Stratégie Retraite Globale

Retraite complémentaire, profession libérale : la soutenabilité financière devient une obligation

Retraite complémentaire, profession libérale : le décret du 29 mai 2026 impose des critères de soutenabilité. Chiffrez votre exposition et l'étage à bâtir.

12 août 202623 min de lecture
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Points clés
  • Certains régimes doivent fixer des critères de soutenabilité financière au plus tard le 31 décembre 2026. Les régimes relevant de la CIPAV en sont dispensés.
  • À la CARMF, le taux du régime complémentaire passe de 10,20 % en 2025 à 11,80 % en 2026, portant la cotisation maximale de 16 815 € à 19 849 €.
  • La valeur du point du régime complémentaire vieillesse de la CARMF atteint 88,71 € en 2026, contre 87,57 € en 2025 et 78,55 € en 2016.
  • Au 1er janvier 2027, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 réserve le cumul emploi-retraite intégral aux assurés de 67 ans et plus.

Depuis le 1er juillet 2026, un décret publié au Journal officiel du 31 mai 2026 réorganise les régimes de retraite complémentaire des professions libérales. Il porte une disposition que peu de praticiens ont lue : certains de ces régimes doivent fixer, au plus tard le 31 décembre 2026, des critères de soutenabilité financière destinés à éviter que les prestations promises ne soient déconnectées des ressources du régime. Votre retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, devient un engagement ajustable aux moyens de votre caisse. Cet article explique le mécanisme, chiffre votre exposition à partir des barèmes 2026 de la CARMF, et détaille la méthode pour dimensionner l'étage privé qui protégera votre niveau de vie. Il laisse de côté les régimes de base, dont les règles suivent un calendrier distinct.

À retenir :

  • Le décret n° 2026-418 du 29 mai 2026, publié au Journal officiel du 31 mai, encadre la retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, depuis son entrée en vigueur le 1er juillet 2026 : les statuts des régimes cèdent la place à des règlements.
  • Certains régimes doivent fixer des critères de soutenabilité financière au plus tard le 31 décembre 2026. Les régimes relevant de la CIPAV en sont dispensés.
  • À la CARMF, le taux du régime complémentaire passe de 10,20 % en 2025 à 11,80 % en 2026, portant la cotisation maximale de 16 815 € à 19 849 €.
  • La valeur du point du régime complémentaire vieillesse de la CARMF atteint 88,71 € en 2026, contre 87,57 € en 2025 et 78,55 € en 2016.
  • Au 1er janvier 2027, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 réserve le cumul emploi-retraite intégral aux assurés de 67 ans et plus.

Ce que le décret du 29 mai 2026 impose à votre caisse

Le décret n° 2026-418 du 29 mai 2026, publié au Journal officiel du 31 mai 2026, réforme les régimes d'assurance vieillesse complémentaire, d'assurance invalidité-décès et de prestations complémentaires de vieillesse applicables aux professions libérales. Son entrée en vigueur est fixée au 1er juillet 2026. Le texte est consultable sur Légifrance.

Son objectif principal, tel que le résume La Base Lextenso dans sa brève du 1er juin 2026, consiste à harmoniser et simplifier les règles de fonctionnement de ces régimes, en regroupant dans les décrets qui les instituent l'ensemble des dispositions relatives aux cotisations. Le décret modifie de nombreux décrets historiques applicables aux notaires, médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, vétérinaires, experts-comptables, agents généraux d'assurance et auxiliaires médicaux.

La mécanique juridique mérite une seconde de lecture. Le texte remplace les anciens statuts des régimes par des règlements. Les statuts désignent les règles d'organisation interne d'une section professionnelle, c'est-à-dire la caisse qui gère votre profession. Les règlements désignent désormais les règles qui vous concernent directement : cotisations, prestations, garanties, options, dispenses et situation du conjoint collaborateur. WebLex détaille cette répartition dans son analyse du 9 juin 2026 : ce qui relève de l'organisation interne reste attaché aux statuts des sections, ce qui touche aux droits et obligations des assurés figure dans les règlements propres aux régimes.

Cette clarification formelle emporte des conséquences pratiques immédiates. WebLex en cite trois. Une absence de déclaration de revenus peut entraîner l'appel de cotisations sur une base élevée. Un début ou une fin d'activité donne lieu à une proratisation des cotisations. Le non-paiement de certaines sommes peut affecter les garanties invalidité-décès. Ces règles existaient déjà, dispersées ; elles sont désormais rassemblées et opposables au même endroit. Un cotisant qui veut vérifier ses droits en matière de retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, dispose donc d'un texte unique de référence.

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Retraite complémentaire, profession libérale : pourquoi la valeur du point devient ajustable

Les régimes complémentaires des libéraux fonctionnent par répartition en points. Vos cotisations achètent des points, et votre pension annuelle égale votre stock de points multiplié par la valeur de service du point, montant en euros que le conseil d'administration de votre caisse fixe chaque année. Ce paramètre est la variable d'ajustement du système.

Le décret rend cette variable explicite. WebLex résume l'enjeu en une phrase : il s'agit d'éviter que les prestations promises ne soient déconnectées des ressources du régime. Concrètement, les caisses concernées doivent inscrire avant le 31 décembre 2026 des critères écrits reliant le niveau des pensions à ce que le régime encaisse. La retraite complémentaire, profession libérale comprise, quitte le registre de la promesse implicite pour celui de l'engagement paramétré.

Les chiffres de la CARMF donnent la mesure du paramètre. La valeur du point du régime complémentaire vieillesse, pour une liquidation à 65 ans, s'établit à 88,71 € en 2026 contre 87,57 € en 2025, soit une revalorisation de 1,3 % que le conseil d'administration a votée en dépassant l'inflation 2025, proche de 1 %. Sur dix ans, la progression atteint 12,93 %, le point valant 78,55 € en 2016. Ce régime pèse à lui seul plus de 45 % de la retraite moyenne d'un médecin. Un praticien qui a accumulé 500 points perçoit donc 44 355 € par an au titre de ce seul étage en 2026.

Le président de la CARMF, le Dr Olivier Petit, décrit la situation financière sans détour dans sa lettre aux cotisants de janvier 2026 : « Même si nous sommes encore en déficit technique, c'est-à-dire que nous dépensons plus d'argent que nous n'en recevons, la sortie du tunnel est en vue. » Il ajoute que les réserves constituées depuis les années 90 « jouent pleinement leur rôle et auront évité une hausse trop forte des cotisations ou une baisse insupportable de la valeur des points ». Cette formulation confirme que la valeur du point figure parmi les leviers mobilisables.

L'effet d'un gel se calcule simplement. Reprenons le praticien aux 500 points et ses 44 355 € annuels. Si la valeur du point restait figée à 88,71 € pendant cinq ans alors que les prix progressent de 2 % par an, cette pension ne représenterait plus que 40 174 € de pouvoir d'achat exprimé en euros de 2026. La perte atteint 4 181 € de revenu annuel, soit 9,4 %. L'absence de revalorisation suffit à produire ce résultat.

Quelles professions sont concernées, et lesquelles échappent au critère

La réorganisation du 1er juillet 2026 couvre un champ large. WebLex nomme les médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, vétérinaires, experts-comptables, agents généraux d'assurance, auxiliaires médicaux et notaires, ainsi que les professionnels libéraux rattachés à la CIPAV, la caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse dont relèvent notamment les architectes et les ingénieurs.

La nuance décisive porte sur le critère de soutenabilité. Cette obligation ne concerne pas les régimes relevant de la CIPAV. Un architecte affilié à la CIPAV subit donc la réorganisation formelle sans être soumis à l'échéance du 31 décembre 2026, là où un chirurgien-dentiste ou un expert-comptable relève des deux mouvements. Le décret ne produit pas une réforme uniforme : les changements dépendent de la caisse et du régime concernés.

Le tableau ci-dessous résume le déplacement des règles opéré au 1er juillet 2026, sur les cinq éléments que le décret réaffecte.

Élément Avant le 1er juillet 2026 Depuis le 1er juillet 2026
Organisation interne de la section professionnelle Statuts Statuts
Cotisations et assiette Statuts Règlement du régime
Prestations et garanties Statuts Règlement du régime
Dispenses et options Statuts Règlement du régime
Situation du conjoint collaborateur Statuts Règlement du régime

Cette bascule change le niveau de norme applicable à vos droits. Pour connaître les conséquences précises sur vos cotisations et vos garanties de retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, la référence utile est désormais le règlement du régime dont vous relevez.

Combien vous cotisez vraiment : le barème 2026 du régime complémentaire des médecins

La CARMF publie chaque janvier le détail de ses taux. Le tableau de la lettre du président pour 2026 permet de mesurer l'effort demandé aux praticiens, à comparer avec 2025.

Régime CARMF Taux ou montant 2026 Taux ou montant 2025
Base, tranche 1 (moins de 1 PASS) 8,73 % 8,23 %
Base, tranche 2 (moins de 5 PASS) 1,87 % 1,87 %
Complémentaire (moins de 3,5 PASS) 11,80 % 10,20 %
Allocations supplémentaires de vieillesse, part forfaitaire 5 751 € 5 556 €
Allocations supplémentaires de vieillesse, part proportionnelle 4,00 % 3,80 %
Invalidité-décès, cotisation forfaitaire 794 € 794 €

Le PASS, plafond annuel de la Sécurité sociale, sert de référence à ces plafonds. Il s'établit à 48 060 € en 2026, en hausse de 2 % sur un an. Toutes les bornes de cotisation de la retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, se calculent à partir de cet indice.

Retraite complémentaire, profession libérale : la cotisation maximale grimpe de 18 %

Le calcul du plafond découle directement de ces deux paramètres. Le régime complémentaire s'applique dans la limite de 3,5 PASS, soit 168 210 € de revenus en 2026. Au taux de 11,80 %, la cotisation annuelle maximale ressort à 19 849 €. En 2025, le même calcul donnait 164 850 € d'assiette maximale au taux de 10,20 %, soit 16 815 €. La hausse du plafond de cotisation atteint donc 18,0 % en un an.

Cette progression finance des droits supplémentaires. Le Dr Olivier Petit l'explique par le changement d'assiette sociale mis en place en 2026 : environ 20 % de la contribution sociale généralisée, jusqu'ici non attributive de droits, se convertit en cotisations de retraite. L'opération abonde le régime complémentaire d'environ 160 millions d'euros annuels supplémentaires et se traduit par une progression des droits futurs d'au moins 13 % par année de cotisation. Le calendrier est en deux temps : le calcul sur la nouvelle assiette vaut pour le seul régime de base en 2026, entre mai et juillet, puis pour l'ensemble des régimes à partir de l'appel de l'acompte de janvier 2027.

Le contexte politique pèse sur cette trajectoire. Dans un communiqué du 23 juin 2026, relayé par Egora, la CARMF s'est opposée à un projet de décret étendant le régime simplifié des professions médicales et déléguant le recouvrement des cotisations à l'Urssaf. La caisse chiffre le risque : le transfert réduirait les recettes des régimes de 10 à 30 % et les retraites de 10 à 20 %, le coût de gestion de l'Urssaf étant selon elle « très supérieur », de « +40 % aujourd'hui et près du double demain ». Elle déplore avoir appris l'existence du texte « de manière indirecte » et s'interroge publiquement : « l'État veut-il la fin de la Carmf ? »

Le cumul emploi-retraite se durcit au 1er janvier 2027

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 réorganise le cumul emploi-retraite autour de trois paliers d'âge, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2027. La MACSF en détaille les contours.

Âge à la liquidation Traitement de la pension Nouveaux droits à retraite
Avant l'âge légal (départ anticipé) Écrêtée à hauteur de 100 % des revenus d'activité et de remplacement Non
De l'âge légal (62 à 64 ans) à 67 ans Écrêtée de 50 % des revenus dépassant un seuil fixé par décret, envisagé à 7 000 € par an Oui
À partir de 67 ans Aucun plafonnement Oui, sans plafond

Deux précisions conditionnent la portée du texte. Seuls les assurés liquidant leur première pension à compter du 1er janvier 2027 sont concernés, ce qui laisse l'année 2026 sous le régime actuel. Et les conditions exactes applicables aux professions libérales restent à préciser par décret, y compris le seuil de 7 000 €. Le délai de carence de six mois disparaît par ailleurs. Le cumul modifie aussi l'acquisition de droits en retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, selon les règles propres à chaque caisse.

L'enjeu est loin d'être théorique pour les professions de santé. Selon la CARMF, plus de 13 500 médecins libéraux exerçaient en cumul emploi-retraite au 1er janvier 2025, et à 70 ans près d'un médecin sur quatre continue d'exercer tout en percevant sa pension. Le dispositif compense souvent une pension jugée insuffisante ou l'absence de successeur dans un territoire sous-doté. La CARMF a de son côté décidé d'ouvrir des droits supplémentaires dans son régime complémentaire aux médecins en cumul à compter du 1er janvier 2027, selon les informations publiées par Egora en décembre 2025.

Dans le régime actuel, les cotisations versées pendant un cumul intégral ouvrent droit à une seconde pension de base, plafonnée à 5 % du PASS, soit environ 2 403 € par an avec le plafond 2026. Le cumul plafonné, lui, limite les revenus à 48 060 € par an pour un professionnel de santé libéral et à 24 030 € par an pour un travailleur indépendant. Les mêmes arbitrages traversent la fin de carrière des chefs d'entreprise : notre analyse du cumul emploi-retraite du dirigeant détaille les paramètres communs.

Projection chiffrée d'une pension complémentaire avec une valeur de point figée

Retraite complémentaire, profession libérale : comment chiffrer votre écart de revenu

La méthode tient en cinq étapes, exécutables en une soirée à partir de documents que vous détenez déjà.

  1. Récupérez votre relevé de points. Votre section professionnelle publie chaque année le nombre de points acquis au régime complémentaire et au régime de base. C'est la seule donnée d'entrée qui vous soit propre.
  2. Projetez la pension à barème constant. Multipliez votre stock de points prévisionnel à l'âge de départ par la valeur de service en vigueur, 88,71 € pour un médecin en 2026, et ajoutez les autres étages obligatoires.
  3. Reprojetez avec une valeur de point dégradée. Refaites le calcul en supposant un gel de la valeur du point sur cinq ans dans un contexte d'inflation à 2 % par an. L'écart entre les deux projections, environ 9,4 % du montant, mesure votre exposition au critère de soutenabilité.
  4. Comparez au revenu de remplacement visé. Fixez le revenu net annuel dont vous aurez besoin, charges de votre foyer comprises, puis soustrayez la projection dégradée. Le solde est votre déficit à financer.
  5. Traduisez le déficit en effort d'épargne annuel. Le capital nécessaire dépend du taux de conversion en rente que l'assureur appliquera au moment de la liquidation, paramètre qui n'est pas garanti à l'avance et qui doit donc être testé selon plusieurs hypothèses.

Ce calcul a une vertu que les simulateurs génériques n'offrent pas : il isole la part de votre pension qui dépend d'une décision annuelle de votre caisse. Aucun outil public ne modélise aujourd'hui la retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, sous hypothèse de gel du point. Le résultat chiffre en euros ce que le critère de soutenabilité fait peser sur votre retraite complémentaire, profession libérale comprise. Sur le praticien aux 500 points, le déficit à financer généré par le seul scénario de gel atteint 4 181 € par an. Ramené à une espérance de service de vingt ans, l'ordre de grandeur du capital concerné se compte en dizaines de milliers d'euros, avant toute hypothèse de rendement. La démarche générale de construction d'un revenu de remplacement est développée dans notre guide sur préparer sa retraite en France.

Construire l'étage privé : PER, Madelin, assurance vie et pierre-papier

Le plan d'épargne retraite (PER) occupe désormais une place centrale dans les patrimoines. Selon la Direction générale du Trésor, l'encours total atteint 150,4 milliards d'euros au 31 décembre 2025, en hausse de 20 % sur un an et de 46 % sur deux ans, pour 12,9 millions de détenteurs. Les PER individuels concentrent 88,5 milliards d'euros, en progression de 21 %. Son intérêt pour un libéral tient à la déductibilité des versements du revenu imposable, d'autant plus efficace que la tranche marginale d'imposition est élevée. Il constitue le premier étage de compensation d'une retraite complémentaire, profession libérale, jugée insuffisante. Les frais réels conditionnent le résultat sur la durée, sujet traité dans notre comparatif du PER individuel, et l'arbitrage fiscal d'entrée et de sortie dans notre dossier sur la fiscalité du PER.

Les contrats souscrits avant la réforme de 2019 conservent leurs règles propres. La décision de les transférer ou de les conserver se prend au cas par cas, comme l'explique notre analyse du contrat Madelin résiduel.

Du côté de l'assurance vie, la dynamique de collecte est forte. France Assureurs a enregistré 19,3 milliards d'euros de cotisations en juin 2026, en progression de 12 % sur un an, pour une collecte nette de 6,7 milliards d'euros, en hausse de 1,3 milliard sur douze mois. Le baromètre Good Value for Money, relayé par MoneyVox, anticipe un taux moyen de 2,90 % pour les fonds en euros en 2026, contre 2,65 % en 2025, soit environ 2,40 % net après prélèvements sociaux. MoneyVox situe de son côté le taux moyen du Livret A à environ 1,75 % au mieux sur l'ensemble de l'année. La dispersion reste large : certains contrats afficheront environ 1 %, d'autres au moins 5,5 %.

La pierre-papier traverse une phase moins favorable. L'ASPIM relève, dans son étude du 5 août 2026, un taux de distribution moyen pondéré de 2,30 % pour les SCPI au premier semestre 2026, une collecte brute de 2,7 milliards d'euros et une capitalisation de 86 milliards d'euros en repli de 1 % sur un an, avec un prix moyen de part en baisse de 2,4 %. Philippe Depoux, président de l'ASPIM, situe la collecte brute autour de 5,6 milliards d'euros annualisés, proche des niveaux d'avant 2019. Les tensions sur l'immobilier de bureau et les taux longs élevés pèsent sur les valorisations.

Support Repère chiffré 2026 Garantie du capital Disponibilité
Fonds en euros 2,90 % attendu en moyenne Garantie de l'assureur, nette de frais de gestion Rachat possible à tout moment
Unités de compte en assurance vie Variable selon les supports Aucune, risque de perte en capital Rachat possible, valeur non garantie
SCPI 2,30 % de taux de distribution au premier semestre Aucune, risque de perte en capital Délai de revente des parts
PER individuel Dépend des supports choisis Selon le support retenu Bloqué jusqu'à la retraite, hors cas de déblocage anticipé

Aucun de ces supports ne délivre un rendement garanti pour l'avenir. Les unités de compte, les SCPI et les supports non garantis d'un PER exposent à un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

L'invalidité-décès, le volet oublié du même décret

Le décret du 29 mai 2026 ne traite pas que de la retraite. Il refond également les régimes d'assurance invalidité-décès des professions libérales, dont les garanties, options et dispenses basculent des statuts vers les règlements. Ce volet passe souvent inaperçu alors qu'il couvre le risque le plus brutal pour un libéral : l'arrêt d'activité subi.

À la CARMF, la cotisation forfaitaire du régime invalidité-décès s'établit à 794 € en 2026, montant inchangé par rapport à 2025. Ce forfait modeste finance des prestations dont le niveau est désormais fixé par le règlement du régime. La question utile pour un praticien tient en une comparaison : le montant garanti par ce régime obligatoire couvre-t-il les charges fixes du cabinet et du foyer en cas d'arrêt prolongé ? Les loyers professionnels, les échéances d'emprunt et les salaires d'assistants ne s'interrompent pas avec l'activité.

Le point pratique signalé par WebLex mérite attention : le non-paiement de certaines sommes peut avoir un impact sur les garanties invalidité-décès. Une échéance négligée pendant une période de trésorerie tendue peut donc fragiliser la couverture au moment où elle serait mobilisée. La retraite complémentaire, profession libérale et couverture de prévoyance se dimensionnent utilement dans le même mouvement, puisque les deux régimes partagent désormais la même architecture réglementaire.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Cinq raisonnements reviennent régulièrement et se paient en euros.

  1. Confondre régime de base et régime complémentaire. Le complémentaire pèse plus de 45 % de la retraite moyenne d'un médecin selon la CARMF. Une projection qui néglige la retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, sous-estime massivement l'enjeu du critère de soutenabilité.
  2. Traiter la valeur du point comme un montant garanti. Elle se vote chaque année. Le décret du 29 mai 2026 la relie explicitement aux ressources du régime pour les caisses concernées.
  3. Ignorer le calendrier du changement d'assiette sociale. La nouvelle assiette s'applique au seul régime de base en 2026, entre mai et juillet, puis à l'ensemble des régimes à partir de l'appel de l'acompte de janvier 2027. Une trésorerie calée sur les appels de 2026 se trouve prise de court l'année suivante.
  4. Omettre sa déclaration de revenus. WebLex rappelle qu'une absence de déclaration peut entraîner l'appel de cotisations sur une base élevée, sans rapport avec l'activité réelle.
  5. Laisser filer une échéance de paiement. L'impact possible sur les garanties invalidité-décès transforme un incident de trésorerie en trou de couverture.

À ces cinq erreurs s'ajoute un pari fréquent : reporter tout effort d'épargne sur la revente future de la patientèle ou du cabinet. Cette valeur dépend de la démographie professionnelle locale et de l'attractivité du territoire, deux variables que le praticien ne maîtrise pas.

FAQ : retraite complémentaire et professions libérales

Retraite complémentaire, profession libérale : le critère de soutenabilité peut-il faire baisser ma pension ?

Le décret n° 2026-418 du 29 mai 2026 n'ordonne aucune baisse. Il oblige certains régimes à fixer, avant le 31 décembre 2026, des critères garantissant leur équilibre financier dans la durée, afin que les prestations promises ne soient pas déconnectées des ressources du régime. La variable d'ajustement reste la valeur de service du point, votée chaque année par le conseil d'administration de votre caisse. Le texte rend cette mécanique explicite et opposable.

Quelles caisses échappent à l'obligation de fixer des critères de soutenabilité ?

Les régimes relevant de la CIPAV sont dispensés de cette obligation, selon l'analyse publiée par WebLex en juin 2026. Les architectes, ingénieurs et autres libéraux affiliés à la CIPAV restent en revanche concernés par la réorganisation générale entrée en vigueur le 1er juillet 2026, qui remplace les statuts des régimes par des règlements et redistribue les règles d'affiliation, d'assiette et d'acquisition des droits. Leur retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, suit donc le nouveau cadre formel sans échéance de soutenabilité.

Combien coûte au maximum la cotisation du régime complémentaire des médecins en 2026 ?

Le taux du régime complémentaire vieillesse de la CARMF atteint 11,80 % en 2026, contre 10,20 % en 2025, dans la limite de 3,5 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Ce plafond s'établissant à 48 060 € en 2026, l'assiette maximale ressort à 168 210 € et la cotisation maximale à 19 849 €, contre 16 815 € en 2025, soit une hausse de 18,0 %.

Retraite complémentaire, profession libérale : faut-il liquider avant le 31 décembre 2026 ?

La question se pose pour un praticien proche de l'âge légal qui compte poursuivre son activité. La réforme du cumul emploi-retraite issue de la LFSS 2026 s'applique aux assurés liquidant leur première pension à compter du 1er janvier 2027. Liquider avant cette date conserve le régime actuel de cumul intégral. Le nombre de trimestres manquants, la surcote attendue et l'effet fiscal du cumul pèsent dans l'arbitrage.

Le décret du 29 mai 2026 change-t-il mes garanties invalidité-décès ?

Le décret réorganise aussi les régimes d'assurance invalidité-décès des professions libérales. Les garanties, options et dispenses basculent des statuts vers les règlements des régimes. WebLex souligne un point pratique : le non-paiement de certaines sommes peut avoir un impact sur les garanties invalidité-décès. À la CARMF, la cotisation forfaitaire de ce régime reste fixée à 794 € en 2026, inchangée par rapport à 2025.

Puis-je continuer à alimenter un PER pendant un cumul emploi-retraite ?

Oui. Tant que vous percevez des revenus d'activité libérale imposés en bénéfices non commerciaux, vous conservez la possibilité d'effectuer des versements volontaires sur votre plan d'épargne retraite et de les déduire de votre revenu imposable, dans la limite de votre plafond épargne retraite annuel, comme le rappelle la MACSF. La liquidation des pensions obligatoires n'entraîne aucune liquidation automatique du PER.

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Conclusion

Le décret du 29 mai 2026 ne réduit aucune pension. Il inscrit dans le droit une réalité que les conseils d'administration géraient jusqu'ici discrètement : le niveau des prestations doit tenir dans les ressources du régime. Pour les caisses concernées, l'échéance du 31 décembre 2026 rendra ces critères publics et vérifiables, ce qui constitue un progrès de lisibilité pour qui cotise en retraite complémentaire, profession libérale.

La conséquence pratique est simple à formuler. Un praticien qui verse jusqu'à 19 849 € par an à son régime complémentaire finance des droits dont la valeur unitaire se décide chaque année. Mesurer cette dépendance, puis construire un étage privé calibré sur l'écart, est le levier qui reste directement entre vos mains. La retraite complémentaire, profession libérale par profession libérale, se pilote désormais avec un scénario de gel de la valeur du point dans le plan de financement, et non plus sur la seule projection à barème constant.

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Sources :

Questions fréquentes

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