Combien un film doit-il faire pour que l'investisseur récupère sa mise ?
Financer un film contre une part des recettes place l'investisseur tout au bas de la remontée des recettes salles. Après la TVA, la taxe CNC, l'exploitant et le distributeur, seule une part d'environ 30 % du prix public remonte au producteur. Le film doit donc faire près de 3,3 fois son budget en box office avant que la mise remonte. Cet outil chiffre ce seuil, sans projeter de rendement.
Où va l'argent d'un billet de cinéma
Sur 100 € de billets, l'État prélève 5,5 % de TVA et le CNC 10,72 % de taxe spéciale additionnelle. Le reste est partagé pour moitié environ entre l'exploitant (la salle) et le distributeur. Sur sa part, le distributeur prélève une commission et récupère ses frais d'édition (copies, marketing) avant de faire remonter le solde au producteur.
Au bout de cette cascade, la recette nette part producteur (RNPP) représente en moyenne environ 30 % du prix public TTC. C'est dans cette part, et seulement elle, que les financeurs du film sont remboursés, puis rémunérés.
Le seuil de remontée : 3,3 fois le budget
Comme seulement 30 % environ des recettes salles remontent au producteur, le film doit générer à peu près 3,3 fois son budget en box office pour que ce budget soit remboursé. Pour un budget de 5 M€, cela représente près de 16,7 M€ de recettes salles, soit de l'ordre de 2,3 millions d'entrées : un niveau que la plupart des films n'atteignent jamais.
L'investisseur n'est remboursé qu'après ce seuil, et selon des couloirs de remontée négociés. C'est pourquoi le profil est très dispersé : quelques succès financent les nombreux films qui ne remboursent pas.
Ce que cet outil n'est pas
Financer une production cinématographique contre une part des recettes n'est pas le dispositif de réduction d'impôt SOFICA. Certains montages peuvent ouvrir des avantages fiscaux, à valider au cas par cas. Le capital est exposé, la liquidité réduite et le risque de perte élevé. Cet outil chiffre un seuil de remboursement, pas un rendement.