Définition des OAT et des bons du Trésor
Une obligation d'État française est un titre de créance émis par l'Agence France Trésor pour le compte de l'État, qui verse un intérêt fixé dès l'émission et rembourse le capital à une date connue. Deux familles couvrent la quasi totalité de cette dette. L'OAT, obligation assimilable du Trésor, porte les maturités de 2 à 50 ans et finance l'État à moyen et long terme. Le BTF, bon du Trésor à taux fixe et à intérêts précomptés, couvre les besoins de moins d'un an : il s'achète en dessous de sa valeur de remboursement, et l'écart entre les deux constitue la rémunération. Fin 2024, l'encours d'OAT s'élevait à 2 340,5 milliards d'euros et celui des bons du Trésor à 201,2 milliards, pour une dette négociable de 2 601,6 milliards en valeur actualisée, selon le projet annuel de performances annexé au projet de loi de finances pour 2026. Au 30 avril 2026, cet encours atteignait 2 826 milliards d'euros, pour une durée de vie moyenne de 8 ans et 186 jours (source : Agence France Trésor).
Le qualificatif assimilable décrit le mécanisme qui structure tout le marché. Le Trésor ne crée pas un emprunt nouveau à chaque besoin de financement : il rouvre des lignes existantes, appelées souches. Chaque année, une souche de référence à 3 ans est créée, ainsi qu'une ou deux souches à 5 ans et une ou deux souches à 10 ans, complétées selon la demande par des titres à 15, 20, 30 ou 50 ans. Les émissions suivantes abondent ces mêmes lignes, qui grossissent jusqu'à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Cette concentration produit la liquidité : un investisseur qui souhaite sortir trouve une contrepartie sur une souche profonde, ce qui ne serait pas le cas avec des centaines de petites lignes hétérogènes.
L'État réabonde également, selon la demande des investisseurs, des souches créées lors d'exercices antérieurs. Ces émissions dites off-the-run figurent au calendrier annoncé des adjudications et poursuivent un double objectif : répartir l'offre sur une gamme plus large pour en faciliter l'absorption par le marché, et limiter l'impact d'une adjudication donnée sur la valeur du titre concerné, selon le projet annuel de performances. Cette pratique explique la coexistence de dizaines de lignes aux échéances rapprochées, assorties de coupons faciaux très différents selon leur année de création. Deux titres remboursables la même année affichent ainsi l'un un coupon de 0,50 %, l'autre de 3,50 %, pour un rendement actuariel pourtant voisin.
Une OAT à taux fixe verse un coupon annuel exprimé en pourcentage du nominal, et rembourse ce nominal en une fois à l'échéance. Les titres se cotent en pourcentage du pair, ce qui déconnecte le prix du coupon : une souche ancienne assortie d'un coupon de 0,50 % se traite bien en dessous de 100 % lorsque les taux de marché dépassent 3 %, et le rendement de l'acheteur combine alors le coupon encaissé et le gain de remboursement. Le rendement actuariel rassemble ces deux composantes en un taux annuel unique, seule mesure comparable d'une ligne à l'autre.
Les bons du Trésor obéissent à une logique plus simple. Ils sont adjugés chaque lundi, sur des maturités qui vont d'une dizaine de semaines à un an, et ne versent aucun coupon. En 2026, les séances hebdomadaires ont porté sur 7,992 milliards d'euros le 9 février, 8,045 milliards le 27 avril et 7,582 milliards le 20 juillet, d'après les communiqués de l'agence. Ces titres constituent l'outil de trésorerie de l'État, et pour un épargnant l'équivalent souverain d'un placement de très court terme.
À côté des titres nominaux, le Trésor émet des obligations indexées sur les prix. Les OATi suivent l'indice des prix à la consommation français, les OAT€i l'indice harmonisé de la zone euro. Leur valeur de remboursement correspond à la valeur nominale multipliée par un coefficient représentatif de l'inflation observée entre l'émission et le remboursement (source : Fipeco). L'encours de ces titres atteignait 300 milliards d'euros fin août 2025, indexation comprise, et le programme d'émission leur réserve environ 10 % des émissions nettes à moyen et long terme.
La gamme comprend enfin les OAT vertes, adossées à des dépenses budgétaires environnementales identifiées et auditées. Trois souches vertes à taux fixe ont été créées en 2017, 2021 et 2024, auxquelles s'ajoute une OAT€i verte de 2022. Le lancement d'une nouvelle souche verte de maturité juin 2037, le 14 avril 2026, a porté 10 milliards d'euros à un rendement d'adjudication de 3,899 %, et le cumul émis à 100,1 milliards d'euros. Le plafond vert pour l'exercice est fixé à 15 milliards, pour 23 milliards de dépenses éligibles recensées.
Tous ces titres sont libellés en euros, sans exception, ce qui écarte tout risque de change pour un résident français. Ils s'échangent sur Euronext Paris et sur le marché de gré à gré animé par les quinze spécialistes en valeurs du Trésor, les banques agréées pour soumissionner aux adjudications et tenir le marché secondaire. La signature de l'État français est notée A+ par Fitch depuis le 12 septembre 2025 et par Standard and Poor's depuis le 17 octobre 2025, Aa3 par Moody's avec une perspective stable. France Épargne intègre ces titres dans une allocation patrimoniale globale plutôt que comme un placement isolé.