Le taux affiché d’un livret bancaire et le taux net d’un livret A ne se comparent pas
Sous le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, un livret bancaire doit servir 2,48 % brut en moyenne annuelle pour égaler un livret A à 1,70 % net. Le taux moyen des livrets ordinaires s’établit à 0,75 % brut en mars 2026 selon la Banque de France.
Deux dilutions séparent le taux de vitrine du taux encaissé
Un livret bancaire se vend sur son taux de lancement. Les offres promotionnelles relevées en août 2026 affichent 4 % à 5 % brut sur trois à quatre mois. Au terme de la période bonifiée, la rémunération bascule sur un taux de base contractuel voisin de 1,90 % brut, le taux de base moyen des super livrets ressortant à 1,62 % brut hors promotion.
Le taux brut servi sur douze mois est donc une moyenne pondérée par la durée de chaque période. Une offre à 5 % brut pendant trois mois suivie de 1,90 % sur les neuf mois restants délivre 2,675 % brut sur l’année. La seconde dilution est fiscale : ce taux moyen supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, si bien que le rendement net atteint 1,835 %. Le taux annoncé en communication était de 5 %.
Le seuil qui rend le livret A comparable
Le livret A est net de tout par exonération légale. Les 1,70 % servis depuis le 1er août 2026 sont exactement les 1,70 % encaissés, sans impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux. Un livret bancaire doit donc afficher un taux brut moyen de 1,70 divisé par 0,686, soit 2,48 %, pour délivrer le même rendement. Pour rejoindre le LEP maintenu à 2,50 % net, il lui faut 3,64 % brut.
Le taux moyen des livrets ordinaires relevé par la Banque de France s’établit à 0,75 % brut sur les encours en mars 2026, soit 0,51 % net. Le marché se situe très en dessous du seuil, ce qui explique que 219 milliards d’euros restent placés sur 20 millions de livrets ordinaires à un rendement inférieur à celui d’une enveloppe exonérée accessible à tous (Observatoire de l’épargne réglementée, fin 2024).
Ce que la fiscalité du foyer déplace
Le seuil dépend du régime effectivement appliqué aux intérêts. L’option pour le barème progressif, exercée à la déclaration, remplace les 12,8 % forfaitaires par le taux marginal du foyer. Pour un foyer non imposable, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus et le seuil descend à 2,09 % brut. Cette option est globale : elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer pour l’année considérée.
La dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % constitue un mécanisme distinct. Elle est ouverte lorsque le revenu fiscal de référence de l’année N-2 reste inférieur à 25 000 euros pour une personne seule ou 50 000 euros pour un couple, sur attestation remise à la banque avant le 30 novembre de l’année précédant le versement (source : impots.gouv.fr). Elle évite une avance de trésorerie sans jamais réduire la charge finale, les prélèvements sociaux restant dus dans tous les cas.
La règle des quinzaines et le plafond de garantie
Les intérêts ne courent pas au jour le jour dans la majorité des établissements. L’année se découpe en 24 quinzaines et seules les périodes complètes sont rémunérées. Un versement effectué entre le 1er et le 15 porte intérêt à compter du 16, un dépôt réalisé entre le 16 et la fin du mois attend le 1er du mois suivant. Un retrait opéré entre le 1er et le 15 arrête la rémunération à la fin du mois précédent.
La garantie du Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre 100 000 euros par déposant et par établissement, en application des articles L312-4 et L312-4-1 du code monétaire et financier. Le plafond s’apprécie après regroupement de tous les soldes détenus dans la même banque, compte courant compris. Le livret A, le LDDS et le LEP relèvent d’une garantie distincte de l’État et ne s’imputent pas sur ce plafond.