Gestion de patrimoine · délégation

Gestion Sous Mandat

Trois couches de frais courent sur un mandat

Deux couches de frais s'appliquent à tout contrat investi en unités de compte : les frais de gestion du contrat, 0,88 % par an en 2025, et les frais internes des supports référencés, 1,60 % en moyenne pondérée par les encours (France Assureurs, 6 mai 2026). Leur somme atteint 2,48 % par an. La commission de délégation, seule figure inscrite dans la convention de gestion et seule comparée d'un établissement à l'autre, s'ajoute à ce socle.

A

Les frais du contrat : 0,88 % par an

Le contrat prélève ses frais de gestion sur les **unités de compte**, les supports non garantis en capital par opposition au fonds en euros. France Assureurs les situe à 0,88 % par an en 2025, au même niveau qu'en 2024. Cette couche s'applique que le mandat retienne des fonds gérés ou des supports indiciels.

B

Les frais des supports : 1,60 % en moyenne

Chaque support référencé prélève ses propres frais à l'intérieur du fonds. La moyenne pondérée par les encours atteint 1,60 % par an en 2025, en recul de 0,02 point sur un an (France Assureurs, 6 mai 2026). Le chiffre exact de vos supports figure dans leur document d'informations clés, à la ligne des frais courants.

C

La commission de délégation s'ajoute au socle

La **commission de mandat** rémunère le gérant délégataire qui arbitre le portefeuille à votre place. Son taux est fixé par la convention de gestion signée avec l'établissement. Elle vient au-dessus des 2,48 % déjà prélevés par le contrat et les supports, et ne les remplace pas.

D

Le référencement pèse plus que la commission

Des trois couches, celle des supports est la plus lourde et la plus mobile. L'ESMA chiffre l'ordre de grandeur du levier : sur 10 000 € placés un an, le coût total va de 50 € pour un fonds obligataire indiciel à 200 € pour un fonds actions à gestion active (Market Report on Costs and Performance, mars 2026).

Fonctionnement

Comment nous étudions votre mandat

01

Relevé des trois couches

Votre conseiller lit le tableau des frais publié par votre assureur, la convention de gestion pour la commission de mandat et le document d'informations clés de chaque support pour ses frais courants. Le total supporté est établi à partir de vos documents, sans estimation.

02

Examen du référencement

Nous vérifions quels supports le contrat référence et lesquels le mandat peut retenir. Certains mandats n'ouvrent l'accès qu'aux fonds de la maison de gestion, ce qui maintient la couche des supports au niveau de la moyenne de marché de 1,60 %.

03

Postes hors forfait annuel

Les frais d'arbitrage dus à chaque réallocation et les commissions de surperformance prévues au contrat s'ajoutent aux trois couches annuelles. Nous les relevons dans les conditions générales pour établir le coût complet de l'année écoulée.

04

Arbitrage et mise en place

Vous décidez entre renégocier le mandat en place et ouvrir un contrat dont le référencement autorise une architecture moins chargée. Le conseiller chiffre les deux options sur votre encours et votre horizon, puis pilote le transfert si vous le retenez.

Comparatif

Coût annuel selon le mode de gestion retenu

CritèreMandat en fonds gérésMandat indicielGestion libre indicielle
Frais du contrat sur UC0,88 %0,88 %0,88 %
Frais internes des supports1,60 %Frais courants du supportFrais courants du support
Commission de délégationSelon conventionSelon conventionAucune
Socle avant commission2,48 %0,88 % + support0,88 % + support
Qui décide des arbitragesLe gérant délégataireLe gérant délégataireVous
Suivi à votre chargeReporting à lireReporting à lireAllocation à piloter
Pour qui

Situations dans lesquelles la délégation se discute

Vous détenez un contrat en gestion sous mandat depuis plusieurs années et n'avez jamais relevé les frais courants des supports retenus par le gérant.
Vous comparez deux mandats sur leur commission affichée, sans disposer du détail des supports que chacun référence.
Vous disposez de peu de temps pour arbitrer vous-même et acceptez la commission de délégation, à condition de maîtriser la couche des supports.
Vous préparez un transfert de contrat et voulez chiffrer l'écart de frais avant d'engager les démarches.
★★★★★

« Quand un client m'apporte son mandat, je commence par le document d'informations clés de chaque support, qui porte les frais courants rarement commentés à la signature. Sur les dossiers que je reprends, la commission de gestion pèse une petite part du total annuel. »

Marc Dubreuil · Conseiller en gestion de patrimoine, France Épargne
Questions

Questions fréquentes

Le socle commun à tout contrat investi en unités de compte atteint 2,48 % par an : 0,88 % de frais de gestion du contrat et 1,60 % de frais internes des supports référencés, en moyenne pondérée par les encours (France Assureurs, 6 mai 2026). La commission de délégation, fixée par votre convention de gestion, s'ajoute à ce socle.

Trois documents suffisent. Le tableau des frais publié par votre assureur détaille les frais de gestion appliqués aux unités de compte et les frais d'arbitrage. La convention de gestion porte la commission de mandat. Le document d'informations clés de chaque support indique ses frais courants. Le total supporté se reconstitue à partir de ces trois pièces.

Le montant initial est fixé par l'établissement et par l'enveloppe retenue. Il figure dans les conditions générales du contrat et dans la convention de gestion, aux côtés du versement minimum et de la périodicité des versements programmés. Un mandat logé dans un compte-titres ou un plan d'épargne en actions demande un montant initial plus élevé qu'en assurance vie.

La convention de gestion fixe les conditions de résiliation et le préavis applicable. La révocation du mandat ne ferme pas le contrat : le capital reste investi et vous reprenez la main sur les arbitrages, ou vous confiez le portefeuille à un autre gérant. Les modalités et les délais figurent dans la convention signée.

Oui. Les trois couches sont prélevées chaque année sur l'encours, indépendamment des mouvements. Les frais d'arbitrage dépendent du nombre de réallocations décidées par le gérant dans l'année, et les commissions de surperformance du dépassement d'un seuil fixé au contrat. Les conditions générales précisent les deux montants.

Un conseiller relève les trois couches de votre contrat actuel, compare le référencement disponible avec celui d'un mandat moins chargé et chiffre l'écart sur votre encours. Si le transfert est retenu, il pilote les démarches auprès des deux établissements. La réponse intervient sous 6h.

Pour aller plus loin

Qu'est ce que la délégation de portefeuille

La délégation de portefeuille désigne un contrat par lequel un investisseur donne procuration à un professionnel pour gérer son portefeuille de titres. Le gestionnaire reçoit une autonomie complète pour effectuer achats et ventes sans solliciter l'autorisation du client, dans le respect d'un cadre strict établi par le mandat. Ce type de délégation se conclut via plusieurs supports financiers : contrat d'assurance vie multisupport, contrat de capitalisation, compte titres ou Plan d'Épargne en Actions. Chaque support présente ses spécificités fiscales et juridiques, mais le principe reste identique : le mandataire agit pour le compte du mandant selon une stratégie prédéfinie, sans retour vers le client pour chaque décision.

Le marché français de la gestion d'actifs atteint 5 033 milliards d'euros fin 2025, en progression de 8,7 % sur un an (source : AFG). Ce total englobe à la fois les mandats discrets et la gestion collective (OPCVM). La délégation professionnelle représente environ 1 469 milliards d'euros d'encours selon les estimations Xerfi 2023, ce qui confirme son poids dans le patrimoine financier des ménages français. La France occupe la première place en Europe continentale pour ce secteur, devant l'Allemagne et l'Italie, reflétant une tradition d'épargnant forte et une industrie de la gestion mature.

Le contrat établit précisément l'objectif de gestion, généralement classé en trois profils : prudent (majoritairement monétaire et obligataire), équilibré (mixte actions/obligations) ou dynamique (majoritairement actions). Le document fixe également l'horizon d'investissement recommandé, les limites d'exposition par classe d'actifs (par exemple : maximum 90 % en actions, minimum 10 % en monétaire), la grille de tarification et la fréquence du reporting. Depuis le 1er janvier 2023, les contrats doivent obligatoirement intégrer des critères de durabilité environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) dans leur processus d'investissement, conformément à la réglementation européenne SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation).

Ce service s'adresse principalement aux investisseurs disposant d'un patrimoine financier conséquent et souhaitant déléguer la gestion quotidienne de leurs actifs à des experts. Les seuils d'entrée varient considérablement selon les établissements : de 1 000 € à 5 000 € pour les banques en ligne et assurances directes, jusqu'à 100 000 €, 250 000 € voire 500 000 € pour les banques privées traditionnelles. Le coût total annuel se situe généralement entre 1,5 % et 3,5 % de l'encours géré, incluant les frais de gestion du mandat (0,55 à 0,70 %), les frais du contrat support (0,60 à 0,85 % en assurance vie) et les frais des supports sous-jacents (jusqu'à 2 % pour certains OPCVM actions).

La sélection du support joue un rôle crucial dans l'efficacité de la délégation. L'assurance vie multisupport constitue le véhicule le plus répandu, grâce à son cadre fiscal attractif après 8 ans de détention (abattement de 4 600 € ou 9 200 € pour un couple). Le contrat de capitalisation, cousin de l'assurance vie sans dimension assurance, offre des avantages similaires mais reste moins connu du grand public. Le compte titres et le PEA présentent des fiscalités différentes (prélèvement forfaitaire unique de 30 % sans abattement temporel) mais permettent d'accéder à des supports non éligibles à l'assurance vie (titres vifs, certains produits dérivés).

France Épargne accompagne ses clients dans l'analyse de la pertinence d'un mandat de gestion au regard de leur situation globale. Le choix d'un mode de gestion (libre, conseillée ou sous mandat) dépend de multiples facteurs : montant du patrimoine, disponibilité personnelle, expertise financière, tolérance au risque, horizon de placement. Un bilan patrimonial complet permet d'identifier si la délégation professionnelle constitue l'option la plus adaptée ou si d'autres solutions (gestion pilotée, ETFs, fonds profilés) peuvent répondre aux mêmes objectifs avec un coût moindre. L'approche de France Épargne intègre systématiquement la dimension fiscale (choix du support, timing des arbitrages), successorale (bénéficiaires, clauses bénéficiaires) et de prévoyance, car la délégation de portefeuille ne constitue qu'une pièce d'un puzzle patrimonial plus vaste.

Schéma du fonctionnement d'un mandat de gestion avec les acteurs : mandant, mandataire, supports d'investissement
Le mandat de gestion établit une relation de confiance entre l'investisseur et le gestionnaire professionnel

Expertise professionnelle

Votre portefeuille est géré par des analystes financiers certifiés AMF bénéficiant d'un accès direct aux marchés, d'outils Bloomberg/Reuters et d'une veille économique continue.

Réactivité face aux marchés

Le gestionnaire peut réagir instantanément aux opportunités et menaces des marchés financiers sans attendre votre validation, ce qui peut préserver le capital en période de turbulence.

Diversification optimisée

L'allocation d'actifs est ajustée en permanence selon les perspectives de marché, votre profil de risque et l'évolution de votre patrimoine, avec accès aux classes d'actifs non cotés.

Cadre réglementaire protecteur

L'AMF encadre strictement cette activité avec des obligations de transparence sur les frais et la performance, protégeant ainsi les investisseurs non professionnels.

Intégration ESG

Depuis 2023, les mandats intègrent les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leur processus d'investissement, conformément aux exigences réglementaires européennes.

Accessibilité progressive

Des seuils d'entrée à partir de 1 000 € permettent d'accéder à ce service, contre 100 000 € et plus pour la banque privée traditionnelle.

Suivi et reporting réguliers

Vous recevez des rapports périodiques détaillant la performance, la composition du portefeuille et les transactions effectuées, assurant une transparence sur la gestion.

Personnalisation du profil

Le mandat est calibré selon votre horizon de placement, votre tolérance au risque et vos objectifs patrimoniaux, avec une allocation adaptée à chaque situation.

Découvrez votre profil de gestion

Un conseiller en gestion de patrimoine vous aide à définir la stratégie de gestion la plus adaptée à votre situation.

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Fonctionnement de la délégation de portefeuille

Le mandat de gestion s'initie par une phase de caractérisation précise de votre profil investisseur. Le gestionnaire procède à un entretien approfondi pour évaluer votre horizon de placement (court terme < 3 ans, moyen terme 3 à 7 ans, long terme > 7 ans), votre tolérance au risque (mesurée par des questionnaires standardisés conformes aux exigences MIFID 2), vos besoins de liquidité (capacité à supporter des fluctuations sans devoir vendre) et vos objectifs de rendement (préservation du capital, revenus réguliers, croissance). Cette étape aboutit à la rédaction d'un contrat définissant l'objectif de gestion (prudent, équilibré ou dynamique), l'indicateur de référence (souvent un indice boursier comme le MSCI World pour les actions ou l'EFFI Euro Government Bonds pour les obligations) et les limites d'exposition par classe d'actifs. La délégation professionnelle exige un diagnostic précis pour garantir une allocation cohérente.

Le Code monétaire et financier (articles L.532-10 et suivants) impose des mentions obligatoires dans tout contrat de mandat : objectifs de gestion, méthodologie de sélection des supports, grille tarifaire détaillée, modalités d'alimentation et de retrait, fréquence du reporting, conditions de résiliation. Ces règles visent à garantir que l'investisseur comprenne ce à quoi il s'engage. L'AMF recommande vivement que l'objectif de gestion soit exprimé en termes de risque et non plus uniquement de rendement, reflétant l'évolution des pratiques vers une meilleure information des clients. La directive MIFID 2 renforce ces obligations en exigeant une analyse d'adéquation du produit au client.

Une fois le contrat signé, le gestionnaire dispose d'une latitude discrétionnaire pour arbitrer votre portefeuille dans les bornes contractuelles. Il peut acheter et vendre des titres, réallouer entre classes d'actifs, ajuster l'exposition aux devises, modifier l'allocation sectorielle ou géographique, sans solliciter votre autorisation préalable. Cette autonomie permet de réagir instantanément aux informations de marché (annonces économiques, résultats d'entreprises, décisions de banques centrales) qui surviennent entre deux rapports périodiques. Le contrat précise généralement les types de supports éligibles (OPCVM, ETF, titres vifs, obligations, produits dérivés éventuellement) et les contraintes d'allocation (par exemple : actions de 10 % à 90 %, obligations de 5 % à 60 %, monétaire de 0 % à 30 %).

Le gestionnaire dispose d'une équipe d'analystes financiers qui assurent une veille permanente sur les marchés. Ces professionnels accèdent aux flux d'information en temps réel (Bloomberg, Reuters, FactSet), disposent d'outils d'analyse avancés et bénéficient d'un réseau de contacts dans le monde de l'entreprise et de l'investissement. Cette expertise justifie les frais de gestion. Le gestionnaire peut également procéder à des arbitrages tactiques : par exemple, réduire l'exposition aux actions en cas de détérioration du climat des marchés, augmenter la part en obligations d'entreprises lorsque les spreads de crédit se resserrent, ou play une thématique émergente (intelligence artificielle, transition énergétique, semi-conducteurs) par des fonds spécialisés.

La réglementation encadre strictement les frais. Depuis le 3 janvier 2018, les mandataires ne peuvent plus recevoir et conserver les commissions sur encours (rétrocessions) versées par les OPCVM, une réforme majeure visant à aligner l'intérêt du gestionnaire sur celui du client. Auparavant, certains gestionnaires privilégiaient les fonds versant les meilleures rétrocessions, créant un conflit d'intérêt potentiel. Aujourd'hui, les frais doivent être transparents et justifiés par la qualité du service. La grille tarifaire détaille les frais de gestion du mandat (0,55 à 0,70 % selon les établissements et le profil), ceux du contrat support (0,60 à 0,85 % en assurance vie) et les frais des supports sous-jacents (frais courants moyens : 1,35 % pour les OPCVM actions, 0,70 % pour les obligations, 0,20 % pour les ETF). Le coût total annuel oscille entre 1,5 % et 3,5 % de l'encours géré.

Le reporting périodique (mensuel ou trimestriel selon les établissements) documente la performance du mandat, la composition du portefeuille, les transactions effectuées et le niveau de risque. Les bonnes pratiques recommandent une comparaison systématique avec l'indicateur de référence, permettant de mesurer l'apport réel du gestionnaire (alpha). Si le mandat a dégagé 6,2 % de performance sur un an contre 5,8 % pour l'indice, l'alpha s'établit à +0,4 %. Ce gain doit être comparé aux frais totaux pour juger si le mandat crée de la valeur. Le reporting doit aussi indiquer le niveau de risque (volatilité, Value at Risk, drawdown maximum) pour vérifier que le gestionnaire respecte le profil annoncé.

Le gestionnaire peut être contacté à tout moment pour expliciter ses décisions. Cette transparence renforce la confiance dans la relation mandant-mandataire. France Épargne recommande à ses clients de demander systématiquement le détail des arbitrages effectués et leur justification lors des rendez-vous annuels de suivi patrimonial. Ce dialogue permet de recalibrer le mandat si la situation du client évolue (changement d'horizon, modification des objectifs, augmentation ou diminution du patrimoine). France Épargne organise ces rendez-vous de suivi avec ses partenaires gestionnaires pour s'assurer que la stratégie reste alignée sur les intérêts du client.

1

Bilan patrimonial

Un conseiller analyse votre situation globale : patrimoine existant, revenus, charges, horizon de projet et appétence au risque. Cette étape identifie le montant à confier en gestion et le profil adapté.

2

Choix du mandat et du support

Selon votre situation, vous sélectionnez le support (assurance vie, capitalisation, compte titres, PEA) et le type de mandat (prudent, équilibré, dynamique). Le contrat précise les limites d'allocation d'actifs et la grille de tarification.

3

Signature et versement

Le mandat de gestion est signé entre vous et l'établissement. Vous effectuez un premier versement (dès 1 000 € selon les établissements) ou transférez un encours existant. La gestion débute dès réception des fonds.

4

Suivi et ajustements

Le gestionnaire arbitre votre portefeuille dans le cadre du mandat. Vous recevez des reportings réguliers. Un rendez-vous annuel permet d'ajuster le profil si votre situation patrimoniale évolue.

Chronologie des étapes de souscription d'un mandat de gestion
La mise en place d'un mandat suit un processus structuré de quatre étapes clés

Quelle forme de gestion choisir

Délégation discrétionnaire

  • Délégation complète à un professionnel avec pouvoir d'achat et de vente sans sollicitation
  • Réactivité immédiate aux mouvements de marché et opportunités d'arbitrage
  • Frais de gestion : 0,55 à 0,70 % par an pour le mandat, plus supports
  • Idéale si vous manquez de temps, d'expertise ou de disponibilité pour suivre les marchés
  • Seuil d'entrée : 1 000 à 100 000 € selon établissement et type de mandat
  • Transparence sur la performance et les décisions via reporting mensuel ou trimestriel
  • Accès possible aux classes d'actifs non cotés (private equity, dette privée)
  • Encadrement réglementaire AMF avec obligation de moyens et de conseil

Gestion libre

  • Contrôle total sur chaque décision d'investissement, arbitrage et sélection des supports
  • Flexibilité pour choisir vos supports (actions, ETF, obligations, produits dérivés)
  • Frais réduits : 0 à 0,60 % par an selon le contrat et les supports sélectionnés
  • Nécessite expertise en analyse financière et disponibilité pour suivre les marchés
  • Aucun seuil minimum imposé, accessible dès le premier euro investi
  • Responsabilité intégrale des performances et des erreurs de sélection
  • Risque de sous diversification ou de biais comportementaux sans accompagnement
  • Convient aux investisseurs autonomes avec compétence en finance de marché

Gestion conseillée

  • Recommandations d'un expert avec validation de chaque opération par le client
  • Compromis entre autonomie et conseil, le client garde le dernier mot
  • Frais intermédiaires : selon établissement, souvent autour de 1 à 1,5 % par an
  • Convient si vous souhaitez comprendre chaque décision tout en bénéficiant d'un avis
  • Seuil d'entrée variable, généralement plus bas que pour la délégation discrétionnaire
  • Décision finale reste entre vos mains avec pouvoir de veto sur chaque opération
  • Risque de paralysie si le client ne peut pas être joint pour une décision urgente
  • Apprentissage progressif à la gestion de patrimoine pour les investisseurs novices

Chiffres clés de la délégation professionnelle

IndicateurDonnéeSource
Encours total gestion d'actifs France5 033 Mds€AFG, 2025
Croissance annuelle+8,7 %AFG, 2025
Encours gestion sous mandat~1 469 Mds€Xerfi, 2023
Coût annuel moyen1,5 à 3,5 %Établissements financiers
Seuil d'entrée minimum1 000 à 100 000 €Banques en ligne et privées
Nombre sociétés de gestion~700AMF, 2023
Part OPCVM actions (frais moyens)1,35 %/anAMF, 2023

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Analyse du marché et perspectives de la délégation professionnelle

Le marché français de la gestion pour compte de tiers se situe au premier rang européen continental, avec 5 033 milliards d'euros d'encours fin 2025 (source : AFG). Ce total inclut la gestion discrétionnaire (mandats) et la gestion collective (OPCVM). La progression annuelle de 8,7 % reflète l'attraction des investisseurs français vers les solutions de gestion professionnelle, portée par l'accumulation d'épargne longue, le vieillissement démographique et la recherche de rendements dans un environnement redevenu porteur. La France devance le Royaume Uni et l'Allemagne sur ce segment, confirmant sa tradition d'épargnant et la profondeur de son marché financier.

Le segment spécifique de la délégation professionnelle représente environ 1 469 milliards d'euros selon Xerfi 2023. Ce mode de gestion séduit particulièrement les clients fortunés et la banque privée, qui apprécient la personnalisation de l'allocation d'actifs et la réactivité face aux mouvements de marché. La France compte environ 700 sociétés de gestion de portefeuille (SGP) autorisées par l'AMF à fin 2023, un chiffre stable depuis plusieurs années qui témoigne de la consolidation du secteur. Les dix plus importantes (Amundi, BNP Paribas Asset Management, Crédit Agricole Asset Management, Société Générale Gestion, La Banque Postale Asset Management, Natixis Investment Managers, CPR Asset Management, OFI AM, Mirova, LBPAM) concentrent plus de 60 % des encours, illustrant une concentration inévitable dans une activité où la taille procure des économies d'échelle.

L'intégration des critères ESG depuis 2023 transforme en profondeur les processus d'investissement. La réglementation SFDR oblige les gestionnaires à classifier leurs fonds selon trois catégories : Article 6 (non considéré comme durable), Article 8 (promeut des caractéristiques environnementales ou sociales) ou Article 9 (investissement durable objectif). La Taxonomie européenne impose une transparence accrue sur la part d'investissements alignés sur six objectifs environnementaux (atténuation du changement climatique, adaptation au changement climatique, eau et ressources marines, économie circulaire, prévention et réduction de la pollution, protection de la biodiversité). Cette contrainte réglementaire accroît les coûts de mise en conformité (reporting, collecte de données ESG, analyse de durabilité) mais répond à une demande croissante des investisseurs, en particulier les plus jeunes, selon plusieurs études de l'AFG.

Les pressions concurrentielles des robo-advisors (Yomoni, Nalo, Marie Quantier, Ramify, Birdee) et des ETFs, aux frais nettement inférieurs (parfois < 0,50 % par an pour une allocation 100 % ETF), poussent les établissements traditionnels à justifier leur valeur ajoutée. L'argument principal repose sur la capacité à dégager un alpha positif, c'est à dire une surperformance par rapport aux indices de référence, justifiant des frais plus élevés. Or, les études académiques (notamment celles de SPIVA France) montrent qu'une majorité de gestionnaires actifs ne battent pas leur indice sur longue période, une fois les frais déduits. Sur trois ans glissants fin 2024, environ 75 % des fonds actions français ont sous perfomé leur indice de référence, une réalité qui alimente la concurrence des solutions passives.

L'AMF observe un déclin de la part des actifs en mandat dans le total de la gestion d'actifs française, passant de 23 % en 2015 à environ 19 % en 2023. Ce recul relatif s'explique par la concurrence des solutions passives (ETFs, fonds indiciels) et l'émergence de la gestion pilotée en assurance vie, forme intermédiaire entre gestion libre et mandat, avec des seuils d'entrée plus bas et une expérience utilisateur digitalisée. Les perspectives de rentabilité des mandats dépendront de leur capacité à démontrer un alpha suffisant pour justifier leurs frais plus élevés.

Les gestionnaires investissent dans l'expertise spécialisée (private equity, dette privée, infrastructures, actifs réels), ces classes d'actifs moins accessibles aux particuliers pouvant justifier une rémunération plus élevée. L'univers des marchés privés (non cotés) offre des rendements potentiels supérieurs mais requiert une expertise pointueuse et des capacités de sélection que les ETFs peuvent pas répliquer. D'autres misent sur l'ingénierie patrimoniale globale, intégrant la dimension fiscale (crédit d'impôt, niches fiscales), successorale (démembrement, assurance vie) et de prévoyance (dépendance, obsèques). France Épargne observe que ses clients valorisent de plus en plus cette approche holistique, le mandat n'étant qu'une composante d'une stratégie patrimoniale complète où la performance financière s'articule avec la protection sociale, la transmission du patrimoine et l'optimisation fiscale.

Évolution des encours de gestion d'actifs en France

Encours (milliards €)
+3 600+3 800+4 100+4 400+4 600+4 750+4 920+5 03320182019202020212022202320242025
Source : AFG Panorama de la gestion d'actifs, 2025
Graphique en barres montrant l'évolution croissante des encours de gestion d'actifs en France
Le marché français de la gestion d'actifs a franchi le cap des 5 000 milliards d'euros en 2025

Risques, réglementation et fiscalité de la délégation de portefeuille

La délégation de portefeuille comporte des risques inhérents aux marchés financiers qu'il convient d'appréhender avant de signer. La valeur de votre portefeuille peut fluctuer à la baisse comme à la hausse, et aucune performance passée ne préfigure des performances futures. Le risque de perte en capital est réel, particulièrement pour les profils dynamiques fortement exposés aux actions. Un mandat profilé 80 % actions peut subir des corrections de 20 à 30 % en cas de krach boursier, comme observé en 2008 ( 42 % sur le CAC 40), 2015 ( 10 %) ou 2022 ( 8 %). Les mandataires doivent se conformer aux obligations d'information de l'AMF, qui imposent une documentation claire sur les risques, les frais et la liquidité des supports. L'investisseur doit lire attentivement la notice d'information et le document d'information clé (DIC) avant de s'engager, documents qui détaillent le profil de risque, les scénarios de performance défavorables et les conditions de sortie. La délégation à un professionnel implique d'accepter cette volatilité.

Le cadre réglementaire français garantit une protection significative des investisseurs. L'AMF agrée et supervise les sociétés de gestion de portefeuille (SGP), qui doivent respecter des règles déontologiques strictes édictées dans le Code monétaire et financier (articles L.532-9 et suivants) et le règlement général de l'AMF. Le Code énumère les mentions obligatoires dans les contrats : objectifs de gestion, indicateur de référence, modalités d'alimentation et de retrait, grille tarifaire détaillée, fréquence du reporting. Les gestionnaires doivent agir dans l'intérêt exclusif du client (fiduciary duty) et éviter les conflits d'intérêts. Les manquements sont sanctionnés par l'AMF, qui peut prononcer des avertissements, des blâmes ou des sanctions pécuniaires (jusqu'à 100 millions d'euros ou 10 % du chiffre d'affaires pour les établissements). En cas de préjudice, l'investisseur peut saisir le médiateur de l'AMF ou engager une action en justice.

Une régulation majeure concerne les frais. Depuis le 3 janvier 2018, les mandataires ne peuvent plus recevoir et conserver les commissions sur encours versées par les OPCVM (rétrocessions), une réforme visant à éliminer les incitations contradictoires. Les établissements doivent afficher le coût total de la gestion (frais du mandat + frais du contrat support + frais des supports), exprimé en pourcentage de l'encours et en euros pour un montant exemple. Cette transparence permet de comparer les offres et de mesurer l'impact réel des frais sur la performance à long terme. Des frais totaux de 2,5 % par année rognent significativement le rendement : sur 20 ans, 100 000 € investis à 5 % brut ne produisent que 95 000 € nets après frais, contre 165 000 € sans frais (effet cumulatif). Ce différentiel de 70 000 € illustre l'importance de minimiser les frais pour maximiser la performance à long terme.

Sur le plan fiscal, le mandat ne modifie pas le régime applicable au support utilisé. En assurance vie, les plus values réalisées dans le cadre du contrat bénéficient de la fiscalité avantageuse de l'enveloppe : exonération des prélèvements sociaux (17,2 %) et de l'impôt sur le revenu jusqu'au rachat partiel ou total, avec un abattement de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) après 8 ans de détention. Cette enveloppe fiscale constitue l'un des atouts majeurs de l'assurance vie comme support, expliquant sa part de marché dominante (plus de 80 % des mandats). Sur compte titres, les plus values sont imposées au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (incluant 17,2 % de prélèvements sociaux) ou, sur option, au barème progressif de l'impôt sur le revenu (intéressant pour les taux marginaux faibles ou si des pertes reportables existent). Le mandat lui-même n'entraîne pas de fiscalité spécifique, les frais de gestion étant déduits du portefeuille et non déductibles fiscalement.

Les litiges éventuels relèvent de l'Autorité des marchés financiers (pour manquements aux obligations professionnelles) ou du médiateur bancaire (pour désaccords avec l'établissement). En cas de faute du gestionnaire (non respect des limites de risque, stratégie non conforme au contrat), des recours existent pour obtenir réparation. La jurisprudence reconnaît la responsabilité du gestionnaire en cas de faute prouvée (non respect de l'obligation de moyens, manque de diligence). La sélection d'un établissement sérieux et régulé reste la meilleure prévention. France Épargne recommande de vérifier l'agrément AMF sur le site officiel (liste des sociétés de gestion de portefeuille autorisées), de consulter les historiques de performance sur plusieurs années, et de demander le détail des frais avant tout engagement. Un établissement qui refuse de communiquer ces informations doit susciter la méfiance.

Questions fréquentes sur la délégation de portefeuille

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La gestion sous mandat ne consiste pas à battre le marché à tout prix, mais à construire une allocation d'actifs cohérente avec votre projet de vie, en acceptant que la performance vienne du temps et de la discipline plutôt que du hasard.

Marc DubreuilConseiller en Gestion de Patrimoine

Profils d'investisseurs concernés par la délégation de portefeuille

La délégation de portefeuille attire principalement des investisseurs disposant d'un patrimoine financier conséquent, souvent supérieur à 50 000 €, et cherchant à optimiser la gestion de leurs actifs sans y consacrer du temps personnel. Ce service correspond aux particuliers fortunés, aux professions libérales (médecins, avocats, architectes, experts-comptables), aux dirigeants d'entreprise ou à toute personne dont l'activité principale ne lui permet pas de suivre les marchés financiers de manière assidue. La disponibilité limitée et le manque d'expertise en analyse boursière constituent les motifs les plus fréquents de délégation. Un médecin occupé à 60 heures par semaine, un chef d'entreprise focalisé sur sa croissance, ou un expatrié en décalage horaire trouveront dans le mandat une solution adaptée à leurs contraintes.

Les clients de banque privée représentent une part significative de cette demande. Ces investisseurs, souvent âgés de 50 ans et plus, possèdent des patrimoines constitués au fil de leur carrière et recherchent une préservation du capital avec un rendement soutenu. Ils apprécient la personnalisation du mandat, qui s'adapte à leur situation familiale (transmission aux enfants, donation en cours de vie) et à leurs projets (acquisition résidence secondaire, retraite anticipée, voyage longue durée). Le seuil d'entrée élevé (100 000 €, 250 000 € voire plus pour certains mandats spécialisés) naturellement filtre ce segment. La banque privée ajoute souvent des services connexes : conseil en ingénierie patrimoniale, accès à des produits exclusifs (fonds réservés, private equity, dette privée), accompagnement successoral, optimisation fiscale. Ces services ajoutés justifient des frais plus élevés mais créent une relation de long terme avec l'établissement.

Les investisseurs plus jeunes, fortunés par héritage ou réussite entrepreneuriale (cession d'entreprise, plus values sur investissements), s'intéressent aussi à la délégation professionnelle pour optimiser un capital qu'ils ne maîtrisent pas nécessairement. Ils sont souvent plus sensibles aux critères ESG (exclusion des armes, du tabac, des énergies fossiles, inclusion des entreprises à fort impact social) et à la transparence des frais. Ils demandent un reporting digital, un accès mobile et des performances comparées clairement à des référentiels. Les banques en ligne ont développé des offres à seuil d'entrée réduit (1 000 à 5 000 €) pour capter cette clientèle, bien que le coût relatif d'un mandat sur un petit encours puisse peser sur la performance. Pour 10 000 € d'encours, 2,5 % de frais annuels représentent 250 €, ce qui peut sembler élevé au regard du service rendu, mais reste acceptable pour un investisseur qui valorise son temps à plus de 250 € par heure.

Les retraités actifs constituent un autre segment pertinent. Disposant souvent d'un patrimoine substantiel (épargne retraite, héritage, plus values immobilières) et de temps libre, ils choisissent néanmoins la délégation pour se concentrer sur d'autres activités (voyages, loisirs, famille) sans s'inquiéter de la gestion quotidienne de leurs économies. Le mandat leur apporte une sérénité appréciable : ils savent leur épargne gérée par des professionnels, ce qui leur permet de profiter de leur retraite en toute tranquillité. Certains choisissent un mandat profilé prudent ou équilibré pour sécuriser leur patrimoine, tandis que d'autres optent pour un profil plus dynamique pour tenter de doper leur rendement, notamment pour financer des projets (voyage, donation aux petits-enfants, achat résidence secondaire).

Certains profils ne sont généralement pas adaptés à la délégation de portefeuille. Les patrimoines modestes (moins de 20 000 €) subiront un impact de frais trop élevé au regard de l'encours, rendant l'option peu pertinente. Pour 15 000 € investis, 2,5 % de frais annuels représentent 375 €, ce qui représente une proportion significative du patrimoine. Les investisseurs autonomes, qui disposent de temps et de compétences en analyse financière, préfèrent la gestion libre pour maîtriser chaque décision et minimiser les frais. Ils privilégient souvent les ETFs, dont les frais peuvent descendre sous 0,20 % par an, offrant une diversification instantanée à un coût minimal. Les profils très offensifs cherchant des performances extrêmes (trading actif intra day, crypto actifs, options et futures, leverage ETF) trouveront les mandats traditionnels trop conservateurs, leurs contraintes de risque les empêchant de suivre ces stratégies.

La décision de recourir à un mandat dépend aussi de la complexité du patrimoine global. Un détenteur de plusieurs assurances vies, comptes titres, biens immobiliers et participations dans des entreprises peut confier la partie financière à un mandataire pour se concentrer sur d'autres actifs. La délégation s'inscrit alors dans une stratégie patrimoniale plus large, incluant optimisation fiscale (effet de levier du crédit arbitrage, montage démembrement), prévoyance (prévoir la dépendance, protéger le conjoint survivant, souscrire une garantie dépendance) et transmission (réduire les droits de succession via l'assurance vie ou le démembrement de propriété, anticiper la donation). France Épargne accompagne ses clients dans cette réflexion holistique, le mandat n'étant qu'un outil parmi d'autres dans la construction d'une stratégie patrimoniale globale adaptée à chaque situation. France Épargne recommande régulièrement à ses clients de réévaluer leurs besoins de gestion à chaque étape majeure de leur vie (mariage, naissance, achat immobilier, départ à la retraite, succession) pour s'assurer que le mode de gestion (libre, conseillée ou mandat) reste adapté à leur nouvelle situation.

Illustration des différents profils d'investisseurs concernés par la délégation de portefeuille
La délégation professionnelle s'adresse principalement aux investisseurs disposant d'un patrimoine significatif et manquant de temps

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Courtier immatriculé ORIAS · conseil indépendant