Assurance · élevage et cheptel

Assurance Mortalité du Bétail

Votre mortalité annuelle se budgète, l'événement qui frappe le bâtiment ne se budgète pas

La mortalité d'un troupeau se lit sur deux échelles sans commune mesure, et la seconde ne se déduit jamais de la première. L'attrition courante est connue et régulière. L'événement emporte en une fois la fraction du cheptel réunie au même endroit, sans rapport d'échelle avec elle.

A

3,5 % par an en lait, 2,0 % en viande

L'analyse de la mortalité bovine française conduite par Perrin, Ducrot, Vinard, Hendrikx et Calavas sur la base nationale d'identification, publiée dans INRAE Productions Animales en 2011, mesure un risque annuel de mortalité de 3,5 % pour les bovins laitiers de plus de deux ans et de 2,0 % en troupeau allaitant. Cette perte est continue et déjà autofinancée par l'exploitation.

B

Un incendie de stabulation ne connaît pas ce taux

Foudre, électrocution, asphyxie par les gaz d'une fosse à lisier, suffocation par frayeur, panne de ventilation en bâtiment fermé : les contrats agricoles français listent ces événements parce qu'ils frappent tout le lot d'un coup. Sur un troupeau allaitant, un sinistre emportant la moitié du cheptel représente vingt cinq années de mortalité courante.

C

La multirisque agricole ne couvre pas le cheptel

La multirisque protège les bâtiments, le matériel, les stocks et la responsabilité civile, mais exclut la mortalité des animaux par accident ou par maladie. La garantie relève d'un contrat distinct, régi par les articles L123-1 à L123-4 du code des assurances, avec un délai de déclaration ramené à vingt-quatre heures au lieu de cinq jours ouvrés.

D

Le forfait de l'État date de 2001

En cas d'abattage ordonné, l'avance de trésorerie versée dans la semaine suivant le dépeuplement suit le barème de l'annexe II de l'arrêté du 30 mars 2001, soit 1 125 euros pour une femelle d'élevage de moins de 24 mois et 2 100 euros au delà. L'indemnité définitive, la valeur marchande objective, est arrêtée ensuite par deux experts indépendants. L'option dangers sanitaires verse 25 % en complément.

Fonctionnement

Notre méthode, de la caractérisation du troupeau au versement

01

Bilan du cheptel et de sa concentration

Nous recensons vos effectifs par espèce, par atelier et par tranche d'âge, la valeur retenue par tête et surtout la part du troupeau réunie au même endroit. C'est cette concentration, jamais la mortalité moyenne, qui fixe le sinistre maximal possible sur votre exploitation.

02

Calibrage du palier de franchise

Nous chiffrons votre mortalité courante annuelle et la comparons aux sept paliers fixes du marché, échelonnés de 100 à 25 000 euros. Une franchise calée au dessus de cette attrition cesse de rembourser ce que vous financez déjà et concentre la cotisation sur l'événement.

03

Arbitrage entre formule individuelle et formule cheptel

Les reproducteurs de valeur relèvent de la formule individuelle, plafonnée autour de 15 000 euros par animal avec une franchise de 15 % de la valeur vénale. Le troupeau de production relève de la formule cheptel. Une exploitation de sélection porte les deux.

04

Mise en concurrence sur une base identique

Nous interrogeons les porteurs de risque du marché de l'élevage sur les mêmes effectifs, la même valeur agréée, le même palier de franchise et les mêmes options perte d'exploitation et dangers sanitaires. Sans cette base commune, deux tarifs ne se comparent pas.

05

Valeur agréée et protocole de sinistre

Nous faisons acter la valeur agréée au contrat plutôt qu'une valeur simplement déclarée, ce qui neutralise la règle proportionnelle de l'article L121-5, et nous remettons la séquence à respecter : vétérinaire, déclaration sous vingt-quatre heures, puis équarrissage.

Comparatif

Quelle formule pour quel animal

CritèreFormule individuelleFormule cheptelOption perte d'exploitation
Périmètre assuréUn animal nommément identifiéDes groupes par espèce et tranche d'âgeLa marge brute pendant la reconstitution
PlafondDe l'ordre de 15 000 € par animalCapital assuré global du troupeauIndemnisation jusqu'à deux ans
Franchise15 % de la valeur vénaleSept paliers fixes de 100 à 25 000 €5 % du capital assuré
Profil viséTaureaux de monte et génétique inscriteTroupeau laitier, allaitant, porcin, avicoleÉlevage laitier et atelier hors sol
Pour qui

Les élevages pour lesquels l'arbitrage change tout

Élevage laitier. Le risque de mortalité adulte y est le plus élevé de la filière, 3,5 % par an, et le produit s'arrête le jour même de la perte. L'option perte d'exploitation, qui indemnise la marge brute jusqu'à deux ans, y modifie l'économie du contrat.
Élevage allaitant. Mortalité adulte plus faible, 2,0 % par an, mais valeur unitaire supérieure et cycle plus long : une vache perdue emporte le veau de l'année. L'arbitrage porte souvent sur un palier de franchise élevé adossé à une garantie individuelle sur les reproducteurs.
Atelier porcin ou avicole hors sol. La totalité du cheptel vit sous ventilation mécanique dans un ou deux bâtiments. Une panne d'extracteur provoque une mortalité de bande, immédiate et intégrale, pendant que le bâtiment continue de porter ses annuités.
Sélectionneur et détenteur de reproducteurs. Un taureau de monte concentre une valeur sans rapport avec la valeur bouchère. Impuissance fonctionnelle du mâle, mort lors d'une transplantation embryonnaire et mort du fœtus relèvent de la formule individuelle.
Jeune installé. Cheptel constitué à crédit et trésorerie sans réserve : lors de la dermatose nodulaire contagieuse, 70 éleveurs sur 82 exploitations dépeuplées ont demandé une avance, pour 5,9 millions d'euros, avant tout règlement définitif.
★★★★★

« Je comparais des cotisations en croyant comparer des couvertures. On m'a fait compter combien de vaches dorment sous le même toit un soir d'orage, et j'ai compris que ma franchise à 100 euros me faisait payer cher le remboursement de pertes que j'absorbais déjà seul. »

Éleveur laitier en Bourgogne Franche Comté · Client France Épargne, troupeau de 140 vaches
Questions

Ce que les éleveurs demandent en premier

Non. Elle protège les bâtiments, le matériel, les stocks et la responsabilité civile de l'exploitation, mais exclut la mortalité du cheptel par accident ou par maladie. La garantie relève d'un contrat ou d'un avenant distinct, encadré par les articles L123-1 à L123-4 du code des assurances.

Parce qu'un danger sanitaire de catégorie 1 confirmé déclenche un abattage ordonné par l'administration, qui indemnise à la valeur marchande objective. Le principe indemnitaire de l'article L121-1 interdit de doublonner cette indemnité. Une option dédiée verse 25 % en complément et couvre les attaques de loup, de lynx et d'ours.

Vingt-quatre heures à compter de la découverte de l'événement, contre cinq jours ouvrés en droit commun. C'est le délai le plus court du code des assurances, fixé par l'article L123-1. Le constat vétérinaire doit précéder l'appel à l'équarrisseur, faute de quoi la cause du décès ne sera plus établie.

Celle qui se cale juste au dessus de votre mortalité courante annuelle, dans la fourchette de 100 à 25 000 euros des formules cheptel. En dessous, vous payez une cotisation pour faire rembourser des pertes que votre trésorerie absorbe déjà chaque année sans difficulté.

La règle proportionnelle de capitaux de l'article L121-5 réduit l'indemnité dans la proportion exacte de la sous assurance, y compris sur un sinistre partiel. La parade est la valeur agréée, arrêtée d'un commun accord à la souscription, complétée par une révision annuelle des effectifs.

Oui, avec deux régimes distincts. Pour un exploitant au réel, l'indemnité compensant un animal en stock est un produit imposable en bénéfices agricoles. Celle qui compense un animal inscrit à l'actif immobilisé, un reproducteur détenu plus d'un an, relève des plus-values professionnelles.

Pour aller plus loin

Ce que recouvre exactement la garantie mortalité

L'assurance mortalité du bétail est un contrat de dommages qui verse à l'éleveur la valeur assurée d'un animal lorsque celui ci meurt d'un accident ou d'une maladie, ou lorsqu'il doit être euthanasié. Elle ne couvre pas les bâtiments, le matériel ou la responsabilité civile de l'exploitation : elle porte uniquement sur le capital vivant. Cette séparation n'est pas une subtilité commerciale. La multirisque agricole standard, qui protège les biens de l'exploitation, exclut expressément la mortalité du cheptel par maladie ou par accident. Un éleveur convaincu d'être couvert par son contrat d'exploitation découvre l'exclusion au moment du sinistre, quand la stabulation a brûlé et que les animaux sont morts avec elle.

Le législateur a doté cette branche d'un régime propre. Les articles L123-1 à L123-4 du Code des assurances forment un chapitre intitulé « Les assurances contre la grêle et la mortalité du bétail ». Deux règles y sont spécifiques. La première tient au délai de déclaration : l'article L123-1 fixe à quatre jours l'envoi de la déclaration en assurance grêle, puis précise que pour l'assurance contre la mortalité du bétail « ce délai est réduit à vingt-quatre heures », sauf cas fortuit, force majeure ou prolongation contractuelle. C'est le délai le plus court de tout le Code des assurances, et il s'explique par la biologie : passé quelques heures, l'autopsie ne dit plus rien de la cause du décès et l'équarrisseur a enlevé le corps. La seconde règle figure à l'article L123-4 : une garantie suspendue pour non paiement de prime « reprend ses effets au plus tard le dixième jour à midi » après règlement des arriérés, et l'assureur conserve la faculté d'exclure les sinistres survenus pendant la suspension.

Le contrat se décline en deux formules qui ne répondent pas au même besoin. La formule individuelle assure un animal nommément identifié, avec un plafond de l'ordre de 15 000 euros par tête chez les principaux assureurs agricoles français : elle vise le taureau de monte, la vache de concours, l'étalon, le reproducteur inscrit dont la disparition détruit une génétique et non seulement une carcasse. La formule cheptel assure des groupes d'animaux définis par espèce, tranche d'âge et caractéristiques, sans identification individuelle : elle vise le troupeau de production, où chaque tête vaut moins mais où le nombre fait le capital.

Les événements garantis vont bien au delà de l'image d'une bête malade. Sont couverts l'incendie de bâtiment, la foudre, l'électrocution, l'asphyxie par défaut de ventilation ou par les gaz d'une fosse à lisier, la suffocation par frayeur d'un lot paniqué, la noyade, l'accident de transport, l'accident de mise bas, la mort consécutive à une castration ou à une intervention chirurgicale, la malveillance et l'euthanasie prescrite par le vétérinaire (source : conditions des contrats Groupama et Crédit Agricole, consultées en juillet 2026). S'y ajoutent des garanties propres aux reproducteurs : impuissance fonctionnelle du mâle, mort lors d'une transplantation embryonnaire, mort du fœtus ou du nouveau né.

Une exclusion domine toutes les autres et doit être comprise avant la signature : les maladies réputées contagieuses sont écartées de la garantie de base. La logique est celle du droit de l'assurance : un risque dont la survenance déclenche l'intervention de la puissance publique, avec abattage ordonné et indemnisation d'État, ne se cumule pas librement avec une indemnité privée. Les contrats du marché rouvrent cette porte par une option dangers sanitaires de catégorie 1, qui verse une indemnité complémentaire à celle de l'État, fixée à 25 % chez Crédit Agricole, et couvre également les attaques de la faune protégée, loup, lynx et ours.

L'ordre de grandeur du risque de base est documenté. L'étude de référence sur la mortalité bovine française, conduite par Perrin, Ducrot, Vinard, Hendrikx et Calavas à partir de la base nationale d'identification et publiée dans INRAE Productions Animales en juillet 2011, mesure un risque annuel de mortalité de 3,5 % pour les bovins laitiers de plus de deux ans et de 2,0 % en troupeau allaitant. Sur les veaux, la mortalité périnatale atteint 7,9 % pour les mâles et 6,0 % pour les femelles en élevage laitier, contre 4,7 % et 3,2 % en allaitant. Sur l'ensemble des notifications de mortalité, les veaux de moins de 21 jours pèsent 40 %, les jeunes de 21 jours à 24 mois 33 %, les adultes 28 %. Ces taux décrivent une attrition continue, budgétable. Ils ne décrivent pas ce que le contrat sert vraiment à couvrir : l'événement qui emporte en une fois le lot entier réuni sous un même toit.

Vaches en stabulation, capital vivant d'une exploitation d'élevage
Le cheptel bovin français compte 3,5 millions de vaches laitières et 3,8 millions d'allaitantes (Insee, recensement agricole 2020).

Elle couvre le seul actif que la multirisque exclut

La multirisque agricole protège les bâtiments, le matériel et les stocks, mais écarte la mortalité du cheptel par accident ou maladie. Sur une exploitation laitière, le troupeau représente pourtant l'essentiel de l'outil de production. Le contrat mortalité ferme cette brèche.

Elle absorbe l'événement de masse, pas seulement la perte isolée

Incendie de stabulation, foudre, panne de ventilation en bâtiment porcin ou avicole, asphyxie par les gaz de fosse : un seul événement emporte la fraction du cheptel réunie au même endroit. Cette perte n'a aucun rapport d'échelle avec les 2,0 % à 3,5 % de mortalité annuelle courante mesurés par INRAE.

Elle complète l'indemnité sanitaire de l'État

L'option dangers sanitaires de catégorie 1 verse une indemnité additionnelle, fixée à 25 % chez Crédit Agricole, en surplus de l'indemnisation versée par l'administration en cas d'abattage ordonné. Elle intervient sans franchise dans les contrats qui la proposent.

Elle indemnise la marge brute, pas seulement la carcasse

L'option perte d'exploitation prend en charge la perte de marge brute pendant la reconstitution du troupeau, jusqu'à deux ans chez les principaux assureurs agricoles. Une vache morte cesse de produire du lait ou des veaux bien avant d'être remplacée par une génisse en production.

Elle se calibre par palier de franchise

La formule cheptel offre sept niveaux de franchise fixes, de 100 à 25 000 euros. Une franchise placée au dessus de la mortalité courante annuelle cesse de rembourser ce que l'exploitation autofinance déjà et concentre la cotisation sur l'événement exceptionnel.

Elle protège la génétique, pas la seule valeur bouchère

La formule individuelle assure un animal identifié jusqu'à environ 15 000 euros et couvre l'impuissance fonctionnelle du mâle reproducteur, la mort lors d'une transplantation embryonnaire et la mort du fœtus. Un taureau de monte perdu emporte des années de sélection.

Elle règle vite, à condition de déclarer vite

Les contrats du marché prévoient un versement sous deux jours ouvrés après accord de règlement. La contrepartie est le délai de déclaration de vingt-quatre heures fixé par l'article L123-1 du Code des assurances, sous peine d'une rétention pouvant atteindre 30 % de l'indemnité.

Elle couvre les prédateurs protégés

Les attaques de loup, de lynx et d'ours entrent dans le périmètre de l'option sanitaire des contrats agricoles français. L'indemnisation privée s'ajoute au constat de prédation et au dispositif public d'indemnisation des dommages de la faune protégée.

Mesurez l'écart entre votre mortalité courante et un événement

Un simulateur oppose ce que votre cheptel perd chaque année par mortalité ordinaire et ce qu'un seul sinistre emporte sur le lot réuni au même endroit. Le résultat s'exprime en années de mortalité courante. Trois minutes suffisent.

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De la souscription au versement : le mécanisme pas à pas

Tout commence par la caractérisation du cheptel. L'assureur ne peut pas garantir un troupeau qu'il n'a pas décrit : il faut établir les effectifs par espèce, par tranche d'âge et par atelier, la conduite d'élevage, le mode de logement, les équipements de prévention et la valeur retenue par tête. Un certificat vétérinaire attestant du bon état sanitaire est demandé à la souscription, en particulier sur les animaux de valeur assurés individuellement. Cette étape n'est pas une formalité administrative : elle fixe l'assiette de toutes les indemnités futures.

La valeur déclarée est la variable la plus lourde de conséquences. Elle peut être agréée, c'est à dire arrêtée d'un commun accord entre l'éleveur et l'assureur au moment de la souscription, ou simplement déclarée par le souscripteur. La valeur agréée sécurise le règlement : le montant n'est plus discuté au sinistre. La valeur déclarée expose à la règle proportionnelle de capitaux de l'article L121-5 du Code des assurances : si le capital assuré s'avère inférieur à la valeur réelle du cheptel, l'indemnité est réduite dans la proportion exacte de cette insuffisance. Un troupeau assuré pour 300 000 euros alors qu'il en vaut 400 000 ne reçoit que trois quarts de sa perte, y compris sur un sinistre partiel.

La franchise structure ensuite l'économie du contrat. En formule individuelle, elle s'exprime en pourcentage : 15 % de la valeur vénale de l'animal chez Crédit Agricole, quel que soit l'événement. En formule cheptel, elle prend la forme de sept paliers fixes échelonnés de 100 à 25 000 euros, choisis par espèce. L'option perte d'exploitation porte sa propre franchise, de l'ordre de 5 % du capital assuré. L'option dangers sanitaires de catégorie 1 s'applique en général sans franchise. Le choix du palier n'est pas un arbitrage de prix : il détermine si le contrat rembourse la mortalité ordinaire, que l'exploitation finance déjà sur sa trésorerie, ou s'il se concentre sur l'événement qui la dépasse.

Au sinistre, la chronologie est brutale. Le délai de vingt-quatre heures de l'article L123-1 court à compter de la découverte de l'événement. Dans le même temps, le code rural impose au détenteur de faire procéder sans délai à l'enlèvement du cadavre par le service d'équarrissage. Les deux obligations se télescopent : une fois le corps enlevé, aucune autopsie ne viendra plus établir la cause de la mort. La séquence qui préserve les droits de l'éleveur est donc invariable : appel au vétérinaire traitant, constat écrit et prélèvements, déclaration à l'assureur dans les vingt-quatre heures, puis seulement appel à l'équarrisseur. L'inversion de cet ordre transforme un sinistre garanti en litige.

L'expertise intervient ensuite. Le vétérinaire établit la cause du décès, ce qui commande l'application ou l'exclusion de la garantie : un accident et une maladie non contagieuse ouvrent droit, une maladie réputée contagieuse renvoie au régime sanitaire public. Sur les sinistres de masse, l'assureur mandate son propre expert pour dénombrer les animaux, vérifier la concordance avec le registre d'élevage et les boucles d'identification, et arrêter la valeur. Les contrats du marché prévoient un règlement sous deux jours ouvrés après accord, et prévoient symétriquement une rétention pouvant atteindre 30 % de l'indemnité en cas de manquement aux obligations du contrat.

Le cas de l'abattage sur ordre de l'administration suit un circuit parallèle. Quand un danger sanitaire de catégorie 1 est confirmé, la puissance publique ordonne le dépeuplement et indemnise elle même à la valeur marchande objective, arrêtée au cas par cas par deux experts indépendants mandatés par les services de l'État, sur l'âge, le sexe, la race, la vocation économique, la valeur génétique et les performances zootechniques de chaque animal. Une avance de trésorerie est versée dans la semaine suivant le dépeuplement, calculée sur le barème de l'annexe II de l'arrêté du 30 mars 2001 : 1 125 euros pour une femelle d'élevage de moins de 24 mois, 2 100 euros au delà. L'assurance privée n'a pas vocation à doublonner cette indemnité : elle intervient en complément, à hauteur de 25 % pour les contrats qui portent l'option, et sur les postes que l'État ne couvre pas, au premier rang desquels la perte de marge brute pendant la période où le repeuplement reste interdit.

Un dernier mécanisme mérite d'être compris avant la signature, celui de la révision annuelle. Le capital assuré est arrêté à un instant donné, mais un troupeau bouge en permanence : renouvellement, agrandissement d'un atelier, changement de conduite, hausse des cours. Un contrat souscrit sur cent vaches et jamais mis à jour couvre encore cent vaches trois ans plus tard, alors que l'exploitation en détient cent trente. La sous assurance ainsi créée ne se voit pas tant qu'aucun sinistre ne survient, puis se paie en une fois. La révision annuelle des effectifs et des valeurs agréées n'est donc pas une formalité de gestion : c'est ce qui maintient l'égalité entre le capital assuré et la valeur réelle du cheptel, seule condition pour que l'indemnité soit versée intégralement. Chez France Épargne, ce point de contrôle est fixé à date, avant le renouvellement de l'échéance principale.

1

Bilan du cheptel et des expositions

Nous recensons vos effectifs par espèce, par atelier et par tranche d'âge, la valeur retenue par tête et surtout la part du troupeau réunie au même endroit. C'est cette concentration, et non la mortalité moyenne, qui détermine le sinistre maximal possible.

2

Étude des garanties et calibrage de la franchise

Nous chiffrons votre mortalité courante à partir des taux de référence et la comparons aux sept paliers de franchise du marché, de 100 à 25 000 euros. Nous arbitrons ensuite entre formule individuelle pour les reproducteurs de valeur et formule cheptel pour le troupeau de production.

3

Mise en concurrence des assureurs agricoles

Nous interrogeons les porteurs de risque du marché de l'élevage sur une base identique : mêmes effectifs, même valeur agréée, même palier de franchise, mêmes options perte d'exploitation et dangers sanitaires. Sans base commune, deux tarifs ne se comparent pas.

4

Souscription et sécurisation de la valeur agréée

Nous faisons acter la valeur agréée au contrat plutôt qu'une simple valeur déclarée, ce qui neutralise la règle proportionnelle de l'article L121-5 du Code des assurances au moment du règlement, et nous vérifions l'articulation avec votre multirisque agricole.

5

Protocole de sinistre et suivi annuel

Nous remettons la séquence à respecter en cas de mortalité, vétérinaire puis déclaration sous vingt-quatre heures puis équarrissage, et nous révisons chaque année les effectifs et les valeurs pour que le capital assuré suive la croissance du troupeau.

Vétérinaire examinant un bovin en présence de l'éleveur, constat de sinistre
Le constat vétérinaire précède la déclaration, qui doit partir dans les vingt-quatre heures (article L123-1 du Code des assurances).

Quelle formule pour quel cheptel ?

Formule individuelle

  • Un animal nommément identifié, plafond de l'ordre de 15 000 euros par tête
  • Franchise proportionnelle de 15 % de la valeur vénale de l'animal
  • Garanties reproducteurs : impuissance fonctionnelle, transplantation embryonnaire, mort du fœtus
  • Certificat vétérinaire exigé à la souscription
  • Adaptée aux taureaux de monte, animaux de concours et génétique inscrite

Formule cheptel

  • Groupes d'animaux définis par espèce, tranche d'âge et caractéristiques
  • Sept paliers de franchise fixes, de 100 à 25 000 euros, choisis par espèce
  • Capital assuré global exposé à la règle proportionnelle si la valeur est sous déclarée
  • Couvre incendie, foudre, électrocution, asphyxie, mise bas, malveillance
  • Adaptée au troupeau de production laitier, allaitant, porcin ou avicole

Option perte d'exploitation

  • Indemnise la perte de marge brute pendant la reconstitution du troupeau
  • Durée d'indemnisation portée jusqu'à deux ans chez les principaux assureurs agricoles
  • Franchise propre de l'ordre de 5 % du capital assuré
  • Couvre le décalage entre la mort de l'animal et le retour en production d'une remplaçante
  • Décisive en élevage laitier, où le produit s'arrête le jour de la perte

Option dangers sanitaires de catégorie 1

  • Indemnité additionnelle de 25 % en surplus de celle de l'État
  • Couvre l'abattage ordonné par l'administration, exclu de la garantie de base
  • Étendue aux attaques de la faune protégée, loup, lynx et ours
  • Appliquée sans franchise dans les contrats qui la proposent
  • Devenue centrale après la dermatose nodulaire contagieuse et la fièvre catarrhale

Les repères chiffrés de la branche

ParamètreValeurSource
Délai de déclaration de sinistre24 heuresCode des assurances, art. L123-1
Reprise d'effet après suspension pour non paiement10e jour à midiCode des assurances, art. L123-4
Mortalité annuelle des bovins laitiers de plus de 2 ans3,5 %INRAE Productions Animales, 2011
Mortalité annuelle des bovins allaitants de plus de 2 ans2,0 %INRAE Productions Animales, 2011
Mortalité périnatale des veaux laitiers6,0 % à 7,9 %INRAE Productions Animales, 2011
Paliers de franchise en formule cheptel100 à 25 000 EURCrédit Agricole, contrat Mortalité des animaux
Plafond en formule individuelle15 000 EUR par animalCrédit Agricole, contrat Mortalité des animaux
Franchise en formule individuelle15 % de la valeur vénaleCrédit Agricole, contrat Mortalité des animaux
Indemnité complémentaire à celle de l'État25 %Crédit Agricole, option dangers sanitaires
Avance publique par femelle de plus de 24 mois2 100 EURArrêté du 30 mars 2001, annexe II
Avance publique par femelle de moins de 24 mois1 125 EURArrêté du 30 mars 2001, annexe II
Bovins euthanasiés lors de la dermatose nodulaire contagieuse3 089Sénat, rapport d'information r25-354
Coût public de cette seule épizootieau moins 64 millions EURSénat et Public Sénat
Foyers de fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 en un an10 813Agriculture.gouv.fr, du 5 août 2024 au 1er juin 2025
Cotisation commune obligatoire au FMSE20 EUR par an et par exploitantMSA, cotisation commune 2025 2026

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Deux devis ne se comparent que sur une base identique : mêmes effectifs, même valeur agréée, même palier de franchise. Nos conseillers reconstituent cette base, puis mettent les assureurs agricoles en concurrence.

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Pourquoi le risque sanitaire a changé de nature

Deux épizooties consécutives ont fait basculer l'assurance du cheptel d'un produit de confort à un sujet de trésorerie. La première est la fièvre catarrhale ovine de sérotype 3, maladie virale transmise par des moucherons du genre Culicoides, dont le premier foyer français a été confirmé le 5 août 2024. Le décompte officiel donne la mesure de la diffusion : 10 813 foyers recensés entre le 5 août 2024 et le 1er juin 2025, puis 7 606 foyers entre le 1er juin 2025 et le 1er juin 2026, et 251 foyers depuis cette date (source : agriculture.gouv.fr, situation de la fièvre catarrhale ovine en France). Les effets dépassent la mortalité directe, seule indemnisable au titre d'un contrat mortalité : avortements, chute de production laitière, infertilité des mâles reproducteurs, blocage de l'export et arrêt du ramassage des veaux laitiers pèsent sur le résultat de campagnes entières. Ces conséquences relèvent de la garantie perte d'exploitation, non de la garantie mortalité, distinction que beaucoup d'éleveurs découvrent au moment du sinistre.

La seconde est la dermatose nodulaire contagieuse, maladie virale des bovins détectée pour la première fois en France le 29 juin 2025 en Savoie. La stratégie de lutte a reposé sur le dépeuplement total des foyers : 82 exploitations dépeuplées et 3 089 bovins euthanasiés, selon le rapport d'information du Sénat consacré au premier bilan de la crise. Le coût public s'établit à au moins 64 millions d'euros, dont 21,3 millions de frais vétérinaires, 15 millions d'indemnisations sanitaires aux élevages dépeuplés, 3,1 millions de vaccins et de stockage. Le gouvernement a ouvert un fonds de soutien aux exploitations non foyers de 11 millions d'euros le 19 décembre 2025, porté à 22 millions d'euros le 9 janvier 2026, distribué sur la base de 90 euros par unité gros bétail dans la limite de 4 500 euros par exploitation. Environ 830 reproducteurs sont restés bloqués en quarantaine export.

Le rapport sénatorial met en évidence le point que l'assurance privée occupe. L'indemnisation sanitaire de l'État est jugée globalement satisfaisante sur la valeur des animaux abattus, mais lacunaire sur les pertes d'exploitation consécutives au dépeuplement. Les sénateurs recommandent d'allonger de trois à six mois la période d'indemnisation du déficit de production des élevages laitiers. Le ministère a de son côté étendu le calcul du déficit à la durée d'interdiction de repeuplement, alors qu'elle était auparavant plafonnée à trois mois en laitier et douze mois en allaitant. Ces ajustements successifs disent la même chose : le trou n'est pas dans la valeur de la bête morte, il est dans le temps mort qui suit.

Le barème public lui même illustre le décalage. L'avance de trésorerie versée dans la semaine suivant le dépeuplement repose sur l'annexe II de l'arrêté du 30 mars 2001, soit un texte dont les montants forfaitaires, 1 125 euros pour une femelle d'élevage de moins de 24 mois et 2 100 euros au delà, n'ont pas été revalorisés depuis leur adoption. L'indemnité définitive, la valeur marchande objective arrêtée par deux experts indépendants, corrige cet écart au cas par cas, mais la trésorerie de l'éleveur vit dans l'intervalle. Sur un dépeuplement de cent têtes, la différence entre l'avance forfaitaire et le coût réel de reconstitution se compte en dizaines de milliers d'euros de fonds de roulement immobilisés pendant des mois.

La mutualisation collective existe et ne couvre pas ce champ. Le Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental, le FMSE, finance des programmes d'indemnisation par section de production, dont une section ruminants. Sa cotisation commune obligatoire s'élève à 20 euros par an et par exploitant selon la MSA, complétée par une cotisation de section dont le montant varie de 5 euros en viticulture à 80 euros en oléiculture. Ce niveau de cotisation situe son rôle : un filet collectif financé par la profession et par les fonds publics, calibré sur des programmes sanitaires ciblés et décidés section par section, non un substitut à la couverture du capital vivant d'une exploitation donnée. Aucun mécanisme collectif ne verse la valeur d'un troupeau parti dans un incendie de stabulation.

Le contexte structurel achève d'expliquer la sensibilité du sujet. Le cheptel bovin français compte 3,5 millions de vaches laitières et 3,8 millions de vaches allaitantes, respectivement 200 000 et 300 000 de moins qu'en 2010 (Insee, recensement agricole 2020). Ces animaux sont détenus par 56 000 exploitations laitières et plus de 93 000 exploitations bovins viande. La décapitalisation du cheptel s'accompagne d'une concentration des structures : moins d'exploitations détiennent des troupeaux plus grands, dans des bâtiments plus vastes, avec un endettement de reconstitution plus lourd par tête. Le risque ne diminue pas avec le nombre de vaches : il se rassemble sous moins de toits.

Le coût public d'une seule épizootie bovine, par poste

Dépenses de l'État (en millions EUR)
+22+21,3+15+3,1+0,1Fonds desoutienFraisvétérinairesIndemnisationssanitairesVaccins etstockageAnalyses delaboratoire
Source : Sénat, rapport d'information r25-354 sur la dermatose nodulaire contagieuse
Bâtiment d'élevage et troupeau regroupé, concentration du risque de mortalité
82 exploitations dépeuplées et 3 089 bovins euthanasiés lors de la dermatose nodulaire contagieuse (Sénat, rapport r25-354).

Obligations, exclusions et traitement fiscal de l'indemnité

La première obligation est temporelle et elle est impitoyable. L'article L123-1 du Code des assurances ramène à vingt-quatre heures le délai d'envoi de la déclaration de sinistre en assurance mortalité du bétail, contre cinq jours ouvrés en droit commun. Ce délai court à compter de la découverte de l'événement, non de sa survenance. Les contrats du marché sanctionnent le retard par une rétention pouvant atteindre 30 % de l'indemnité. La déchéance ne joue toutefois que si elle est stipulée au contrat et si l'assureur démontre que le retard lui a causé un préjudice, conformément à la jurisprudence constante sur les clauses de déchéance pour déclaration tardive.

La deuxième obligation est probatoire et se joue en parallèle. Le code rural impose au détenteur d'un cadavre d'animal d'en faire assurer l'enlèvement sans délai par le service d'équarrissage. L'éleveur se trouve donc pris entre une obligation sanitaire d'évacuation et une nécessité assurantielle de preuve. La seule séquence qui satisfait les deux est connue : constat du vétérinaire traitant avec prélèvements et rapport écrit, déclaration à l'assureur dans les vingt-quatre heures, appel à l'équarrisseur en dernier. Une mortalité déclarée après enlèvement du corps se règle rarement sans contentieux.

Les exclusions structurelles sont au nombre de trois. Les maladies réputées contagieuses sortent de la garantie de base, renvoyées au régime sanitaire public de l'abattage ordonné, sauf souscription de l'option dédiée. Les conséquences d'un défaut de soins ou d'une conduite d'élevage manifestement fautive sont écartées : l'assureur couvre l'aléa, pas la négligence. Les animaux non déclarés au contrat ou hors des tranches d'âge assurées ne sont pas garantis, ce qui pénalise les exploitations dont le troupeau a grossi sans avenant.

La règle proportionnelle de capitaux de l'article L121-5 du Code des assurances constitue le piège le plus coûteux de la branche. Lorsque le capital assuré est inférieur à la valeur réelle du cheptel, l'indemnité est réduite dans la proportion de cette insuffisance, y compris sur un sinistre qui n'atteint qu'une partie du troupeau. La parade est la valeur agréée, arrêtée d'un commun accord à la souscription, qui rend le montant non discutable au règlement. À distinguer de la réduction proportionnelle de prime de l'article L113-9, qui sanctionne une déclaration inexacte du risque faite de bonne foi, tandis que la fausse déclaration intentionnelle emporte la nullité du contrat sur le fondement de l'article L113-8.

La prescription obéit au droit commun de l'assurance : l'article L114-1 du Code des assurances enferme toute action dérivant du contrat dans un délai de deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance. L'article L114-2 en organise l'interruption, notamment par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l'assureur au sujet du règlement de l'indemnité. La clause de prescription doit figurer dans la police : à défaut de rappel des causes d'interruption, l'assureur ne peut opposer la prescription à son assuré.

Le traitement fiscal de l'indemnité dépend de la nature de l'animal perdu. Pour un exploitant imposé au réel dans la catégorie des bénéfices agricoles, l'indemnité qui compense la disparition d'un animal figurant en stock, un animal destiné à la vente, constitue un produit d'exploitation imposable au titre de l'exercice de son acquisition. L'indemnité qui compense la perte d'un animal inscrit à l'actif immobilisé, typiquement un reproducteur détenu plus d'un an et amorti, relève en revanche du régime des plus-values professionnelles, avec la distinction entre court terme et long terme selon la durée de détention et les amortissements pratiqués. L'indemnité de perte d'exploitation, qui remplace une marge brute, suit le sort du produit qu'elle remplace et reste pleinement imposable en bénéfices agricoles. Ce découpage justifie de faire valider le traitement par le comptable de l'exploitation avant l'encaissement, en particulier quand l'indemnité arrive en fin d'exercice.

Dernier point d'articulation, le non cumul. Une indemnité d'assurance ne peut pas conduire l'assuré à percevoir plus que sa perte : le principe indemnitaire de l'article L121-1 du Code des assurances interdit l'enrichissement. Une indemnisation sanitaire versée par l'État au titre d'un abattage ordonné, un versement du FMSE au titre d'un programme de section, une aide régionale de reconstitution et une indemnité privée se combinent donc, mais dans la limite du préjudice réellement subi. C'est précisément pourquoi l'option dangers sanitaires des contrats agricoles est calibrée en complément de l'indemnité publique, de l'ordre de 25 %, et non en doublon de celle ci. Vérifier cette articulation avant de souscrire évite de payer une garantie dont l'objet est déjà couvert par la puissance publique.

Un mot enfin sur la résiliation, où une confusion coûte cher. La faculté de résilier à tout moment après un an, issue de la loi Hamon et codifiée à l'article L113-15-2 du Code des assurances, ne vise que les contrats couvrant les personnes physiques en dehors de leur activité professionnelle. Un contrat mortalité du bétail souscrit par un exploitant, un GAEC ou une EARL en est exclu : il reste soumis au régime de droit commun de l'article L113-12, résiliation à l'échéance annuelle moyennant un préavis de deux mois. La faculté de résiliation ouverte par l'article L123-3 en cas d'aliénation du fonds ou des produits obéit elle même à une règle particulière : la notification « ne prend effet qu'à l'expiration de l'année d'assurance en cours ». Un éleveur qui cède son exploitation en cours d'année reste donc engagé jusqu'à l'échéance, ce qui suppose d'organiser le transfert du contrat au repreneur plutôt que d'en attendre l'extinction automatique.

Questions fréquentes sur l'assurance mortalité du bétail

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Un éleveur qui compare des cotisations regarde le mauvais chiffre. La vraie question est la part de son troupeau réunie sous un même toit un soir d'orage, parce que c'est elle qui fixe le sinistre maximal, et c'est elle qui doit commander le palier de franchise.

Emmanuel d'IbelinConseiller en Gestion de Patrimoine

À qui cette couverture s'adresse en priorité

L'éleveur laitier est le profil le plus directement exposé. Son risque de mortalité adulte est le plus élevé de la filière bovine, à 3,5 % par an au delà de deux ans selon INRAE, et son produit s'arrête le jour même de la perte : une vache morte cesse de livrer du lait, sans délai ni report. La reconstitution passe par une génisse qui n'entrera en production qu'après vêlage, soit un décalage de plusieurs mois pendant lesquels les annuités de la salle de traite et du bâtiment continuent de courir. C'est le profil pour lequel l'option perte d'exploitation, indemnisant la marge brute jusqu'à deux ans, change l'économie du contrat plutôt que de l'alourdir. La concentration du troupeau en stabulation, presque totale en hiver, ajoute une exposition d'événement que la mortalité moyenne masque.

L'éleveur allaitant, naisseur ou naisseur engraisseur, présente un profil inverse et tout aussi assurable. Son taux de mortalité adulte est plus faible, 2,0 % par an, mais la valeur unitaire de ses femelles est supérieure et son cycle de production plus long : une vache allaitante perdue emporte le veau de l'année et la génétique de plusieurs campagnes. Le pâturage disperse le troupeau une partie de l'année, ce qui réduit l'exposition d'événement, mais la concentration hivernale et les accidents de mise bas la reconstituent. Pour ce profil, l'arbitrage porte souvent sur un palier de franchise élevé, adossé à une garantie individuelle sur les reproducteurs de valeur.

L'éleveur porcin et l'aviculteur en atelier hors sol portent le risque de concentration à son maximum. La totalité du cheptel vit dans un ou deux bâtiments fermés, sous ventilation mécanique. Une panne d'extracteur, une défaillance de chauffage ou une coupure de courant prolongée provoque une mortalité de bande, immédiate et intégrale. Les contrats agricoles français citent d'ailleurs explicitement l'asphyxie, la suffocation par frayeur et la défaillance d'un système de chauffage parmi les événements garantis. Pour ces ateliers, le contrat mortalité ne complète pas la trésorerie : il conditionne la capacité à rembourser un investissement bâtiment dont la durée d'amortissement dépasse largement la durée d'une bande.

Le sélectionneur et le détenteur de reproducteurs inscrits relèvent de la formule individuelle. Un taureau de monte, un bélier de station, une vache de concours ou un étalon concentrent une valeur qui n'a plus grand chose à voir avec la valeur bouchère. Le plafond de l'ordre de 15 000 euros par animal, la garantie d'impuissance fonctionnelle du mâle, la couverture de la mort lors d'une transplantation embryonnaire et celle du fœtus ou du nouveau né visent précisément ce patrimoine génétique. La franchise proportionnelle de 15 % de la valeur vénale y remplace le palier fixe, ce qui suppose de faire agréer la valeur au contrat plutôt que de la déclarer.

Le jeune agriculteur récemment installé cumule deux fragilités : un cheptel constitué à crédit et une trésorerie sans réserve. Sur une installation financée, la perte d'une fraction du troupeau ne se traduit pas par un manque à gagner mais par une incapacité de remboursement. Les épizooties récentes l'ont montré : lors de la dermatose nodulaire contagieuse, 70 éleveurs sur les 82 exploitations dépeuplées ont sollicité une avance de trésorerie, pour 5,9 millions d'euros au total, avant même le règlement définitif de la valeur marchande objective. Pour ce profil, l'enjeu du contrat est la vitesse de règlement, deux jours ouvrés après accord chez les principaux assureurs agricoles, autant que le montant.

Les GAEC et les EARL posent une question supplémentaire, celle de la cohérence entre les associés. Le cheptel est un actif social, les capitaux assurés doivent suivre les effectifs réels et non l'apport historique de chacun, et l'articulation avec la multirisque agricole de la société doit être vérifiée pour éviter les zones grises entre bâtiment et cheptel. Le mouvement de fond y ajoute une raison : le cheptel français a perdu 200 000 vaches laitières et 300 000 allaitantes entre 2010 et 2020 selon le recensement agricole, pendant que les troupeaux restants grossissaient. Moins d'exploitations, plus d'animaux par unité, des bâtiments plus vastes et un endettement de reconstitution plus lourd par tête. Le risque n'a pas diminué avec le nombre d'éleveurs, il s'est rassemblé chez ceux qui restent.

Un profil échappe à cette grille et mérite d'être nommé : l'éleveur en filière aquacole ou en production spécialisée, pisciculture, élevage de gibier à plumes, cuniculture. Les contrats agricoles français couvrent expressément ces ateliers, mais la valorisation du cheptel y obéit à d'autres repères que la tête de bovin, et la mortalité de masse y répond à des causes propres : rupture d'oxygénation, pollution d'un cours d'eau amont, panne de pompe. La caractérisation préalable du risque y pèse plus lourd qu'ailleurs, parce qu'aucun barème public ne vient donner un ordre de grandeur. C'est précisément le travail que France Épargne conduit en amont de la mise en concurrence : établir une description du cheptel et de ses expositions suffisamment précise pour que plusieurs assureurs puissent tarifer le même risque, plutôt que chacun le sien.

Éleveurs de différentes filières, laitière, allaitante et hors sol, devant leurs bâtiments
56 000 exploitations laitières et plus de 93 000 exploitations bovins viande en France (Insee, recensement agricole 2020).

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Un conseiller France Épargne recense vos effectifs et leur concentration, calibre le palier de franchise sur votre mortalité courante, fait agréer la valeur au contrat et met les assureurs agricoles en concurrence sur une base identique. Réponse sous 6h, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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