Ce que coûte une couverture de change et à partir de quel cours elle rapporte
Le prix d'une couverture se déduit de l'écart de rémunération entre les deux monnaies concernées. Couvrir le dollar prélève 1,375 point par an quand couvrir le franc suisse en rapporte 2,25, et ce coût annuel se convertit en un seuil de change vérifiable.
Le prix d'une couverture se lit dans l'écart de taux courts
Une couverture de change consiste à vendre à terme la devise détenue, et le cours à terme se déduit du cours au comptant par la parité des taux d'intérêt. L'écart de rémunération entre les deux monnaies se retrouve intégralement dans les points de terme. Le coût annuel mesure donc la rémunération à laquelle le porteur renonce sur la durée.
La facilité de dépôt de la Banque centrale européenne s'établit à 2,25 % depuis le 17 juin 2026, face à une fourchette cible de 3,50 % à 3,75 % maintenue par la Réserve fédérale le 29 juillet 2026. Couvrir une exposition en dollars coûte donc 1,375 point par an, auquel s'ajoute l'écart de frais de 0,4 % entre un support indiciel couvert et sa version ouverte, soit 0,55 % contre 0,20 % de frais courants (justETF, IE00B441G979 et IE00B4L5Y983).
Sur le franc suisse, la couverture rapporte au lieu de coûter
La Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0,00 % lors de son appréciation de politique monétaire du 18 juin 2026. Un investisseur en euros qui vend le franc à terme encaisse donc 2,25 points par an au titre de l'écart de rémunération, soit 1,90 point une fois l'écart de frais déduit. La même décision de gestion produit un coût sur une poche en dollars et un gain sur une poche en francs.
La Banque d'Angleterre a de son côté maintenu son Bank Rate à 3,75 % en juillet 2026, ce qui porte le portage d'une couverture sur la livre sterling à 1,50 point par an. Trois monnaies détenues dans un même portefeuille appellent ainsi trois arbitrages économiques distincts, sans qu'aucune anticipation de marché n'intervienne dans le raisonnement.
Du coût annuel au niveau de change à franchir
Le prélèvement se capitalise sur la durée de détention. Un coût complet de 1,725 point par an représente 8,93 % du portefeuille sur cinq ans. La couverture devient gagnante lorsque la perte de change évitée dépasse ce cumul, ce qui se traduit par un cours précis : le point mort vaut le cours de départ divisé par le complément du cumul.
Avec un euro à 1,1567 dollar au fixing de référence de la BCE du 14 août 2026, le seuil ressort à 1,2700 dollar sur cinq ans. Au-dessus, la décision de couvrir aura été payante ; en deçà, l'exposition laissée ouverte l'emporte. Sur le franc suisse le raisonnement s'inverse : la position couverte reste devant tant que l'euro ne descend pas sous 0,8603 franc sur la même durée.
La décision se prend classe d'actifs par classe d'actifs
Sur une poche actions détenue longtemps, la volatilité du marché domine celle des monnaies. Une comparaison du S&P 500 couvert en euro et de sa version ouverte sur dix-huit ans donne 8,57 % de performance annualisée contre 11,06 %, pour une volatilité de 14,17 % contre 15,63 % et des ratios de Sharpe de 0,54 et 0,74 (Avenue des Investisseurs). La couverture a retiré 2,49 points de performance annuelle pour 1,46 point de volatilité en moins.
Sur une poche obligataire de bonne qualité, l'arbitrage bascule. La volatilité propre de l'actif étant faible, les mouvements de cours dominent son comportement en euros et la privent de son rôle d'amortisseur. La règle opérationnelle tient en une phrase : la couverture se justifie d'autant plus que la volatilité propre de l'actif est faible.