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TotalEnergies vise un profit en hausse au 2e trimestre porté par la flambée du pétrole

TotalEnergies a publié ses indicateurs du deuxième trimestre 2026 : un Brent moyen à 103,8 dollars, une marge de raffinage à 13,5 dollars le baril et un trading pétrolier toujours vigoureux laissent entrevoir un résultat en progression, malgré le conflit au Moyen-Orient qui a amputé la production.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite de flux d'énergie pétroliers et gaziers sombres traversés de reflets ambrés, symbolisant la flambée des cours et les résultats d'un groupe pétrolier majeur

Le groupe pétrolier TotalEnergies a dévoilé le 16 juillet 2026 les indicateurs de son deuxième trimestre, une semaine avant la publication de ses comptes complets prévue le 23 juillet. Portée par l'envolée des cours du pétrole et du gaz liée au conflit au Moyen-Orient, la major française laisse entrevoir un résultat en hausse par rapport au premier trimestre, tout en soulignant l'impact d'une production interrompue dans plusieurs pays du Golfe.

Ces indicateurs de mi-parcours, publiés chaque trimestre par le groupe, servent de repère aux analystes avant les résultats détaillés. Ils confirment un environnement de prix nettement plus élevé qu'au début de l'année, dans un marché de l'énergie bousculé par les tensions géopolitiques.

Des prix de l'énergie propulsés par la guerre

Sur le trimestre, le Brent s'est établi en moyenne à 103,8 dollars le baril, contre 81,1 dollars au premier trimestre, soit une progression de 22,7 dollars. Le prix moyen des liquides encaissé par le groupe a suivi, mais dans une moindre mesure : plus 17,9 dollars le baril sur le trimestre, à 91,6 dollars.

Cet écart s'explique par un calendrier d'enlèvements des cargaisons concentré sur la fin du trimestre, dans un marché du brut redevenu plus souple. Autrement dit, une partie du pétrole a été valorisée à des cours de fin juin, retombés sous les 70 dollars le baril, alors que la moyenne trimestrielle restait haute.

Du côté du gaz, le prix de référence européen TTF a atteint 15,6 dollars le million de BTU, en hausse par rapport aux 13,7 dollars du trimestre précédent, sur fond de reconstitution des stocks en Europe. Le prix moyen de vente du gaz naturel liquéfié (GNL) du groupe est ressorti à 10,20 dollars le million de BTU, contre 8,48 dollars au premier trimestre.

Le raffinage et le trading en soutien

La marge de raffinage européenne de TotalEnergies, mesurée par son indicateur ERM, s'est élevée à 13,5 dollars le baril, contre 11,4 dollars au trimestre précédent. Le groupe indique que les résultats de l'aval devraient progresser fortement par rapport au premier trimestre, soutenus par des marges de raffinage et de pétrochimie plus élevées.

L'activité de trading pétrolier, qui avait doublé son gain à environ 1 milliard de dollars au premier trimestre à la faveur d'achats de brut avant le déclenchement de la guerre, devrait rester à ce même niveau élevé au deuxième trimestre. Le négoce représente en année pleine de l'ordre de 2 milliards de dollars de résultat pour le groupe.

La branche Integrated Power profitera pour sa part de la finalisation, le 29 avril, de la transaction avec le groupe tchèque EPH, qui doit renforcer nettement sa génération de trésorerie. À l'inverse, l'activité GNL intégrée devrait voir ses résultats et ses flux de trésorerie baisser sensiblement, pénalisés par une contre-performance du négoce gazier sur un marché européen globalement stable à baissier, après un début d'année particulièrement porteur.

Le conflit ampute la production, mais moins que prévu

La production d'hydrocarbures du deuxième trimestre devrait avoisiner 2,4 millions de barils équivalent pétrole par jour, portée par une croissance organique conforme à l'objectif trimestriel de 4 %. L'impact du conflit au Moyen-Orient s'établit autour de 210 000 barils équivalent pétrole par jour, un chiffre inférieur aux 360 000 annoncés le trimestre précédent.

Cette amélioration tient à la montée en puissance de la production du groupe au large des Émirats arabes unis au cours du trimestre, ainsi qu'au redémarrage des installations dans les autres pays de la région en juin. Une part significative de cette production n'a toutefois pas pu être enlevée durant le trimestre : elle est comptabilisée sur la base d'un cours du brut de fin juin, inférieur à 70 dollars le baril, ce qui pèsera sur les résultats de l'exploration production.

Au global, la génération de trésorerie de l'exploration production devrait augmenter d'environ 1 milliard de dollars par rapport au premier trimestre. Le groupe anticipe par ailleurs une baisse de son besoin en fonds de roulement comprise entre 1 et 1,5 milliard de dollars, liée surtout à l'effet des prix plus faibles en fin de trimestre sur la valeur des stocks.

Ce que cela change pour l'investisseur

Avec des investissements nets trimestriels alignés sur l'objectif annuel de 15 milliards de dollars, TotalEnergies table sur une amélioration de 2 points de son ratio d'endettement, le gearing, à la fin du deuxième trimestre. Un signal de solidité financière alors que le titre, l'un des poids lourds du CAC 40, reste très exposé aux mouvements du baril.

Pour l'épargnant français, cette publication illustre la mécanique des grandes valeurs pétrolières : leurs résultats amplifient les chocs géopolitiques, à la hausse comme à la baisse. La flambée des cours dope les revenus du trimestre, mais la volatilité et le repli de fin de période rappellent qu'un tel profil de rendement s'accompagne d'un risque marqué. Les comptes complets du 23 juillet préciseront l'ampleur exacte de la progression et le sort réservé aux retours aux actionnaires.

Sources

Tags :

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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