôt européenne.

Couverture de change

Ce que coûte une couverture de change et à partir de quel cours elle rapporte

Le prix d'une couverture se déduit de l'écart de rémunération entre les deux monnaies concernées. Couvrir le dollar prélève 1,375 point par an quand couvrir le franc suisse en rapporte 2,25, et ce coût annuel se convertit en un seuil de change vérifiable.

Le prix d'une couverture se lit dans l'écart de taux courts

Une couverture de change consiste à vendre à terme la devise détenue, et le cours à terme se déduit du cours au comptant par la parité des taux d'intérêt. L'écart de rémunération entre les deux monnaies se retrouve intégralement dans les points de terme. Le coût annuel mesure donc la rémunération à laquelle le porteur renonce sur la durée.

La facilité de dépôt de la Banque centrale européenne s'établit à 2,25 % depuis le 17 juin 2026, face à une fourchette cible de 3,50 % à 3,75 % maintenue par la Réserve fédérale le 29 juillet 2026. Couvrir une exposition en dollars coûte donc 1,375 point par an, auquel s'ajoute l'écart de frais de 0,4 % entre un support indiciel couvert et sa version ouverte, soit 0,55 % contre 0,20 % de frais courants (justETF, IE00B441G979 et IE00B4L5Y983).

Sur le franc suisse, la couverture rapporte au lieu de coûter

La Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0,00 % lors de son appréciation de politique monétaire du 18 juin 2026. Un investisseur en euros qui vend le franc à terme encaisse donc 2,25 points par an au titre de l'écart de rémunération, soit 1,90 point une fois l'écart de frais déduit. La même décision de gestion produit un coût sur une poche en dollars et un gain sur une poche en francs.

La Banque d'Angleterre a de son côté maintenu son Bank Rate à 3,75 % en juillet 2026, ce qui porte le portage d'une couverture sur la livre sterling à 1,50 point par an. Trois monnaies détenues dans un même portefeuille appellent ainsi trois arbitrages économiques distincts, sans qu'aucune anticipation de marché n'intervienne dans le raisonnement.

Du coût annuel au niveau de change à franchir

Le prélèvement se capitalise sur la durée de détention. Un coût complet de 1,725 point par an représente 8,93 % du portefeuille sur cinq ans. La couverture devient gagnante lorsque la perte de change évitée dépasse ce cumul, ce qui se traduit par un cours précis : le point mort vaut le cours de départ divisé par le complément du cumul.

Avec un euro à 1,1567 dollar au fixing de référence de la BCE du 14 août 2026, le seuil ressort à 1,2700 dollar sur cinq ans. Au-dessus, la décision de couvrir aura été payante ; en deçà, l'exposition laissée ouverte l'emporte. Sur le franc suisse le raisonnement s'inverse : la position couverte reste devant tant que l'euro ne descend pas sous 0,8603 franc sur la même durée.

La décision se prend classe d'actifs par classe d'actifs

Sur une poche actions détenue longtemps, la volatilité du marché domine celle des monnaies. Une comparaison du S&P 500 couvert en euro et de sa version ouverte sur dix-huit ans donne 8,57 % de performance annualisée contre 11,06 %, pour une volatilité de 14,17 % contre 15,63 % et des ratios de Sharpe de 0,54 et 0,74 (Avenue des Investisseurs). La couverture a retiré 2,49 points de performance annuelle pour 1,46 point de volatilité en moins.

Sur une poche obligataire de bonne qualité, l'arbitrage bascule. La volatilité propre de l'actif étant faible, les mouvements de cours dominent son comportement en euros et la privent de son rôle d'amortisseur. La règle opérationnelle tient en une phrase : la couverture se justifie d'autant plus que la volatilité propre de l'actif est faible.

Questions fréquentes

Pourquoi une couverture de change a-t-elle un coût annuel ?

Parce que vendre une devise à terme revient à emprunter cette devise et à prêter des euros sur la durée du contrat. L'écart entre les deux taux courts se retrouve dans les points de terme. Le coût mesure donc la rémunération abandonnée sur la durée de la couverture.

Le coût de couverture peut-il devenir un gain ?

Oui, lorsque la devise vendue à terme est moins rémunérée que l'euro. Le taux directeur de la Banque nationale suisse est resté à 0,00 % le 18 juin 2026 face à une facilité de dépôt européenne de 2,25 %. Vendre le franc suisse à terme rapporte donc 2,25 points par an, avant frais de support.

Quel écart de frais entre un support couvert et sa version ouverte ?

L'iShares MSCI World EUR Hedged (IE00B441G979) affiche 0,55 % de frais courants annuels contre 0,20 % pour l'iShares Core MSCI World non couvert (IE00B4L5Y983), selon les fiches justETF. Cet écart de 0,35 point s'ajoute au portage du différentiel de taux dans le calcul du coût complet.

Un fonds indiciel monde acheté en euros est-il exposé au change ?

Oui. La devise de cotation d'un support ne dit rien de son exposition économique. Un indiciel monde reste investi majoritairement en actifs américains, dont la valeur en euros dépend du cours du dollar. Seule une transparisation, qui remonte aux actifs détenus, révèle l'assiette réellement exposée.

Le point mort dépend-il du montant exposé ?

Non. Le seuil de change se déduit du seul coût annuel et de l'horizon retenu, il reste identique quel que soit le montant. Le montant détermine en revanche la somme en euros que représente ce coût sur la durée, chiffre utile pour arbitrer entre plusieurs poches d'un même portefeuille.

Faut-il couvrir en totalité ou partiellement ?

La pratique professionnelle retient un ratio partiel révisé périodiquement. Les assureurs et fonds de pension danois ont porté leur ratio sur les actifs en dollars d'environ 60 % en janvier 2025 à plus de 70 % en décembre 2025, avant de le réduire début 2026 (banque centrale du Danemark).