Le multiple affiché par un fonds de capital risque est surtout une valorisation
À fin 2025, le venture et growth français affiche 1,30x de multiple global pour 0,42x de multiple effectif, quand le capital transmission affiche 1,61x pour 1,02x. Sur les millésimes de quatre à neuf ans, la part encaissée reste comprise entre 10 % et 26 % du multiple annoncé.
Le multiple affiché additionne des espèces et une estimation
France Invest et EY décomposent le multiple d'un véhicule de capital investissement en deux termes. Le multiple effectif, ou DPI, rapporte les distributions déjà versées aux porteurs aux capitaux appelés. Le multiple potentiel, ou RVPI, rapporte aux mêmes capitaux appelés la valeur estimative du portefeuille restant, arrêtée au 31 décembre par la société de gestion. Leur somme forme le multiple global, ou TVPI, celui que reprend la plupart des reportings commerciaux.
À fin 2025 et depuis l'origine, le segment venture et growth français affiche 1,30x de multiple global pour 0,42x de multiple effectif, sur 375 fonds et 32 325 millions d'euros appelés. Le capital transmission affiche 1,61x pour 1,02x sur 528 fonds, et l'ensemble du capital investissement français 1,48x pour 0,77x. Un tiers du multiple annoncé en venture correspond donc à des espèces reçues, contre près des deux tiers en capital transmission (32e édition de l'étude de performance nette, juin 2026).
L'écart se creuse entre la quatrième et la neuvième année
Millésime par millésime, la trajectoire devient lisible. Les fonds venture de quatre ans d'ancienneté affichent 1,08x de multiple global pour 0,11x distribué, ceux de sept ans 1,38x pour 0,31x et ceux de neuf ans 1,55x pour 0,37x. Le capital transmission de même ancienneté ressort à 1,32x pour 0,23x, 1,53x pour 0,78x et 1,54x pour 1,09x. La moitié du multiple passe en espèces dès la septième année en capital transmission, et seulement sur les millésimes de dix ans et plus en venture.
Ce décalage tient à la mécanique de la classe d'actifs. France Invest et EY décrivent un profil de flux dans lequel les capitaux sont appelés progressivement jusqu'à la quatrième année, puis redistribués à partir de la septième année à mesure des cessions de participations. Une société financée en amorçage traverse plusieurs tours de financement avant qu'un acquéreur industriel ou une introduction en bourse ne matérialise la valeur. L'AMF fixe pour sa part à dix ans la durée de vie de principe d'un fonds de capital investissement, et rappelle qu'obtenir le rachat de ses parts avant ce terme reste en pratique impossible.
La dispersion entre équipes dépasse celle du segment
Sur le venture et growth depuis l'origine, les multiples moyens de quartile s'échelonnent de 0,7x à 2,2x et les TRI nets moyens de moins 9,0 % à 19,2 %, en répartition par appels de fonds. L'ensemble du capital investissement français se tient dans une fourchette plus resserrée, de 0,9x à 2,3x, et 75 % des capitaux appelés y obtiennent un TRI net supérieur à 4,1 %. La taille du véhicule pèse également : les fonds venture inférieurs à 50 millions d'euros affichent 8,3 % de TRI net et 1,38x de multiple, contre 4,4 % et 1,15x pour les douze véhicules supérieurs à 500 millions d'euros.
Le coût économique total prolonge cet écart. L'AMF chiffre les frais totaux annuels médians à 2,5 % dans les FCPR fermés, 3,2 % chez les FCPI et environ 1,7 % dans les fonds professionnels à appel progressif, en précisant que ces indicateurs minorent les frais effectivement prélevés puisqu'ils excluent la distribution et les chargements des contrats d'assurance vie, mesurés en moyenne à 0,82 % par France Assureurs (étude de janvier 2025).
Ce que l'outil laisse au conseiller
Le calcul situe une ligne par rapport à des multiples publiés par millésime. Le travail restant porte sur la qualification juridique du véhicule, FCPR fiscal, FCPI, fonds professionnel de capital investissement ou fonds labellisé ELTIF, sur le contrôle de l'agrément de la société de gestion auprès de l'AMF, sur la lecture des reportings des millésimes achevés de la même équipe pour relever la date de ses premières distributions, sur la reconstitution du coût économique total et sur le choix de l'enveloppe de détention entre souscription directe, assurance vie et plan d'épargne retraite. Un conseiller France Épargne conduit cette étude et remet une recommandation écrite avant la signature du bulletin.