Le taux brut d'un dépôt à terme et le taux net d'un livret ne se comparent pas
Sous le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, un dépôt à terme doit servir 2,48 % brut pour égaler un Livret A à 1,70 % net. Le taux moyen des nouveaux contrats s'établit à 2,06 % en mars 2026.
Deux taux que rien n'autorise à comparer directement
Le taux du Livret A est net de tout. L'exonération d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux est acquise par la loi, si bien que les 1,70 % affichés depuis août 2026 sont exactement les 1,70 % encaissés. Le taux d'un dépôt à terme obéit à une logique inverse : il est brut et supporte le prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % au 1er janvier 2026 après le relèvement des prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 % par la loi de financement de la sécurité sociale.
Il existe donc un taux brut précis à partir duquel le dépôt rejoint le livret, et pas avant. Sous le régime du prélèvement forfaitaire unique, il vaut 1,50 divisé par 0,686, soit 2,48 % brut. Ce seuil se situe au dessus du taux moyen des nouveaux contrats de dépôt à terme des ménages, relevé à 2,06 % brut jusqu'à deux ans par la Banque de France en mars 2026. La souscription moyenne du marché délivre 1,41 % net et reste donc dominée par un Livret A encore disponible.
Ce que la fiscalité du foyer déplace sur ce seuil
Le seuil n'est pas universel : il dépend du régime effectivement appliqué aux intérêts. L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, exercée à la déclaration, remplace les 12,8 % forfaitaires par le taux marginal du foyer. À 11 %, le seuil descend à 2,13 % brut. Pour un foyer non imposable, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus et le seuil tombe à 1,84 % brut, ce qui rend pertinentes des offres qu'un foyer imposé devrait écarter.
Cette option comporte deux contraintes que le calcul doit intégrer. Elle est globale, donc elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer pour l'année considérée, dividendes inclus. Elle est par ailleurs distincte de la dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 %, ouverte lorsque le revenu fiscal de référence de l'année N-2 reste inférieur à 25 000 euros pour une personne seule ou 50 000 euros pour un couple, sur attestation remise à la banque avant le 30 novembre de l'année précédant le versement des intérêts (source : impots.gouv.fr). Cette dispense évite une avance de trésorerie mais ne réduit jamais la charge finale.
Le plafond de garantie, contrainte qui prime sur le taux
La garantie du Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre 100 000 euros par déposant et par établissement, avec une indemnisation ouverte sous sept jours ouvrables au maximum, en application des articles L312-4 et L312-4-1 du code monétaire et financier. Le plafond s'apprécie après regroupement de tous les soldes détenus dans la même banque : comptes courants, livrets bancaires, dépôts à terme, CEL, PEL et comptes espèces adossés à un compte titres, à un PEA ou à un PER.
Cette règle produit une conséquence d'allocation que le taux ne compense jamais. Un capital de 400 000 euros exige quatre établissements distincts pour rester intégralement couvert, et un déposant qui place 100 000 euros dans la banque où il détient déjà 20 000 euros sur son compte courant expose 20 000 euros hors garantie. Cinquante points de base supplémentaires ne rachètent pas une fraction de capital laissée sans couverture : la répartition entre établissements se décide avant la négociation du taux.