La surcouche du véhicule d'accès échappe aux performances publiées
France Invest mesure la performance nette du capital investissement français « hors éventuels frais de distributions » et l'AMF écrit que ses niveaux de frais « minorent les frais effectivement prélevés en pratique ». Sur dix ans, une commission de 1,2 % par an ajoutée à 3 % de droits d'entrée ramène un multiple de 1,70x à 1,46x, soit près de trois années de performance du fonds maître.
Le nourricier place au moins 85 % de son actif dans un seul fonds maître
L'article L214-22 du code monétaire et financier pose la règle : « Les statuts ou le règlement d'un OPCVM dit nourricier prévoient qu'au moins 85 % de son actif est investi en actions ou parts d'un même OPCVM ». Le IV de l'article L214-24 transpose le même seuil aux fonds d'investissement alternatifs, catégorie dont relèvent les véhicules de capital investissement. Le nourricier ne prend aucune décision d'investissement en propre : il agrège des souscriptions individuelles et détient une part du fonds institutionnel, dont il reproduit la stratégie.
Ce montage abaisse un ticket d'entrée institutionnel à un niveau accessible. Un fonds professionnel de capital investissement reste ouvert aux clients non professionnels dont la souscription initiale atteint 100 000 euros, ou 30 000 euros pour ceux qui justifient d'une expérience du non coté, aux termes de l'article 423-27 du règlement général de l'AMF. Le prospectus du nourricier doit décrire les frais totaux des deux étages, obligation posée par les articles 411-97 et 422-115 du même règlement.
La performance publiée est mesurée au niveau du maître, pas du véhicule souscrit
France Invest définit la performance nette du capital investissement français comme celle « perçue par les souscripteurs après déduction des frais de gestion et du carried interest », et assortit son schéma méthodologique de la mention « Hors éventuels frais de distributions » (Performance nette des acteurs français du capital investissement, juin 2026). L'AMF formule la même réserve sur les frais : ses niveaux publiés « ne tiennent pas compte des frais propres à la distribution » et « minorent les frais effectivement prélevés en pratique » (étude de janvier 2025). La surcouche du véhicule d'accès se situe en dehors des deux mesures.
Les repères de la classe d'actifs restent élevés : 10,8 % de rendement net par an depuis l'origine pour un multiple global de 1,48x, 10,7 % et 1,41x sur dix ans, 14,6 % et 1,91x sur les fonds déjà liquidés. La dispersion pèse davantage que la moyenne, avec des multiples allant de 0,9x au quartile inférieur à 2,3x au quartile supérieur. Sur le segment réellement ouvert aux épargnants particuliers, France Invest relève un rendement annuel moyen pondéré de 5,4 % à fin 2025 sur 113 véhicules, dont l'âge moyen atteint trois ans et sept mois (étude d'avril 2026).
Ce que l'outil laisse au conseiller
Le calcul isole un paramètre absent des plaquettes. Le travail restant porte sur l'identification du fonds maître et le contrôle de son agrément, sur la lecture croisée des deux prospectus, sur les modalités d'appel du capital, sur la trésorerie d'attente du nourricier et sur le choix de l'enveloppe. Ces modalités changent le résultat autant que les frais : l'AMF mesure un rendement médian de 7,5 % sur les fonds professionnels à appel progressif contre 2,7 % sur ceux à appel unique, et un coût économique total médian de 2,1 % contre 3,1 % selon la même distinction. Un conseiller France Épargne conduit cette étude avant la signature du bulletin de souscription.