Assurance décès

Fiscalité de l'Assurance Décès Temporaire : Guide Complet pour Optimiser votre Transmission

Fiscalité de l'assurance décès temporaire : abattement de 152 500 €, article 990 I CGI, stratégies d'optimisation. Transmettez plus, payez moins d'impôts.

23 novembre 202522 min de lectureMis à jour le 25 mai 2026

L'assurance décès temporaire bénéficie d'un régime fiscal parmi les plus favorables du droit français. Le capital versé aux bénéficiaires désignés échappe à la succession civile, profite d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire au titre de l'article 990 I du Code général des impôts (primes versées avant 70 ans), puis subit un prélèvement forfaitaire de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au delà (source : BOFiP, BOI TCAS AUT 60, mise à jour 2026). Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, quel que soit le montant transmis.

Ce cadre permet de transmettre plusieurs centaines de milliers d'euros en ligne indirecte (neveux, nièces, concubin, ami) avec une fiscalité souvent nulle, là où une succession classique prélèverait jusqu'à 60 %. Le guide qui suit détaille les deux régimes fiscaux applicables (article 990 I et article 757 B), les cinq stratégies d'optimisation validées par la pratique notariale, les cas chiffrés et les sept erreurs qui détruisent l'avantage fiscal.

À retenir :

  • Abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI).
  • Taux de 20 % entre 152 500 € et 852 500 €, puis 31,25 % au delà, par bénéficiaire.
  • Abattement global de 30 500 € pour les primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI), produits exonérés.
  • Conjoint et partenaire de PACS totalement exonérés depuis la loi TEPA de 2007.
  • La Cour de cassation (1re civ., 30 avril 2025, n° 23 10.983) apprécie le caractère manifestement exagéré des primes versement par versement, à la date du versement.
  • Transmission hors succession : pas de rapport civil, pas de réduction pour atteinte à la réserve héréditaire (sauf primes manifestement exagérées).

Le cadre fiscal : pourquoi l'assurance décès échappe à la succession

Un capital juridiquement hors succession

Le capital versé par une assurance décès ne fait pas partie de l'actif successoral au sens du Code civil (article L132 12 du Code des assurances). Ce principe fondateur a deux conséquences directes : le capital n'est ni rapportable à la succession par les héritiers réservataires, ni réductible pour atteinte à la réserve héréditaire, sauf le cas très encadré des primes manifestement exagérées.

Le versement intervient généralement dans un délai de 30 jours après réception des pièces par l'assureur (délai légal article L132 23 1 du Code des assurances), contre 6 à 12 mois pour une succession classique bloquée chez le notaire.

Aspect Succession classique Assurance décès
Inclusion dans l'actif successoral Oui Non (sauf primes exagérées)
Rapport civil Obligatoire pour héritiers réservataires Non soumis au rapport
Réduction pour atteinte à la réserve Possible Exclu sauf primes manifestement exagérées
Délai de versement 6 à 12 mois 30 jours maximum (L132 23 1 C. ass.)
Contestations familiales Fréquentes Rares, strictement encadrées

Exception : les primes manifestement exagérées

L'article L132 13 du Code des assurances autorise la réintégration à la succession des primes jugées manifestement exagérées. La Cour de cassation (1re civ., 30 avril 2025, n° 23 10.983) a précisé deux règles clés applicables en 2026 :

  1. L'appréciation se fait versement par versement, à la date du versement, et non par cumul global des primes de tous les contrats (censure d'une cour d'appel ayant additionné les primes de plusieurs contrats).
  2. L'atteinte à la réserve héréditaire ne constitue pas un critère d'appréciation du caractère exagéré ; seuls l'âge, la situation patrimoniale et familiale, et l'utilité du contrat pour le souscripteur sont pertinents.

Les critères concrets retenus par la jurisprudence :

  • Montant des primes rapporté aux revenus annuels (au delà de 30 % : zone d'attention).
  • Montant des primes rapporté au patrimoine total (au delà de 50 % : risque élevé).
  • Âge au versement et espérance de vie résiduelle.
  • Situation familiale et charges alimentaires envers héritiers réservataires.

Exemple de requalification possible : un souscripteur de 78 ans, patrimoine de 500 000 €, verse 300 000 € de primes (60 % du patrimoine) en désignant sa compagne, déshéritant ses enfants. Exemple sans risque : une assurée de 40 ans, revenu 50 000 € annuel, verse 2 400 € par an (4,8 % des revenus) pendant 20 ans pour un capital de 150 000 €.

Deux régimes fiscaux selon l'âge de versement

Le régime applicable dépend uniquement de votre âge au moment du versement des primes, jamais de votre âge au décès.

Deux régimes fiscaux selon âge

Âge au versement des primes Régime fiscal Avantage principal
Avant 70 ans Article 990 I du CGI Abattement de 152 500 € par bénéficiaire
Après 70 ans Article 757 B du CGI Abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus), produits exonérés

Une assurance décès temporaire souscrite entre 30 et 60 ans bénéficie quasi systématiquement du régime ultra favorable de l'article 990 I, puisque la durée usuelle (10 à 25 ans) permet d'éteindre le contrat avant 70 ans.

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Primes versées avant 70 ans : le régime ultra favorable de l'article 990 I

Illustration primes versées avant 70 ans

L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire

Chaque bénéficiaire désigné nommément applique son propre abattement de 152 500 € sur la part du capital qui lui revient (article 990 I, alinéa 1er, CGI). Le mécanisme est individuel et cumulatif : quatre bénéficiaires neutralisent 610 000 € de capital (152 500 € × 4).

Exemple simple :

  • Capital total versé : 200 000 €.
  • Bénéficiaires : deux enfants à parts égales, soit 100 000 € chacun.
  • Abattement applicable : 152 500 € par enfant (supérieur à la part reçue).
  • Fiscalité pour chaque enfant : 0 €.

Barème au delà de l'abattement

Au delà de 152 500 €, un prélèvement forfaitaire spécifique s'applique, distinct des droits de succession classiques (source : article 990 I CGI et BOI TCAS AUT 60, mise à jour 2026).

Tranche par bénéficiaire Taux applicable
De 0 € à 152 500 € 0 % (abattement)
De 152 500 € à 852 500 € 20 %
Au delà de 852 500 € 31,25 %

Exemple avec taxation partielle : capital de 500 000 € versé à deux enfants (250 000 € chacun).

  • Part reçue par enfant : 250 000 €.
  • Abattement : 152 500 €.
  • Montant taxable : 97 500 €.
  • Prélèvement : 97 500 € × 20 % = 19 500 €.
  • Montant net reçu par enfant : 230 500 €.
  • Fiscalité totale sur la transmission : 39 000 €, soit un taux effectif de 7,8 %.

Exonération totale pour le conjoint et le partenaire de PACS

Depuis la loi TEPA du 21 août 2007 (article 796 0 bis du CGI), le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés du prélèvement de l'article 990 I, quel que soit le montant du capital transmis. Un capital de 400 000 € versé à l'époux survivant supporte une fiscalité nulle. L'intérêt de l'assurance décès temporaire pour ces bénéficiaires n'est donc pas fiscal mais opérationnel : rapidité de versement (30 jours) et absence de blocage successoral.

L'avantage décisif pour les bénéficiaires hors ligne directe

C'est en ligne indirecte que l'assurance décès révèle toute sa puissance. Les abattements successoraux sont faibles (7 967 € pour un neveu, 1 594 € pour un petit enfant, 0 € pour un ami ou un concubin) et les taux confiscatoires (55 % à 60 %). L'abattement uniforme de 152 500 € par bénéficiaire casse cette logique.

Comparaison fiscalité selon bénéficiaires

Comparatif pour un capital de 150 000 € transmis (source : barèmes de droits de succession 2026, article 777 CGI ; barème article 990 I CGI) :

Bénéficiaire Droits succession classique Fiscalité assurance (990 I) Économie
Conjoint ou partenaire de PACS 0 € (exonération TEPA 2007) 0 € (exonération) 0 €
Enfant (ligne directe) environ 10 000 € (abattement 100 000 €) 0 € 10 000 €
Petit enfant environ 81 623 € (abattement 1 594 €) 0 € 81 623 €
Frère ou sœur environ 60 331 € (abattement 15 932 €) 0 € 60 331 €
Neveu ou nièce environ 78 118 € (abattement 7 967 €) 0 € 78 118 €
Ami ou concubin non pacsé 90 000 € (taux 60 %, aucun abattement) 0 € 90 000 €

Cas pratique : transmission à un neveu. Tante Jeanne, 55 ans, célibataire sans enfant, souhaite transmettre 180 000 € à son neveu.

  • En succession classique : abattement 7 967 €, assiette taxable 172 033 €, taux 55 %, droits de 94 618 €. Net perçu : 85 382 €.
  • En assurance décès temporaire (souscription à 55 ans, 15 ans de durée, prime mensuelle d'environ 40 € soit 7 200 € de primes cumulées) : assiette 180 000 €, abattement 152 500 €, taxable 27 500 €, prélèvement 20 % soit 5 500 €. Net perçu par le neveu : 174 500 €.

Le gain pour le bénéficiaire atteint 89 118 €, pour un coût total de primes de 7 200 €. Le ratio gain sur coût dépasse 1 200 %.

Primes versées après 70 ans : l'article 757 B

Abattement global de 30 500 € et imposition aux droits de succession

Pour les primes versées après le 70e anniversaire de l'assuré, l'article 757 B du CGI prévoit un abattement global de 30 500 €, réparti entre tous les bénéficiaires au prorata de leurs droits (source : BOFiP, BOI ENR DMTG 10 10 20 20, mise à jour 2026). Au delà, les sommes sont soumises aux droits de succession classiques selon le lien de parenté.

Critère Avant 70 ans (article 990 I) Après 70 ans (article 757 B)
Montant de l'abattement 152 500 € 30 500 €
Application Par bénéficiaire Global, réparti au prorata
Assiette taxable Capital total (primes et produits) Primes uniquement (produits exonérés)
Barème au delà de l'abattement Prélèvement forfaitaire (20 % puis 31,25 %) Droits de succession classiques

Les produits restent exonérés

Seules les primes entrent dans l'assiette de l'article 757 B. Les intérêts et plus values générés par ces primes sont totalement exonérés de droits de succession, ce qui atténue fortement le régime en apparence restrictif.

Exemple chiffré :

  • Primes versées après 70 ans : 50 000 €.
  • Produits générés : 18 000 €.
  • Capital total au décès : 68 000 €, bénéficiaire unique : fille.
  • Assiette article 757 B : 50 000 € de primes (les 18 000 € de produits sont exonérés).
  • Abattement : 30 500 €, primes taxables : 19 500 €.
  • Droits de succession ligne directe (barème 2026, article 777 CGI) : environ 2 800 €.
  • Taux effectif sur la transmission totale : 4,1 %.

Exonération conservée pour le conjoint et le partenaire de PACS

Même sous le régime de l'article 757 B, le conjoint survivant et le partenaire de PACS restent totalement exonérés (article 796 0 bis CGI). La date des versements n'affecte pas cette exonération.

Stratégie : concentrer les primes avant 70 ans

Pour une assurance décès temporaire, l'objectif est d'éteindre le contrat avant 70 ans. Les durées standard de 10 à 25 ans autorisent une souscription entre 45 et 55 ans sans franchir ce seuil. Une souscription après 65 ans avec une durée de 10 à 15 ans fait mécaniquement basculer une part des primes sous le régime de l'article 757 B, moins généreux par bénéficiaire mais préservant l'exonération des produits.

Cinq stratégies d'optimisation fiscale validées par la pratique

Illustration stratégies d'optimisation fiscale

Stratégies optimisation fiscale

Stratégie 1 : le démembrement de la clause bénéficiaire

Le démembrement consiste à désigner un usufruitier (souvent le conjoint) et un ou plusieurs nus propriétaires (souvent les enfants). L'usufruitier perçoit les revenus ou une rente ; les nus propriétaires récupèrent la pleine propriété au décès de l'usufruitier, sans nouvelle imposition (article 1133 du CGI).

La répartition fiscale suit le barème de l'article 669 du CGI :

Âge de l'usufruitier Valeur de l'usufruit Valeur de la nue propriété
Moins de 21 ans 90 % 10 %
21 à 30 ans 80 % 20 %
31 à 40 ans 70 % 30 %
41 à 50 ans 60 % 40 %
51 à 60 ans 50 % 50 %
61 à 70 ans 40 % 60 %
71 à 80 ans 30 % 70 %
81 à 90 ans 20 % 80 %
Au delà de 91 ans 10 % 90 %

Exemple : capital de 200 000 €, conjoint usufruitier de 65 ans, deux enfants nus propriétaires. Valeur usufruit : 80 000 € (exonérée pour le conjoint). Valeur nue propriété : 120 000 €, soit 60 000 € par enfant, bien en deçà de l'abattement individuel de 152 500 €. Fiscalité totale : 0 €. Au décès du conjoint, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires.

Stratégie 2 : multiplier les bénéficiaires désignés

Chaque bénéficiaire nommément désigné applique son propre abattement de 152 500 €. Pour un capital de 600 000 €, la différence entre deux et six bénéficiaires peut dépasser 55 000 € de fiscalité évitée.

Option A, deux enfants : 300 000 € par enfant, abattement 152 500 €, taxable 147 500 €, prélèvement 29 500 € par enfant, fiscalité totale 59 000 €.

Option B, deux enfants et quatre petits enfants : 100 000 € chacun, tous en deçà de l'abattement, fiscalité totale 0 €.

La clause doit impérativement nommer chaque bénéficiaire ("Madame X née le..., Monsieur Y né le...") pour que l'abattement soit individualisé. Une mention générique comme "mes héritiers" fait perdre ce bénéfice (voir erreur 1 ci après).

Stratégie 3 : combiner assurance décès et assurance vie

Les abattements de l'article 990 I s'apprécient par bénéficiaire tous contrats d'assurance sur la vie confondus. L'intérêt stratégique ne consiste pas à dupliquer l'abattement sur un même bénéficiaire, mais à répartir les capitaux entre plusieurs bénéficiaires pour démultiplier mécaniquement le plafond de 152 500 €.

Cas chiffré. Pierre, 50 ans, souhaite transmettre 600 000 € à ses deux enfants via un mix assurance vie (200 000 €) et assurance décès temporaire (400 000 €). La désignation conjointe de deux enfants et de deux petits enfants comme bénéficiaires répartit 100 000 € à chacun, sous l'abattement individuel, et ramène la fiscalité totale à zéro, contre environ 64 000 € en succession classique.

Stratégie 4 : la clause bénéficiaire sur mesure

La rédaction de la clause bénéficiaire est la première source d'optimisation et, statistiquement, la première cause d'échec (source : pratique notariale, Revue française de comptabilité, 2025). Quatre modèles éprouvés :

  • Protection du conjoint et égalité entre enfants : "Mon conjoint Prénom Nom né le..., pour la moitié du capital. Le solde réparti à parts égales entre mes enfants nommément désignés."
  • Priorité à un enfant vulnérable : "Mon fils Prénom Nom né le..., en situation de handicap, pour 60 % du capital. Le solde à parts égales entre mes autres enfants nommément désignés."
  • Condition de survie : "Mes enfants Prénom Nom, Prénom Nom, à parts égales, à condition qu'ils me survivent. À défaut, mes petits enfants par souche." Cette formule évite que le capital transite par la succession d'un enfant prédécédé peu après l'assuré.
  • Rente pour mineur : "Pour mon fils mineur Prénom Nom, versement sous forme de rente jusqu'à sa majorité, puis solde en capital à 25 ans."

Stratégie 5 : étaler les primes sur une longue durée

Étaler les primes sur 15 à 25 ans présente trois avantages cumulés : prime annuelle modérée (éloigne le risque de qualification de primes manifestement exagérées au sens de l'article L132 13 C. ass.), sécurité de rester dans le régime avant 70 ans, tarification plus basse grâce à la souscription à un âge jeune.

Comparaison :

  • Option courte durée (souscription à 60 ans, 10 ans, capital 200 000 €) : 20 000 € de primes annuelles, zone de vigilance si revenus modestes.
  • Option longue durée (souscription à 45 ans, 20 ans, capital 200 000 €) : 10 000 € de primes annuelles, aucun risque de qualification, prime mensuelle inférieure de 30 à 40 % grâce à l'âge de souscription.

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Cas pratiques chiffrés : économies fiscales réelles

Cas 1 : couple avec deux enfants, optimisation classique

Profil : Marc et Sophie, 42 ans, deux enfants mineurs, revenus combinés 95 000 € annuels, crédit immobilier de 250 000 €.

Contrat Assuré Capital Bénéficiaires Prime mensuelle
Temporaire 1 Marc 200 000 € Sophie (conjointe) 28 €
Temporaire 2 Sophie 150 000 € Marc (conjoint) 22 €
Total 350 000 € 50 €

Décès de Marc : capital de 200 000 € à Sophie, exonération conjoint, fiscalité nulle. Décès simultané : capital de 350 000 € réparti entre les deux enfants (175 000 € chacun), abattement 152 500 € par enfant, taxable 22 500 €, prélèvement 4 500 € par enfant, total 9 000 €, soit un taux effectif de 2,6 %.

Cas 2 : célibataire sans enfant, transmission à trois neveux

Profil : Françoise, 52 ans, célibataire, patrimoine 180 000 €, souhaite transmettre à trois neveux.

Mode de transmission Droits totaux Net reçu par neveu
Succession classique 85 854 € 31 382 €
Assurance décès temporaire (souscription à 52 ans, 15 ans, prime de 35 € mensuels, capital 180 000 €, trois neveux nommément désignés à parts égales) 0 € 60 000 €

Chaque neveu reçoit près du double. Le coût total des primes sur 15 ans (environ 6 300 €) représente moins de 8 % de l'économie fiscale réalisée.

Cas 3 : senior avec patrimoine, stratégie mixte

Profil : Henri, 67 ans, veuf, deux enfants adultes, patrimoine 900 000 € (700 000 € immobilier, 200 000 € épargne).

Stratégie mixte France Épargne :

  1. Assurance vie entière pour obsèques (15 000 € de capital, primes après 70 ans sous article 757 B).
  2. Donations aux enfants tous les 15 ans (abattement 100 000 € par parent et par enfant, article 779 CGI).
  3. Assurance vie souscrite avant 70 ans (100 000 € répartis entre les deux enfants, sous article 990 I).

Simulation au décès à 85 ans : fiscalité totale environ 81 000 € sur 1 015 000 € transmis, soit un taux effectif de 8 %. Sans optimisation (succession pure sur 900 000 € d'actifs), la fiscalité estimée atteint 140 000 €. Économie nette : environ 59 000 €.

Sept erreurs fiscales qui détruisent l'avantage

Illustration sept erreurs fiscales à éviter

Erreur 1 : clause bénéficiaire générique

Une clause "mes héritiers légaux" fait basculer le capital dans la succession et annule les abattements de l'article 990 I. La clause doit nommer chaque bénéficiaire avec prénom, nom, date de naissance, et prévoir une règle de dévolution subsidiaire ("à défaut, mes petits enfants par souche").

Erreur 2 : souscription tardive (après 65 ans)

Une souscription à 68 ans sur 10 ans fait passer l'intégralité des primes sous l'article 757 B (abattement global 30 500 € au lieu de 152 500 € par bénéficiaire). La souscription avant 55 ans reste la règle pour sécuriser le régime favorable.

Erreur 3 : clause bénéficiaire jamais actualisée

Un divorce non pris en compte, une naissance postérieure, le décès d'un bénéficiaire : la clause doit être révisée tous les deux à trois ans, et systématiquement après tout événement familial majeur. Un ex conjoint désigné reste juridiquement bénéficiaire tant que la clause n'est pas modifiée.

Erreur 4 : primes manifestement exagérées

Risque : réintégration à la succession, perte des avantages fiscaux, contentieux avec les héritiers réservataires. La règle prudentielle issue de la jurisprudence (Cass. 1re civ., 30 avril 2025, n° 23 10.983) : primes plafonnées à environ 10 à 15 % des revenus annuels, patrimoine total cohérent avec le capital assuré.

Erreur 5 : absence de coordination assurance décès et assurance vie

Sans coordination, un bénéficiaire unique concentre les capitaux et dépasse les abattements. Le rééquilibrage entre plusieurs bénéficiaires (enfants, petits enfants) peut ramener la fiscalité à zéro sur des capitaux transmis de 400 000 à 600 000 €.

Erreur 6 : mode de versement inadapté

Un capital de 200 000 € versé d'un seul coup à un enfant mineur expose à une gestion défaillante. Les alternatives : rente temporaire, rente viagère, versement échelonné, combinaison capital et rente. Ces modalités sont prévues par le contrat et doivent être anticipées lors de la souscription.

Erreur 7 : ignorer la période de carence et les exclusions

La plupart des contrats prévoient une exclusion du risque de suicide pendant la première année (article L132 7 du Code des assurances). Les exclusions courantes concernent les sports extrêmes non déclarés, les professions à risque non mentionnées, et toute fausse déclaration médicale. La transparence à la souscription est la seule garantie de versement effectif.

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FAQ : fiscalité de l'assurance décès temporaire

Quel est l'abattement fiscal de l'assurance décès temporaire ?

L'abattement est de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI), et de 30 500 € global pour l'ensemble des bénéficiaires pour les primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI). Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, quel que soit l'âge de versement des primes.

Les capitaux d'assurance décès sont ils soumis aux droits de succession ?

Non, les capitaux d'assurance décès ne font pas partie de la succession civile (article L132 12 du Code des assurances). Ils relèvent d'un régime fiscal spécifique : prélèvement forfaitaire de l'article 990 I pour les primes avant 70 ans (20 % puis 31,25 %), ou droits de succession de l'article 757 B pour les primes après 70 ans, mais uniquement sur les primes (les produits restent exonérés).

Comment optimiser la clause bénéficiaire de mon assurance décès ?

Nommer chaque bénéficiaire avec prénom, nom et date de naissance, multiplier les bénéficiaires pour cumuler les abattements de 152 500 €, prévoir une clause subsidiaire en cas de prédécès, et envisager le démembrement (usufruitier conjoint, nus propriétaires enfants) pour combiner protection du survivant et préparation de la transmission.

Le conjoint survivant paie il des impôts sur l'assurance décès ?

Non. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007 (article 796 0 bis du CGI), le conjoint survivant marié et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés du prélèvement de l'article 990 I et des droits de succession liés à l'article 757 B, sans plafond de montant.

Quelle est la différence entre assurance décès temporaire et assurance vie ?

L'assurance décès temporaire verse un capital uniquement si le décès survient pendant la durée couverte (10 à 25 ans typiquement) ; aucun capital n'est versé si l'assuré survit. L'assurance vie est une enveloppe d'épargne qui verse un capital au décès quelle que soit la date. Les deux bénéficient du régime fiscal de l'article 990 I ou 757 B selon l'âge de versement des primes.

À partir de quand une prime est elle manifestement exagérée ?

La Cour de cassation (1re civ., 30 avril 2025, n° 23 10.983) retient quatre critères appréciés au moment du versement : l'âge du souscripteur, sa situation patrimoniale, sa situation familiale, et l'utilité du contrat. Seuils de vigilance dégagés par la jurisprudence : primes supérieures à 30 % des revenus annuels ou à 50 % du patrimoine total. L'atteinte à la réserve héréditaire n'est plus un critère pertinent.

Peut on cumuler plusieurs contrats d'assurance décès pour augmenter les abattements ?

L'abattement de 152 500 € s'apprécie par bénéficiaire tous contrats confondus. Ouvrir plusieurs contrats au profit du même bénéficiaire ne démultiplie pas l'abattement. En revanche, désigner plusieurs bénéficiaires distincts sur un ou plusieurs contrats permet de cumuler autant de fois 152 500 € qu'il existe de bénéficiaires nommés.

Comment France Épargne vous accompagne

La fiscalité de l'assurance décès temporaire s'intègre dans une stratégie patrimoniale globale qui combine assurance vie, donations, démembrement et rédaction notariale des clauses. France Épargne construit cette articulation en quatre étapes :

  1. Bilan patrimonial complet : inventaire des actifs et passifs, projection à 10 et 20 ans, identification des héritiers et ayants droit.
  2. Simulation successorale chiffrée : droits de succession sans optimisation, leviers fiscaux mobilisables, estimation de l'économie potentielle.
  3. Stratégie sur mesure : combinaison optimale assurance décès, assurance vie et donations, rédaction des clauses bénéficiaires, coordination avec notaire et expert comptable.
  4. Mise en œuvre et révision : souscription assistée, révision tous les deux à trois ans, adaptation aux évolutions familiales et législatives.

Pour évaluer l'impact fiscal d'une transmission par assurance décès sur votre situation, utilisez les simulateurs France Épargne et échangez avec un conseiller patrimonial.

Conclusion

L'assurance décès temporaire reste l'un des outils les plus puissants pour transmettre un capital en évitant la fiscalité successorale classique. L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI) permet de transmettre plusieurs centaines de milliers d'euros à des neveux, petits enfants, amis ou concubins avec une fiscalité proche de zéro, là où une succession classique prélèverait 55 à 60 %. Les conditions de succès sont connues : souscrire avant 55 ans, nommer précisément les bénéficiaires, multiplier les bénéficiaires désignés, surveiller le caractère mesuré des primes au regard du revenu et du patrimoine, coordonner l'ensemble avec l'assurance vie et les donations. La jurisprudence récente (Cass. 1re civ., 30 avril 2025, n° 23 10.983) sécurise le cadre en confirmant que chaque versement s'apprécie isolément, sans cumul entre contrats.


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