Assurances

Captive de réassurance : lequel de vos deux plafonds joue en premier

La dotation annuelle dépend de votre bénéfice technique, le cumul autorisé dépend de votre capital. Mesurez la réserve que votre structure peut réellement mettre à l'abri et la borne qui se referme la première.

Dotation annuelle 90 % du techniqueCumul autorisé 10 fois le MCRÉchéance d'une dotation 15 ans
Barèmes 2026 officielsChiffres mis à jour : HCSF, droits d'enregistrement, plafonds PTZ, indices INSEE.
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Votre structure

Une activité, un bilan, et deux plafonds réglementaires qui ne suivent pas la même grandeur.

4 M€
1 M€30 M€

Volume annuel rétrocédé par le fronteur sur les catégories de risques éligibles.

55 %
30 %85 %

Charge de sinistres rapportée aux primes, lue sur vos cinq à dix derniers exercices.

1,5 M€
1,3 M€10 M€

Plancher réglementaire de 1,3 M€ pour une entreprise captive de réassurance.

Captives de réassurance et provision réglementée

Quelle réserve fiscale votre captive peut-elle réellement constituer ?

La dotation suit le bénéfice technique, le cumul suit le capital, et chaque dotation porte une échéance de quinze ans. Selon le rapport entre votre marge et vos fonds propres, ce n'est pas la même borne qui se referme la première, ni le même levier qu'il faut actionner.

Deux plafonds, deux grandeurs différentes

L'article 6 de la loi n° 2022-1726 du 30 décembre 2022 de finances pour 2023 a créé, au II de l'article 39 quinquies G du code général des impôts, une provision réglementée réservée aux entreprises captives de réassurance détenues par des groupes non financiers. Le décret n° 2023-449 du 7 juin 2023 en fixe les règles de comptabilisation et l'inscrit à l'article R. 343-8 du code des assurances.

La première borne est une borne d'activité : la dotation annuelle est limitée à 90 % du bénéfice résultant de la somme des bénéfices techniques associés à chaque catégorie de risques concernée. La seconde est une borne de bilan : le cumul de la provision ne peut excéder dix fois le montant moyen, sur les trois derniers exercices, du minimum de capital requis prévu à l'article L. 352-5 du code des assurances. Une captive au plancher réglementaire de 1,3 million d'euros plafonne donc sa réserve à 13 millions d'euros, quel que soit son volume de primes.

La troisième borne est temporelle et personne ne la voit venir

Chaque dotation porte sa propre échéance. Le paragraphe 130 du BOI-BIC-PROV-60-70-15 précise que les dotations annuelles qui n'ont pas été affectées à la couverture de sinistres dans un délai de quinze ans sont réintégrées au bénéfice imposable de la seizième année suivant celle de leur constitution. Le dispositif est donc un report d'imposition rythmé par la sinistralité réelle, jamais une exonération.

De cette troisième borne découle le résultat que cet outil isole. Si le cumul de quinze dotations dépasse le plafond de capital, c'est le capital qui commande et la réserve sature avant l'échéance. Si ce cumul reste en dessous, le capital immobilisé ouvre plus de capacité que la marge technique n'en consomme, et le levier se déplace vers le périmètre de risques cédé à la structure.

Le champ des risques éligibles est fermé

Par renvoi à l'article A. 344-2 du code des assurances, seules six familles de risques ouvrent droit à la dotation : les dommages aux biens professionnels et agricoles, les catastrophes naturelles, la responsabilité civile générale, les pertes pécuniaires, les dommages et pertes d'exploitation consécutifs aux atteintes aux systèmes d'information et de communication, et les transports. Les garanties de personnes, santé et prévoyance comprises, restent hors du champ.

La condition de détention est tout aussi stricte. L'article L. 350-2, 3° du code des assurances vise l'entreprise captive détenue par une entreprise qui n'est pas une entreprise financière et qui réassure exclusivement les risques du groupe non financier auquel elle appartient. Le guide d'information publié par l'ACPR le 12 novembre 2024 étend cette impossibilité à la tête de groupe et rappelle que le délai réglementaire d'instruction est de six mois à compter du dossier complet.

Questions fréquentes

Comment le bénéfice technique est-il estimé ici ?

Les primes cédées sont diminuées de la charge de sinistres attendue, exprimée en part de ces primes, puis des frais de fronting et de gestion retenus à 5 % des primes brutes acquises, ordre de grandeur relevé par l'AMRAE. Le solde constitue l'assiette sur laquelle s'applique le taux de dotation de 90 %. Un exercice sans bénéfice technique ne permet aucune dotation.

Pourquoi le plafond de cumul dépend-il du capital et non des primes ?

Parce que le décret n° 2023-449 le rattache au minimum de capital requis, grandeur prudentielle de bilan, et non au volume d'activité. Le législateur a borné l'avantage à la capacité réelle de la structure à porter du risque. Une captive très rentable mais faiblement capitalisée sature donc sa réserve rapidement.

Que se passe-t-il une fois le plafond de cumul atteint ?

La structure ne peut plus doter tant que la provision n'a pas été partiellement reprise, par affectation à des sinistres ou par réintégration à l'échéance des quinze ans. Le bénéfice technique de l'exercice devient alors intégralement imposable au taux normal de l'impôt sur les sociétés.

Le minimum de capital requis peut-il descendre sous 1,3 million d'euros ?

Non. Le plancher absolu applicable à une entreprise captive de réassurance s'établit à 1 300 000 euros, contre 2 700 000 euros pour une entreprise d'assurance non-vie. Au dessus de ce plancher, le montant retenu dépend du profil de risque et du capital de solvabilité requis calculé sur la formule standard.

Ce résultat vaut-il pour une captive domiciliée à l'étranger ?

Non. Le dispositif est réservé aux captives dont le siège se situe en France et qui sont agréées par l'ACPR. Les provisions d'égalisation du Luxembourg, de Malte ou d'Irlande obéissent à des règles de dotation et de reprise différentes, qu'il faut comparer poste par poste avant d'envisager une relocalisation.

Cet outil remplace-t-il une étude de faisabilité ?

Non. Il cadre un ordre de grandeur à partir de trois paramètres. Une étude réelle reconstitue la sinistralité par ligne et par entité sur cinq à dix exercices, modélise la distribution de charge annuelle, calibre la protection en excédent de perte et chiffre le coût de possession complet, capital immobilisé et garanties financières comprises.