Épargne

Contrat de capitalisation : l'assiette fiscale que votre date de signature a figée

Pour une société à l'impôt sur les sociétés, l'imposition annuelle est assise sur le TME du mois de souscription majoré de 5 %, jamais sur la performance du contrat. Mesurez la part de votre gain réel déjà imposée au fil de l'eau.

Assiette annuelle 105 % du TMEDernier TME publié 3,73 %Taux normal d'IS 25 %
Barèmes 2026 officielsChiffres mis à jour : HCSF, droits d'enregistrement, plafonds PTZ, indices INSEE.
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Votre placement

Le TME du mois de souscription fige votre assiette imposable pour toute la durée du contrat.

500 000 €
50 000 €5 000 000 €

Trésorerie confiée au contrat à l'ouverture. Ticket d'entrée usuel des contrats dédiés aux personnes morales : 50 000 €.

3,73 %
0,10 %4,50 %

Taux moyen des emprunts d'État du mois précédant la signature. Dernier relevé publié par la Banque de France : 3,73 %.

4,50 %
2,00 %7,00 %

Performance nette attendue de l'allocation. Supports en euros à 2,63 % en 2025 selon l'ACPR, SCPI à 4,91 % selon l'ASPIM.

Contrat de capitalisation et imposition forfaitaire

Quelle charge fiscale votre société supporte-t-elle réellement ?

L'assiette imposable est arrêtée au mois de la souscription et progresse ensuite par capitalisation, sans lien avec la performance du contrat. Selon que ce forfait court plus ou moins vite que votre allocation, vous êtes en report ou en avance d'impôt, et le levier n'est pas le même.

Une assiette arrêtée au mois de la souscription

Le contrat de capitalisation détenu par une société soumise à l'impôt sur les sociétés relève de l'article 238 septies E du code général des impôts, applicable aux primes de remboursement. La société réintègre chaque exercice à son résultat imposable une prime déterminée forfaitairement, en appliquant à la valeur de souscription du contrat, majorée des primes capitalisées lors des exercices précédents, un taux égal à 105 % du dernier taux moyen des emprunts d'État connu à la date de souscription.

Ce taux ne bouge plus ensuite. Il vaut pour toute la durée du contrat, même si le TME double, et il s'applique que le contrat ait gagné ou perdu de la valeur. La Banque de France a publié un TME de 3,73 % en juin 2026, ce qui fixe une assiette forfaitaire de 3,92 % par an ; une souscription adossée aux planchers de 2020 fige au contraire une assiette d'environ 0,14 %. Pour une même allocation, l'écart de charge fiscale entre les deux dates dépasse tout ce que peut produire un arbitrage de supports.

Report ou avance, deux situations et deux leviers

Tant que le rendement réel de l'allocation dépasse l'assiette forfaitaire, la société est en report d'impôt : la fraction non encore imposée reste investie et continue de produire jusqu'au dénouement. C'est l'effet recherché par les holdings qui placent le produit d'une cession, et il s'amplifie avec la durée puisque l'assiette forfaitaire progresse elle même par capitalisation.

Dans le cas inverse, la société est en avance d'impôt, et rien n'est perdu pour autant. Une régularisation intervient au dénouement : si le gain réel se révèle inférieur au cumul des primes déjà réintégrées, la différence constitue une charge déductible du résultat de l'exercice de fin de contrat. Le taux figé joue alors comme une protection, puisqu'une remontée ultérieure du TME reste sans effet sur les contrats déjà souscrits.

Ce que le régime fiscal de la structure change

Le forfait annuel ne concerne que les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés. Une société civile immobilière à l'impôt sur le revenu, une société de personnes ou une indivision n'est imposée qu'au rachat, entre les mains de ses associés, selon le régime de l'article 125-0 A du code général des impôts. Le choix du véhicule de détention commande donc le calendrier d'imposition avant toute considération de rendement.

Une précision utile aux dirigeants qui logent leur patrimoine dans une holding : la taxe de 20 % sur les actifs non professionnels créée par l'article 7 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, codifiée à l'article 235 ter C du code général des impôts, porte sur les seuls biens somptuaires. Les placements financiers, contrats de capitalisation et portefeuilles de titres compris, sont restés hors de son assiette.

Questions fréquentes

Pourquoi le taux est-il figé alors que le TME évolue chaque mois ?

Parce que l'article 238 septies E du code général des impôts retient le dernier TME connu à la date d'acquisition du contrat, et non un taux révisable. Le législateur a voulu une assiette certaine et connue dès l'origine, opposable sur toute la durée du contrat. Une remontée ultérieure du TME reste donc sans effet sur les contrats déjà souscrits.

L'impôt est-il dû même sans aucun rachat ?

Oui pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés. La prime forfaitaire est réintégrée chaque exercice indépendamment de tout retrait et indépendamment de la performance du contrat. Pour une personne physique ou une structure à l'impôt sur le revenu, à l'inverse, aucune imposition n'intervient tant qu'aucun rachat n'est effectué.

Que se passe-t-il si le contrat rapporte moins que le forfait ?

Une régularisation intervient au dénouement. Si le gain réel se révèle inférieur au cumul des primes déjà réintégrées, la différence constitue une charge déductible du résultat de l'exercice au cours duquel le contrat prend fin. Le mécanisme avance de l'impôt puis le restitue sous forme de charge ; seul l'effet de trésorerie joue pendant la détention.

Pourquoi l'horizon retenu est-il de huit exercices ?

C'est la durée de cadrage usuelle d'un placement de trésorerie longue sur cette enveloppe, et elle correspond au seuil de maturité fiscale que connaissent les épargnants particuliers. Sur cette durée, une assiette forfaitaire de 3,92 % représente environ 36 % du capital initial en base cumulée, effet de capitalisation compris.

Les frais du contrat entrent-ils dans ce calcul ?

Non, ce cadrage raisonne sur un rendement déjà net de frais, que vous saisissez directement. Les frais de gestion du contrat sont par ailleurs déductibles du résultat imposable de la société. Selon l'ACPR, les prélèvements annuels moyens sur encours s'établissaient à 0,63 % en 2025, quand les meilleurs contrats du marché affichent 0,50 % à 0,60 % sur unités de compte.

Ce résultat remplace-t-il une étude fiscale ?

Non. Il cadre un ordre de grandeur à partir de trois paramètres. Une étude réelle vérifie que l'objet social couvre le placement, arrête la décision sociale, retient le taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 euros de bénéfice lorsque la société y est éligible, et documente chaque exercice la réintégration à porter sur la liasse fiscale.