Le supplément de coupon d'une OAT longue et la sensibilité qu'il emporte
Entre le bon du Trésor à un an et l'OAT à trente ans, 197 points de base de rendement séparent les deux extrémités de la courbe française au 14 août 2026. La sensibilité du prix, elle, passe de 0,97 à 15,80. Cet écart de progression décide de la maturité à retenir pour un capital dont la date de besoin est connue.
Seule la maturité retenue déplace le rendement obtenu
Au 14 août 2026, la courbe des taux à échéance constante des obligations souveraines françaises affichait 2,79 % à un an, 2,94 % à deux ans, 3,31 % à cinq ans, 3,96 % à dix ans, 4,53 % à vingt ans et 4,76 % à trente ans, d'après les séries de la Banque de France. Les 197 points de base qui séparent les deux extrémités constituent le prix que le marché attache au temps et au risque budgétaire français.
Ce supplément se conquiert ligne par ligne, indépendamment de la somme engagée. Doubler le capital double le coupon sans améliorer le taux obtenu : seule la maturité retenue déplace le rendement. La décision porte donc sur une date, et l'outil chiffre ce que cette date change des deux côtés du bilan de l'épargnant.
Le second effet de l'allongement se mesure en sensibilité
La sensibilité modifiée mesure la variation de prix d'une obligation lorsque le rendement de marché bouge de 100 points de base. Pour un titre au pair de maturité T et de rendement y, elle vaut (1 moins (1 + y) puissance moins T) divisé par y. Aux rendements du 14 août 2026, elle ressort à 0,97 sur l'échéance un an, 4,54 sur cinq ans, 8,13 sur dix ans et 15,80 sur trente ans.
Le rapport entre les deux effets est la donnée que l'épargnant ne calcule pas de tête. Sur 100 000 euros, passer du repère à un an à l'échéance trente ans ajoute 1 970 euros de coupon annuel et porte de 970 à 15 800 euros la valeur qui réagit à un mouvement de un point, soit environ 7,50 euros exposés pour chaque euro de coupon gagné.
Conserver le titre jusqu'au terme neutralise l'exposition
L'État rembourse le nominal à la date prévue, quelle qu'ait été l'évolution des taux dans l'intervalle. La sensibilité ne se matérialise que pour un porteur contraint de vendre avant l'échéance. Un capital dont la date de besoin est identifiée peut donc viser une maturité longue sans supporter cette variation, à condition que les deux dates coïncident.
Cette lecture inverse la démarche habituelle. Le point de départ devient le calendrier patrimonial : solde d'une acquisition, financement d'études, complément de revenu à la retraite, transmission programmée. Une échelle de maturités calée sur ces échéances supprime la contrainte de céder au mauvais moment.
L'enveloppe de détention pèse sur le coupon net
Les coupons encaissés en compte-titres relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 31,40 %, dont 18,60 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026. La contribution sociale généralisée sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale.
Les produits des contrats d'assurance vie et de capitalisation ont été maintenus à 17,20 % de prélèvements sociaux par ce même texte, et l'imposition n'y intervient qu'au rachat. Le plan d'épargne en actions, lui, n'accueille pas les obligations. Le choix de l'enveloppe se décide donc avant celui de la ligne, puisqu'il déplace le rendement net sans changer le titre acheté.