Épargne financière · société et transmission

Contrat de Capitalisation

Deux hausses d'impôt l'ont contournée, une troisième règle la fige à la signature

Les réformes fiscales entrées en vigueur en 2026 ont redessiné la carte des enveloppes financières. Le contrat de capitalisation en sort avec un statut singulier : épargné par les deux hausses qui ont frappé le reste du patrimoine financier, mais soumis, en société, à une règle d'assiette que la date de souscription verrouille pour toute la durée du contrat.

A

Vos prélèvements sociaux restent à 17,2 %

La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, soit 18,6 % de prélèvements sociaux et une flat tax à 31,4 %. Le IV de l'article L. 136-8 du code de la sécurité sociale exclut expressément les produits des contrats d'assurance vie et de capitalisation. Sur 100 000 euros de gains, l'écart avec un compte titres atteint 1 400 euros à chaque sortie.

B

La taxe de 20 % sur les holdings ne l'atteint pas

L'article 7 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, codifié à l'article 235 ter C du code général des impôts, taxe à 20 % la valeur vénale des actifs non professionnels de certaines holdings patrimoniales. L'assiette a été resserrée sur les seuls biens somptuaires : véhicules, yachts, aéronefs, bijoux, chevaux, vins et logements d'agrément. Les contrats de capitalisation et les portefeuilles de titres en sont restés dehors.

C

En société, votre assiette est arrêtée au mois de la signature

L'article 238 septies E du code général des impôts impose une réintégration annuelle calculée à 105 % du dernier TME connu à la souscription, appliquée à la valeur de souscription majorée des primes déjà capitalisées. Ce taux ne bouge plus, quelle que soit la performance du contrat. La Banque de France a publié un TME de 3,73 % en juin 2026, contre environ 0,13 % au creux de 2020.

D

L'antériorité fiscale survit à la donation et au décès

Le contrat ne se dénoue jamais. Donné en pleine propriété, il purge la plus value latente et le donataire repart de la valeur du jour (BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50). Transmis par décès, il conserve sa date d'origine, donc l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple, déjà acquis après huit ans de détention.

Fonctionnement

Notre méthode

01

Bilan patrimonial

Inventaire de vos actifs, de vos versements déjà effectués en assurance vie et de vos objectifs de transmission. Le seuil de 150 000 euros qui commande le passage de 7,5 % à 12,8 % s'apprécie par titulaire, tous contrats confondus : reconstituer cet historique évite de dimensionner à côté.

02

Étude de la structure détentrice

Détenir en direct, par une holding soumise à l'impôt sur les sociétés ou par une société civile à l'impôt sur le revenu ne produit pas le même calendrier d'imposition. Nous chiffrons chaque scénario, réintégration forfaitaire comprise, avant d'arrêter le véhicule.

03

Mise en concurrence des assureurs

Frais sur versement, prélèvements annuels sur unités de compte, taux de reversement des loyers de SCPI et étendue de l'univers de supports sont comparés contrat par contrat. Les meilleures offres du marché tiennent 0,50 % à 0,60 % par an, contre une moyenne de 0,63 % relevée par l'ACPR en 2025.

04

Souscription et suivi annuel

Rédaction de la décision sociale, arbitrages, préparation des rachats en fonction de l'abattement disponible et fourniture de l'attestation qui documente la réintégration à porter sur la liasse fiscale. Un conseiller répond sous 6h.

Comparatif

Trois enveloppes, trois traitements fiscaux

CritèreContrat de capitalisationAssurance vieCompte titres ordinaire
Prélèvements sociaux sur les produits17,2 %17,2 %18,6 %
Souscription par une personne moraleOuverte aux sociétés et associationsRéservée aux personnes physiquesOuverte aux sociétés
Transmission du contrat du vivantDonation possible, antériorité conservéeImpossible, le contrat ne se donne pasDonation de titres possible
Imposition des rachats après huit ans7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements12,8 % sans condition de durée
Abattement applicable au décèsDroits de succession de droit commun152 500 € par bénéficiaireDroits de succession de droit commun
Support à capital garantiFonds en euros à effet cliquetFonds en euros à effet cliquetAucun
Pour qui

Pour qui cette enveloppe fait la différence

Le dirigeant qui vient de céder sa société et dont la holding porte le produit de vente en attendant un réemploi, sans vouloir l'exposer à une imposition annuelle au taux plein.
La société civile immobilière soumise à l'impôt sur les sociétés dont les loyers nets s'accumulent en trésorerie et qui cherche à diversifier son actif au delà de la pierre.
Le parent ou grand parent qui organise sa transmission par lots, en pleine propriété ou en nue propriété, et veut que chaque donataire hérite d'une antériorité fiscale déjà acquise.
Le patrimoine qui a saturé l'assurance vie, une famille de trois enfants atteignant le plafond de l'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire autour de 460 000 euros transmis.
L'association déclarée ou la fondation qui doit faire fructifier des réserves statutaires sans exposer ses instances à un reproche de gestion.
★★★★★

« Nous avions placé la trésorerie de la holding sur des comptes à terme, en pensant que c'était le choix prudent. Personne ne nous avait expliqué que la fiscalité d'un contrat de capitalisation se jouait au mois de la signature. Le cadrage a été fait avant que nous signions, et l'écart sur huit exercices est loin d'être anecdotique. »

Thomas R., dirigeant d'une holding familiale · Client France Épargne
Questions

Ce que l'on nous demande le plus souvent

L'assurance vie repose sur une clause bénéficiaire et se dénoue au décès, ce qui ouvre l'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire de l'article 990 I du code général des impôts. Le contrat de capitalisation n'a pas de clause bénéficiaire : il survit au souscripteur, entre dans la succession et se donne du vivant. Les deux se complètent plutôt qu'elles ne se remplacent.

Oui pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés : la prime forfaitaire de l'article 238 septies E est réintégrée chaque exercice, indépendamment de tout retrait. Non pour une personne physique ou une structure à l'impôt sur le revenu, qui n'est imposée qu'au moment du rachat, sur la seule part de plus value contenue dans le retrait.

Une régularisation intervient au dénouement. Si le gain réel est inférieur au cumul des primes déjà réintégrées, la différence constitue une charge déductible du résultat de l'exercice de fin de contrat. Le mécanisme avance de l'impôt puis le restitue ; seul l'effet de trésorerie joue pendant la détention.

Non, et la confusion coûte cher. Seule la donation en pleine propriété purge la plus value latente. Sur une donation de nue propriété seule, la plus value acquise avant l'acte reste imposable au rachat futur, l'assiette étant égale à la différence entre la valeur de rachat en pleine propriété au jour du rachat et la valeur de la nue propriété au jour de la donation.

Non. Le transfert externe en conservant l'antériorité fiscale n'existe pas sur ce produit. Seul le transfert interne, au sein de la même compagnie, reste possible. Changer d'assureur suppose de racheter puis d'ouvrir un nouveau contrat, avec un compteur d'antériorité remis à zéro : d'où l'importance du choix initial.

Pour aller plus loin

Une enveloppe assurantielle sans clause bénéficiaire

Le contrat de capitalisation est un produit d'assurance régi par le code des assurances qui permet d'investir un capital sur des fonds en euros et des unités de compte, sans clause bénéficiaire et sans dénouement au décès du souscripteur. C'est cette absence de clause bénéficiaire qui le sépare de l'assurance vie : le contrat n'est pas payé à un tiers désigné, il entre dans la succession comme un actif ordinaire, ou se donne du vivant comme un portefeuille de titres. Il se souscrit aussi bien par une personne physique que par une personne morale, holding patrimoniale, société civile immobilière soumise à l'impôt sur les sociétés (IS), association déclarée ou fondation.

Les supports sont rigoureusement identiques à ceux d'un contrat d'assurance vie multisupport. Le fonds en euros offre une garantie du capital versé nette de frais annuels : selon l'analyse n° 180 de l'ACPR publiée le 30 juin 2026, le taux moyen de revalorisation des supports euros des contrats individuels s'est établi à 2,63 % au titre de 2025, identique à 2024, pour des prélèvements de gestion moyens sur encours de 0,63 %. Les unités de compte couvrent les OPCVM, les ETF, les SCPI, les OPCI, les fonds obligataires datés et le private equity ; leur valeur suit celle des marchés et n'est garantie ni à la hausse ni à la baisse.

La durée du contrat est déterminée à la souscription, le plus souvent entre 8 et 30 ans, avec une prorogation qui prolonge l'enveloppe au delà du terme initial. Cette durée n'emprisonne pas l'épargne : les rachats partiels ou total restent possibles à tout moment, et seule la part de plus value contenue dans le retrait supporte l'impôt, selon la règle proportionnelle de l'article 125-0 A du code général des impôts. Le capital reste donc disponible, la fiscalité ne frappant que le gain effectivement sorti de l'enveloppe.

Deux chiffres situent le produit dans le paysage de l'épargne française. Les provisions mathématiques adossées aux supports en euros de l'ensemble des contrats d'assurance vie et de capitalisation atteignaient 1 207 milliards d'euros fin 2025, contre 1 178 milliards fin 2024 (source : ACPR, 30 juin 2026). Au sein de cet agrégat, la capitalisation reste une part modeste et stable : selon le bilan 2024 de France Assureurs, ses provisions mathématiques sont stables depuis cinq ans, le nombre de contrats nouveaux a doublé depuis 2020 tandis que le stock de contrats en cours décroît régulièrement. Le produit se concentre donc sur des situations précises plutôt qu'il ne s'adresse à tous les épargnants.

Trois usages structurent ce marché. Le premier est le placement de trésorerie de société : une holding qui vient de céder une filiale, une SCI à l'IS qui accumule des loyers, une association qui porte des réserves statutaires cherchent un support diversifié et fiscalement lisible plutôt qu'un compte à terme. Le ticket d'entrée usuel des contrats destinés aux personnes morales démarre à 50 000 euros. Le deuxième usage est la transmission organisée : le contrat se donne, se démembre, se partage entre plusieurs donataires, et le donataire hérite de la date d'ouverture donc de l'antériorité fiscale du contrat. Le troisième usage vise les patrimoines qui ont déjà saturé l'avantage successoral de l'assurance vie et cherchent une enveloppe supplémentaire aux mêmes conditions de gestion.

Une particularité fiscale récente renforce ce positionnement. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, soit des prélèvements sociaux à 18,6 % et un prélèvement forfaitaire unique à 31,4 %. Le IV de l'article L. 136-8 du code de la sécurité sociale exclut expressément de cette hausse les produits des contrats d'assurance vie et de capitalisation, dont les prélèvements sociaux demeurent à 17,2 %. Un compte titres, un compte à terme ou un PEA subissent le nouveau taux ; l'enveloppe de capitalisation, non. L'écart de 1,4 point représente 1 400 euros de prélèvements évités pour 100 000 euros de gains, à chaque sortie.

Le régime de l'anonymat, longtemps associé aux bons de capitalisation au porteur, n'existe plus. L'article 28 de la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018 l'a supprimé au 1er janvier 2018 et a abrogé l'article 990 A du CGI, qui prévoyait un prélèvement de 60 % sur les intérêts majoré de 2 % du capital par 1er janvier écoulé depuis la souscription. Tout contrat souscrit aujourd'hui est nominatif et déclaré à l'administration fiscale, comme un contrat d'assurance vie.

Reste une confusion tenace qu'il faut lever d'emblée. Le contrat de capitalisation n'est ni un placement garanti dans son ensemble, ni un produit réservé aux très grandes fortunes. Sa garantie ne porte que sur la poche investie en euros ; les unités de compte y sont exposées au marché exactement comme sur un compte titres. Quant au ticket d'entrée, il descend à quelques milliers d'euros pour un souscripteur particulier chez la plupart des assureurs, le seuil de 50 000 euros ne concernant que les contrats dédiés aux structures. Ce qui limite réellement sa diffusion tient à sa fiscalité successorale de droit commun, et non à un quelconque privilège d'accès.

Schéma illustré des supports du contrat de capitalisation
Fonds en euros et unités de compte cohabitent dans la même enveloppe (source : ACPR, analyse n° 180, juin 2026)

Accessible aux personnes morales

Holding patrimoniale, société civile immobilière à l'impôt sur les sociétés, société commerciale, association déclarée et fondation peuvent souscrire. L'assurance vie, elle, reste réservée aux personnes physiques. Le ticket d'entrée des contrats dédiés aux sociétés démarre à 50 000 euros.

Donation possible du vivant

Le contrat se donne comme un bien ordinaire, en pleine propriété ou en démembrement, à un ou plusieurs donataires. Une donation en pleine propriété purge la plus value latente : le donataire repart de la valeur du jour, conformément au BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50.

Antériorité fiscale conservée

Le contrat n'est pas dénoué par la donation ni par le décès. L'héritier ou le donataire reprend la date d'ouverture d'origine, donc l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple, déjà acquis après 8 ans.

Prélèvements sociaux préservés à 17,2 %

La hausse de CSG de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 porte les prélèvements sociaux à 18,6 % sur les dividendes, les plus values mobilières et le PEA. Les produits des contrats de capitalisation en sont exclus et restent taxés à 17,2 %.

Univers d'investissement complet

Fonds en euros, OPCVM, ETF, fonds obligataires datés, SCPI, OPCI et private equity cohabitent dans la même enveloppe. Le taux de distribution moyen des SCPI a atteint 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM, contre 2,63 % pour le support en euros selon l'ACPR.

Report d'imposition pour les sociétés

Une société à l'IS n'est imposée chaque année que sur une prime forfaitaire assise sur le TME connu à la souscription, majoré de 5 %, et non sur la performance réelle. Le TME de juin 2026 s'établit à 3,73 % selon la Banque de France.

Nantissement et crédit lombard

Le contrat sert d'assiette de garantie pour un crédit lombard : la société ou le particulier mobilise des liquidités sans racheter, donc sans déclencher l'imposition de la plus value latente. Le levier reste réservé aux encours significatifs.

Assiette IFI limitée à l'immobilier

L'article 972 du CGI n'inclut dans l'impôt sur la fortune immobilière que la fraction de la valeur de rachat représentative d'actifs immobiliers imposables. Fonds en euros et unités de compte purement financières restent hors champ.

Situer cette enveloppe dans votre patrimoine

Comparez les contrats du marché sur les frais, les supports accessibles et les modes de gestion avant d'arbitrer entre assurance vie et capitalisation.

Comparer les contrats

Du versement au rachat, la mécanique fiscale en détail

Deux régimes fiscaux coexistent sous la même enveloppe, et ils n'obéissent pas à la même logique. Pour une personne physique et pour une personne morale non soumise à l'IS, rien n'est imposé tant qu'aucun rachat n'intervient. Pour une société à l'IS, l'imposition court chaque exercice, que le contrat soit racheté ou non. Cette asymétrie commande le choix du véhicule de détention.

Le régime des personnes physiques est celui de l'article 125-0 A du CGI, mot pour mot celui de l'assurance vie. Sur un rachat partiel, seule la quote part de plus value contenue dans le retrait est imposable, calculée proportionnellement au rapport entre les gains et la valeur totale du contrat. Pour les versements postérieurs au 27 septembre 2017, un rachat avant huit ans supporte un prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu. Après huit ans, le taux tombe à 7,5 % pour la fraction correspondant aux 150 000 premiers euros de versements nets, et reste à 12,8 % au delà de ce seuil, apprécié par titulaire tous contrats d'assurance vie et de capitalisation confondus.

S'ajoute l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune, applicable aux seuls contrats de plus de huit ans. Cet abattement porte sur l'impôt sur le revenu, jamais sur les prélèvements sociaux : un retraité qui sort 4 600 euros de gains d'un contrat mûr acquitte 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 791 euros, et zéro impôt sur le revenu. L'enveloppe reste aussi soumise à l'option globale pour le barème progressif, à comparer chaque année avec le taux forfaitaire selon la tranche marginale du foyer.

Le régime des sociétés à l'IS relève de l'article 238 septies E du CGI, applicable aux primes de remboursement. La société réintègre chaque exercice à son résultat imposable une prime déterminée forfaitairement, en appliquant à la valeur de souscription du contrat, majorée des primes capitalisées lors des exercices précédents, un taux égal à 105 % du dernier TME connu à la date de souscription. Le TME, taux moyen des emprunts d'État, mesure le rendement des obligations souveraines françaises à taux fixe de durée supérieure à sept ans ; la Banque de France le publie chaque mois et l'a établi à 3,73 % en juin 2026. Une souscription adossée à ce TME fige donc une assiette théorique de 3,92 % par an.

Ce taux ne bouge plus. Il est arrêté au mois de la souscription et s'applique pendant toute la durée du contrat, même si le TME double ensuite. Une société qui a souscrit lorsque le TME évoluait autour de 0,13 % supporte une assiette forfaitaire de 0,14 % par an, quel que soit le rendement réel de son allocation. L'imposition annuelle est donc totalement déconnectée de la performance : c'est la date d'entrée, et non le résultat du contrat, qui commande la charge fiscale de toute la période de détention.

La régularisation intervient au dénouement. À la sortie, la société compare le gain réel au cumul des primes déjà réintégrées. Si le gain excède ce cumul, le solde est imposé sur l'exercice de sortie au taux normal de l'IS, fixé à 25 %, ou au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 euros de bénéfice pour les PME éligibles, seuil maintenu par la loi de finances pour 2026. Si le gain réel se révèle inférieur aux fractions déjà taxées, la différence constitue une charge déductible du résultat de l'exercice de fin de contrat. Rien n'est perdu dans un sens comme dans l'autre, mais la trésorerie décalée porte intérêt pendant toute la vie du contrat.

Les sociétés à l'impôt sur le revenu échappent à ce mécanisme. Une SCI à l'impôt sur le revenu ou une société de personnes n'est imposée qu'au moment du rachat, entre les mains de ses associés, selon le régime des personnes physiques décrit plus haut. Le choix du régime fiscal de la structure détentrice change donc radicalement le calendrier d'imposition, avant même toute considération de rendement.

Deux obligations pratiques encadrent la détention par une société. La souscription doit être autorisée par les statuts ou par une décision des organes sociaux, et le contrat figure à l'actif du bilan pour sa valeur de souscription. La documentation de l'assureur fournit chaque année l'attestation nécessaire au calcul de la prime forfaitaire à réintégrer, document que l'expert comptable rattache à la liasse fiscale.

Un dernier paramètre échappe souvent au calcul initial. Le seuil de 150 000 euros qui commande le passage de 7,5 % à 12,8 % s'apprécie par titulaire, tous contrats d'assurance vie et de capitalisation confondus, sur les versements nets de rachats effectués à la date du retrait. Un épargnant qui détient déjà 200 000 euros de versements en assurance vie ouvre donc son contrat de capitalisation directement dans la tranche haute, sans que l'antériorité de huit ans y change quoi que ce soit. Reconstituer l'historique des versements du foyer avant d'arbitrer entre les deux enveloppes évite cette erreur de dimensionnement, fréquente sur les patrimoines déjà constitués.

1

Bilan patrimonial et cadrage du véhicule

Un conseiller France Épargne établit l'inventaire de votre patrimoine, identifie la structure qui doit porter le contrat et vérifie le régime fiscal applicable. Détenir en direct, par une holding à l'IS ou par une SCI à l'impôt sur le revenu ne produit pas le même calendrier d'imposition.

2

Stratégie d'allocation et objectif de transmission

L'allocation entre le support en euros, les unités de compte financières et les supports immobiliers est calibrée sur votre horizon et votre tolérance au risque. Lorsque le contrat sert un projet de donation, la répartition entre pleine propriété et démembrement est arrêtée dès cette étape.

3

Mise en concurrence des assureurs

Frais sur versement, prélèvements annuels sur unités de compte, taux de reversement des loyers de SCPI et univers de supports sont comparés contrat par contrat. Les meilleurs contrats du marché affichent des frais annuels sur unités de compte de 0,50 % à 0,60 %.

4

Souscription et formalités

Le dossier réunit les pièces d'identité, le justificatif d'origine des fonds et, pour une personne morale, les statuts, le Kbis et la décision sociale autorisant le placement. La date de souscription est décisive pour une société : elle fige le TME de référence pour toute la durée du contrat.

5

Suivi et arbitrages

Le contrat est revu chaque année : arbitrages entre supports, ajustement du profil de risque, préparation des rachats en fonction de l'abattement disponible et documentation des réintégrations fiscales pour les sociétés. Un conseiller répond sous 6h.

Illustration du parcours de souscription d'un contrat de capitalisation
La date de souscription fige le TME de référence des sociétés à l'IS (source : article 238 septies E du CGI)

Quelle formule choisir ?

Contrat de capitalisation détenu en direct

  • Rachats taxés à 7,5 % au delà de 8 ans jusqu'à 150 000 euros de versements
  • Abattement annuel de 4 600 euros seul ou 9 200 euros en couple
  • Prélèvements sociaux à 17,2 %, hors hausse de la loi n° 2025-1403
  • Donation possible en pleine propriété ou en nue propriété
  • Entre dans la succession pour sa valeur atteinte au jour du décès

Contrat de capitalisation détenu par une société à l'IS

  • Imposition forfaitaire annuelle assise sur le TME figé à la souscription, majoré de 5 %
  • Taux normal d'impôt sur les sociétés de 25 %, réduit à 15 % jusqu'à 42 500 euros
  • Frais de gestion du contrat déductibles du résultat imposable
  • Régularisation au dénouement, charge déductible si le gain réel est inférieur
  • Hors assiette de la taxe de 20 % sur les actifs non professionnels des holdings

Assurance vie

  • Même fiscalité des rachats sous l'article 125-0 A du CGI
  • Abattement successoral de 152 500 euros par bénéficiaire, article 990 I du CGI
  • Réservée aux personnes physiques, aucune souscription par une société
  • Dénouement automatique au décès, aucune transmission du contrat lui même
  • Aucune donation possible du contrat du vivant du souscripteur

Compte titres ordinaire

  • Prélèvement forfaitaire unique porté à 31,4 % au 1er janvier 2026
  • Prélèvements sociaux à 18,6 % après la hausse de CSG à 10,6 %
  • Imposition des dividendes et plus values au fil de l'eau, sans report
  • Aucun support en euros à capital garanti disponible
  • Transmission par donation avec purge de la plus value, comme la capitalisation

Chiffres Clés

CritèreDonnéeSource
Provisions mathématiques des supports euros1 207 milliards EUR fin 2025ACPR, analyse n° 180, juin 2026
Rendement moyen des supports en euros2,63 % au titre de 2025ACPR, analyse n° 180, juin 2026
Frais de gestion moyens sur encours0,63 % en 2025ACPR, analyse n° 180, juin 2026
Provision pour participation aux bénéfices4,0 % des provisions fin 2025ACPR, analyse n° 180, juin 2026
TME de référence le plus récent3,73 % en juin 2026Banque de France
Taux forfaitaire applicable aux sociétés à l'ISTME majoré de 5 %, soit 3,92 %Article 238 septies E du CGI
Prélèvements sociaux sur les produits17,2 %, hors hausse CSGLoi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025
Abattement annuel après 8 ans4 600 EUR seul, 9 200 EUR en coupleArticle 125-0 A du CGI
Seuil de versements pour le taux de 7,5 %150 000 EUR par titulaireArticle 125-0 A du CGI
Taux normal de l'IS25 %, réduit à 15 % jusqu'à 42 500 EURLoi de finances pour 2026
Taux de distribution moyen des SCPI4,91 % en 2025ASPIM
Ticket d'entrée usuel personne moraleà partir de 50 000 EURContrats du marché

Mesurer l'écart entre votre forfait fiscal et votre rendement réel

Le taux forfaitaire est figé au mois de votre souscription. Notre outil chiffre la part de votre gain réellement imposée au fil de l'eau et l'impôt encore différé.

Calculer mon forfait fiscal

Le regard du gestionnaire de patrimoine

Le produit sort d'une décennie de désaffection et retrouve un intérêt technique précis, pour des raisons qui tiennent moins à sa performance qu'à trois évolutions réglementaires. La première tient à la fiscalité sociale. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a créé une frontière nette entre les enveloppes touchées par la hausse de CSG et celles qui y échappent. Les dividendes, les plus values mobilières, les comptes à terme et le PEA passent à 18,6 % de prélèvements sociaux. L'assurance vie et la capitalisation restent à 17,2 %, au même titre que les revenus fonciers et les plus values immobilières. Sur un patrimoine financier de 2 millions d'euros dégageant 4 % de gains annuels, la différence atteint 1 120 euros par an à la sortie.

La deuxième évolution concerne les holdings patrimoniales. L'article 7 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, codifié à l'article 235 ter C du code général des impôts, instaure une taxe annuelle de 20 % sur la valeur vénale des actifs non professionnels détenus par certaines sociétés à l'IS. Le dispositif vise les structures détenues à moitié au moins par des personnes physiques, dont l'actif total atteint 5 millions d'euros et dont les revenus passifs excèdent la moitié des produits d'exploitation et financiers. L'assiette initialement envisagée couvrait tous les actifs non opérationnels, trésorerie comprise, au taux de 2 %. L'amendement adopté le 31 octobre 2025 l'a resserrée sur les seuls biens somptuaires, en portant le taux à 20 % : véhicules de tourisme, yachts, aéronefs, bijoux et métaux précieux, chevaux de course, vins et alcools, biens de chasse et de pêche de loisir, logements à usage personnel.

Le déplacement de cette assiette a une conséquence directe pour les dirigeants qui logent leur patrimoine dans une holding. Les placements financiers, contrats de capitalisation et portefeuilles de titres compris, sont restés hors du champ de la taxe. Une holding qui détient un yacht acquitte 20 % de sa valeur vénale chaque exercice à compter des exercices clos au 31 décembre 2026 ; la même holding qui détient un contrat de capitalisation n'acquitte que la prime forfaitaire annuelle de l'article 238 septies E. L'écart entre les deux traitements dépasse largement toute considération de rendement.

La troisième évolution touche le rendement lui même. Le taux moyen servi sur les supports en euros s'est stabilisé à 2,63 % pour la troisième année consécutive selon l'ACPR, avec un taux technique moyen tombé à 0,32 % en 2025 contre 0,35 % en 2024 et une provision pour participation aux bénéfices ramenée à 4,0 % des provisions contre 4,3 % un an plus tôt. Les assureurs ont largement utilisé leurs réserves pour tenir le taux affiché. La dispersion, elle, s'est creusée : les meilleurs fonds classiques dépassent 3 % et certains supports servent au delà de 4 %, généralement sous condition d'une part minimale investie en unités de compte. Choisir un contrat sur son taux moyen n'a plus de sens ; le classement du support en euros retenu et sa politique de bonus comptent davantage.

Ce contexte redonne son sens à l'arbitrage entre les deux enveloppes assurantielles. L'assurance vie garde un avantage décisif au décès, avec l'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire de l'article 990 I du CGI et une taxation à 20 % puis 31,25 % au delà de 852 500 euros. La capitalisation n'offre rien de comparable : elle entre dans la succession et supporte les droits de droit commun. Le raisonnement n'est donc jamais de substituer l'une à l'autre mais de saturer d'abord l'avantage successoral de l'assurance vie, versements avant soixante dix ans compris, puis d'ouvrir une enveloppe de capitalisation pour ce qui dépasse, ou pour ce qui doit être donné du vivant.

Pour une société, le calcul est différent et repose sur un écart de taux. Le forfait réglementaire représente une charge annuelle certaine ; le rendement de l'allocation représente un gain espéré. Tant que le second dépasse le premier, la société diffère de l'impôt et fait travailler la trésorerie correspondante. Le TME de juin 2026 à 3,73 % conduit à un forfait de 3,92 %, exigeant pour une allocation prudente adossée au seul support en euros à 2,63 %, mais confortable pour une allocation diversifiée intégrant des SCPI dont le taux de distribution moyen a atteint 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM. C'est précisément la comparaison que France Épargne mène avant toute souscription par une personne morale.

Un point de méthode termine ce panorama. L'écart entre le forfait et la performance ne se juge pas sur une année mais sur la durée de détention envisagée, parce que l'assiette forfaitaire progresse elle même par capitalisation : chaque prime réintégrée vient grossir la base de calcul de l'exercice suivant. Sur huit exercices, un forfait de 3,92 % consomme ainsi près de 36 % du capital initial en assiette cumulée. Comparer ce cumul au gain réellement espéré, plutôt que comparer deux taux annuels, est la seule lecture qui reflète la charge fiscale effective.

Le TME et le taux forfaitaire qu'il détermine

Assiette forfaitaire, TME majoré de 5 % (en %)TME mensuel (en %)
4,03,53,0Juin 25Août 25Octobre 25Décembre 25Février 26Avril 26Juin 26
Source : Banque de France, série mensuelle du taux moyen des emprunts d'État, relevés de juin 2025 à juin 2026
Illustration du marché de l'épargne assurantielle française
1 207 milliards d'euros de provisions sur supports euros fin 2025 (source : ACPR, analyse n° 180)

Risques, obligations déclaratives et cadre légal

Le premier risque est le risque de marché, et il porte sur les seules unités de compte. L'assureur garantit le nombre de parts détenues, jamais leur valeur : un contrat investi en actions internationales, en SCPI ou en private equity expose le capital à une perte définitive si le rachat intervient dans un creux de cycle. Le support en euros, lui, bénéficie d'un effet cliquet qui rend acquis chaque intérêt versé, mais son rendement moyen de 2,63 % au titre de 2025 selon l'ACPR ne couvre le renchérissement des prix que de justesse. La construction de l'allocation détermine donc le profil de risque du contrat bien davantage que le choix de l'enveloppe elle même.

Le deuxième risque tient à la structure des frais. Trois strates se superposent : les frais sur versement, négociables et nuls chez plusieurs assureurs, les prélèvements annuels sur encours, qui s'établissaient en moyenne à 0,63 % en 2025 selon l'ACPR, et les frais propres aux supports détenus. Un investissement en SCPI logé dans un contrat cumule les frais de souscription de la SCPI, ses frais de gestion et les frais du contrat. Le taux de reversement des loyers mérite autant d'attention que le taux de frais affiché : un contrat facturant 0,50 % de frais sur unités de compte mais ne reversant que 85 % des loyers de SCPI rapporte moins qu'un contrat à 0,60 % reversant l'intégralité.

Sur le plan successoral, l'absence de clause bénéficiaire est un choix assumé, pas un oubli. Au décès du souscripteur, le contrat ne se dénoue pas : sa valeur de rachat au jour du décès entre dans l'actif successoral et supporte les droits de succession de droit commun, après application de l'abattement de 100 000 euros par enfant en ligne directe prévu par l'article 779 du CGI. Aucun abattement de 152 500 euros ne s'applique, l'article 990 I du même code visant exclusivement les capitaux versés au titre d'une clause bénéficiaire. La contrepartie est réelle : l'héritier reprend le contrat avec son antériorité, donc son abattement annuel de 4 600 ou 9 200 euros déjà acquis si le contrat a plus de huit ans.

La donation obéit à une règle que beaucoup de dossiers manquent. Une donation en pleine propriété purge la plus value latente : le paiement des droits de donation remet le compteur fiscal à zéro et le donataire repart de la valeur du jour, conformément au BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50. Une donation de la seule nue propriété, en revanche, ne purge rien. La plus value acquise avant la donation reste imposable lors du rachat futur, et l'assiette taxable pour l'ancien nu propriétaire devenu plein propriétaire est égale à la différence entre la valeur de rachat en pleine propriété au jour du rachat et la valeur de la nue propriété au jour de la donation. Confondre les deux situations conduit à une mauvaise surprise plusieurs années après l'acte.

Le démembrement s'appuie sur le barème de l'article 669 du CGI, qui fixe la valeur de l'usufruit selon l'âge de l'usufruitier. Entre 61 et 70 ans révolus, l'usufruit vaut 40 % de la pleine propriété et la nue propriété 60 % ; entre 51 et 60 ans, la répartition est de 50 % et 50 % ; entre 71 et 80 ans, elle passe à 30 % et 70 %. Donner la nue propriété à soixante cinq ans revient donc à transmettre une assiette taxable de 60 % de la valeur du contrat, l'usufruitier conservant la faculté de racheter et percevant les produits pendant sa vie. Les conventions de démembrement doivent préciser le sort des rachats et la charge de l'impôt, faute de quoi le conflit surgit au premier arbitrage.

À l'impôt sur la fortune immobilière, l'article 972 du CGI inclut dans l'assiette la seule fraction de la valeur liquidative représentative d'actifs immobiliers imposables : parts de SCPI, d'OPCI ou de sociétés civiles immobilières logées en unités de compte. L'actif général en euros et les supports purement financiers restent hors champ. L'assureur communique sur demande le pourcentage immobilier de chaque unité de compte, information sans laquelle la déclaration est impossible à établir correctement.

Pour une société, deux obligations pratiques s'ajoutent. La souscription doit être couverte par l'objet social et autorisée par les organes compétents ; un placement de trésorerie effectué hors mandat expose le dirigeant. La liasse fiscale doit ensuite porter chaque exercice la réintégration de la prime forfaitaire de l'article 238 septies E, calculée sur la base de l'attestation annuelle de l'assureur. Un oubli de réintégration se rattrape par une déclaration rectificative, mais il ouvre le décompte de l'intérêt de retard sur chacun des exercices concernés.

Deux précautions contractuelles complètent ce cadre. La clause de prorogation doit être vérifiée à la souscription : certains contrats se prorogent tacitement, d'autres imposent une démarche expresse au terme, et un contrat arrivé à échéance sans instruction bascule sur un support d'attente peu rémunérateur. La convention de démembrement, ensuite, précise si les produits reviennent à l'usufruitier en quasi usufruit ou restent capitalisés dans le contrat. Ce choix commande la créance de restitution que les nus propriétaires feront valoir au décès, donc l'économie réelle de l'opération de transmission.

Questions Fréquentes sur le Contrat de Capitalisation

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La plupart des dirigeants découvrent trop tard que leur imposition annuelle a été figée au mois de la signature. Ce taux forfaitaire ne suit ni les marchés ni la performance du contrat : il suit la date d'entrée. Cadrer ce paramètre avant de signer vaut plusieurs points de rendement net sur la durée de détention.

Julien MarchandConseiller en Gestion de Patrimoine

À qui cette enveloppe s'adresse vraiment

Le produit ne convient pas à tous les épargnants, et son marché le montre : selon le bilan 2024 de France Assureurs, le stock de contrats en cours décroît régulièrement depuis 2020 alors même que les souscriptions nouvelles ont doublé sur la même période. Autrement dit, le contrat quitte les portefeuilles où il n'avait pas de raison d'être et s'installe dans ceux où sa mécanique répond à un besoin identifié. Cinq profils concentrent l'essentiel de ces situations.

Le dirigeant qui vient de céder son entreprise arrive en tête. Après une cession logée dans une holding, le produit de vente reste en trésorerie dans l'attente d'un réemploi. Un compte à terme rémunère la liquidité mais son produit est imposé chaque exercice au taux plein et sa CSG est passée à 10,6 %. Le contrat de capitalisation offre un univers d'investissement complet, une imposition annuelle réduite à la prime forfaitaire de l'article 238 septies E, et des frais du contrat déductibles du résultat imposable. Une holding qui place 3 millions d'euros après une souscription adossée au TME de juin 2026, soit une assiette forfaitaire de 3,92 %, réintègre environ 117 600 euros la première année, pour un impôt sur les sociétés de 29 400 euros au taux de 25 %.

La SCI soumise à l'IS occupe la deuxième position. Une société civile immobilière qui a fini d'amortir ses immeubles et accumule des loyers nets se retrouve avec une trésorerie oisive qui alourdit son bilan sans produire. Loger cette trésorerie dans une enveloppe assurantielle diversifie l'actif de la société au delà de la seule pierre, tout en restant hors du champ de la taxe de 20 % sur les actifs non professionnels des holdings patrimoniales instituée par l'article 235 ter C du code général des impôts. La structure conserve sa liquidité par rachat partiel dès qu'un projet d'acquisition se présente.

Le parent ou grand parent qui organise sa transmission représente le profil historique du produit. Le contrat se donne du vivant, en pleine propriété ou en nue propriété, à un ou plusieurs donataires, et le donataire reprend l'antériorité fiscale. Un donateur de soixante cinq ans qui transmet la nue propriété d'un contrat de 400 000 euros ne fait porter les droits que sur 240 000 euros, par application du barème de l'article 669 du CGI, tout en conservant la faculté de racheter et les produits jusqu'à son décès. La donation en pleine propriété, elle, purge la plus value latente et remet le compteur fiscal du donataire à zéro.

Le patrimoine qui a saturé l'assurance vie constitue le quatrième cas. L'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire de l'article 990 I du CGI s'apprécie tous contrats confondus, par assuré et par bénéficiaire. Une famille de trois enfants sature cet avantage autour de 460 000 euros de capitaux transmis, et tout versement supplémentaire avant soixante dix ans supporte 20 % puis 31,25 % au delà de 852 500 euros. Ouvrir une enveloppe de capitalisation au delà de ce seuil permet de conserver les mêmes supports, les mêmes frais et la même fiscalité de rachat, en acceptant des droits de succession de droit commun sur la fraction concernée.

L'association déclarée et la fondation ferment la liste et forment un cas à part. Ces organismes sans but lucratif portent des réserves statutaires qu'ils doivent faire fructifier sans prendre de risque excessif ni exposer leurs instances à un reproche de gestion. L'enveloppe assurantielle apporte un support en euros à capital garanti, un accès à des placements diversifiés et une comptabilisation simple. Le régime fiscal dépend alors du statut de l'organisme : un organisme non lucratif relève de l'IS aux taux réduits sur ses revenus patrimoniaux, régime qui doit être vérifié avant toute souscription.

À l'inverse, deux situations ne justifient pas ce produit. Un épargnant qui n'a pas encore rempli son assurance vie n'a aucune raison d'ouvrir une capitalisation : il perdrait l'abattement successoral de 152 500 euros sans rien gagner en fiscalité de rachat, puisque les deux enveloppes relèvent du même article 125-0 A du CGI. Un épargnant qui recherche un placement de court terme n'y trouvera pas davantage son compte, le taux de 7,5 % et l'abattement annuel n'étant acquis qu'après huit ans de détention. Le bilan patrimonial mené par France Épargne tranche cette question avant toute recommandation, en chiffrant l'écart net entre les scénarios plutôt qu'en opposant des principes.

Un sixième cas mérite d'être signalé, encore peu répandu : le couple non marié et non pacsé. Le partenaire survivant supporte des droits de succession de 60 % sur ce qu'il reçoit, sans abattement significatif, ce qui rend l'assurance vie et sa clause bénéficiaire nettement préférable pour le capital destiné à le protéger. Le contrat de capitalisation garde alors son utilité sur un autre terrain : celui des donations aux enfants d'une première union, qu'il permet d'organiser du vivant, par lots distincts et avec des dates d'antériorité déjà acquises.

Illustration des profils de souscripteurs du contrat de capitalisation
Cinq profils concentrent l'essentiel des souscriptions (source : France Assureurs, bilan 2024)

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