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Mortalité du bétail : les années de mortalité courante qu'un seul événement emporte

La mortalité annuelle d'un troupeau se budgète. L'événement qui frappe la part du cheptel réunie au même endroit ne se budgète pas. Mesurez l'écart.

Mortalité annuelle en lait 3,5 %Mortalité annuelle en viande 2,0 %Paliers de franchise 100 à 25 000 €
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Votre troupeau

La mortalité moyenne ne dit rien du sinistre maximal.

Le risque annuel de mortalité diffère entre lait et viande.

120 têtes
20 têtes600 têtes

Les animaux de plus de deux ans du troupeau étudié.

2 100 €
600 €4 000 €

Le barème public d'avance après abattage ordonné retient 2 100 € pour une femelle de plus de 24 mois.

La part du cheptel qu'un seul événement peut emporter en une fois.

Assurance mortalité du bétail

Combien d'années de mortalité courante un seul sinistre de cheptel emporte-t-il ?

La mortalité annuelle atteint 3,5 % d'un troupeau laitier et 2,0 % d'un troupeau allaitant. Un incendie de stabulation emporte en une fois la part du cheptel réunie au même endroit. Cet outil chiffre le rapport entre les deux, sans projeter de cotisation.

Deux échelles de mortalité que rien ne relie

Un troupeau perd des animaux tous les ans, et cette perte est mesurée. L'étude de référence sur la mortalité bovine française, conduite par Perrin, Ducrot, Vinard, Hendrikx et Calavas à partir de la base nationale d'identification et publiée dans INRAE Productions Animales en 2011, établit un risque annuel de mortalité de 3,5 % pour les bovins laitiers de plus de deux ans et de 2,0 % en troupeau allaitant. Cette attrition est continue, prévisible, et l'exploitation la finance déjà sur sa trésorerie sans y penser.

L'événement obéit à une tout autre logique. Un incendie de stabulation, la foudre, une électrocution, une asphyxie par les gaz d'une fosse à lisier, une panne de ventilation en bâtiment fermé ou un dépeuplement ordonné par l'administration emportent en une fois la fraction du cheptel réunie au même endroit. Cet outil traduit quatre données, l'orientation du troupeau, l'effectif, la valeur moyenne par tête et la part réunie sous un même toit, en une seule grandeur lisible : le nombre d'années de mortalité courante qu'un tel événement représente.

Pourquoi ce rapport commande le palier de franchise

La formule cheptel des contrats de mortalité du bétail propose sept paliers de franchise fixes, échelonnés de 100 à 25 000 euros et choisis par espèce. Le réflexe courant consiste à retenir la franchise la plus basse, au prix d'une cotisation plus lourde. Le rapport calculé ici conduit à l'arbitrage inverse : une franchise placée juste au dessus de la mortalité courante annuelle cesse de rembourser des pertes que l'exploitation absorbe déjà, et concentre la prime sur l'événement qui la dépasse.

La formule individuelle obéit à une autre règle : la franchise y vaut 15 % de la valeur vénale de l'animal, quel que soit l'événement, avec un plafond de l'ordre de 15 000 euros par tête. Elle vise les reproducteurs et la génétique inscrite, non le troupeau de production. Les deux formules se cumulent sur une même exploitation, et le partage entre elles se décide sur la valeur unitaire des animaux, pas sur leur nombre.

Ce que cet outil ne dit pas : votre cotisation

Cet outil donne un ordre de grandeur, jamais un devis. Aucun barème public ne s'applique à l'assurance mortalité du bétail : la cotisation dépend du capital assuré, de l'espèce, de la conduite d'élevage, du mode de logement, des équipements de prévention et du palier de franchise retenu. Il laisse également de côté deux garanties qui pèsent lourd au sinistre, l'option perte d'exploitation, qui indemnise la marge brute pendant la reconstitution du troupeau jusqu'à deux ans, et l'option dangers sanitaires de catégorie 1, qui verse 25 % en complément de l'indemnité de l'État en cas d'abattage ordonné.

Un point de procédure doit être connu avant tout sinistre. L'article L123-1 du code des assurances ramène à vingt-quatre heures le délai d'envoi de la déclaration en assurance mortalité du bétail, contre quatre jours en assurance grêle. Le code rural impose en parallèle l'enlèvement sans délai du cadavre par le service d'équarrissage. La seule séquence qui préserve les droits de l'éleveur est donc invariable : constat du vétérinaire, déclaration à l'assureur, puis équarrissage.

Questions fréquentes

D'où viennent les taux de mortalité utilisés ?

De l'analyse de la mortalité bovine française de 2003 à 2009 publiée par Perrin, Ducrot, Vinard, Hendrikx et Calavas dans INRAE Productions Animales en 2011, à partir de la base nationale d'identification. Elle mesure un risque annuel de mortalité de 3,5 % pour les bovins laitiers de plus de deux ans et de 2,0 % en troupeau allaitant.

Pourquoi exprimer un sinistre en années de mortalité courante ?

Parce que les deux grandeurs sont sans commune mesure et que l'éleveur les compare rarement. Un événement emportant la moitié d'un troupeau allaitant représente vingt cinq années de mortalité ordinaire. Ramener l'événement à cette unité montre pourquoi le contrat ne sert pas à rembourser les pertes annuelles, mais à absorber celle qui ne se budgète pas.

La mortalité courante est-elle assurable ?

Elle l'est techniquement, au prix d'une franchise basse et d'une cotisation élevée. L'arbitrage utile consiste à placer la franchise au dessus de la mortalité annuelle attendue, dans la fourchette de 100 à 25 000 euros offerte par les formules cheptel, afin que la prime finance l'événement plutôt que l'attrition que l'exploitation absorbe déjà.

Ma multirisque agricole couvre-t-elle la mortalité du cheptel ?

Non. La multirisque agricole protège les bâtiments, le matériel, les stocks et la responsabilité civile de l'exploitation, mais exclut la mortalité des animaux par accident ou par maladie. La garantie relève d'un contrat distinct, régi par les articles L123-1 à L123-4 du code des assurances.

Les maladies contagieuses sont-elles couvertes ?

Pas par la garantie de base, qui les écarte au profit du régime sanitaire public : un danger sanitaire de catégorie 1 confirmé entraîne un abattage ordonné et une indemnisation de l'État à la valeur marchande objective. Une option dédiée verse 25 % en complément de cette indemnité et couvre aussi les attaques de loup, de lynx et d'ours.

Cet outil constitue-t-il un devis ?

Non. Il ne chiffre aucune cotisation et ne projette aucun rendement. Il oppose deux échelles de perte, l'attrition annuelle et l'événement sur la part du cheptel réunie au même endroit, pour situer le palier de franchise pertinent avant toute mise en concurrence.