Ce que recouvre une étude de décumulation
La décumulation désigne la phase pendant laquelle le patrimoine constitué durant la vie active se transforme en revenu régulier. Une étude de décumulation fixe trois paramètres pour un foyer donné : le montant prélevable chaque année, l'enveloppe dans laquelle chaque euro est retiré, et le calendrier qui limite la charge fiscale et sociale sur toute la durée de la retraite. France Épargne conduit ce travail sur l'ensemble des supports détenus, du PER (Plan d'Épargne Retraite) à l'assurance vie, du PEA (Plan d'Épargne en Actions) au compte titres ordinaire. La durée à couvrir est mesurée : selon l'INSEE, l'espérance de vie à 60 ans atteint 27,9 ans pour les femmes et 23,9 ans pour les hommes en 2025, et respectivement 23,6 ans et 20,0 ans à 65 ans. Le revenu à compléter l'est également : la pension mensuelle moyenne de droit direct des retraités résidant en France s'élève à 1 666 euros bruts fin 2023, soit 1 541 euros nets des prélèvements sociaux, selon la DREES.
L'accompagnement commence par un chiffrage du besoin réel. Un foyer qui liquide ses droits découvre un revenu de remplacement partiel : la pension brute moyenne représente 58,8 % du revenu d'activité net moyen des personnes en emploi en 2023 (source : DREES, Les retraités et les retraites, édition 2025). L'écart entre les dépenses fixes et la pension nette définit le prélèvement annuel à organiser. Ce montant conditionne tout le reste, parce qu'il détermine la durée pendant laquelle le capital tient et la part qui reste disponible pour les imprévus de santé ou pour la transmission.
Le deuxième volet porte sur l'ordre des retraits. Chaque enveloppe supporte un régime distinct au moment de la sortie. Un rachat sur une assurance vie de plus de huit ans bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 euros sur les gains pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. Un retrait sur un PER alimenté par des versements déduits fait rentrer la part correspondant aux versements dans le revenu imposable au barème progressif, sans abattement de 10 %. Un retrait sur un PEA de plus de cinq ans échappe à l'impôt sur le revenu et ne supporte que les prélèvements sociaux. Mobiliser le mauvais support une année donnée coûte plusieurs milliers d'euros au foyer pour un revenu net identique.
Le troisième volet concerne la conversion en rente. Le Conseil d'orientation des retraites, ou COR, a publié en mars 2021 une analyse de Marie Brière qui recense les arbitrages : la rente viagère protège contre le risque de longévité, mais la conversion demeure irréversible, le capital cesse d'être disponible pour une dépense imprévue et sort du champ de la transmission. La rente financière, autre nom de la décumulation programmée, conserve la liberté de placement, autorise une conversion ultérieure et laisse un capital transmissible, sans couverture du risque de longévité. Le même document retient qu'une couverture totale du risque de longévité n'est pas nécessairement optimale, la rente immédiate souscrite à 65 ans aliénant un capital important. L'étude tranche cette question chiffres en main, pour votre foyer.
Un quatrième paramètre échappe à la plupart des plans de retraits construits sans conseil : le revenu fiscal de référence, ou RFR. Il commande le taux de CSG (contribution sociale généralisée) appliqué aux pensions du foyer. Selon service-public.gouv.fr, le taux applicable en 2026 dépend du RFR de 2024 porté sur l'avis d'imposition de 2025. Pour une part de quotient familial, l'exonération vaut jusqu'à 13 048 euros, le taux réduit de 3,8 % de 13 049 à 17 057 euros, le taux médian de 6,6 % de 17 058 à 26 472 euros et le taux normal de 8,3 % au-delà. Un rachat sur un PER entre dans ce RFR l'année où il est perçu, puis produit ses effets deux ans plus tard sur l'intégralité des pensions du foyer.
France Épargne restitue l'ensemble sous la forme d'un document unique : un tableau annuel qui indique, pour chaque exercice, le montant retiré, l'enveloppe mobilisée, l'impôt et les contributions sociales dus, le RFR projeté et le palier de CSG qui en découle. Ce document sert de feuille de route et se révise chaque année, les seuils étant revalorisés et la valeur des supports évoluant. L'accompagnement couvre également la mise en œuvre : les demandes de rachat, les arbitrages internes aux contrats et les versements programmés sont exécutés par nos équipes.
Le chiffrage distingue deux natures de dépenses. Les charges incompressibles, logement, énergie, assurances, alimentation et santé, définissent le revenu plancher que le plan doit garantir en toutes circonstances. Les dépenses variables, voyages, aide aux enfants, travaux, se financent par des prélèvements ponctuels décidés exercice par exercice. Cette séparation commande la structure du patrimoine : le revenu plancher justifie une poche sécurisée et, le cas échéant, une fraction convertie en rente viagère, alors que les dépenses variables restent adossées à des supports investis et disponibles. Un plan qui traite les deux catégories de la même manière immobilise trop de capital ou expose le revenu essentiel aux mouvements de marché. France Épargne chiffre ce plancher à partir de vos relevés bancaires des douze derniers mois, puis le compare à vos pensions nettes. L'écart obtenu constitue la donnée d'entrée de toute la suite de l'étude, et il est réévalué à chaque révision annuelle.