Structurer un family office en France quand votre patrimoine dépasse la banque privée
Family office France : seuils, frais réels sur dix ans, cadre AMF et ACPR, fiscalité et schéma de décision. Demandez votre bilan patrimonial gratuit.

Quand votre patrimoine dépasse ce que la banque privée traite en standard, le family office (bureau de gestion patrimoniale dédié) devient une question de gouvernance autant que de gestion. Un family office France coordonne l'ensemble de vos conseils, notaire, avocat fiscaliste et gérant, autour d'une seule stratégie. Cette page chiffre ce que les comparatifs laissent dans l'ombre : le budget annuel réel d'une équipe dédiée, le seuil de patrimoine à partir duquel la structure se justifie, le cadre de l'AMF (Autorité des marchés financiers) et de l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), puis la fiscalité d'entrée, de détention, de sortie et de succession. Vous y lirez trois trajectoires chiffrées sur dix ans et un schéma de décision en cinq questions pour trancher chez vous.
À retenir :
- Un multi family office devient pertinent dès 5 à 10 M€ d'actifs financiers ; un single family office ne s'amortit qu'au-delà de 100 M€, pour un budget de fonctionnement de 1 à 3 M€ par an, selon le Baromètre AFFO/EY 2025.
- Les honoraires d'un multi family office s'établissent entre 0,3 % et 1 % des actifs supervisés, ou un forfait de 20 000 à 100 000 € par an selon la complexité.
- Le conseil en investissement relève du statut CIF (conseiller en investissements financiers), encadré par les articles L.541-1 et suivants du Code monétaire et financier, sous supervision de l'AMF.
- Le private equity pèse 37,5 % des portefeuilles des family offices, première classe d'actifs devant les actions cotées (17,3 %), d'après le Baromètre AFFO/EY 2025 réalisé auprès de 585 familles.
- Le pacte Dutreil (article 787 B du Code général des impôts) exonère 75 % de la valeur transmise sous engagement de conservation de huit ans.

La définition opérationnelle et le périmètre du family office
Le family office France est une structure dont l'objet est d'assurer la gestion et la préservation du patrimoine global d'une ou plusieurs familles, dans une perspective multigénérationnelle, en coordonnant tous les conseils spécialisés. Cette définition est celle de l'AFFO (Association Française du Family Office), créée en 2001 et qui fédère plus de 100 structures adhérentes en 2025, présidée par Charles-Henri Bujard depuis février 2025. Le périmètre dépasse la seule gestion financière : il couvre la fiscalité, la transmission, la gouvernance familiale, la philanthropie et le pilotage des actifs non cotés.
Le family office France se décline sous deux formes qui ne s'adressent pas aux mêmes patrimoines. Le single family office (SFO) est un bureau dédié à une seule famille, constitué en société, employant ses propres équipes salariées. Le multi family office (MFO) mutualise une équipe entre plusieurs familles et partage les coûts fixes. Le premier vise le contrôle intégral et la confidentialité ; le second donne accès à une expertise haut de gamme à coût partagé. Le choix entre les deux structures se joue d'abord sur le montant et la complexité du patrimoine, comme le détaille notre comparatif single family vs multi family.
Le périmètre a des bornes nettes. Un family office France n'est ni un dépositaire de titres, ni un assureur, ni un établissement de crédit. Il n'exécute pas les ordres de bourse lui-même : il sélectionne et supervise les prestataires qui le font. Sa valeur tient à la coordination, pas à l'exécution. Le family office France assemble autour de la famille le banquier dépositaire, le gérant sous mandat, le notaire, l'avocat fiscaliste et l'expert-comptable, puis arbitre entre leurs recommandations au service d'une seule feuille de route patrimoniale. Cette fonction de chef d'orchestre explique pourquoi la complexité du patrimoine, plus que son seul montant, déclenche le besoin.
Le profil cible d'un family office France, et qui devrait s'en passer
Le besoin d'un family office France naît de la complexité, pas du seul niveau de fortune. Un patrimoine de 8 M€ entièrement logé dans un contrat d'assurance vie multisupport ne justifie pas une équipe dédiée. Un patrimoine de 4 M€ éclaté entre une holding, trois sociétés civiles immobilières, un portefeuille de private equity et des actifs à l'étranger, lui, déborde vite la banque privée standard. Le seuil de patrimoine reste un repère utile, détaillé dans notre fiche sur le seuil de patrimoine family office, mais il s'apprécie toujours au regard du nombre d'enveloppes, de juridictions et d'héritiers concernés.
Le profil cible se reconnaît à cinq marqueurs concrets :
- Le montant. Au moins 5 M€ d'actifs financiers hors résidence principale pour un multi family office, au-delà de 100 M€ pour envisager un single family office.
- La diversité des enveloppes. Holding patrimoniale, sociétés civiles, comptes-titres, assurance vie, private equity, immobilier direct, parfois actifs à l'étranger.
- L'horizon de transmission. Une succession à préparer sur deux générations ou plus, avec plusieurs héritiers aux intérêts divergents.
- Le temps disponible. Un dirigeant encore en activité qui ne peut pas suivre quotidiennement ses arbitrages.
- Le besoin de gouvernance. Une famille qui veut des règles écrites avant que l'argent ne crée des tensions.
Le profil à éviter est tout aussi net. Une personne dont le patrimoine tient dans deux ou trois enveloppes simples, sans dimension internationale ni enjeu de transmission immédiat, paiera une structure pour un service qu'un conseil patrimonial classique rend mieux et moins cher. Pour ce profil, le family office France ajoute une couche de coûts fixes sans contrepartie. La profession libérale qui cède son cabinet et perçoit 3 M€ relève souvent du conseil patrimonial sur mesure plutôt que de la structure dédiée, sauf projet entrepreneurial ou immobilier complexe derrière.
Comment fonctionne la structure au quotidien
Le quotidien d'un family office France suit une mécanique stable, que la famille s'appuie sur un bureau dédié ou sur un prestataire mutualisé. La logique de coordination est identique ; seule l'internalisation des équipes change. Voici les sept fonctions opérationnelles qui structurent l'année type d'un family office France, détaillées dans notre guide sur comment fonctionne réellement un family office.
- La consolidation patrimoniale. Le family office agrège chaque trimestre l'ensemble des actifs, cotés et non cotés, dans un reporting unique exprimé en valeur nette et en performance réelle, frais déduits.
- L'allocation stratégique. L'équipe définit une allocation cible par classe d'actifs, révisée une à deux fois par an, et arbitre les écarts. Le private equity y occupe en moyenne 37,5 % des portefeuilles selon le Baromètre AFFO/EY 2025.
- La sélection des gérants. Le bureau choisit les sociétés de gestion, négocie les frais, puis contrôle la performance nette de chaque mandat contre son indice de référence.
- Le pilotage fiscal. Chaque opération est passée au crible de son coût fiscal réel, de l'impôt sur le revenu à l'IFI, en lien avec l'avocat fiscaliste et l'expert-comptable.
- La coordination juridique. Le family office prépare les actes avec le notaire, suit les pactes d'associés et tient à jour les statuts des sociétés du groupe familial.
- La gouvernance familiale. L'équipe organise les conseils de famille, formalise la charte et arbitre les décisions collectives, un sujet approfondi dans notre fiche sur la gouvernance familiale.
- Le reporting et le contrôle. Un comité d'investissement se réunit trimestriellement et valide les arbitrages, ce qui maintient une traçabilité utile en cas de contrôle ou de transmission.
Cette mécanique explique le coût : elle mobilise des compétences rares, de la conformité réglementaire et un temps humain considérable. Le family office France facture cette coordination, pas la simple détention d'actifs. Le rythme annuel se structure autour de quatre comités d'investissement trimestriels, d'une revue d'allocation semestrielle et d'un point fiscal annuel calé sur le calendrier déclaratif. Entre ces rendez-vous, l'équipe assure une veille continue sur les évolutions réglementaires, négocie les frais des nouveaux mandats et arbitre les liquidités disponibles. Cette régularité distingue un family office d'un simple conseil ponctuel : la valeur naît de la constance du suivi, pas de l'intervention isolée.

Combien coûte réellement un family office France
Les frais affichés ne disent jamais le coût complet. Un multi family office annonce des honoraires de 0,3 % à 1 % des actifs supervisés, ou un forfait de 20 000 à 100 000 € par an. Sur un patrimoine de 15 M€ à 0,6 %, cela représente 90 000 € de frais de coordination annuels. Mais à ces honoraires s'ajoutent les frais des gérants sous-jacents, du dépositaire, des audits et des conseils ponctuels. Le coût réel d'un family office France se reconstitue poste par poste, comme le montre notre analyse dédiée au coût réel d'un family office.
Le tableau ci-dessous reconstitue les fourchettes pour les deux structures, sur la base des données AFFO/EY 2025 et des grilles de marché observées en France.
| Poste de frais annuel | Multi family office (5 à 15 M€) | Single family office (100 M€ et plus) |
|---|---|---|
| Coordination / honoraires de structure | 0,3 % à 1 % des actifs, ou 20 000 à 100 000 € | 1 à 3 M€ de budget de fonctionnement |
| Frais des gérants sous-jacents | 0,5 % à 1,2 % des encours délégués | 0,4 % à 1 % des encours délégués |
| Dépositaire et tenue de comptes | 0,05 % à 0,20 % | 0,03 % à 0,10 % |
| Conseils juridiques et fiscaux ponctuels | 10 000 à 40 000 € | Internalisés dans le budget |
| Coût total estimé (tout compris) | 1,1 % à 2,2 % des actifs | 0,8 % à 1,5 % des actifs |
Le single family office affiche un coût relatif plus bas en pourcentage parce que ses charges fixes se diluent sur un patrimoine très important. En valeur absolue, son budget de 1 à 3 M€ par an le réserve aux familles dont les actifs dépassent 100 M€. En deçà, le multi family office reste le seul modèle économiquement rationnel, car il partage l'équipe, les outils et la veille réglementaire entre plusieurs familles. La règle pratique : tant que les coûts fixes d'un bureau dédié représentent plus de 1 % de votre patrimoine, le format mutualisé l'emporte.
Trois trajectoires patrimoniales chiffrées sur dix ans
Les exemples qui suivent sont des scénarios représentatifs, construits à partir de profils types et de grilles tarifaires de marché, sans donnée nominative. Ils tracent le coût et la logique de chaque family office France sur dix ans.
Trajectoire 1, le dirigeant après cession. Un dirigeant de 55 ans cède son entreprise pour 18 M€ nets et loge le produit dans une holding patrimoniale. Il retient un multi family office facturant 0,55 % des actifs, soit 99 000 € la première année. Sur dix ans, à patrimoine stable, la coordination coûte environ 990 000 €, hors frais des gérants. En contrepartie, l'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) reporte l'imposition de la plus-value, à condition de réinvestir 70 % du prix sous 36 mois. Le family office France pilote ce réinvestissement vers du private equity et de l'immobilier de santé.
Trajectoire 2, la profession libérale. Une professionnelle libérale dispose de 6 M€ répartis entre assurance vie, comptes-titres et deux sociétés civiles immobilières. Elle confie la coordination à un multi family office au forfait de 35 000 € par an, soit 350 000 € sur dix ans. Le family office France consolide ses enveloppes, optimise la sortie progressive de l'assurance vie après huit ans (abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule) et prépare la transmission à ses deux enfants. Le gain fiscal et successoral couvre le coût de la structure dès la cinquième année.
Trajectoire 3, la famille à 120 M€. Une famille dont le patrimoine atteint 120 M€, réparti sur trois générations et deux pays, crée un single family office. Le budget de fonctionnement s'établit à 1,8 M€ par an, soit 18 M€ sur dix ans, soit 1,5 % des actifs. Ce coût se justifie par le contrôle total, la confidentialité et la capacité à internaliser le pilotage du private equity, sujet traité dans notre fiche family office et private equity. Pour une famille répartie sur plusieurs juridictions, la coordination internationale, abordée dans notre page family office pour expatriés, devient le premier poste de valeur ajoutée.
Ces trois trajectoires montrent une constante : le family office France ne se juge pas à son coût brut, mais au rapport entre ce coût et les gains fiscaux, successoraux et de pilotage qu'il dégage.
Le cadre réglementaire qui encadre la profession
Le family office France n'est pas un statut réglementé en soi : c'est une fonction de coordination qui s'appuie sur plusieurs agréments selon les services rendus. Dès qu'il fournit du conseil en investissement, le bureau doit détenir le statut CIF (conseiller en investissements financiers), encadré par les articles L.541-1 et suivants du Code monétaire et financier. Le CIF s'enregistre à l'ORIAS (registre unique des intermédiaires), adhère à une seule association professionnelle agréée par l'AMF et acquitte une cotisation annuelle de 450 €. France Épargne opère sous le statut de courtier, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23001687.
La supervision se répartit entre deux autorités. L'AMF contrôle l'activité de conseil en investissement financier et publie chaque année un guide investisseur de référence, consultable sur le site de l'AMF. L'ACPR supervise les activités d'intermédiation en assurance (IAS) et en opérations de banque (IOBSP). Cette double tutelle impose au family office France une discipline de conformité : information claire sur les frais, prévention des conflits d'intérêts et traçabilité des conseils.
La Loi Pacte (loi n° 2019-486 du 22 mai 2019), accessible sur Légifrance, a modernisé l'environnement des sociétés et de l'épargne, notamment le plan d'épargne retraite et la simplification des formalités d'entreprise. Pour le family office France, son apport principal tient à la fluidification de la transmission d'entreprise et à l'élargissement des supports d'investissement éligibles. La protection sociale du dirigeant reste un volet connexe : les accords de prévoyance issus de la Commission paritaire ANI de 2024 ont rappelé l'importance d'une couverture adaptée pour les indépendants et dirigeants, un sujet que France Épargne traite en complément de la structuration patrimoniale.
L'indépendance constitue le marqueur réglementaire décisif d'un family office France. Un bureau payé en honoraires par la famille, et non en rétrocommissions versées par les fournisseurs de produits, aligne ses intérêts sur ceux du client. La directive MIFID II favorise ce modèle en supprimant les rétrocommissions pour le conseil indépendant. La frontière entre conseil indépendant et distribution rémunérée est analysée en détail dans notre fiche sur l'indépendance du family office.
La fiscalité du patrimoine logé dans la structure
La fiscalité se lit en quatre temps : l'entrée, la vie du patrimoine, la sortie et la succession. À l'entrée, l'apport de titres à une holding patrimoniale ouvre le mécanisme de l'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) : la plus-value est mise en report d'imposition, sous condition de réinvestir 70 % du produit de cession dans une activité économique sous 36 mois. Ce levier permet de réinvestir avant impôt, un atout fiscal central pour le dirigeant qui cède.
Pendant la vie du patrimoine, la holding bénéficie du régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) : 95 % des dividendes remontés de ses filiales sont exonérés, seule une quote-part de frais de 5 % étant réintégrée, ce qui ramène l'imposition effective à environ 1,25 %. Pour un family office France, ce régime constitue la brique centrale de la holding patrimoniale, car il permet de capitaliser les revenus avec une friction fiscale minimale. La détention reste néanmoins soumise à l'IFI (impôt sur la fortune immobilière) pour la fraction immobilière du patrimoine, dont les règles sont précisées sur Service Public.
À la sortie et à la succession, le pacte Dutreil (article 787 B du CGI) est le levier décisif. Il exonère 75 % de la valeur de l'entreprise transmise par donation ou succession, sous engagement de conservation des titres de huit ans (deux ans d'engagement collectif puis six ans d'engagement individuel après la loi de finances 2026), et sous condition de poursuite d'une activité éligible. Le détail du dispositif figure dans la documentation du BOFiP (Bulletin officiel des finances publiques), accessible sur le BOFiP.
Une vigilance s'impose depuis la loi de finances 2024, prolongée en 2026 : les sociétés purement patrimoniales, dont l'activité se limite à la gestion de leur propre patrimoine, sont exclues du pacte Dutreil. Seule une holding animatrice, qui participe activement à la conduite de la politique de son groupe et rend des services à ses filiales, conserve le bénéfice de l'exonération de 75 % et de l'exonération d'IFI au titre des biens professionnels. La loi de finances 2026 a par ailleurs instauré une taxe de 20 % visant les holdings peu actives qui thésaurisent des revenus passifs, recentrée sur les seuls biens somptuaires. La structuration fiscale d'un family office France suppose donc une animation réelle de la holding, pas une simple coquille de détention.
Family office, multi family office ou banque privée : le face-à-face
Trois solutions se disputent le segment des patrimoines élevés : la banque privée, le multi family office et le single family office. Chacune répond à un niveau de complexité et de budget différent. Le tableau suivant les compare sur les six dimensions qui comptent au moment de décider.
| Critère | Banque privée | Multi family office | Single family office |
|---|---|---|---|
| Seuil d'entrée | 0,5 à 1 M€ | 5 à 10 M€ | 100 M€ et plus |
| Coût annuel tout compris | 1,5 % à 2,5 % | 1,1 % à 2,2 % | 0,8 % à 1,5 % |
| Indépendance des conseils | Limitée (produits maison) | Élevée (honoraires) | Totale (équipe propre) |
| Périmètre couvert | Financier surtout | Financier, juridique, fiscal | Tout, dont gouvernance |
| Gouvernance familiale | Rare | Possible | Internalisée |
| Confidentialité | Standard | Élevée | Maximale |
La banque privée convient au patrimoine encore simple qui cherche un accès à des supports de qualité, mais son indépendance reste limitée par la distribution de produits maison. Le multi family office gagne dès que le patrimoine se diversifie et que la famille veut un conseil aligné, payé en honoraires. Le single family office ne se justifie qu'au sommet, quand le contrôle, la confidentialité et l'internalisation valent leur budget de plusieurs millions par an. Une erreur fréquente consiste à viser le single family office par prestige alors que le patrimoine ne dépasse pas 30 ou 40 M€ : le budget fixe écrase alors la performance nette. À l'inverse, conserver une simple banque privée au-delà de 15 M€ d'actifs diversifiés laisse souvent passer des optimisations fiscales et successorales que seul un conseil indépendant active. Le bon choix d'un family office France n'est pas le plus prestigieux : c'est celui dont le coût annuel reste proportionné à la complexité réelle de votre patrimoine et inférieur aux gains qu'il dégage.
Les pièges et les clauses qui passent sous le radar
Quatre pièges réduisent silencieusement la performance d'un family office France, et aucun n'apparaît dans la plaquette commerciale. Les repérer avant de signer fait souvent gagner davantage qu'une fine optimisation d'allocation.
Le premier piège tient aux rétrocommissions cachées. Un bureau qui se dit indépendant mais perçoit des commissions des sociétés de gestion qu'il recommande n'est pas neutre. Exigez une rémunération exclusivement en honoraires et une déclaration écrite d'absence de rétrocession. Le deuxième piège concerne les frais en cascade : honoraires de coordination, plus frais des gérants, plus frais des fonds sous-jacents, plus frais de dépositaire. Trois couches de 0,7 % aboutissent à plus de 2 % de frais réels, un niveau qui ampute lourdement la performance nette sur dix ans.
Le troisième piège est la confusion des rôles familiaux et professionnels. Quand un membre de la famille siège au comité d'investissement sans cadre clair, les décisions se biaisent et les conflits émergent. Une gouvernance écrite, avec instances identifiées et mécanismes de médiation, prévient la plupart des litiges, comme le rappelle l'approche d'une charte familiale. Le quatrième piège porte sur les clauses de sortie : certains mandats imposent des préavis longs ou des pénalités de résiliation. Lisez la clause de réversibilité avant de confier vos actifs, et vérifiez la portabilité des données patrimoniales en cas de changement de prestataire.
Un cinquième angle mort touche la succession mal préparée. Sans pacte Dutreil ni donation anticipée, la transmission d'un patrimoine de plusieurs millions subit des droits pouvant atteindre 45 % en ligne directe au-delà des abattements. La préparation successorale, traitée dans notre fiche succession encadrée par un family office, doit commencer des années avant la transmission, pas l'année du décès.
Faut-il franchir le pas ? Cinq questions pour décider
Avant d'engager les coûts fixes d'un family office France, répondez honnêtement à cinq questions. Chaque réponse positive rapproche du seuil où la structure se justifie ; trois oui ou plus signalent qu'un accompagnement dédié devient rationnel.
- Votre patrimoine financier dépasse-t-il 5 M€ hors résidence principale ? En dessous, un conseil patrimonial classique couvre vos besoins à moindre coût.
- Vos actifs sont-ils répartis sur plus de trois enveloppes différentes ? Holding, sociétés civiles, comptes-titres, assurance vie, private equity, immobilier direct : la multiplication des enveloppes crée le besoin de coordination.
- Une dimension internationale est-elle présente ? Résidence, héritiers ou actifs à l'étranger multiplient les juridictions fiscales et justifient une expertise dédiée.
- Une transmission est-elle à préparer dans les dix ans ? Plusieurs héritiers, une entreprise familiale ou un pacte Dutreil à mettre en place rendent la gouvernance indispensable.
- Manquez-vous de temps pour piloter vos arbitrages ? Un dirigeant en activité gagne souvent plus à déléguer la coordination qu'à la mener lui-même.
Si vous cumulez au moins trois oui, le family office France, sous sa forme mutualisée le plus souvent, mérite une étude chiffrée. Cette logique s'inscrit dans une réflexion plus large sur les actifs alternatifs et le private equity pour les particuliers, dont le family office constitue l'outil de pilotage le plus abouti.
FAQ : family office en France
Le statut de family office France est-il réglementé ?
Le family office n'est pas un statut unique : c'est une fonction de coordination qui s'appuie sur des agréments selon les services rendus. Le conseil en investissement relève du statut CIF (articles L.541-1 et suivants du Code monétaire et financier), avec immatriculation à l'ORIAS et supervision de l'AMF. L'intermédiation en assurance dépend de l'ACPR. Un même bureau peut cumuler plusieurs agréments.
À partir de quel patrimoine un family office devient-il utile ?
Un multi family office devient pertinent dès 5 à 10 M€ d'actifs financiers hors résidence principale. Un single family office ne s'amortit qu'au-delà de 100 M€, en raison d'un budget de fonctionnement de 1 à 3 M€ par an. Le seuil reste un repère : la complexité du patrimoine, le nombre d'enveloppes et la dimension successorale comptent davantage que le seul montant.
Combien coûte un family office par an ?
Un multi family office facture entre 0,3 % et 1 % des actifs supervisés, ou un forfait de 20 000 à 100 000 € par an. En coût complet, frais des gérants et du dépositaire inclus, la facture atteint 1,1 % à 2,2 % des actifs. Un single family office représente 0,8 % à 1,5 % des actifs, pour un budget absolu de plusieurs millions par an.
Quelle différence entre single family office et multi family office ?
Un single family office est un bureau dédié à une seule famille, avec ses propres équipes salariées, qui vise le contrôle total et la confidentialité maximale. Un multi family office mutualise une équipe entre plusieurs familles, partage les coûts fixes et reste accessible dès 5 M€. Le premier suppose plus de 100 M€ d'actifs ; le second couvre la majorité des patrimoines élevés en France.
Quels avantages fiscaux un family office permet-il d'activer ?
Le family office coordonne plusieurs leviers : l'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) pour reporter l'imposition d'une plus-value, le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) qui exonère 95 % des dividendes remontés à la holding, et le pacte Dutreil (article 787 B du CGI) qui exonère 75 % de la valeur transmise. Ces dispositifs supposent une holding réellement animatrice, pas une coquille patrimoniale.
Un family office gère-t-il aussi la gouvernance familiale ?
Oui, la gouvernance est l'une de ses fonctions centrales. Le bureau organise les conseils de famille, formalise une charte écrite et met en place des instances de décision et de médiation. Selon le Baromètre AFFO/EY 2025, la protection de la famille figure parmi les priorités de 100 % des family offices interrogés, devant la transmission intergénérationnelle citée par 98 % d'entre eux.
Comment France Épargne structure votre patrimoine
France Épargne intervient comme courtier indépendant, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23001687, sans aucun lien capitalistique avec une compagnie d'assurance. Cette indépendance capitalistique aligne nos recommandations sur votre intérêt, pas sur la vente d'un produit maison. Notre modèle repose sur un conseiller dédié, sans plateau téléphonique, avec un engagement de réponse sous six heures. Voici comment nous accompagnons la structuration d'un family office France et d'un patrimoine élevé.
Audit et stratégie patrimoniale. Nous consolidons l'ensemble de vos enveloppes, holding, sociétés civiles, assurance vie, comptes-titres et actifs non cotés, pour établir une feuille de route fiscale et successorale claire. Notre couverture porte sur la totalité des produits d'assurance, d'épargne et d'investissement, sans gamme exclue, comparés en toute indépendance auprès de plus de 25 partenaires assureurs.
Investissement sur mesure. Nous donnons accès à des classes d'actifs que la distribution standard ignore : produits structurés, private equity, immobilier de prestige, immobilier de santé, data centers et actifs alternatifs. Le private equity, première allocation des family offices avec 37,5 % des portefeuilles en 2025, fait partie des univers que nous structurons, avec présentation systématique du risque de perte en capital.
Protection et transmission. Nous coordonnons la prévoyance du dirigeant, la protection professionnelle et la préparation de la transmission avec votre notaire et votre avocat fiscaliste. Cabinet actif depuis 2020, France Épargne traite chaque dossier intégralement en interne, sans sous-traitance ni revente de lead.
Pour savoir si une structuration de type family office France se justifie chez vous, demandez un bilan patrimonial gratuit. Un conseiller dédié étudie votre situation et chiffre, sans engagement, le rapport entre le coût d'une structure et les gains fiscaux et successoraux qu'elle peut dégager.
Conclusion
Structurer un family office France est moins une question de prestige que d'arithmétique patrimoniale. La structure se justifie quand la complexité de vos actifs, le nombre de vos enveloppes et l'horizon de votre transmission dépassent ce que la banque privée traite en standard. Le multi family office couvre la majorité des patrimoines élevés dès 5 M€ ; le single family office reste réservé aux familles au-delà de 100 M€. Dans tous les cas, le coût complet, souvent supérieur à 1 % par an une fois toutes les couches de frais additionnées, doit se mesurer aux gains fiscaux et successoraux réels qu'apportent l'apport-cession, le régime mère-fille et le pacte Dutreil. Avant de décider, répondez aux cinq questions du schéma de décision, exigez une rémunération en honoraires et vérifiez l'indépendance capitalistique de votre interlocuteur. Bien posé, un family office France transforme un patrimoine dispersé en stratégie unique, transmissible et maîtrisée.
À lire également :
- Actifs alternatifs et private equity pour les particuliers
- Comment fonctionne réellement un family office
- Single family vs multi family : la méthode
- Seuil de patrimoine family office
- Le coût réel d'un family office
- L'indépendance du family office
- La gouvernance familiale
- La charte familiale
- La succession encadrée par un family office
- Family office pour expatriés
- Family office et private equity
Sources :
- Guide d'information sur les statuts de conseiller en investissements financiers : ACPR et AMF, 2022
- Les conseillers en investissements financiers (CIF) : Autorité des marchés financiers, 2025
- Baromètre 2025 des Family Offices : EY et AFFO, 2025
- Baromètre AFFO et EY : les family offices privilégient le private equity : Boursorama, 2025
- Association Française du Family Office : AFFO, 2025
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 (Loi Pacte) : Légifrance, 2019
- Pacte Dutreil, exonération des droits de mutation à titre gratuit : Bulletin officiel des finances publiques, 2025
- Impôt sur la fortune immobilière (IFI) : Service Public, 2025
- Brochure pratique, revenus et patrimoine : Direction générale des finances publiques, 2025
- Code monétaire et financier, articles L.541-1 et suivants : Légifrance, 2025
Questions fréquentes
Le statut de family office France est-il réglementé ?
Le family office n'est pas un statut unique : c'est une fonction de coordination qui s'appuie sur des agréments selon les services rendus. Le conseil en investissement relève du statut CIF (articles L.541-1 et suivants du Code monétaire et financier), avec immatriculation à l'ORIAS et supervision de l'AMF. L'intermédiation en assurance dépend de l'ACPR. Un même bureau peut cumuler plusieurs agréments.
À partir de quel patrimoine un family office devient-il utile ?
Un multi family office devient pertinent dès 5 à 10 M€ d'actifs financiers hors résidence principale. Un single family office ne s'amortit qu'au-delà de 100 M€, en raison d'un budget de fonctionnement de 1 à 3 M€ par an. Le seuil reste un repère : la complexité du patrimoine, le nombre d'enveloppes et la dimension successorale comptent davantage que le seul montant.
Combien coûte un family office par an ?
Un multi family office facture entre 0,3 % et 1 % des actifs supervisés, ou un forfait de 20 000 à 100 000 € par an. En coût complet, frais des gérants et du dépositaire inclus, la facture atteint 1,1 % à 2,2 % des actifs. Un single family office représente 0,8 % à 1,5 % des actifs, pour un budget absolu de plusieurs millions par an.
Quelle différence entre single family office et multi family office ?
Un single family office est un bureau dédié à une seule famille, avec ses propres équipes salariées, qui vise le contrôle total et la confidentialité maximale. Un multi family office mutualise une équipe entre plusieurs familles, partage les coûts fixes et reste accessible dès 5 M€. Le premier suppose plus de 100 M€ d'actifs ; le second couvre la majorité des patrimoines élevés en France.
Quels avantages fiscaux un family office permet-il d'activer ?
Le family office coordonne plusieurs leviers : l'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) pour reporter l'imposition d'une plus-value, le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) qui exonère 95 % des dividendes remontés à la holding, et le pacte Dutreil (article 787 B du CGI) qui exonère 75 % de la valeur transmise. Ces dispositifs supposent une holding réellement animatrice, pas une coquille patrimoniale.
Un family office gère-t-il aussi la gouvernance familiale ?
Oui, la gouvernance est l'une de ses fonctions centrales. Le bureau organise les conseils de famille, formalise une charte écrite et met en place des instances de décision et de médiation. Selon le Baromètre AFFO/EY 2025, la protection de la famille figure parmi les priorités de 100 % des family offices interrogés, devant la transmission intergénérationnelle citée par 98 % d'entre eux.
Pour aller plus loin
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