Épargne bancaire · livret non réglementé

Compte sur Livret

Le seuil de 2,48 % brut qui égalise le livret A

Le compte sur livret est le seul livret d'épargne français dont les intérêts supportent l'impôt. Son taux affiché est brut, amputé de 31,4 % de prélèvements, quand celui du livret A est net de toute fiscalité. Un livret bancaire doit afficher 2,48 % brut pour délivrer exactement ce que rapporte un livret A servi 1,70 % net depuis le 1er août 2026. Le taux moyen constaté par la Banque de France s'établit à 0,75 %.

A

Un seuil d'équivalence à 2,48 % brut

Le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le relèvement de la CSG par la loi de financement de la sécurité sociale. L'épargnant conserve 68,6 % de ses intérêts. Pour égaler le livret A à 1,70 % net, un livret bancaire doit donc afficher 2,48 % brut, et 3,64 % brut pour rejoindre le LEP servi 2,50 % net.

B

Un rendement moyen de 0,51 % après fiscalité

La Banque de France relève 0,75 % brut sur les encours des livrets ordinaires en mars 2026, soit 0,51 % net. Le livret A et le LDDS servaient 1,60 % à la même date. Le taux des livrets ordinaires a reculé de façon continue depuis les 0,94 % d'octobre 2023, alors que les taux directeurs européens remontaient sur la même période.

C

219 milliards d'euros placés sous le taux du livret A

L'Observatoire de l'épargne réglementée recense 20 millions de livrets ordinaires pour 219 milliards d'euros d'encours à fin 2024. La concentration est marquée : 83 % de cette somme se loge sur 12 % des livrets, ceux dont le solde dépasse 20 000 euros, et les plus de 65 ans en détiennent 43 %.

D

Un taux boosté qui se dilue sur douze mois

Les super livrets affichent 4 % à 5 % brut sur trois à quatre mois en août 2026, puis basculent vers un taux de base voisin de 1,90 % brut. Une offre à 5 % pendant trois mois suivie de 1,90 % produit 2,675 % brut sur l'année, soit 1,835 % net. Le rendement réel dépend de la durée bonifiée et du plafond du montant concerné.

Fonctionnement

Notre méthode

01

Bilan des enveloppes exonérées

Recensement des livrets réglementés du foyer et mesure de la place disponible sur le livret A, plafonné à 22 950 euros, et le LDDS, plafonné à 12 000 euros. Une enveloppe exonérée non saturée rapporte davantage qu'un livret bancaire dont le taux brut reste sous 2,48 %.

02

Étude de l'éligibilité au LEP

Vérification du revenu fiscal de référence face au plafond correspondant au nombre de parts. Le livret d'épargne populaire sert 2,50 % net depuis le 1er août 2026 sur 10 000 euros, soit l'équivalent de 3,64 % brut sur un livret bancaire soumis au prélèvement forfaitaire unique.

03

Mise en concurrence sur le rendement net

Comparaison des offres sur le taux annuel net après fiscalité, en intégrant la durée de la période bonifiée, le taux de base qui lui succède et le plafond du montant bonifié.

04

Arbitrage fiscal et répartition du capital

Choix entre le prélèvement forfaitaire unique et l'option pour le barème progressif, demande de dispense d'acompte sous 25 000 euros de revenu fiscal de référence, puis répartition du capital entre établissements pour rester sous le plafond de garantie de 100 000 euros.

Comparatif

Le livret bancaire face aux enveloppes exonérées

CritèreCompte sur livretLivret A et LDDSLEPCompte à terme
Taux constaté0,75 % brut1,70 % net2,50 % net2,30 % brut
Rendement après fiscalité0,51 %1,70 %2,50 %1,58 %
Plafond de versementAucun plafond légal34 950 € cumulés10 000 €Selon l'établissement
Fiscalité des intérêts31,4 %ExonérésExonérés31,4 %
Disponibilité du capitalImmédiateImmédiateImmédiateBloquée jusqu'au terme
Condition d'accèsAucuneAucuneRevenu fiscal sous plafondDépôt minimum
Pour qui

Pour qui ce livret garde un intérêt

L'épargnant aux enveloppes saturées, qui a rempli 34 950 euros sur son livret A et son LDDS et cherche un réceptacle pour la trésorerie excédentaire, sans plafond de versement et sans immobilisation.
Le foyer non imposable ou taxé à 11 %, dont l'option pour le barème progressif ramène la charge aux seuls 18,6 % de prélèvements sociaux et abaisse le seuil d'équivalence de 2,48 % à 2,09 % brut.
Le retraité détenteur d'une épargne de précaution ancienne, profil qui concentre 43 % de l'encours des livrets ordinaires et dont le capital dort souvent dans la banque historique du foyer sans réexamen.
L'entrepreneur aux revenus irréguliers, qui provisionne sa trésorerie fiscale ou lisse des honoraires saisonniers et a besoin d'un support mobilisable à tout moment, réparti entre établissements sous le plafond de garantie.
Le titulaire d'une offre promotionnelle arrivée à échéance, dont le taux vient de basculer vers 1,90 % brut, soit 1,30 % net, et qui repasse ainsi sous le livret A sans en être averti.
★★★★★

« Mon conseiller a comparé le taux de mon livret bancaire, 1,20 % brut, au livret A que je croyais moins rémunérateur. Après impôt, mon livret servait 0,82 % quand le livret A me donnait 1,70 % net. Il restait 14 000 euros de place sur mes enveloppes exonérées que je n'avais jamais utilisées. »

Michel T. · Retraité, 68 ans
Questions

Vos questions

Le seuil s'établit à 2,48 % brut sous le régime du prélèvement forfaitaire unique. Il correspond au taux net du livret A, soit 1,70 %, divisé par la fraction conservée après imposition, soit 0,686. Pour un foyer non imposable ayant opté pour le barème progressif, ce seuil descend à 2,09 % brut.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 % au 1er janvier 2026. La CRDS reste à 0,5 % et le prélèvement de solidarité à 7,5 %. Les prélèvements sociaux passent donc de 17,2 % à 18,6 %, et le prélèvement forfaitaire unique de 30 % à 31,4 %.

Le taux bonifié court sur trois à quatre mois, souvent dans la limite d'un montant plafonné, avant de basculer vers un taux de base voisin de 1,90 % brut. Une offre à 5 % sur trois mois puis 1,90 % délivre 2,675 % brut sur douze mois, soit 1,835 % net, légèrement au-dessus du livret A.

La règle d'unicité qui interdit deux livrets A ne s'applique pas ici. La multidétention permet de répartir un capital entre établissements pour maintenir chaque dépôt sous le plafond de garantie de 100 000 euros par déposant et par banque, fixé par les articles L312-4 et L312-4-1 du code monétaire et financier.

La dispense d'acompte s'obtient lorsque le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année reste sous 25 000 euros pour une personne seule ou 50 000 euros pour un couple. La demande prend la forme d'une attestation sur l'honneur remise à la banque avant le 30 novembre. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.

La règle des quinzaines rémunère uniquement les périodes complètes de quinze jours. Un versement effectué le 14 ou le 15 porte intérêt dès le 16, alors qu'un dépôt du 16 attend le 1er du mois suivant. Certains établissements calculent au jour le jour, ce qui neutralise cette contrainte.

Pour aller plus loin

Qu'est-ce qu'un compte sur livret ?

Le compte sur livret (CSL), également appelé livret bancaire ou livret ordinaire, est un compte d'épargne rémunéré dont la banque fixe librement le taux, le plafond et les conditions de fonctionnement. Il se distingue du livret A, du LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire), du LEP (Livret d'Épargne Populaire) et du livret jeune par un point unique : ses intérêts sont imposés. Le taux affiché par l'établissement est un taux brut, amputé de 31,4 % de prélèvements en 2026, quand la rémunération d'une enveloppe réglementée est nette de tout.

Cette différence de nature explique l'essentiel des arbitrages. Le rendement moyen des livrets ordinaires s'établit à 0,75 % brut sur les encours en mars 2026 selon la Banque de France, soit 0,51 % après fiscalité. Sur la même période, le livret A et le LDDS servent 1,60 %, portés à 1,70 % net au 1er août 2026 par arrêté ministériel, après application de la formule associant la moyenne semestrielle de l'€STR à 1,95 % et l'inflation hors tabac à 1,52 %.

L'absence d'encadrement réglementaire produit trois conséquences pratiques. Aucun article du code monétaire et financier ne régit ce placement, là où le livret A relève des articles L. 221-1 et suivants et le LEP de l'article L. 221-13. Le produit relève du droit commun des contrats bancaires, ce qui laisse à chaque banque la main sur ses paramètres.

Le plafond de versement est contractuel et non légal. Certains établissements le fixent à quelques dizaines de milliers d'euros, d'autres le portent à 10 millions d'euros. Cette capacité illimitée constitue le premier argument du produit face au livret A, plafonné à 22 950 euros, et au LDDS, plafonné à 12 000 euros.

La multidétention est autorisée. Un même épargnant ouvre autant de livrets bancaires qu'il le souhaite, dans autant de banques que nécessaire, alors que la règle d'unicité interdit de détenir deux livrets A ou deux LEP. Cette liberté prend son sens face au plafond de garantie des dépôts de 100 000 euros par établissement.

Les fonds restent disponibles à tout moment, sans frais, sans pénalité et sans durée minimale de détention. Le produit se différencie sur ce point du compte à terme, qui immobilise le capital contre un taux garanti sur une durée fixée à la souscription, et du plan d'épargne logement, dont le retrait partiel entraîne la clôture.

La rémunération par quinzaine constitue la dernière particularité de fonctionnement. Les intérêts ne courent pas au jour le jour dans la majorité des établissements : l'année se divise en 24 périodes et seules les quinzaines entières produisent un rendement. Les intérêts acquis sont capitalisés au 31 décembre et rejoignent le capital, devenant à leur tour producteurs d'intérêts l'année suivante.

La structure de détention révèle un produit à deux visages. L'Observatoire de l'épargne réglementée de la Banque de France recense 20 millions de livrets ordinaires pour 219 milliards d'euros d'encours à fin 2024, soit un encours moyen de 10 423 euros. Cette moyenne masque une concentration marquée : 83 % de l'encours se loge sur 12 % des livrets, ceux dont le solde dépasse 20 000 euros, tandis que 48 % des comptes affichent un solde de 150 euros ou moins. Les plus de 65 ans détiennent 43 % de l'encours alors qu'ils représentent 28 % de la population adulte.

La moitié des livrets bancaires français sont donc des reliquats dormants, souvent ouverts pendant l'enfance et jamais soldés. Plus de 20 % des titulaires étaient mineurs ou étudiants au moment de l'ouverture. L'autre extrémité de la distribution rassemble des épargnants dont les enveloppes défiscalisées sont saturées et qui cherchent une solution de trésorerie au-delà de 34 950 euros.

Ce positionnement situe le produit dans la hiérarchie de l'épargne liquide française. L'ensemble formé par le livret A, le LDDS, le LEP et les livrets ordinaires dépassait 955 milliards d'euros à fin 2024, pour une collecte nette annuelle de 20,1 milliards. Le patrimoine financier des ménages atteignait pour sa part 6 537,4 milliards d'euros au troisième trimestre 2025, dont 60 % logés dans des produits de taux. Le livret bancaire non réglementé occupe donc environ 23 % de l'épargne sur livret, une part significative pour un support dont le rendement net reste sous celui de toutes les enveloppes exonérées.

Schéma comparant le compte sur livret aux livrets réglementés français
Le compte sur livret est le seul livret d'épargne dont les intérêts supportent l'impôt (source : Banque de France, mars 2026)

Capacité de versement sans limite légale

Aucun plafond réglementaire ne borne ce placement. Les établissements fixent contractuellement leur limite, de quelques dizaines de milliers d'euros jusqu'à 10 millions d'euros chez certains acteurs. Le livret A s'arrête à 22 950 euros et le LDDS à 12 000 euros.

Disponibilité permanente du capital

Les retraits s'effectuent à tout moment, sans frais, sans préavis et sans pénalité. Aucune durée minimale de détention ne s'applique, contrairement au compte à terme qui immobilise les fonds sur douze à quarante-huit mois en échange de son taux garanti.

Multidétention dans plusieurs banques

La règle d'unicité qui interdit de détenir deux livrets A ne s'applique pas au livret bancaire. Répartir un capital sur plusieurs établissements permet de maintenir chaque dépôt sous le plafond de garantie de 100 000 euros.

Garantie des dépôts jusqu'à 100 000 euros

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre 100 000 euros par déposant et par établissement, tous comptes confondus. Le capital ne subit aucune fluctuation de marché et le taux ne devient jamais négatif.

Offres promotionnelles à taux boosté

Les super livrets affichent 4 % à 5 % brut sur trois à quatre mois en août 2026, certaines offres atteignant 6 % brut sur des durées plus courtes (source : Meilleurtaux Placement, 4 août 2026). Le taux de base moyen hors promotion ressort à 1,62 % brut.

Ouverture immédiate et sans condition

Aucune condition de ressources, d'âge ou de domiciliation ne restreint l'accès, là où le LEP exige un revenu fiscal de référence sous plafond et le livret jeune une limite d'âge de 12 à 25 ans. Le dépôt minimum d'ouverture s'établit souvent à 10 euros.

Levier fiscal pour les foyers modestes

Un foyer non imposable ne supporte que les prélèvements sociaux de 18,6 %, ce qui ramène le seuil d'équivalence avec le livret A de 2,48 % à 2,09 % brut. La dispense d'acompte évite en outre l'avance de trésorerie des 12,8 % d'impôt.

Complément naturel des enveloppes saturées

Au-delà de 34 950 euros cumulés sur le livret A et le LDDS, et de 10 000 euros sur le LEP, le livret bancaire reste l'une des rares solutions à capital garanti et à liquidité immédiate pour la trésorerie excédentaire.

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Comment fonctionne la rémunération d'un livret bancaire

La rémunération d'un compte sur livret repose sur trois mécanismes que les taux affichés en vitrine ne révèlent pas : la fiscalité applicable aux intérêts, la règle des quinzaines et la structure des offres promotionnelles.

La fiscalité constitue le premier filtre. Les intérêts supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % en 2026, décomposé en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce dernier taux a augmenté au 1er janvier 2026 : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %, soit 1,4 point supplémentaire, la CRDS restant à 0,5 % et le prélèvement de solidarité à 7,5 %. Le PFU global est ainsi passé de 30 % à 31,4 %. De nombreuses publications en ligne citent encore les anciennes valeurs de 30 % et 17,2 %, périmées depuis janvier 2026.

La conversion d'un taux brut en taux net s'opère par un coefficient unique de 0,686. Un livret affiché à 3 % brut délivre 2,06 % net. Une offre à 4 % brut revient à 2,74 % net. Le calcul inverse détermine le seuil d'équivalence : pour égaler le livret A servi 1,70 % net, un compte sur livret doit afficher 1,70 divisé par 0,686, soit 2,48 % brut. Pour égaler le LEP à 2,50 % net, il lui faut 3,64 % brut.

La règle des quinzaines gouverne le calcul des intérêts. L'année se découpe en 24 périodes de quinze jours et seules les quinzaines entières sont rémunérées. Un versement effectué entre le 1er et le 15 du mois porte intérêt à compter du 16. Un versement réalisé entre le 16 et la fin du mois ne produit d'intérêts qu'à partir du 1er du mois suivant. Symétriquement, un retrait opéré entre le 1er et le 15 arrête la rémunération à la fin du mois précédent. La formule s'écrit : intérêts égalent capital multiplié par le taux annuel, multiplié par le nombre de quinzaines, divisé par 24.

Cette mécanique a une traduction opérationnelle. Verser le 14 ou le 15, plutôt que le 16, fait gagner une quinzaine entière de rémunération. Retirer le 1er plutôt que le 16 en fait perdre une. Certains établissements calculent les intérêts au jour le jour, ce qui neutralise la contrainte. Les intérêts sont capitalisés au 31 décembre et deviennent à leur tour producteurs d'intérêts.

Les offres promotionnelles obéissent à une structure en deux temps. Un taux boosté s'applique pendant une période courte, généralement trois à quatre mois, souvent plafonné en montant. Le taux bascule ensuite sur un taux de base contractuel de l'ordre de 1,90 % brut. Le rendement réellement perçu sur douze mois correspond à une moyenne pondérée par la durée de chaque période, calculée sur le taux bonifié puis sur le taux de base qui lui succède.

Un exemple chiffre l'écart. Une offre à 5 % brut sur trois mois, suivie de 1,90 % brut sur les neuf mois restants, produit un taux brut moyen de 2,675 % sur l'année, soit 1,835 % net après le PFU. Le taux mis en avant dans la publicité était de 5 %. Le rendement réel se situe légèrement au-dessus du livret A, sans l'égaler franchement.

La transparence méthodologique impose une précision sur les indicateurs de marché. Deux statistiques coexistent et ne mesurent pas la même chose. La Banque de France publie une rémunération moyenne pondérée par les encours, à 0,75 % en mars 2026. MoneyVox calcule de son côté une moyenne des taux bruts de base affichés par les banques de détail traditionnelles, à 0,33 % en août 2026. Le premier indicateur intègre les super livrets des banques en ligne, le second non. L'écart entre ces deux mesures, de 42 centièmes de point, correspond précisément à la prime que les acteurs en ligne servent au-dessus des réseaux traditionnels.

Le taux est révisable unilatéralement par l'établissement. Aucune formule officielle ne le détermine, contrairement au livret A dont la révision intervient le 1er février et le 1er août selon un calcul associant l'€STR et l'inflation hors tabac. La banque ajuste sa rémunération quand elle le décide, en informant le titulaire selon les modalités de la convention de compte. Cette liberté explique pourquoi le rendement des livrets ordinaires n'a pas suivi la remontée des taux directeurs de la Banque centrale européenne entre 2022 et 2024.

La garantie des dépôts obéit à une logique par établissement. Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre 100 000 euros par déposant et par banque, tous comptes confondus. Le compte courant, le livret bancaire, le compte à terme et l'épargne logement détenus dans le même réseau s'additionnent pour apprécier ce plafond. Les livrets réglementés relèvent d'une garantie distincte de l'État et n'entrent pas dans ce calcul, ce qui donne à la répartition entre réseaux une valeur opérationnelle directe au-delà de 100 000 euros.

1

Bilan des enveloppes déjà ouvertes

Recensement des livrets réglementés détenus par le foyer et mesure de la place disponible sur le livret A, le LDDS et le LEP. Tant qu'une enveloppe défiscalisée reste non saturée, elle prime sur tout livret bancaire dont le taux brut est inférieur à 2,48 %.

2

Étude de l'éligibilité au LEP

Vérification du revenu fiscal de référence face au plafond applicable au nombre de parts. Le livret d'épargne populaire sert 2,50 % net depuis le 1er août 2026, un rendement qu'aucun livret bancaire n'atteint sans dépasser 3,64 % brut.

3

Mise en concurrence des taux et des durées de boost

Comparaison des offres sur le rendement annuel net réellement perçu, en intégrant la durée du taux promotionnel, le taux de base qui lui succède et le plafond du montant bonifié, plutôt que sur le taux de vitrine.

4

Arbitrage du régime fiscal

Choix entre le prélèvement forfaitaire unique et l'option pour le barème progressif, globale sur l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer. Demande de dispense d'acompte lorsque le revenu fiscal de référence reste sous 25 000 euros pour une personne seule.

5

Ouverture et répartition du capital

Mise en place du compte, puis répartition du capital entre établissements pour maintenir chaque dépôt sous le plafond de garantie de 100 000 euros, et calage des versements sur les fins de quinzaine.

6

Suivi des taux et réallocation

Surveillance de l'échéance du taux promotionnel et des révisions du livret A, fixées au 1er février et au 1er août de chaque année, puis réaffectation du capital vers l'enveloppe la mieux rémunérée à chaque révision.

Parcours d'ouverture d'un compte sur livret avec un conseiller en gestion de patrimoine
L'ordre de remplissage des enveloppes détermine le rendement final davantage que le choix de la banque

Quelle enveloppe pour votre épargne disponible ?

Compte sur livret

  • Taux moyen de 0,75 % brut, soit 0,51 % net (Banque de France, mars 2026)
  • Intérêts imposés au PFU de 31,4 %
  • Aucun plafond légal, jusqu'à 10 millions d'euros selon les établissements
  • Multidétention autorisée dans plusieurs banques
  • Capital disponible à tout moment sans pénalité

Livret A et LDDS

  • 1,70 % net depuis le 1er août 2026, exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux
  • Plafonds de 22 950 euros et 12 000 euros, soit 34 950 euros cumulés
  • Un seul livret de chaque type par personne
  • Taux révisé le 1er février et le 1er août selon une formule réglementaire
  • Capital disponible à tout moment

LEP

  • 2,50 % net maintenu au 1er août 2026, exonéré de toute fiscalité
  • Plafond de 10 000 euros hors capitalisation des intérêts
  • Accès soumis à un revenu fiscal de référence sous plafond
  • Meilleur rendement garanti et disponible du marché français
  • Éligibilité vérifiée chaque année par l'administration

Compte à terme

  • 2,30 % brut en moyenne jusqu'à deux ans (Banque de France, mars 2026)
  • Intérêts imposés au PFU de 31,4 %, soit 1,58 % net au taux moyen
  • Capital immobilisé sur la durée d'engagement retenue
  • Taux garanti et connu à la souscription
  • Sortie anticipée pénalisée par une réduction du taux servi

Fonds euros d'assurance vie

  • 2,63 % de rendement moyen en 2025 avant prélèvements sociaux (ACPR)
  • Prélèvements sociaux de 18,6 % sur les intérêts, impôt allégé après huit ans
  • Abattement annuel de 4 600 euros pour un célibataire après huit ans
  • Délai de rachat de quelques jours à plusieurs semaines
  • Frais de gestion annuels prélevés sur l'encours

Chiffres Clés du Compte sur Livret

CritèreDonnéeSource
Encours total des livrets ordinaires219 milliards EURObservatoire de l'épargne réglementée, fin 2024
Nombre de livrets ordinaires20 millionsObservatoire de l'épargne réglementée, fin 2024
Encours moyen par livret10 423 EURObservatoire de l'épargne réglementée, fin 2024
Taux moyen sur encours0,75 % brutBanque de France, mars 2026
Rendement net après PFU0,51 %Calcul sur base Banque de France, mars 2026
Taux de base moyen des banques de détail0,33 % brutMoneyVox, août 2026
Taux de base moyen des super livrets1,62 % brutMeilleurtaux Placement, août 2026
Seuil d'équivalence avec le livret A2,48 % brutCalcul France Épargne, août 2026
Seuil d'équivalence avec le LEP3,64 % brutCalcul France Épargne, août 2026
Prélèvement forfaitaire unique31,4 %LFSS 2026, en vigueur au 1er janvier 2026
Concentration de l'encours83 % sur 12 % des livretsObservatoire de l'épargne réglementée, fin 2024
Livrets au solde inférieur à 150 EUR48 % des comptesObservatoire de l'épargne réglementée, fin 2024
Part détenue par les plus de 65 ans43 % de l'encoursObservatoire de l'épargne réglementée, fin 2024
Garantie des dépôts100 000 EUR par déposant et par banqueFGDR, articles L312-4 et L312-4-1 du code monétaire et financier

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Analyse : pourquoi 219 milliards d'euros dorment à 0,75 %

L'écart entre le rendement servi par les livrets ordinaires et celui des enveloppes réglementées constitue l'anomalie centrale de l'épargne liquide française. À 0,75 % brut en mars 2026, soit 0,51 % net, le livret ordinaire moyen délivre moins du tiers du livret A, produit dont l'accès est universel et le rendement exonéré de toute fiscalité.

La trajectoire de ce taux moyen documente une érosion continue. La Banque de France relevait 0,94 % en octobre 2023, 0,93 % en septembre 2024, 0,92 % en octobre 2024, puis 0,89 % en février 2025 et 0,79 % à fin 2025, avant les 0,75 % de mars 2026. Sur la même période, le livret A a culminé à 3,00 % entre février 2023 et janvier 2025, avant de refluer à 2,40 %, puis 1,70 % et 1,50 % en février 2026, pour remonter à 1,70 % au 1er août 2026. Le taux des livrets ordinaires n'a jamais suivi ces mouvements, l'absence de formule réglementaire laissant les établissements libres de ne pas répercuter la hausse des taux directeurs.

La structure de détention éclaire cette inertie. La moitié des comptes, précisément 48 % d'entre eux, affiche un solde de 150 euros ou moins. Ces livrets sont des reliquats : comptes ouverts pendant l'enfance, soldes résiduels après un déménagement bancaire, restes d'une opération commerciale. Plus de 20 % des titulaires étaient mineurs ou étudiants à l'ouverture. Ces comptes ne font l'objet d'aucun arbitrage parce que les montants en jeu ne justifient pas la démarche : un solde de 150 euros à 0,75 % produit 1,13 euro brut par an.

À l'autre extrémité, 12 % des livrets concentrent 83 % des 219 milliards d'euros. Ces comptes dépassent 20 000 euros et relèvent d'une logique différente. Leurs titulaires sont majoritairement âgés : les plus de 65 ans détiennent 43 % de l'encours total alors qu'ils représentent 28 % de la population adulte. Ce sont ces encours qui portent le coût d'opportunité réel. Un capital de 50 000 euros rémunéré 0,75 % brut rapporte 257 euros nets par an. Le même capital réparti sur un livret A saturé, un LDDS saturé et un LEP, dans la limite des plafonds, dégage un rendement sensiblement supérieur et totalement exonéré.

Le marché des super livrets ajoute une couche de complexité. Le taux de base moyen de ces produits atteint 1,62 % brut hors promotion en août 2026 selon Meilleurtaux Placement, soit 1,11 % net, encore sous le livret A. Les offres boostées affichent 4 % à 5 % brut sur trois à quatre mois, jusqu'à 6 % sur des périodes plus courtes. Ces taux sont réels mais temporaires, et souvent plafonnés en montant. Le rendement annuel effectif dépend entièrement de la pondération entre la période bonifiée et le taux de base qui lui succède.

La comparaison des seuils clarifie la décision. Un livret bancaire dépasse le livret A à partir de 2,48 % brut et le LEP à partir de 3,64 % brut. Le taux moyen constaté par la Banque de France se situe à 0,75 %, le taux de base moyen des super livrets à 1,62 % : les deux restent sous le premier seuil. Seules les offres promotionnelles franchissent la barre, et uniquement pendant leur période de bonification.

Cette arithmétique définit le champ d'utilité du produit. Le produit devient pertinent lorsque trois conditions sont réunies simultanément : les enveloppes réglementées sont saturées, ce qui suppose au minimum 34 950 euros déjà placés sur le livret A et le LDDS ; le taux obtenu dépasse 2,48 % brut, ce qui suppose une offre négociée ou promotionnelle ; le besoin de liquidité immédiate exclut le compte à terme, dont le taux moyen atteint 2,30 % brut jusqu'à deux ans, et le fonds euros, dont le rendement moyen s'est établi à 2,63 % en 2025 selon l'ACPR.

Hors de ce cadre, la détention d'un compte sur livret garni relève d'une inertie coûteuse plutôt que d'un arbitrage. Le patrimoine financier des ménages français atteignait 6 537,4 milliards d'euros au troisième trimestre 2025, dont 60 % en produits de taux : les marges d'optimisation portent sur des masses considérables.

Taux des livrets ordinaires face au livret A

Livrets ordinaires (brut)
1,00,80,5oct. 2023sept. 2024oct. 2024févr. 2025déc. 2025mars 2026
Source : Banque de France et Cercle de l'Épargne, mars 2026
Répartition des encours des livrets ordinaires en France par tranche de solde
83 % des 219 milliards d'euros se concentrent sur 12 % des livrets (source : Observatoire de l'épargne réglementée, fin 2024)

Fiscalité, garanties et points de vigilance

Le régime fiscal du compte sur livret suit le droit commun des produits de placement à revenu fixe, sans aucune disposition dérogatoire. Cette absence de faveur fiscale est le prix de la liberté contractuelle dont bénéficie le produit.

Le prélèvement forfaitaire unique s'applique par défaut. Son taux atteint 31,4 % en 2026, réparti entre 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La composante sociale se décompose elle-même en 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. La hausse de 1,4 point de la CSG sur les revenus du patrimoine résulte de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, applicable depuis le 1er janvier 2026. La banque prélève ces montants à la source lors du versement des intérêts et l'épargnant n'a aucune démarche déclarative à accomplir.

L'option pour le barème progressif reste ouverte. Elle s'exerce au moment de la déclaration de revenus et présente un caractère global : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values du foyer, sans possibilité de la limiter aux seuls intérêts d'un livret. Cette option devient favorable lorsque le taux marginal d'imposition du foyer est nul ou limité à 11 %. Elle ouvre en outre droit à la déductibilité d'une fraction de la CSG du revenu imposable de l'année suivante. Pour un foyer non imposable, la charge se limite aux 18,6 % de prélèvements sociaux, ce qui porte le taux net d'un livret à 3 % brut de 2,06 % à 2,44 %.

La dispense d'acompte évite une avance de trésorerie. Les 12,8 % prélevés à la source constituent un acompte d'impôt sur le revenu, régularisé l'année suivante. Un contribuable dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année reste inférieur à 25 000 euros pour une personne seule, ou 50 000 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, demande à en être dispensé. La démarche prend la forme d'une attestation sur l'honneur remise à la banque avant le 30 novembre de l'année précédant le versement des intérêts. La dispense ne porte que sur la fraction d'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans tous les cas.

La garantie des dépôts protège le capital dans une limite précise. Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre 100 000 euros par déposant et par établissement, en application des articles L312-4 et L312-4-1 du code monétaire et financier. Ce plafond s'apprécie tous comptes confondus au sein d'une même banque : compte courant, compte sur livret, compte à terme et épargne logement s'additionnent pour son calcul. Un capital de 250 000 euros logé dans une seule banque n'est donc couvert qu'à hauteur de 100 000 euros. La répartition sur trois établissements distincts place la totalité de la somme sous garantie. Le livret A, le LDDS et le LEP bénéficient d'une garantie distincte de l'État et ne s'imputent pas sur ce plafond.

Les conditions promotionnelles appellent une lecture attentive. Trois paramètres déterminent le rendement réel d'une offre boostée : la durée exacte de la période bonifiée, le montant maximal auquel le taux majoré s'applique, et le taux de base qui prend le relais à l'échéance. Une offre à 5 % brut plafonnée à 50 000 euros pendant trois mois, suivie de 1,90 % brut, produit sur un capital de 100 000 euros un rendement annuel bien inférieur à son affichage. Les conditions générales précisent également si la bonification est réservée aux nouveaux clients ou aux capitaux nouvellement apportés.

Le risque principal de ce produit n'est ni le défaut bancaire ni la volatilité, mais l'érosion monétaire. L'inflation française s'établissait à 2,1 % sur un an en juillet 2026. Un livret bancaire rémunéré 0,75 % brut, soit 0,51 % net, perd donc environ 1,6 point de pouvoir d'achat par an. Sur un encours de 50 000 euros conservé cinq ans à ce rythme, la perte de valeur réelle dépasse 3 800 euros. Le livret A à 1,70 % net limite cette érosion à 0,4 point annuel.

Aucune disposition n'encadre la modification du taux par la banque. L'établissement révise librement sa rémunération, sous réserve d'en informer le titulaire selon les modalités prévues à la convention de compte. Cette révision unilatérale distingue nettement le livret bancaire du compte à terme, dont le taux est contractuellement figé pour toute la durée de l'engagement.

La déclaration des intérêts est automatisée. L'établissement transmet le montant versé à l'administration fiscale, qui le reporte en pré-remplissage sur la déclaration de revenus. Le prélèvement ayant déjà été opéré à la source, aucune régularisation n'intervient sauf exercice de l'option globale pour le barème progressif. Les intérêts perçus s'intègrent au revenu fiscal de référence du foyer, un point qui mérite attention pour les titulaires d'un LEP dont l'éligibilité est contrôlée chaque année sur cette base, ainsi que pour les demandeurs de la dispense d'acompte.

La succession suit le régime de droit commun. Les sommes déposées entrent dans l'actif successoral et supportent les droits de mutation selon le lien de parenté, sans l'abattement spécifique de 152 500 euros par bénéficiaire dont bénéficient les capitaux d'assurance vie versés au titre de primes réglées avant les 70 ans du souscripteur. Cette différence de traitement constitue un argument structurel en faveur de l'assurance vie pour la fraction du patrimoine destinée à la transmission.

Les comptes inactifs relèvent de la loi Eckert. Un livret bancaire est réputé inactif après cinq années consécutives sans opération ni manifestation du titulaire. Au terme de dix ans d'inactivité, le solde est transféré à la Caisse des dépôts et consignations, délai ramené à trois ans en cas de décès du titulaire. Les sommes restent réclamables sur le site Ciclade pendant trente ans avant acquisition définitive par l'État. Cette mécanique concerne directement les 48 % de livrets ordinaires au solde inférieur à 150 euros, dont beaucoup ne font l'objet d'aucun mouvement depuis des années.

Questions Fréquentes sur le Compte sur Livret

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Le compte sur livret est le produit sur lequel je constate le plus grand écart entre ce que l'épargnant croit détenir et ce qu'il détient réellement. Un taux affiché de 3 % devient 2,06 % après le prélèvement forfaitaire unique, et la comparaison pertinente se fait avec un livret A servi 1,70 % net et exonéré. Le premier réflexe consiste à saturer les enveloppes défiscalisées avant d'envisager tout livret bancaire.

Emmanuel d'IbelinConseiller en Gestion de Patrimoine

À qui s'adresse ce livret bancaire ?

L'utilité du compte sur livret dépend entièrement de la position de l'épargnant par rapport aux plafonds réglementés et de son taux marginal d'imposition. Cinq profils se dégagent des données de détention publiées par la Banque de France.

L'épargnant aux enveloppes saturées constitue le cas d'usage principal. Un foyer ayant rempli son livret A à 22 950 euros et son LDDS à 12 000 euros dispose de 34 950 euros d'épargne exonérée. Au-delà, la trésorerie disponible n'a plus d'enveloppe défiscalisée à rejoindre, sauf éligibilité au LEP et ses 10 000 euros supplémentaires. Ce profil correspond aux 12 % de livrets qui concentrent 83 % des 219 milliards d'euros d'encours. Pour lui, la question porte sur le taux à négocier : chaque tranche de 10 000 euros placée à 3 % brut plutôt qu'à 0,75 % brut représente 154 euros nets supplémentaires par an.

Le foyer non imposable ou faiblement imposé dispose d'un levier fiscal spécifique. En optant pour le barème progressif, il ne supporte que les 18,6 % de prélèvements sociaux au lieu de 31,4 %. Le seuil d'équivalence avec le livret A descend alors de 2,48 % à 2,09 % brut. La dispense d'acompte, ouverte sous 25 000 euros de revenu fiscal de référence pour une personne seule, évite en outre l'avance de trésorerie des 12,8 %. Ce profil doit néanmoins vérifier son éligibilité au LEP en priorité, ce produit servant 2,50 % net sans aucune fiscalité.

Le retraité détenteur d'une épargne de précaution importante représente la population la plus exposée. Les plus de 65 ans détiennent 43 % de l'encours des livrets ordinaires alors qu'ils constituent 28 % de la population adulte. Cette surreprésentation traduit une accumulation ancienne, souvent constituée dans la banque historique du foyer, rarement réexaminée. Un capital de 60 000 euros rémunéré 0,75 % brut produit 308 euros nets par an ; réparti entre un LEP, un livret A et un LDDS saturés, le même capital dégage un rendement plusieurs fois supérieur et totalement exonéré.

L'entrepreneur et le titulaire de revenus irréguliers valorisent l'absence de plafond et la liquidité permanente. Un artisan qui provisionne sa trésorerie fiscale, un profession libérale qui lisse des honoraires saisonniers ou un dirigeant qui conserve une réserve avant distribution ont besoin d'un réceptacle sans limite de montant et sans immobilisation. Le compte à terme, malgré son taux moyen de 2,30 % brut jusqu'à deux ans, ne convient pas à ces flux par nature imprévisibles. Pour ce profil, la répartition entre plusieurs établissements sous le plafond de garantie de 100 000 euros devient le sujet central.

Le parent qui constitue une épargne pour son enfant relève d'un cas particulier. Plus de 20 % des titulaires de livrets ordinaires étaient mineurs ou étudiants à l'ouverture. Le livret A de l'enfant, plafonné à 22 950 euros, et le livret jeune à partir de 12 ans, plafonné à 1 600 euros mais servi au minimum au taux du livret A, absorbent l'essentiel des besoins. Le livret bancaire n'a d'intérêt qu'au-delà de ces plafonds, ou comme support de versements ponctuels destinés à être rapidement transférés.

Le détenteur d'un livret dormant forme le dernier groupe, et le plus nombreux. 48 % des livrets ordinaires affichent un solde de 150 euros ou moins. Ces comptes ne servent aucun objectif patrimonial : ils produisent environ 1,13 euro d'intérêt brut annuel et encombrent la relation bancaire. Leur clôture ou leur regroupement simplifie la gestion sans coût.

Le titulaire d'une offre promotionnelle arrivée à échéance mérite une mention distincte. Les super livrets attirent par un taux bonifié de 4 % à 5 % brut, puis basculent vers un taux de base voisin de 1,90 % brut, soit 1,30 % net. À ce niveau, le placement repasse sous le livret A servi 1,70 % net. La date de fin de bonification constitue donc le moment où l'arbitrage doit être réexaminé, faute de quoi le capital reste immobilisé sur un support devenu moins performant que l'enveloppe exonérée la plus accessible.

Un profil ne relève pas de ce produit : l'épargnant disposant d'un horizon supérieur à cinq ans. À 0,51 % net contre une inflation de 2,1 % en juillet 2026, le livret bancaire érode le pouvoir d'achat d'environ 1,6 point par an. Sur 50 000 euros conservés cinq ans à ce rythme, la perte de valeur réelle atteint 3 840 euros. L'assurance vie en fonds euros, dont le rendement moyen a atteint 2,63 % en 2025 selon l'ACPR, et les supports en unités de compte répondent seuls à cet horizon.

La règle d'allocation qui se dégage de ces profils tient en une séquence. L'ordre retenu par France Épargne place le LEP en premier lorsque le revenu fiscal de référence l'autorise, avec 2,50 % net sur 10 000 euros. Le livret A et le LDDS suivent, pour 34 950 euros cumulés à 1,70 % net. Le livret bancaire n'intervient qu'ensuite, et seulement si son taux dépasse 2,48 % brut. En deçà de ce seuil, il ne constitue une réponse pertinente que pour la fraction de trésorerie qui excède toutes les enveloppes exonérées disponibles et qui doit rester mobilisable immédiatement.

Profils d'épargnants français détenteurs d'un compte sur livret bancaire
Les plus de 65 ans détiennent 43 % de l'encours des livrets ordinaires (source : Observatoire de l'épargne réglementée, fin 2024)

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