Une poche alternative protège-t-elle un portefeuille en cas de krach ?
Les hedge funds et plus largement la gestion alternative visent une performance absolue, peu corrélée aux marchés actions. Leur premier intérêt dans un patrimoine n'est pas le rendement brut, mais la décorrélation : reculer nettement moins que les actions lorsque ces dernières chutent. Une poche minoritaire suffit à amortir une partie d'un krach.
Pourquoi une poche alternative amortit un krach
La gestion alternative regroupe des stratégies (long short, global macro, arbitrage) qui visent une performance absolue, peu dépendante de la direction des marchés actions. Son intérêt premier n'est pas de battre les actions en marché haussier, mais de reculer beaucoup moins quand ils chutent. C'est cette décorrélation qui protège un portefeuille.
Lors du dernier grand krach actions, les indices actions ont reculé d'environ 37 % quand l'indice de référence des hedge funds (HFRI Fund Weighted) reculait d'environ 19 %, soit près de deux fois moins. Une fraction du portefeuille placée en gestion alternative encaisse donc une partie du choc à la place des actions.
Quelle part allouer
La gestion alternative se conçoit comme une poche minoritaire d'un patrimoine déjà diversifié, le plus souvent de l'ordre de 10 à 30 %. En deçà, l'effet d'amortissement reste marginal ; au delà, la liquidité réduite et les frais de la poche pèsent trop sur l'ensemble. La part juste dépend de votre horizon, de votre tolérance au risque et du reste de votre allocation.
Les risques à garder en tête
Décorrélation ne veut pas dire absence de risque. La gestion alternative se caractérise par une liquidité réduite, des périodes de blocage et des préavis de rachat, des frais élevés et une forte dispersion de qualité entre gérants. La performance passée ne préjuge pas de la performance future, et le capital reste exposé. La sélection des fonds est déterminante, d'où l'intérêt d'un accompagnement.