La dette senior est remboursée avant les tranches subordonnées
Le marché français a placé 71 % des montants investis en dette senior sur le dernier exercice, contre 82 % un an plus tôt, tandis que la mezzanine et les autres dettes subordonnées progressaient de 54 % en montants (France Invest et Deloitte, mars 2026). Le marché européen a émis 259 milliards d'euros de dette d'infrastructure sur 809 opérations (Aviva Investors, janvier 2026).
Une étiquette unique recouvre plusieurs rangs de créance
La dette d'infrastructure regroupe les prêts consentis aux sociétés de projet qui construisent et exploitent des actifs essentiels : réseaux électriques, parcs solaires et éoliens, fibre optique, centres de données, réseaux d'eau, équipements publics. Sur un même actif coexistent plusieurs strates. La dette senior est remboursée en premier et bénéficie des sûretés les plus fortes. La mezzanine et les autres dettes subordonnées passent après, avec une rémunération supérieure.
Le marché français a placé 71 % des montants investis en dette senior sur le dernier exercice, soit 770 millions d'euros, contre 82 % l'exercice précédent. La mezzanine et les autres dettes subordonnées ont progressé de 54 % en montants, à 309 millions d'euros, sans aucune opération à intérêts capitalisés (France Invest et Deloitte, étude annuelle de la dette privée, mars 2026). Deux véhicules portant la même étiquette ne prêtent donc pas au même rang.
Le nombre de projets détermine la granularité de votre poche
Les fonds français ont déployé 1 079 millions d'euros dans 37 projets d'infrastructure en France sur le dernier exercice, pour un ticket moyen de 29 millions, en léger recul par rapport aux 1 134 millions et 41 projets de l'exercice précédent (France Invest et Deloitte, mars 2026). Un portefeuille de dette d'infrastructure compte donc quelques dizaines de lignes, non plusieurs centaines comme un fonds obligataire coté.
Cette granularité se lit directement sur votre souscription. Le montant divisé par le nombre de projets donne l'exposition moyenne à chaque financement, et la fraction senior de ce montant donne la part servie en premier sur chacun d'eux. Le nombre exact de lignes figure au reporting du gérant, exercice par exercice.
Le marché européen a atteint un point haut
Les émissions européennes de dette d'infrastructure ont atteint 259 milliards d'euros à travers 809 opérations sur le dernier exercice, en progression d'environ 6 % sur un an. Le Royaume-Uni concentre 30 % du total avec 163 opérations pour 78 milliards d'euros. Le solaire a mobilisé 33 milliards, l'éolien en mer 26,5 milliards, la fibre optique 17 milliards et les centres de données 12,7 milliards (Aviva Investors, perspectives 2026 de la dette d'infrastructure européenne).
Les gérants français ont réalisé 74 % de leurs opérations en Europe hors de France sur le dernier exercice, contre 61 % en moyenne sur les cinq années précédentes (France Invest et Deloitte, mars 2026). Un fonds domicilié en France finance donc majoritairement des actifs espagnols, italiens, allemands ou nordiques, avec les cadres régulatoires nationaux correspondants.
Un profil de défaut très différent de celui du crédit d'entreprise
Sur la période 1983 à 2024, 0,8 % des émetteurs de dette d'infrastructure notés ont fait défaut à horizon cinq ans, contre 9,7 % des émetteurs corporate non financiers. Le taux de recouvrement moyen après défaut atteint 67 % sur la dette d'infrastructure senior garantie contre 56 % sur les corporates (Moody's, chiffres repris par MetLife Investment Management). Ce différentiel tient aux sûretés constituées et à la difficulté de remplacer un actif essentiel déjà construit.
La rémunération reste mesurée. La dette d'infrastructure de qualité investment grade a délivré un rendement total de 4,25 % à 4,75 % en euros sur le dernier exercice, et la prime d'illiquidité par rapport au crédit coté équivalent s'est maintenue autour de 100 points de base (Aviva Investors, janvier 2026). Les véhicules ouverts aux épargnants français affichent 6,0 % de croissance annuelle moyenne nette des frais de gestion et de distribution sur les millésimes 2013 à 2023 (France Invest, 14 avril 2026).
Ce que l'outil laisse au conseiller
Le calcul répartit un montant selon une composition que vous saisissez. Le travail restant porte sur la qualification juridique du véhicule, sur le contrôle de l'agrément de la société de gestion auprès de l'Autorité des marchés financiers, sur le relevé de la part senior effective dans les derniers reportings, sur la nature des recettes adossées à chaque financement, sur la part de projets encore en construction, sur la reconstitution de la grille de frais rétrocession comprise, et sur le choix de l'enveloppe de détention. Un conseiller France Épargne conduit cette étude et remet une recommandation écrite avant la signature du bulletin.