
Pourquoi l'assurance vie est le placement préféré des Français avec 2 107 milliards d'euros d'encours. Analyse des chiffres, évolution historique, profil des détenteurs et comparaison internationale.
2 107 milliards d'euros. C'est l'encours total de l'assurance vie en France, un montant qui dépasse le budget annuel de l'État et qui en fait, de très loin, le premier placement financier du pays. À titre de comparaison, le Livret A totalise environ 415 milliards d'euros d'encours, soit cinq fois moins. Avec 54 millions de contrats détenus par 18 millions de ménages (40 % de la population française), l'assurance vie n'est pas un produit de niche réservé aux patrimoines importants : c'est un pilier de l'épargne nationale.
Mais comment expliquer cette domination sans partage ? Pourquoi les Français placent-ils autant de confiance et de capital dans ce produit plutôt que dans l'immobilier, les actions ou d'autres véhicules d'épargne ? Dans cet article, nous décryptons les raisons historiques, fiscales et financières qui font de l'assurance vie le placement préféré des Français, et nous analysons les grandes mutations en cours.
Pour mesurer la place de l'assurance vie dans l'économie française, quelques chiffres clés s'imposent.
L'encours total de 2 107 milliards d'euros représente environ 70 % du PIB français. Chaque contrat détient en moyenne environ 39 000 euros, ce qui montre que l'assurance vie n'est pas réservée aux très riches : elle est utilisée par une large part de la classe moyenne et des patrimoines intermédiaires.
La collecte nette (versements moins retraits) a atteint 50,6 milliards d'euros en 2025 selon France Assureurs, un niveau historiquement élevé. Ce chiffre se décompose en 42,5 milliards d'euros sur les unités de compte et 8,1 milliards d'euros sur les fonds euros. Cette collecte positive soutenue année après année témoigne de la confiance durable des épargnants.
À titre de comparaison, voici les principaux placements des Français par encours :
L'assurance vie pèse à elle seule davantage que tous les autres produits d'épargne financière réunis. Pour comprendre en détail les raisons d'ouvrir votre propre contrat, consultez notre article Pourquoi ouvrir une assurance vie.
L'assurance vie française a connu une transformation profonde au cours des trois dernières décennies.
Les années 1990-2000 : l'âge d'or du fonds euros. À cette époque, les fonds euros offraient des rendements supérieurs à 5 %, voire 6 % pour les meilleurs contrats. Le capital était garanti, les taux étaient élevés : l'assurance vie représentait un placement "sans risque" extraordinairement rentable. Les épargnants versaient massivement sur les fonds euros, et les contrats monosupport (100 % fonds euros) dominaient le marché.
Les années 2010 : la baisse des taux et l'émergence des UC. La politique de taux bas, puis négatifs, de la Banque Centrale Européenne a progressivement érodé les rendements des fonds euros. De plus de 4 % en 2008, le rendement moyen est descendu sous les 1,50 % en 2020. Les assureurs ont alors encouragé les épargnants à se tourner vers les unités de compte (UC) pour maintenir des perspectives de rendement attractives.
Depuis 2022 : le renouveau. La remontée des taux a redonné de l'attractivité aux fonds euros, dont le rendement moyen a rebondi à 2,50 % en 2024, les meilleurs contrats atteignant 3,50 % à 4,50 % (source : ACPR). Parallèlement, les UC continuent de séduire avec des performances de +8 % à +12 % en 2024.
Pour approfondir le fonctionnement des fonds euros, consultez notre guide complet des fonds euros.
Répondez à quelques questions sur vos objectifs et découvrez quel type de contrat correspond à votre profil.
Faire le quizL'une des mutations les plus significatives de l'assurance vie française est la montée en puissance des unités de compte. Elles représentent désormais environ 40 % des versements sur les nouveaux contrats, contre moins de 20 % il y a dix ans.
Cette évolution s'explique par plusieurs facteurs convergents :
La recherche de rendement : avec un fonds euros à 2,50 % et une inflation qui a dépassé 5 % en 2022-2023, les épargnants ont compris que la sécurité absolue du fonds euros pouvait générer une perte de pouvoir d'achat en termes réels. Les UC, malgré leur risque de perte en capital, offrent des perspectives de rendement nettement supérieures sur le long terme.
L'élargissement de l'offre : les contrats modernes proposent des centaines, voire des milliers de supports UC : fonds actions, obligations, SCPI (rendement moyen de 4,52 % en 2024), Private Equity, ETF indiciels, fonds ISR. Cette diversité permet à chaque épargnant de construire un portefeuille adapté à son profil.
La gestion pilotée : l'émergence de la gestion sous mandat, où un professionnel gère l'allocation pour le compte de l'épargnant, a levé le frein de la complexité. L'épargnant choisit un profil (prudent, équilibré, dynamique) et un gestionnaire professionnel effectue les arbitrages.
Les incitations des assureurs : de nombreux contrats offrent des bonus de rendement sur le fonds euros conditionnés à un pourcentage minimum d'investissement en UC (généralement 30 % à 50 %).
Pour tout savoir sur les unités de compte et choisir les bons supports, consultez notre guide des unités de compte.
Le tableau ci-dessous retrace l'évolution des encours de l'assurance vie sur les dernières années, mettant en évidence la croissance continue de ce placement et la montée des unités de compte.
| Année | Encours total (Mds EUR) | Part fonds euros | Part UC | Collecte nette (Mds EUR) |
|---|---|---|---|---|
| 2020 | 1 789 | 72 % | 28 % | +6,5 |
| 2021 | 1 876 | 69 % | 31 % | +18,3 |
| 2022 | 1 842 | 67 % | 33 % | +12,4 |
| 2023 | 1 923 | 65 % | 35 % | +2,4 |
| 2024 | 2 020 | 63 % | 37 % | +30,2 |
| 2025 | 2 107 | 61 % | 39 % | +50,6 |
Sources : France Assureurs, rapports annuels.
Deux tendances majeures se dégagent. Premièrement, les encours ont progressé de 318 milliards d'euros en cinq ans, soit une hausse de 18 %. Deuxièmement, la part des UC est passée de 28 % à 39 %, illustrant une diversification croissante des portefeuilles.
Le profil des détenteurs d'assurance vie éclaire la nature de ce placement.
Par âge : l'assurance vie est un placement intergénérationnel. Si les plus de 60 ans détiennent les encours les plus importants (ils représentent près de 45 % des encours totaux), la souscription concerne toutes les tranches d'âge. Les 30-45 ans sont de plus en plus nombreux à ouvrir des contrats, souvent motivés par la stratégie de "prise de date" fiscale. Les jeunes actifs de 25-30 ans représentent la tranche à la croissance la plus rapide en nombre de nouveaux contrats.
Par niveau de patrimoine : contrairement à l'idée reçue, l'assurance vie n'est pas réservée aux hauts patrimoines. Environ 60 % des contrats ont un encours inférieur à 10 000 euros. Les contrats de plus de 150 000 euros ne représentent que 5 % du nombre total de contrats, mais près de 50 % des encours en volume.
Par catégorie socioprofessionnelle : les cadres et professions libérales sont surreprésentés parmi les détenteurs, mais les employés et les retraités constituent également une part importante de la base de souscripteurs. L'assurance vie est véritablement un placement transversal.
Par objectif : selon les enquêtes de France Assureurs, les principales motivations des détenteurs sont la constitution d'une épargne de précaution (34 %), la préparation de la retraite (27 %), la transmission du patrimoine (22 %) et le financement d'un projet (17 %).
Rendements, frais, supports : visualisez les différences entre les meilleurs contrats du marché.
Voir le comparatifPour illustrer la place de l'assurance vie dans le patrimoine des Français, prenons l'exemple de deux profils représentatifs.
Profil 1 : Claire et Julien, 38 ans, deux enfants, revenus combines de 5 500 EUR nets/mois
Leur patrimoine financier se décompose ainsi :
L'assurance vie représente 45 % de leur patrimoine financier (53 000 EUR sur 116 950 EUR). C'est leur principal véhicule d'épargne à moyen-long terme, les livrets servant de réserve de sécurité. Chaque mois, ils versent 200 euros sur chacun de leurs contrats d'assurance vie.
Profil 2 : Jean-Pierre, 62 ans, retraité, veuf, deux enfants adultes
Son patrimoine financier est plus concentré sur l'assurance vie :
L'assurance vie représente 78 % de son patrimoine financier. Jean-Pierre a désigné ses deux enfants comme bénéficiaires de ses contrats, profitant de l'abattement de 152 500 EUR par bénéficiaire. Ses 280 000 EUR d'assurance vie seront transmis en totale franchise de droits, chaque enfant recevant 140 000 EUR (sous le seuil de 152 500 EUR).
Ces deux exemples illustrent un constat confirmé par les statistiques : l'assurance vie est le pilier central du patrimoine financier des ménages français, à tous les âges.
La place prépondérante de l'assurance vie dans l'épargne des Français constitue une spécificité nationale. Dans la plupart des pays développés, l'épargne des ménages se répartit différemment.
Aux États-Unis, les ménages investissent majoritairement en actions, directement ou via des fonds de pension (401k, IRA). L'assurance vie américaine est principalement un produit de protection (décès), pas un véhicule d'épargne. Les actions représentent environ 35 % du patrimoine financier des ménages américains, contre moins de 10 % en France.
En Allemagne, l'épargne bancaire (comptes à terme, livrets) et l'assurance vie coexistent. Les Allemands sont historiquement averses au risque et privilégient la sécurité du capital, une tendance que partagent les Français dans leur attachement au fonds euros.
Au Royaume-Uni, les fonds de pension et l'investissement boursier direct (ISA, l'équivalent britannique du PEA) dominent. L'assurance vie y est davantage un produit d'assurance décès qu'un outil d'épargne.
En Italie et en Espagne, l'immobilier absorbe une part beaucoup plus importante du patrimoine des ménages, reléguant l'épargne financière au second plan.
Cette spécificité française s'explique par la conjonction d'un cadre fiscal très avantageux (abattement après 8 ans, régime successoral dérogatoire), d'une garantie en capital sur le fonds euros que peu de pays offrent, et d'une culture de l'épargne de précaution profondément ancrée. Le modèle français de l'assurance vie, qui combine protection, épargne et transmission dans un seul produit, est unique au monde.
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Être rappelé sous 6hPlusieurs tendances laissent penser que l'assurance vie va continuer à renforcer sa position dominante dans les années à venir.
La loi PACTE et la portabilité : depuis 2019, la loi PACTE permet de transférer son contrat d'assurance vie chez un autre assureur au sein du même groupe, tout en conservant l'antériorité fiscale. Cette mesure a levé l'un des principaux freins à la concurrence et permet aux épargnants de migrer vers de meilleurs contrats sans perdre leurs avantages fiscaux.
La digitalisation : les contrats en ligne, avec 0 % de frais d'entrée et des frais de gestion de 0,50 % à 0,60 % (contre 2 % à 5 % de frais d'entrée et 0,80 % à 1,00 % de frais de gestion en banque traditionnelle), rendent l'assurance vie plus accessible et plus rentable.
L'investissement responsable : la montée de l'ISR (Investissement Socialement Responsable) et des fonds labellisés (Greenfin, ISR, Finansol) attire une nouvelle génération d'épargnants soucieux de donner du sens à leur épargne.
Le vieillissement de la population : avec l'allongement de l'espérance de vie, les besoins de complément de retraite et de transmission patrimoniale augmentent mécaniquement, renforçant l'attractivité de l'assurance vie.
En tant que courtier spécialisé, France Épargne vous permet de profiter pleinement des atouts de l'assurance vie, le placement préféré des Français.
L'assurance vie n'est pas devenue le placement préféré des Français par hasard. Sa domination avec 2 107 milliards d'euros d'encours (cinq fois plus que le Livret A) repose sur une combinaison unique d'avantages : fiscalité dégressive après 8 ans, transmission hors succession jusqu'à 152 500 euros par bénéficiaire, absence de plafond, garantie en capital sur le fonds euros et accès à une palette de supports d'investissement diversifiés.
L'évolution récente confirme cette tendance : la collecte nette record de 50,6 milliards d'euros en 2025 et la montée des unités de compte à 40 % des versements montrent que les Français adaptent leur utilisation de l'assurance vie aux réalités du marché tout en restant fidèles à ce placement.
Que vous soyez un jeune actif souhaitant prendre date ou un épargnant expérimenté cherchant à optimiser votre patrimoine, l'assurance vie reste le socle incontournable de toute stratégie d'épargne en France. Son statut de placement préféré des Français n'est pas près de changer.
À lire également :
Sources : France Assureurs (rapports annuels, données de collecte 2020-2025), ACPR (analyse du marché de l'assurance vie), Banque de France (patrimoine financier des ménages), INSEE (enquête patrimoine).
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