Épargne financière · obligations en devises

Obligations Internationales

Couvrir le dollar prélève 1,375 point par an sur le coupon encaissé

Le rendement affiché par une obligation étrangère et le rendement qu'elle laisse à un patrimoine tenu en euros forment deux chiffres distincts. L'écart se calcule avant l'investissement, puisqu'il vaut la différence entre le taux directeur de la zone d'émission et celui de la Banque centrale européenne. Au 18 août 2026, cette différence atteint 1,375 point sur le dollar et 1,50 point sur la livre sterling.

A

Le prix de la couverture se déduit de deux taux directeurs

La parité couverte des taux d'intérêt interdit de gagner sans risque en empruntant dans une monnaie pour prêter dans une autre. Vendre à terme une devise mieux rémunérée que l'euro revient donc à abandonner cet excédent de rémunération. La Réserve fédérale a maintenu sa fourchette cible à 3,50 % à 3,75 % le 29 juillet 2026 et la Banque centrale européenne sa facilité de dépôt à 2,25 % le 23 juillet 2026, soit un portage de 1,375 point par an sur le dollar.

B

Le Trésor américain couvert rend 71 points de base de moins que l'OAT

L'emprunt d'État américain à dix ans se traite à 4,73 % et l'OAT française à 4,07 % au 18 août 2026 (source : Trading Economics). Une fois le portage de 1,375 point retranché, le titre américain revient à 3,36 % pour un investisseur en euros. Le Gilt britannique, affiché à 5,06 %, revient à 3,56 % après 1,50 point de couverture. Le classement des emprunts souverains change donc de sens dès que la monnaie est neutralisée.

C

Le franc suisse retourne le calcul et rapporte 2,25 points

La Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0,00 % lors de son appréciation de politique monétaire du 18 juin 2026. Vendre à terme une monnaie moins rémunérée que l'euro encaisse l'écart au lieu de le payer. Une obligation suisse couverte délivre donc son coupon augmenté de 2,25 points par an, selon le mécanisme strictement inverse de celui observé sur le dollar.

D

La désynchronisation des cycles monétaires survit à la couverture

La neutralisation de la monnaie laisse intacte la diversification des courbes de taux. La Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt de 25 points de base le 17 juin 2026 quand la Réserve fédérale gardait sa fourchette inchangée six semaines plus tard. L'indice mondial de référence réunit 71 pays et 24 devises pour plus de 21 000 lignes (source : Bloomberg), un gisement sans équivalent à l'intérieur de la seule zone euro.

E

Le calcul se refait à chaque décision de banque centrale

Le coût de portage suit l'écart de taux courts, donc chaque inflexion de politique monétaire. Trois membres du comité de la Réserve fédérale ont voté pour un relèvement le 29 juillet 2026, et la Banque centrale européenne a procédé à une hausse de 25 points de base le 17 juin 2026. Un ratio de couverture arrêté une fois pour toutes se périme en quelques trimestres.

Fonctionnement

Notre méthode, de la transparisation au ratio retenu

01

Transparisation de vos supports

Nous ouvrons vos fonds et vos unités de compte ligne à ligne pour mesurer l'assiette déjà exposée à une monnaie étrangère. Une large part des portefeuilles diversifiés porte une exposition dollar involontaire, logée dans un fonds actions monde souscrit pour de tout autres raisons.

02

Cadrage de la part obligataire

Nous fixons la proportion obligataire cible à partir de votre horizon et de vos besoins de revenus, puis la répartition entre zone euro et reste du monde. La duration retenue tient compte de la pente des courbes, plus accentuée depuis la remontée des primes de terme relevée par l'OCDE en mars 2026.

03

Chiffrage du portage, devise par devise

Nous calculons le coût annuel de chaque monnaie retenue à partir des taux directeurs publiés : 1,375 point sur le dollar, 1,50 point sur la livre sterling, un gain de 2,25 points sur le franc suisse. Le ratio de couverture est ensuite arrêté monnaie par monnaie, selon la fonction assignée à la poche.

04

Sélection des supports et de l'enveloppe

Nous comparons supports indiciels, fonds gérés et achat en direct, puis nous logeons la poche dans l'enveloppe la moins imposée : compte titres ordinaire, assurance vie ou contrat de capitalisation. Les frais courants d'un indiciel mondial couvert démarrent à 0,10 % par an (source : justETF).

05

Suivi et préparation déclarative

Nous révisons le ratio à chaque décision de banque centrale et nous préparons la déclaration de vos revenus de source étrangère, coupons et retenues comprises. Un conseiller France Épargne répond sous 6h, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Comparatif

Trois façons de sortir de la dette en euro

CritèreSouverain développé couvertSouverain développé ouvertDette émergente en devise forte
Rendement affiché à dix ans4,73 % aux États-Unis, 5,06 % au Royaume-Uniles mêmes taux faciaux, sans opération de change6,9 % de rendement à l'échéance sur l'indice de référence
Rendement une fois ramené en euros3,36 % sur le Trésor américain, 3,56 % sur le Giltinconnu à l'achat, fixé par la parité au dénouement6,9 % diminué du portage du dollar, soit environ 5,5 %
Portage annuel de la devise1,375 point sur le dollar, 1,50 point sur la livreaucun portage payé, aucune protection obtenue1,375 point, les émissions étant libellées en dollars
Risque dominantsensibilité au taux et duration du portefeuilleamplitude annuelle de la parité de changedéfaut souverain et restructuration de la dette
Frais courants d'un support indicielà partir de 0,10 % par an (source : justETF)à partir de 0,10 % par an (source : justETF)au dessus des indiciels agrégés, gestion plus active
Place dans l'allocationsocle de la poche obligataire internationaleposition d'opinion assumée sur la monnaiepoche satellite, dimensionnée en complément du socle
Pour qui

À qui s'adresse cette poche

Épargnants dont la poche obligataire dépasse 50 000 euros, montant à partir duquel le portage du dollar représente plus de 680 euros par an et mérite un arbitrage explicite.
Détenteurs concentrés sur la signature France, dont le fonds en euros, les livrets réglementés et les titres directs financent le même émetteur, alors que l'OAT à dix ans se traite au dessus de 4 %, à 4,07 % le 17 août 2026.
Cadres constitués de 40 à 55 ans, avec 150 000 à 500 000 euros et un horizon de dix à quinze ans, dont la poche obligataire doit amortir les chocs de la poche action.
Futurs retraités construisant un revenu daté, par échelonnement de maturités souveraines couvertes, à 3,36 % sur le Trésor américain et 3,23 % sur le Bund allemand.
Dirigeants pilotant une trésorerie longue, via un contrat de capitalisation détenu par la personne morale, sur des maturités intermédiaires intégralement couvertes.
Expatriés et titulaires de revenus en devises, pour lesquels une poche non couverte adossée à des dépenses futures en dollars supprime le risque de change au lieu de le créer.
★★★★★

« Je comparais le 4,7 % du Trésor américain au 4,07 % de l'OAT et je trouvais le choix évident. Personne ne m'avait montré que la couverture du dollar coûtait 1,375 point par an. Le calcul refait, j'ai gardé de l'international pour la diversification des courbes, avec un ratio décidé monnaie par monnaie. »

Cadre dirigeant, 52 ans, Hauts-de-Seine · Client accompagné par France Épargne
Questions

Les questions que posent les épargnants

Parce que la Réserve fédérale rémunère les liquidités en dollars plus cher que la Banque centrale européenne ne rémunère les liquidités en euros : 3,50 % à 3,75 % contre 2,25 % au 18 août 2026. L'écart de rendement facial rémunère cette différence monétaire. Une fois la devise neutralisée, le titre américain revient à 3,36 % contre 4,07 % pour l'OAT.

Non. Il découle de la parité couverte des taux d'intérêt, relation d'arbitrage entre deux marchés monétaires, et vaut la différence entre les deux taux courts. Aucun intermédiaire ne le fixe et aucune remise ne s'y applique. Il varie uniquement lorsque l'une des deux banques centrales modifie son taux directeur.

La couverture s'impose sur la part qui remplit une fonction de stabilisation, l'amplitude annuelle d'une parité majeure dépassant couramment le coupon d'une signature souveraine notée AA. Une poche adossée à des dépenses futures en devise étrangère se conserve en revanche sans couverture, puisque le risque se compense alors au passif.

Non. Le PEA n'accueille que des titres de capital, à l'exclusion des titres de créance. Les obligations étrangères se logent en compte titres ordinaire, en assurance vie ou en contrat de capitalisation sous forme d'unités de compte, ou encore en Plan d'Épargne Retraite. Le choix de l'enveloppe modifie fortement le résultat net.

Le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026 (source : service-public.fr). La retenue prélevée dans le pays d'émission est neutralisée par la convention fiscale bilatérale, le plus souvent sous forme de crédit d'impôt imputable sur l'impôt français.

Uniquement si les revenus sont encaissés directement hors de France. Lorsque les titres sont conservés chez une banque, un courtier ou un assureur établi en France, l'imprimé fiscal unique est transmis à l'administration et les montants se reportent sur la déclaration 2042. Conserver les titres chez un teneur de compte français allège durablement les formalités.

Pour aller plus loin

Prêter à un émetteur étranger dans sa monnaie

Une obligation internationale est un titre de créance émis par un État, une entreprise ou une institution supranationale dans une monnaie autre que celle de l'investisseur qui l'achète. Pour un épargnant français, la catégorie réunit le bon du Trésor américain libellé en dollars, le Gilt britannique libellé en livres sterling, le titre d'État japonais libellé en yens, l'emprunt d'un émetteur mexicain libellé en pesos, ainsi que toutes les obligations d'entreprises cotées sur ces marchés. Trois paramètres décrivent chaque ligne : le coupon, intérêt versé périodiquement et exprimé en pourcentage du nominal ; la maturité, date à laquelle l'émetteur rembourse le capital ; la notation, mesure du risque de défaut attribuée par une agence. Un quatrième paramètre s'ajoute dès que la monnaie d'émission diffère de l'euro, et son amplitude dépasse celle des trois autres : le cours de change auquel les coupons puis le nominal seront reconvertis.

Le gisement mondial atteint 109 000 milliards de dollars d'encours pour les seuls marchés obligataires souverains et d'entreprises, selon le Rapport sur la dette mondiale 2026 de l'OCDE publié en mars 2026. Les États et les entreprises y lèveront 29 000 milliards USD sur l'année, soit 4 000 milliards et 17 % de plus qu'en 2024. La dette souveraine des pays de l'OCDE atteint à elle seule un record de 61 000 milliards USD, et l'encours de dette des entreprises 59 500 milliards USD, dont 36 400 milliards d'obligations. L'indice Bloomberg Global Aggregate, référence de l'obligataire mondial de qualité investissement, agrège plus de 21 000 lignes émises par des émetteurs de 71 pays dans 24 devises, dont environ la moitié de titres souverains (source : Bloomberg, Global Aggregate Index).

Le seul marché américain pèse 50 500 milliards de dollars d'encours au premier trimestre 2026, en progression de 6,4 % sur un an, dont 30 800 milliards de titres du Trésor (source : SIFMA, Research Quarterly Fixed Income Outstanding). Un portefeuille obligataire construit exclusivement sur des émetteurs de la zone euro laisse donc de côté la majeure partie des signatures disponibles, des courbes de taux et des cycles de crédit. La diversification obtenue ne porte pas seulement sur le nombre d'émetteurs : les banques centrales américaine, britannique, japonaise et suisse ne resserrent ni n'assouplissent leur politique au même moment, ce qui désynchronise les courbes de taux et amortit les phases de tension sur un marché isolé.

Cinq familles composent l'univers. Les souverains de pays développés rassemblent le Trésor américain, les Gilts, les obligations d'État japonaises et les émissions canadiennes ou australiennes. Les agences et supranationales, dont la Banque européenne d'investissement et la Banque mondiale, émettent dans une douzaine de devises avec des notations alignées sur celles de leurs actionnaires publics. Les obligations d'entreprises de qualité investissement couvrent les émetteurs notés BBB moins et au dessus. Le compartiment à haut rendement regroupe les signatures notées en dessous de ce seuil. La dette émergente se subdivise entre émissions en devise forte, libellées en dollars ou en euros par des États hors OCDE, et émissions en devise locale, exposées au double mouvement du taux et de la monnaie. La dette souveraine obligataire des économies de marché émergentes non membres de l'OCDE atteint 12 100 milliards USD en 2025, environ 30 % de leur produit intérieur brut, plus haut niveau relevé depuis au moins 2007 (source : OCDE, 2026).

Le versement des coupons obéit aux usages du marché d'émission. Le Trésor américain paie un coupon semestriel, la plupart des émetteurs souverains de la zone euro paient un coupon annuel, et les émissions en dollars des entreprises suivent le rythme semestriel américain. Chaque encaissement se convertit au cours du jour lorsque le compte de règlement est tenu en euros, ce qui fractionne l'exposition monétaire sur toute la durée de vie du titre au lieu de la concentrer à l'échéance. Le porteur d'une obligation américaine à dix ans traverse ainsi vingt conversions successives avant le remboursement du nominal, chacune à une parité différente. Cette granularité atténue l'effet d'un point d'entrée défavorable sur le flux de coupons, sans rien changer au sort du capital remboursé.

Cette fiche traite du paramètre monétaire, qui distingue une obligation étrangère de toute autre. Les mécaniques obligataires communes, sensibilité au taux, convexité, notation, relèvent de la fiche Obligations ; les emprunts d'État français relèvent de la fiche Obligations d'État ; la détention jusqu'au remboursement relève de la fiche Portefeuilles obligataires à échéance.

L'accès depuis la France passe par trois canaux. L'achat en direct sur un compte titres ordinaire donne le contrôle de l'émetteur, de la maturité et du coupon, avec des frais de courtage usuels de 0,1 % à 0,5 % du montant par opération. Il se heurte à la coupure minimale des émissions : 1 000 euros pour les souches destinées au public, mais 100 000 euros pour un grand nombre d'émissions institutionnelles, ce qui interdit toute diversification sur un portefeuille modeste. Les supports indiciels contournent cet obstacle : le iShares Core Global Aggregate Bond UCITS ETF EUR Hedged, ISIN IE00BDBRDM35, affiche 0,10 % de frais courants par an pour 2 512 millions d'euros d'encours (source : justETF). Les unités de compte obligataires logées en assurance vie et en contrat de capitalisation offrent le troisième chemin, avec la fiscalité propre à ces enveloppes. Les conseillers de France Épargne arbitrent entre ces trois canaux à partir du montant investi, de l'horizon et de la situation fiscale du foyer.

Représentation d'un titre de créance libellé en devise étrangère et de son coupon
Coupon, maturité, notation et devise d'émission : les quatre paramètres d'une obligation étrangère. Sources : OCDE 2026, Bloomberg Global Aggregate Index.

Un univers de 71 pays et 24 devises

L'indice Bloomberg Global Aggregate réunit plus de 21 000 lignes émises dans 24 monnaies par des émetteurs de 71 pays, dont environ la moitié de signatures souveraines. Un portefeuille limité à la zone euro se prive de la profondeur d'un marché américain de 50 500 milliards de dollars d'encours (source : SIFMA, premier trimestre 2026).

Des cycles monétaires désynchronisés

La Banque centrale européenne a relevé sa facilité de dépôt à 2,25 % le 17 juin 2026 alors que la Réserve fédérale maintenait sa fourchette cible à 3,50 % à 3,75 % le 29 juillet 2026. Cette divergence de calendrier décale les points hauts et bas des courbes de taux et lisse la performance d'une allocation répartie sur plusieurs zones.

Un compartiment émergent à 6,9 % de rendement

La dette émergente libellée en devise forte affiche un rendement à l'échéance de 6,9 %, contre 3,6 % pour l'obligataire mondial et 4,2 % pour l'obligataire américain, et a surperformé la dette des pays développés de 8,71 points en 2025 (source : VanEck, janvier 2026, indices J.P. Morgan et Bloomberg).

Une sortie de la concentration sur la signature France

L'OAT à dix ans se traite à 4,07 % au 17 août 2026 quand le Bund allemand se traite à 3,23 %, soit un écart de 83 points de base entre les deux signatures (source : Trading Economics). Un épargnant dont l'épargne réglementée, les fonds en euros et les titres directs financent tous l'État français concentre un risque de signature unique.

Un coût de couverture connu à l'avance

Couvrir une position en dollars vers l'euro coûte 1,375 point par an, différence entre le milieu de la fourchette de la Réserve fédérale, à 3,625 %, et la facilité de dépôt de la Banque centrale européenne, à 2,25 %. Ce prix découle de la parité couverte des taux d'intérêt et se calcule avant l'investissement, à partir de deux taux directeurs publiés.

Des devises qui rémunèrent la couverture

Le taux directeur de la Banque nationale suisse est resté à 0,00 % le 18 juin 2026. Vendre à terme du franc suisse contre euro rapporte donc 2,25 points par an à un investisseur en euros. Une obligation suisse couverte délivre son coupon augmenté de ce report, mécanisme inverse de celui observé sur le dollar.

Une double imposition neutralisée par convention

Les conventions fiscales bilatérales signées par la France éliminent la double imposition des coupons de source étrangère, le plus souvent par un crédit d'impôt imputable sur l'impôt français. Lorsque les titres sont logés chez un établissement établi en France, l'imprimé fiscal unique dispense de remplir le formulaire 2047.

Chiffrez le coût de votre exposition en devises

Le simulateur France Épargne convertit l'écart de taux courts entre deux zones monétaires en un niveau de change au delà duquel la couverture aura été payante. Trois minutes suffisent pour situer votre portefeuille.

Calculer mon point mort de change

Du coupon encaissé au rendement réellement perçu en euros

Le rendement d'une obligation étrangère se lit en deux temps : le taux facial affiché sur le marché d'émission, puis ce taux diminué du coût de neutralisation de la devise. Le second chiffre commande la décision d'investissement, le premier sert de point de départ. Au 18 août 2026, les rendements souverains à dix ans relevés par Trading Economics s'établissent à 5,06 % au Royaume-Uni, 4,73 % aux États-Unis, 4,07 % en France, 4,03 % en Italie, 3,67 % en Espagne, 3,23 % en Allemagne et 2,95 % au Japon. Classés ainsi, le Gilt et le Trésor américain dominent largement l'OAT. Le classement se renverse une fois la devise traitée.

Le prix d'une couverture obéit à la parité couverte des taux d'intérêt, relation d'arbitrage qui interdit de gagner sans risque en empruntant dans une monnaie pour prêter dans une autre. Vendre à terme une devise mieux rémunérée que l'euro revient à abandonner cet excédent de rémunération ; vendre à terme une devise moins rémunérée revient à l'encaisser. Le coût annuel se lit donc directement dans l'écart entre deux taux directeurs. La Réserve fédérale a maintenu sa fourchette cible à 3,50 % à 3,75 % le 29 juillet 2026, trois membres du comité votant pour un relèvement. La Banque centrale européenne a laissé son taux de dépôt à 2,25 % le 23 juillet 2026, après le relèvement de 25 points de base entré en vigueur le 17 juin 2026. L'écart ressort à 1,375 point par an sur le dollar. Sur la livre sterling, le Bank Rate britannique à 3,75 %, maintenu par six voix contre trois en juillet 2026, porte le coût à 1,50 point.

Appliquée aux rendements ci dessus, l'arithmétique donne un résultat que le taux facial masque. Le Trésor américain à dix ans, couvert en euros, revient à 3,36 %. Le Gilt britannique couvert revient à 3,56 %. L'OAT française paie 4,07 % sans aucune opération de change. La supériorité apparente des emprunts anglo-saxons se dissout donc entièrement dans le différentiel monétaire : elle rémunère un taux directeur plus élevé, à qualité de crédit inchangée. Le raisonnement s'inverse sur les monnaies faiblement rémunérées, puisque le taux directeur suisse à 0,00 % transforme le coût en report positif de 2,25 points par an.

La couverture s'exécute par vente à terme de la devise, contrat renouvelé à échéance courte. Les gérants indiciels retiennent le plus souvent une maturité mensuelle, compromis entre le coût de renouvellement et la qualité du suivi. L'indice MSCI World 100% Hedged to EUR applique ainsi une vente à terme un mois sur chaque devise, reconduite chaque mois. Cette mécanique explique l'écart de frais courants observé entre un support couvert et sa version ouverte : 0,55 % par an pour le iShares MSCI World EUR Hedged contre 0,20 % pour le iShares Core MSCI World, soit 0,35 point d'écart (source : justETF). Sur l'obligataire, l'écart se réduit fortement, le iShares Core Global Aggregate Bond UCITS ETF EUR Hedged affichant 0,10 % de frais courants par an.

Renoncer à la couverture revient à superposer deux risques de nature différente. Le marché des changes traite 9 600 milliards de dollars par jour, en hausse de 28 % en trois ans, le dollar intervenant dans 89,2 % des transactions et l'euro dans 28,9 % (source : Banque des règlements internationaux, enquête triennale publiée le 30 septembre 2025). L'amplitude annuelle d'une parité majeure dépasse couramment le coupon d'une obligation souveraine notée AA. La volatilité de la monnaie efface alors la fonction stabilisatrice attendue de la poche obligataire, ce qui conduit la profession à couvrir systématiquement l'obligataire là où l'exposition action reste souvent ouverte.

L'écart de performance entre une version couverte et une version ouverte du même indice mesure, sur une année complète, la somme du coût de portage et du mouvement de la parité. Un support couvert en euro délivre une performance proche de celle de l'indice sous-jacent diminuée du différentiel de taux, quelle que soit l'évolution du cours de change. Un support ouvert y ajoute ou en retranche le mouvement de la monnaie, dans une amplitude sans rapport avec le coupon encaissé. Comparer les deux séries sur un seul exercice conduit donc à des conclusions instables, puisque le résultat dépend alors du hasard de la fenêtre observée. Le critère de décision reste la fonction assignée à la poche obligataire dans l'allocation retenue, arbitrée au moment de la construction du portefeuille.

La mise en oeuvre suit trois voies. Le support indiciel couvert intègre la couverture dans sa valeur liquidative, sans intervention du porteur. Le fonds géré activement laisse au gérant le choix du ratio de couverture, décision qui doit alors figurer dans la documentation réglementaire. La détention en direct sur compte titres laisse l'exposition entièrement ouverte, sauf montage de couverture individuel, rarement praticable en dessous de plusieurs centaines de milliers d'euros. France Épargne cadre ce choix avant la souscription, ratio par ratio, à partir du cours de référence de la Banque centrale européenne du 14 août 2026, soit 1,1567 dollar, 0,85450 livre sterling et 0,9390 franc suisse pour un euro.

1

Bilan patrimonial et transparisation

Nous recensons vos supports existants et nous les transparisons ligne à ligne pour mesurer l'assiette déjà exposée à une devise étrangère. Beaucoup de portefeuilles portent une exposition dollar involontaire, logée dans des fonds actions monde ou des unités de compte diversifiées.

2

Cadrage de l'allocation obligataire

Nous fixons la part obligataire cible en fonction de votre horizon et de votre tolérance au risque, puis la répartition entre zone euro et reste du monde. La duration retenue tient compte de la pente des courbes, plus accentuée depuis la hausse des besoins de refinancement relevée par l'OCDE en 2026.

3

Décision de couverture, devise par devise

Nous chiffrons le coût annuel de couverture de chaque monnaie retenue à partir des taux directeurs en vigueur, puis nous arrêtons un ratio par devise. Le dollar prélève 1,375 point chaque année, la livre 1,50 point, le franc suisse rapporte 2,25 points.

4

Sélection des supports et de l'enveloppe

Nous comparons les supports indiciels, les fonds gérés et l'achat en direct, puis nous logeons la poche dans l'enveloppe la plus efficace : compte titres ordinaire, assurance vie ou contrat de capitalisation. Le choix dépend du montant, de l'horizon et du taux marginal d'imposition du foyer.

5

Suivi, arbitrages et déclaration

Nous révisons le ratio de couverture à chaque inflexion de politique monétaire et nous préparons les éléments déclaratifs de vos revenus de source étrangère. Un conseiller France Épargne répond sous 6h, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Étapes d'une souscription en obligations étrangères accompagnée par un conseiller
De la transparisation du portefeuille au ratio de couverture retenu : le parcours d'accompagnement France Épargne.

Quelle formule choisir ?

Souverain développé couvert en euro

  • Rendement du Trésor américain ramené à 3,36 % après 1,375 point de coût de couverture
  • Volatilité proche de celle d'un portefeuille en euro de même duration
  • Support indiciel accessible à 0,10 % de frais courants par an (source : justETF)
  • Fonction de stabilisateur du portefeuille conservée
  • Aucun gain attendu de l'évolution du cours de change

Souverain développé non couvert

  • Rendement facial de 4,73 % aux États-Unis et 5,06 % au Royaume-Uni au 18 août 2026
  • Résultat final dépendant de la parité au moment de la revente ou du remboursement
  • Amplitude annuelle du change supérieure au coupon d'une signature notée AA
  • Frais courants inférieurs de l'ordre de 0,05 à 0,35 point à la version couverte
  • Réservé aux investisseurs assumant une opinion explicite sur la monnaie

Dette émergente en devise forte

  • Rendement à l'échéance de 6,9 % contre 3,6 % pour l'obligataire mondial (VanEck, janvier 2026)
  • Émissions libellées en dollars ou en euros, risque monétaire limité à celui du dollar
  • Encours souverain de 12 100 milliards de dollars hors OCDE en 2025 (source : OCDE)
  • Risque de défaut souverain et de restructuration nettement supérieur
  • Poche satellite, dimensionnée en complément d'un socle investment grade

Obligations d'entreprises internationales

  • Prime de crédit ajoutée au taux souverain de la zone d'émission
  • Coupures fréquentes de 100 000 euros sur les émissions institutionnelles
  • Diversification sectorielle absente du seul gisement de la zone euro
  • Sensibilité conjointe au cycle de crédit et au cycle monétaire local
  • Accès pratique par fonds ou support indiciel plutôt qu'en direct

Fonds obligataire international à échéance

  • Portefeuille arrêté à une date de maturité connue à la souscription
  • Rendement estimatif communiqué à l'entrée, sous réserve d'absence de défaut
  • Couverture de change intégrée dans les versions libellées en euro
  • Frais de gestion supérieurs aux supports indiciels passifs
  • Adapté à un capital affecté à un projet daté

Chiffres Clés

CritèreDonnéeSource
Encours obligataire souverain et entreprises109 000 milliards USDOCDE, Rapport sur la dette mondiale 2026
Émissions attendues sur l'année29 000 milliards USD, soit 17 % de plus qu'en 2024OCDE, 2026
Dette souveraine des pays de l'OCDE61 000 milliards USD, niveau recordOCDE, Rapport sur la dette mondiale 2026
Dette souveraine des émergents hors OCDE12 100 milliards USD, environ 30 % du PIBOCDE, 2026
Encours obligataire américain50 500 milliards USD, en hausse de 6,4 % sur un anSIFMA, premier trimestre 2026
Périmètre de l'indice mondial de référence71 pays, 24 devises, plus de 21 000 lignesBloomberg, Global Aggregate Index
Rendement souverain 10 ans États-Unis4,73 %Trading Economics, 18 août 2026
Rendement souverain 10 ans Royaume-Uni5,06 %Trading Economics, 17 août 2026
Rendement souverain 10 ans France4,07 %Trading Economics, 17 août 2026
Rendement souverain 10 ans Allemagne3,23 %Trading Economics, 17 août 2026
Facilité de dépôt de la Banque centrale européenne2,25 %BCE, décision du 23 juillet 2026
Fourchette cible de la Réserve fédérale3,50 % à 3,75 %Réserve fédérale, décision du 29 juillet 2026
Coût annuel de couverture du dollar vers l'euro1,375 pointÉcart des taux directeurs BCE et Réserve fédérale
Frais courants d'un indiciel mondial couvert0,10 % par an, encours de 2 512 millions EURjustETF, iShares Core Global Aggregate EUR Hedged
Volume quotidien du marché des changes9 600 milliards USD, dollar présent sur 89,2 % des transactionsBanque des règlements internationaux, enquête d'avril 2025
Prélèvement forfaitaire unique applicable aux coupons31,4 %, dont 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociauxservice-public.fr, en vigueur depuis le 1er janvier 2026

Faites auditer la devise cachée de votre portefeuille

La majorité des portefeuilles diversifiés portent une exposition dollar involontaire, logée dans des fonds actions monde. Un conseiller transparise vos supports et chiffre l'assiette réellement exposée, avant toute décision d'arbitrage.

Mesurer mon exposition en devises

Un marché sous tension d'offre, lecture d'un gérant de patrimoine

Le volume d'émissions souveraines et l'encours en circulation ont atteint des niveaux records dans la zone OCDE en 2025, les besoins de refinancement représentant l'essentiel de l'emprunt brut, selon le Rapport sur la dette mondiale 2026 publié en mars 2026. L'organisation chiffre à 17 000 milliards USD les emprunts des administrations centrales de la zone et relève que le niveau élevé des besoins, conjugué au repli de la demande pour les maturités longues et à une perception du risque plus tendue, a nourri la hausse des primes de terme et l'accentuation de la pente des courbes. Cette conjonction déplace le point d'équilibre du marché obligataire mondial : le rendement supplémentaire disponible sur les échéances longues rémunère désormais une contrainte d'absorption du marché primaire.

La France illustre cette recomposition. L'emprunt d'État français à dix ans se traite au dessus de 4 %, à 4,07 % le 17 août 2026, quand l'italien se traite à 4,03 % et l'espagnol à 3,67 % (source : Trading Economics). L'écart avec le Bund allemand, à 3,23 % le même jour, atteint 83 points de base. Le classement des signatures souveraines de la zone euro ne suit donc plus l'ordre historique. Pour un épargnant dont les livrets réglementés, le fonds en euros de son contrat et ses titres directs financent tous le même émetteur, la diversification hors de cette signature relève de la gestion de risque élémentaire.

La dispersion entre zones monétaires constitue le second fait marquant. Le Japon rémunère son emprunt à dix ans 2,95 %, l'Allemagne 3,23 %, le Royaume-Uni 5,06 %, écart de 211 points de base entre les extrêmes de ce groupe d'émetteurs souverains de pays développés. Cette dispersion s'explique par les politiques monétaires en vigueur dans chaque zone : la Banque nationale suisse maintient son taux directeur à 0,00 % depuis son appréciation du 18 juin 2026, alors que la Réserve fédérale conserve une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, avec trois membres favorables à un resserrement supplémentaire lors du vote du 29 juillet 2026. Une allocation répartie sur ces zones capte des cycles décalés, ce qu'aucune sélection d'émetteurs à l'intérieur de la seule zone euro ne procure.

Le compartiment émergent mérite un traitement distinct. La dette libellée en devise forte affiche un rendement à l'échéance de 6,9 %, contre 3,6 % pour l'obligataire mondial et 4,2 % pour l'obligataire américain, et a devancé la dette des pays développés de 8,71 points en 2025 (source : VanEck, janvier 2026). Ce niveau de rémunération accompagne un encours souverain de 12 100 milliards USD hors OCDE, soit environ 30 % du produit intérieur brut de ces économies, plus haut relevé depuis au moins 2007. Le rendement offert intègre donc une probabilité de restructuration que les statistiques de défaut souverain confirment sur longue période. Le dimensionnement raisonnable d'une telle poche se situe en complément d'un socle de qualité investissement, dans une proportion arrêtée à l'avance.

La fabrique du rendement final se joue sur trois postes que le conseil patrimonial contrôle. Le premier est le ratio de couverture, dont le coût se lit dans l'écart des taux directeurs et se révise à chaque inflexion de politique monétaire. Le deuxième est la duration, sensibilité du prix à une variation de taux, arbitrée en fonction de la pente propre à chaque courbe. Le troisième est l'enveloppe de détention, qui détermine le taux d'imposition appliqué aux coupons et la récupération de la retenue étrangère. Un même portefeuille de titres produit un résultat net très différent selon l'ordonnancement de ces trois décisions.

La prime de terme, supplément de rémunération exigé pour immobiliser un capital sur une échéance longue, redevient un poste de rendement à part entière. L'OCDE relie sa remontée à trois facteurs simultanés : le volume record des besoins bruts de financement, le retrait progressif des banques centrales du rôle d'acheteur régulier, et le repli de la demande institutionnelle pour les maturités longues. Cette configuration se lit dans la pente des courbes, plus accentuée qu'au cours de la décennie précédente. Elle rémunère mieux l'allongement de la duration, tout en exposant davantage le porteur à une variation de prix avant l'échéance. L'arbitrage entre échéances courtes et longues gagne donc en importance sur les marchés étrangers autant que sur le marché domestique, et il se pose différemment selon la zone monétaire retenue.

La méthode appliquée par France Épargne fixe d'abord le ratio de couverture par devise à partir des taux directeurs publiés, puis sélectionne les supports à frais courants les plus faibles sur chaque compartiment, et arrête en dernier lieu l'enveloppe fiscale. Les frais de gestion pèsent mécaniquement plus lourd sur une classe d'actifs dont le rendement attendu se situe entre 3 % et 4 % que sur une poche action : 0,35 point d'écart de frais courants représente environ un dixième du rendement d'un souverain développé couvert.

Rendement souverain à dix ans, avant et après neutralisation de la devise

Rendement facial (en %)
+5,1+4,7+4,1+4+3,2Royaume-UniÉtats-UnisFranceItalieAllemagne
Source : Trading Economics, Banque centrale européenne et Réserve fédérale, 18 août 2026. Coût de couverture calculé par écart des taux directeurs.
Vue d'ensemble du marché obligataire mondial et de ses grandes zones d'émission
109 000 milliards de dollars d'encours souverain et privé, dont 50 500 milliards sur le seul marché américain. Sources : OCDE 2026, SIFMA.

Fiscalité française, obligations déclaratives et risques assumés

Les coupons et les plus-values de cession d'obligations étrangères perçus par un résident fiscal français relèvent du prélèvement forfaitaire unique, fixé à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. Ce taux se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, la contribution sociale généralisée ayant été relevée de 1,4 point au 1er janvier 2026 (source : service-public.fr, actualité A18796). Le taux global antérieur s'établissait à 30 %. Le contribuable conserve la faculté d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, option globale qui s'applique alors à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values du foyer pour l'année concernée. L'arbitrage entre les deux régimes dépend du taux marginal d'imposition et du volume de revenus mobiliers.

La retenue à la source prélevée dans le pays d'émission constitue la spécificité de cette classe d'actifs. Les conventions fiscales bilatérales signées par la France éliminent la double imposition par deux méthodes, définies catégorie de revenu par catégorie de revenu : le crédit d'impôt, mécanisme le plus fréquent, imputable sur l'impôt français dû sur le même revenu ; l'exonération avec application du taux effectif, qui écarte le revenu de la base imposable tout en le retenant pour calculer le taux applicable au reste. Le taux de retenue et la méthode retenue varient selon la convention applicable, ce qui rend la lecture du texte bilatéral indispensable avant d'arbitrer entre deux émetteurs de pays différents.

Les obligations déclaratives suivent le lieu d'encaissement. Le formulaire 2047, déclaration des revenus encaissés hors de France, devient obligatoire lorsque les coupons sont perçus directement à l'étranger. Une exception réduit fortement la charge administrative : lorsque les titres sont conservés chez un établissement financier établi en France, banque, courtier ou assureur, l'imprimé fiscal unique est transmis à l'administration et les montants se reportent directement sur la déclaration 2042, sans passer par la 2047. Ces éléments se déposent avec la déclaration annuelle de revenus, à l'échéance de mai pour le format papier et selon un calendrier échelonné par département pour la déclaration en ligne. Loger les titres chez un teneur de compte français simplifie donc durablement la vie déclarative du foyer.

Le choix de l'enveloppe modifie le résultat net. Le PEA (Plan d'Épargne en Actions) est fermé aux obligations, dont l'éligibilité se limite aux titres de capital. La détention passe donc par le compte titres ordinaire, où chaque coupon subit le prélèvement forfaitaire l'année de son versement, ou par l'assurance vie et le contrat de capitalisation en unités de compte, où les revenus capitalisent sans imposition tant qu'aucun rachat n'intervient, avant l'application du régime propre au contrat. Le PER (Plan d'Épargne Retraite) offre un troisième cadre, avec déductibilité des versements à l'entrée et imposition à la sortie.

Quatre risques encadrent cette classe d'actifs, indépendamment de la fiscalité. Le risque de change domine tant que la position reste ouverte : l'amplitude annuelle d'une parité majeure dépasse couramment le coupon d'une signature souveraine notée dans la catégorie la plus haute, ce qui suffit à annuler le rendement d'une année entière. Le risque de taux joue sur le prix de revente avant l'échéance, à hauteur de la duration du titre. Le risque de défaut varie fortement selon le compartiment, quasi théorique sur un souverain développé, réel sur la dette émergente dont l'encours atteint 12 100 milliards de dollars hors OCDE. Le risque de liquidité se matérialise dans l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente, qui atteint plusieurs dizaines de points de base sur les souches peu traitées et se creuse lorsque le vendeur est pressé.

Le suivi du prix de revient constitue la contrainte administrative la plus sous-estimée. La plus-value imposable se calcule en euros, à partir du cours de change retenu le jour de l'achat et de celui retenu le jour de la vente, si bien qu'une obligation revendue au même prix en devise dégage un gain ou une perte imposable sous le seul effet du mouvement de la parité. Les teneurs de compte établis en France effectuent ce retraitement et le portent sur l'imprimé fiscal unique transmis à l'administration. Un compte ouvert hors de France laisse cette reconstitution à la charge du contribuable, ligne par ligne et opération par opération, avec les justificatifs de cours à conserver pendant toute la durée du délai de reprise ouvert à l'administration fiscale.

Deux contraintes pratiques ferment l'accès en direct aux portefeuilles modestes. La coupure minimale atteint 100 000 euros sur un grand nombre d'émissions institutionnelles, contre 1 000 euros pour les souches destinées au public, ce qui interdit toute diversification raisonnable en dessous de plusieurs centaines de milliers d'euros. Les frais de courtage, de 0,1 % à 0,5 % du montant par opération, pèsent lourd sur un actif dont le rendement annuel attendu se situe entre 3 % et 4 %. France Épargne oriente pour cette raison la majorité des poches inférieures à 200 000 euros vers des supports mutualisés, dont les frais courants démarrent à 0,10 % par an.

Questions Fréquentes sur les Obligations Internationales

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Un client sur deux arrive avec le rendement facial du Trésor américain en tête. Nous refaisons devant lui la soustraction entre les deux taux directeurs publiés, et le classement des emprunts souverains change dans la plupart des dossiers.

Pôle allocation obligataireConseiller en Gestion de Patrimoine, France Épargne

À qui s'adresse une allocation obligataire hors zone euro

L'épargnant dont la poche obligataire dépasse 50 000 euros constitue le premier profil concerné. À ce niveau, le coût de couverture du dollar, à 1,375 point par an, représente plus de 680 euros annuels, montant qui justifie un arbitrage explicite plutôt qu'un choix par défaut. Ce profil détient le plus souvent un fonds en euros, un livret réglementé et quelques lignes de titres, ensemble dont le débiteur ultime reste très majoritairement l'État français ou des banques françaises. La sortie de cette concentration gagne en pertinence avec une OAT à dix ans installée au dessus de 4 %, à 4,07 % le 17 août 2026, et un écart de 83 points de base avec le Bund allemand (source : Trading Economics).

Le cadre familial constitué, autour de 40 à 55 ans, avec un capital de 150 000 à 500 000 euros et un horizon de dix à quinze ans, forme le deuxième profil. Son allocation combine une poche action pour la croissance et une poche obligataire pour l'amortissement des chocs. La seconde fonction suppose une couverture systématique de la devise, faute de quoi l'amplitude annuelle des parités majeures se superpose au risque action au lieu de le compenser. Un support indiciel mondial couvert à 0,10 % de frais courants par an répond à ce besoin sans exiger de sélection de titres (source : justETF).

Le retraité ou le futur retraité cherchant un revenu régulier forme le troisième profil. Le coupon d'une obligation offre une visibilité qu'aucun dividende ne procure, puisque son montant et son calendrier figurent au contrat d'émission. La construction se fait alors par échelonnement des maturités, chaque échéance libérant un capital réinvestissable au taux du moment. Le compartiment souverain développé couvert, à 3,36 % pour le Trésor américain et 3,23 % pour le Bund, sert de socle ; la dette émergente en devise forte, à 6,9 % de rendement à l'échéance, complète le dispositif en proportion limitée, compte tenu de l'encours de 12 100 milliards de dollars concerné et de la probabilité de restructuration qu'il porte (sources : VanEck janvier 2026, OCDE 2026).

Le chef d'entreprise disposant d'une trésorerie longue au bilan représente le quatrième profil. Le contrat de capitalisation souscrit par la personne morale accueille des unités de compte obligataires internationales avec une fiscalité propre aux sociétés. L'horizon de placement, souvent compris entre trois et sept ans, oriente vers des maturités intermédiaires et vers une couverture intégrale de la devise, la trésorerie d'exploitation ne supportant aucune volatilité monétaire. Les besoins de refinancement record relevés par l'OCDE pour 2026, à 29 000 milliards USD d'émissions attendues, entretiennent une offre abondante sur ces maturités.

L'expatrié et le titulaire de revenus en devises constituent le cinquième profil, avec une logique inversée. Détenir des obligations libellées dans la monnaie de ses dépenses futures supprime le risque de change au lieu de le créer. Un résident français percevant des revenus en dollars, ou préparant une installation hors zone euro, gagne à conserver une poche non couverte, adossée à ses engagements futurs. La décision de couverture se prend alors au regard des engagements futurs du foyer, exprimés dans leur propre monnaie.

Le détenteur de compte titres actif, enfin, dispose des moyens techniques d'un achat en direct. La coupure institutionnelle de 100 000 euros et les frais de courtage de 0,1 % à 0,5 % par opération fixent le seuil de pertinence de cette approche à plusieurs centaines de milliers d'euros de poche obligataire. En dessous, la mutualisation par support indiciel donne accès aux 71 pays et 24 devises de l'univers de référence pour un coût annuel très inférieur.

Le titulaire d'un contrat d'assurance vie ancien forme un profil intermédiaire fréquent. Son fonds en euros, investi majoritairement en obligations de la zone euro, porte déjà une exposition obligataire domestique importante, dont il ne maîtrise ni la duration ni la répartition par émetteur. Ajouter une poche internationale en unités de compte au sein du même contrat élargit le gisement sans changer d'enveloppe et sans rompre l'antériorité fiscale acquise. L'arbitrage porte alors sur la proportion à basculer, arrêtée en fonction du rendement servi par le fonds en euros et du rendement attendu de la poche couverte, soit 3,36 % sur le Trésor américain à dix ans au 18 août 2026. Une bascule progressive, étalée sur plusieurs exercices, évite de concentrer la décision sur un point d'entrée unique du marché.

Deux situations appellent la prudence. L'épargnant dont l'horizon est inférieur à trois ans reste mieux servi par un compte à terme ou un fonds monétaire, la sensibilité au taux d'une obligation longue exposant à une moins-value en cas de revente anticipée. L'épargnant sans capacité d'épargne de précaution constituée doit sécuriser cette réserve avant toute allocation longue. Le bilan patrimonial conduit par France Épargne tranche ces deux points avant d'aborder la construction de la poche internationale.

Profils d'épargnants concernés par une allocation obligataire internationale
Cadre constitué, futur retraité, dirigeant à trésorerie longue et expatrié : quatre logiques d'allocation distinctes.

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Courtier immatriculé ORIAS · conseil indépendant