Deux taux, deux logiques : la fenêtre de lancement contre les renouvellements orbitaux
Le marché tarife le décollage à environ 13 % de la valeur assurée et l'année en orbite à environ 1,5 %. La strate de responsabilité imposée par la loi française, elle, reste bloquée à 60 millions d'euros quelle que soit la valeur du satellite.
Une prime de lancement vaut près de neuf années de vie en orbite
Le marché de l'assurance spatiale ne tarife pas une mission, il tarife deux objets distincts. La garantie lancement plus douze mois couvre la fenêtre qui va de l'allumage à la fin de la première année en orbite, période où se concentre la mortalité infantile des satellites. Elle se règle en une fois. Aon relève dans son Space Insurance Market Report du premier trimestre 2026 des taux compris entre 10 % et 25 % de la valeur assurée, autour de 13 % pour un couple lanceur plateforme courant, les placements observés en 2025 et début 2026 s'échelonnant de 7,8 % à 16,6 %.
La garantie vie en orbite, elle, se renouvelle chaque année à un taux compris entre 1,0 % et 2,8 % de la valeur assurée sur la même période, contre environ 0,5 % en 2022 et au début de 2023. Le rapport entre les deux taux est la seule donnée qui compte pour construire un budget : à 13 % au lancement et 1,5 % par an ensuite, la fenêtre du décollage coûte 8,7 années de couverture orbitale, réglées le jour du tir. Sur un satellite de 250 millions d'euros exploité quinze ans, cela représente 32,5 millions d'euros payés en une fois, contre 52,5 millions étalés sur les quatorze renouvellements suivants.
La strate de responsabilité civile ne suit pas la valeur du satellite
La loi n° 2008-518 du 3 juin 2008 relative aux opérations spatiales impose à son article 6 que tout opérateur soumis à autorisation soit couvert par une assurance ou dispose d'une autre garantie financière agréée. L'article 119 de la loi n° 2008-1443 du 30 décembre 2008 de finances rectificative pour 2008 autorise l'État à garantir l'indemnisation des dommages causés aux tiers, au delà d'un plafond fixé dans l'autorisation et compris entre 50 et 70 millions d'euros. Le montant retenu en pratique est de 60 millions d'euros.
Cette strate est fixe. Elle ne bouge ni avec la valeur du satellite, ni avec la durée de la mission, ni avec le nombre de tirs. Un opérateur qui double la valeur de sa charge utile double sa prime de dommage sans toucher à sa prime de responsabilité. La garantie de l'État tombe en revanche en cas de faute intentionnelle ou de manquement grave aux prescriptions de l'autorisation, ce qui replace la conformité technique au centre du dossier d'assurance.
Ce que l'outil calcule, et ce qu'il ne calcule pas
À partir de la valeur assurée de votre satellite, de la durée de vie visée en orbite et de l'héritage du couple lanceur plateforme, l'outil chiffre la prime de la fenêtre lancement plus douze mois, la prime annuelle de vie en orbite, le cumul des renouvellements, le coût assurantiel total de la mission et la part réglée le jour du décollage. Il affiche surtout le nombre d'années d'orbite que vaut la seule fenêtre de lancement, et l'année de mission à laquelle le cumul orbital rattrape cette dépense initiale.
Il ne constitue pas un devis et n'engage aucun assureur. Les taux retenus sont des repères de marché publiés par un courtier de rang mondial, pas les termes qui vous seront proposés. La tarification réelle intègre la fiabilité statistique du lanceur choisi, l'héritage de la plateforme et de ses sous systèmes, l'orbite visée, la présence ou non d'une garantie de relancement, la structure des franchises et la part de perte partielle acceptée. Le capital de responsabilité civile imposé par la loi française n'est pas chiffré ici : il fait l'objet d'une prime distincte, sans commune mesure avec la colonne dommage.