Combien laisser sur ses livrets réglementés ?
Le Livret A, le LDDS et le CEL ne sont pas un placement, ce sont la couche de précaution : plafonnés, liquides, défiscalisés, rémunérés à 1,5 % depuis février 2026. La bonne question n'est pas leur rendement, c'est combien doit y dormir. Cet outil dimensionne votre coussin et situe le surplus à déployer.
Un livret réglementé n'est pas un placement, c'est une réserve
Le Livret A, le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) et le CEL (Compte Épargne Logement) sont liquides, garantis et défiscalisés, mais plafonnés et faiblement rémunérés : 1,5 % depuis le 1er février 2026 pour le Livret A et le LDDS. Avec 447 milliards d'euros sur le seul Livret A (Caisse des Dépôts, février 2026) et 956 milliards sur l'ensemble de l'épargne réglementée, les Français y laissent dormir des sommes considérables. La bonne question n'est pas leur rendement, c'est combien doit y rester.
Le rôle de ces livrets est d'abriter une épargne de précaution : une réserve immédiatement disponible pour les imprévus, dimensionnée en mois de dépenses courantes. Tout ce qui dépasse ce coussin reste plafonné et rémunéré à 1,5 %, là où il pourrait travailler ailleurs. L'enjeu est donc de calibrer la réserve, puis de déployer le surplus.
Combien laisser : quelques mois de dépenses
La règle de bon sens situe le coussin entre 3 et 6 mois de dépenses courantes : 3 mois pour une situation stable (emploi salarié, revenus réguliers), jusqu'à 6 mois pour une situation plus variable (indépendant, revenus irréguliers, charges de famille). Pour 2 500 € de dépenses mensuelles, cela représente une réserve de 7 500 € à 15 000 €, qui tient dans le seul Livret A.
Les trois livrets réglementés offrent ensemble jusqu'à 50 250 € de capacité liquide et défiscalisée (22 950 € sur le Livret A, 12 000 € sur le LDDS, 15 300 € sur le CEL). Cette capacité couvre largement un coussin de précaution. Au-delà, conserver de l'épargne sur ces supports revient à la laisser à 1,5 %, sans la sécurité supplémentaire qu'un coussin déjà constitué apporte.
Le surplus dormant est ce qui se déploie
Une fois le coussin de précaution constitué, le surplus qui dort sur les livrets est l'épargne à mettre au travail : assurance vie multisupport, PEA, immobilier, selon votre horizon et votre projet. Le CEL garde une utilité propre, puisqu'il ouvre un droit à un prêt épargne logement à taux connu pour un achat immobilier, mais il ne justifie pas non plus d'y immobiliser au-delà du nécessaire.
Cet outil situe votre coussin et la part de vos livrets qui le porte. Il ne dit pas où placer le surplus : c'est le rôle d'un conseiller, qui arbitre selon votre horizon, votre tolérance au risque et vos projets, en gardant la réserve de précaution intacte.
Ce que cet outil ne fait pas : projeter des intérêts
Cet outil ne calcule pas les intérêts de vos livrets et ne projette aucun gain. Il dimensionne un besoin de liquidité (vos dépenses multipliées par un nombre de mois) et le rapporte aux plafonds des livrets réglementés, pour distinguer la réserve utile du surplus dormant. Le montant exact de votre coussin dépend de votre situation, qu'un conseiller affine avec vous.