Assurances

Assurance récolte : l'écart de solidarité nationale entre culture assurée et non assurée

Sur un même sinistre climatique, l'État n'indemnise pas au même taux selon la présence d'un contrat. Mesurez l'écart sur votre exploitation.

Culture assurée 90 % au delà du seuilCulture non assurée 28 % à 31,5 %Prime subventionnée 70 % (PAC)
Barèmes 2026 officielsChiffres mis à jour : HCSF, droits d'enregistrement, plafonds PTZ, indices INSEE.
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Votre exploitation

La solidarité nationale n'indemnise pas au même taux.

Chaque groupe de cultures porte son propre seuil de déclenchement.

100 ha
5 ha300 ha

La surface couverte par le groupe de cultures étudié.

1 500 €/ha
500 €/ha20 000 €/ha

Rendement de référence multiplié par le prix unitaire, de l'ordre de 1 500 €/ha en céréales.

Assurance récoltes multirisque climatique

Combien la solidarité nationale verse-t-elle selon que votre récolte est assurée ou non ?

Sur un sinistre climatique exceptionnel, l'État indemnise 90 % de la part de perte au delà du seuil pour une culture assurée, contre 28 % ou 31,5 % pour une culture non assurée. Cet outil chiffre cet écart, sans projeter de cotisation.

Pourquoi le prix du contrat ne mesure pas l'enjeu

La question posée par une multirisque climatique n'est pas de savoir si la cotisation est chère. Elle est de savoir combien la solidarité nationale verse à une exploitation selon qu'elle détient ou non un contrat, sur exactement le même sinistre. Depuis la réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2023, issue de la loi du 2 mars 2022, l'État indemnise 90 % de la part de perte située au delà du seuil de déclenchement pour une culture assurée. Sur une culture non assurée, il n'en verse que 28 % en grandes cultures, cultures industrielles, légumes et viticulture, et 31,5 % en arboriculture, petits fruits et prairies pour la récolte 2026.

Cet outil traduit quatre données, votre filière, votre surface engagée, votre produit de référence par hectare et l'intensité du sinistre, en euros d'indemnisation publique. Il isole l'assiette de la solidarité nationale, la part de perte au delà du seuil, puis applique les deux taux à cette même assiette. L'écart obtenu est le montant que l'absence de contrat laisse sur la table, sur un seul événement.

Un écart qui se creuse à chaque campagne

Le décret n° 2025-1175 du 5 décembre 2025, publié au Journal officiel du 9 décembre 2025, organise la décroissance programmée du taux réservé aux exploitations non assurées. En grandes cultures, cultures industrielles, légumes et viticulture, ce taux passe de 35 % pour la récolte 2025 à 28 % pour 2026, 21 % pour 2027 et 14 % pour 2028. En arboriculture, petits fruits et prairies, il descend de 35 % à 31,5 %, puis 28 % et 24,5 %. Seules les plantes à parfum, aromatiques et médicinales et quelques productions spécialisées conservent 45 % sur toute la période.

Le taux de 90 % réservé aux cultures assurées ne bouge pas, et la prise en charge publique de la prime reste fixée à 70 % dans le cadre de la politique agricole commune. La trajectoire est donc explicite : l'écart mesuré par cet outil augmente mécaniquement d'une campagne à l'autre pour une exploitation non couverte, sans qu'aucun sinistre ne soit nécessaire pour l'alourdir.

Ce que cet outil ne dit pas : votre indemnité réelle

Cet outil donne un ordre de grandeur, pas un devis ni un chiffrage d'expertise. Il isole volontairement la seule indemnisation publique et laisse de côté l'indemnité du contrat sur la tranche comprise entre la franchise et le seuil de déclenchement, qui creuse encore l'écart en faveur de l'exploitation assurée. Le montant réellement versé dépend du rendement de référence retenu, moyenne triennale ou moyenne olympique quinquennale, du prix unitaire inscrit au contrat, de la franchise choisie et du plafond européen de cumul fixé à 80 % des pertes par culture et par an. Un conseiller reconstitue ces paramètres avant la souscription, puis vérifie la déclaration de l'aide sur telepac avant le 15 mai.

Questions fréquentes

Un agriculteur non assuré touche-t-il quelque chose après un sinistre climatique ?

Oui, mais à un taux réduit. La solidarité nationale intervient pour tous au delà du seuil de déclenchement, fixé à 50 % de perte en grandes cultures, cultures industrielles, légumes et viticulture et à 30 % en arboriculture, petits fruits et prairies. Le taux tombe à 28 % ou 31,5 % pour une culture non assurée selon la filière, contre 90 % pour une culture couverte par un contrat subventionné.

Sur quelle assiette ces taux s'appliquent-ils ?

Uniquement sur la part de perte située au delà du seuil de déclenchement, jamais sur la perte totale. Une perte de 65 % en céréales, où le seuil est de 50 %, ouvre une assiette de 15 points de rendement. C'est sur ces 15 points que se calculent les 90 % de la culture assurée et les 28 % de la culture non assurée.

La tranche située sous le seuil est-elle indemnisée ?

Par le contrat uniquement. Entre la franchise, à partir de 20 % du rendement de référence, et le seuil de déclenchement public, l'assureur indemnise seul. Une exploitation non assurée conserve intégralement cette tranche à sa charge, ce que cet outil ne comptabilise pas, l'écart réel étant donc supérieur à celui affiché.

Ce taux réduit va-t-il encore baisser ?

Oui. Le décret n° 2025-1175 du 5 décembre 2025 programme une décroissance sur trois récoltes : 28 %, puis 21 %, puis 14 % en grandes cultures, cultures industrielles, légumes et viticulture, et 31,5 %, puis 28 %, puis 24,5 % en arboriculture, petits fruits et prairies. Le taux de 90 % des cultures assurées, lui, reste inchangé.

L'indemnisation peut-elle couvrir la totalité de la perte ?

Non. Le V de l'article D. 361-44 du code rural plafonne le cumul de l'indemnité d'assurance et de l'indemnisation publique à 80 % des pertes constatées, par culture et par an. Ce plafond découle du droit européen des aides d'État en agriculture et s'applique quelle que soit la qualité de la couverture souscrite.

Cet outil donne-t-il un devis ?

Non. Il ne chiffre aucune cotisation, ne projette aucun rendement et ne constitue pas un devis. Il rend tangible le différentiel d'indemnisation publique entre une culture assurée et une culture non assurée, sur un sinistre identique, afin de replacer le prix du contrat dans son ordre de grandeur réel.