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SCI en assurance vie : nouveau cadre réglementaire, calendrier et arbitrages

Votre SCI en assurance vie face au nouveau cadre réglementaire : ce que dit le décret, le calendrier jusqu'en 2029 et quand arbitrer. Bilan avec un conseiller.

13 août 202622 min de lecture
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Points clés
  • Une SCI en assurance vie souscrite avant cette date reste inscrite au contrat. La mise en conformité des supports est fixée au 1er janvier 2029, sans vente forcée pour les épargnants déjà investis.
  • L'actif net des sociétés civiles logées en unités de compte immobilières s'établit à 20,7 milliards d'euros au 31 mars 2026, en repli de 3 % sur un an, selon l'ASPIM.
  • Cinq cadres réglementés restent accessibles : ELTIF, FPCI respectant les règles des FCPR, OPCI, SCPI agréées et fonds professionnels spécialisés.
  • Les unités de compte, y compris immobilières, comportent un risque de perte en capital. L'assureur garantit le nombre de parts, sa valeur évolue avec le marché.

Le décret n° 2026-341 du 30 avril 2026, publié au Journal officiel le 5 mai 2026, a fermé la porte du référencement à une catégorie entière de supports immobiliers. Depuis le 6 mai 2026, aucun assureur ne peut référencer un nouveau fonds relevant des « Autres FIA » non réglementés comme unité de compte. Si vous détenez une SCI en assurance vie, la réponse tient en une phrase : vos parts ne sont pas vendues d'office et aucun texte ne vous oblige à arbitrer. Le décret encadre ce qui entre dans les contrats et fixe au 1er janvier 2029 l'échéance de mise en conformité des supports déjà référencés. Cette analyse détaille le texte, son calendrier, et la méthode pour décider si votre SCI en assurance vie mérite un arbitrage ou une simple surveillance.

À retenir :

  • Le décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 interdit, depuis le 6 mai 2026, tout nouveau référencement d'« Autres FIA » non réglementés comme unités de compte en assurance vie et en plan d'épargne retraite.
  • Une SCI en assurance vie souscrite avant cette date reste inscrite au contrat. La mise en conformité des supports est fixée au 1er janvier 2029, sans vente forcée pour les épargnants déjà investis.
  • L'actif net des sociétés civiles logées en unités de compte immobilières s'établit à 20,7 milliards d'euros au 31 mars 2026, en repli de 3 % sur un an, selon l'ASPIM.
  • Cinq cadres réglementés restent accessibles : ELTIF, FPCI respectant les règles des FCPR, OPCI, SCPI agréées et fonds professionnels spécialisés.
  • Les unités de compte, y compris immobilières, comportent un risque de perte en capital. L'assureur garantit le nombre de parts, sa valeur évolue avec le marché.

Le décret du 30 avril 2026 ferme le référencement des SCI en assurance vie

Le texte porte un nom précis : décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 renforçant l'encadrement de l'univers d'investissement de l'assurance vie et du plan d'épargne retraite. Il est entré en vigueur le 6 mai 2026, au lendemain de sa publication au Journal officiel, et modifie deux articles du Code des assurances, les articles R. 131-1 et R. 131-3.

Une SCI (société civile immobilière) logée dans un contrat d'assurance vie est une société non cotée qui détient des immeubles et dont les parts servent de support d'investissement. Sa catégorie juridique au regard du droit financier est celle des « Autres FIA », les fonds d'investissement alternatifs relevant du III de l'article L. 214-24 du Code monétaire et financier, c'est-à-dire ceux qui ne relèvent d'aucun cadre réglementaire harmonisé européen ou national destiné au grand public. Le décret vise cette catégorie, et non les SCI en tant que forme sociale.

Trois mesures composent le texte. D'abord, les « Autres FIA » non réglementés ne peuvent plus être référencés comme nouvelles unités de compte dans un contrat d'assurance vie ou un plan d'épargne retraite. Ensuite, les sociétés à objet strictement immobilier ou foncier non cotées devront, au titre du nouveau 4° de l'article R. 131-3 applicable au 1er janvier 2029, adopter l'un des cadres réglementés admis. Enfin, l'article R. 131-1 restreint les sociétés de capital-risque éligibles à celles gérées par une société de gestion de portefeuille agréée. Le texte intégral est consultable sur Légifrance.

La lecture de presse a souvent résumé la réforme par une formule d'exclusion. Gestion de Fortune a présenté le texte comme une mise à l'écart des SCI par Bercy, tandis que MoneyVox s'interrogeait en 2026 sur leur disparition prochaine des contrats. Le texte réglementaire dit une chose plus étroite : il agit sur le flux entrant de nouveaux supports et impose une transformation aux véhicules existants, avec un horizon de trois ans. Pour un détenteur de SCI en assurance vie, la différence entre ces deux lectures détermine s'il faut agir cette semaine ou observer.

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Votre contrat est-il concerné ? La distinction entre stock et flux

La distinction structurante du décret sépare les véhicules déjà référencés de ceux qui pourraient naître demain. Dans une tribune conjointe publiée en juillet 2026 par Profession CGP et reprise par Esteval, les sociétés de gestion Iroko, Linavest, Theoreim et Sofidy soulignent que les « Autres FIA » actuellement distribués pourront continuer à être commercialisés sous réserve d'adopter certaines règles d'investissement inspirées de régimes réglementaires existants, sans que cette adaptation remette en cause leur structure juridique, leur régime fiscal ou leur fonctionnement fondamental.

Ce qui vaut pour les parts déjà détenues

Aucune disposition du décret n'organise de rachat forcé. Un épargnant détenant une SCI en assurance vie avant le 6 mai 2026 conserve ses parts, continue de percevoir la revalorisation de la valeur liquidative, et garde la fiscalité de son contrat d'assurance vie, notamment l'abattement annuel sur les rachats après huit ans de détention. La conséquence pratique se situe ailleurs : si le véhicule n'a pas rejoint un cadre réglementé au 1er janvier 2029, il ne pourra plus recevoir de versements nouveaux ni d'arbitrages entrants.

Ce qui vaut pour les nouveaux supports

Les véhicules relevant de la catégorie visée ne peuvent plus être référencés depuis le 6 mai 2026. Un contrat ouvert aujourd'hui propose donc une gamme immobilière restreinte aux cadres admis. Cette fermeture explique l'attention portée par les distributeurs à la composition des poches immobilières, à un moment où l'assurance vie collecte fortement : France Assureurs a relevé 19,3 milliards d'euros de cotisations en juin 2026, en hausse de 12 % sur un an, pour une collecte nette de 6,7 milliards d'euros.

Ce que le décret impose à votre plan d'épargne retraite

Le décret ne se limite pas à l'assurance vie. Son intitulé vise l'univers d'investissement de l'assurance vie et du plan d'épargne retraite, le dispositif créé par la loi Pacte de 2019 dont les sommes restent bloquées jusqu'au départ à la retraite, hors les cas de déblocage anticipé prévus par la loi comme l'acquisition de la résidence principale. Les mêmes règles de référencement s'appliquent, avec la même échéance du 1er janvier 2029.

La conséquence pratique diffère pourtant, parce que l'horizon de placement n'est pas le même. Sur un contrat d'assurance vie, la liquidité du support compte : vous pouvez vouloir racheter à tout moment. Sur un plan d'épargne retraite souscrit à 45 ans, le capital reste immobilisé une vingtaine d'années, ce qui rend le délai de règlement d'un arbitrage secondaire. En revanche, l'effet des frais annuels se cumule sur toute la durée, et un écart de 0,5 point de frais de gestion pèse lourdement sur un horizon aussi long.

Pour un dirigeant ou un travailleur non salarié, la poche immobilière du plan d'épargne retraite joue souvent un rôle de diversification face aux marchés actions. La logique de vérification reste identique à celle d'une SCI en assurance vie : identifier le statut réglementaire du support, demander à l'assureur le cadre cible retenu, et arbitrer sur les frais et l'exposition plutôt que sur le calendrier réglementaire seul. Les supports immobiliers d'un plan d'épargne retraite exposent au même risque de perte en capital que ceux d'un contrat d'assurance vie.

Le calendrier de mise en conformité jusqu'au 1er janvier 2029

Trois échéances structurent la transition. Elles se lisent comme un compte à rebours pour les sociétés de gestion, et comme une fenêtre d'observation pour l'épargnant.

Échéance Ce qui se produit Portée pour le détenteur de parts
6 mai 2026 Fin du référencement de nouveaux « Autres FIA » non réglementés comme unités de compte Gamme immobilière restreinte sur les contrats neufs, aucun effet sur les parts détenues
Courant 2027 Transmission par les sociétés de gestion de leurs projets de mise en conformité, selon la presse spécialisée Période où l'assureur peut communiquer le cadre cible retenu par chaque support
1er janvier 2029 Date butoir de mise en conformité au titre du 4° de l'article R. 131-3 Un support non conforme ne reçoit plus ni versement ni arbitrage entrant

La presse spécialisée signale par ailleurs une souplesse étendue jusqu'en 2032 pour les véhicules optant pour le statut ELTIF, dont le calendrier propre relève du règlement européen 2015/760. Cette information provient de commentaires professionnels et non du décret lui-même ; elle mérite d'être confirmée auprès de votre assureur pour le support précis que vous détenez.

Entre aujourd'hui et 2029, la charge de travail repose sur les sociétés de gestion. Elles doivent choisir un cadre cible, adapter leur politique d'investissement, et faire valider la transformation. Pour l'épargnant, l'échéance de 2029 n'est pas une date d'expiration de ses parts, mais la date après laquelle un support resté hors cadre cesse d'être alimentable.

« Autres FIA » : ce que recouvre la catégorie visée par le décret

La catégorie « Autres FIA » désigne une classe juridique, pas une stratégie d'investissement. Elle rassemble des approches très différentes : immobilier détenu en direct, immobilier détenu indirectement via des parts d'autres fonds, dette immobilière, infrastructures, actifs non cotés et gestions multi-actifs. Deux véhicules classés dans la même case réglementaire peuvent donc afficher des expositions, des profils de risque et des frais sans rapport l'un avec l'autre. C'est la raison pour laquelle une lecture par le seul statut juridique renseigne mal sur ce que vous détenez réellement. Les sociétés de gestion signataires de la tribune de juillet 2026 rappellent que la souplesse comptable de ces structures a permis l'émergence de modèles économiques limitant l'impact immédiat des frais d'acquisition immobilière sur la valeur de la part, avec des frais de souscription faibles ou nuls en contrepartie d'un étalement de ces frais dans le temps, une pratique courante chez les fonds immobiliers institutionnels européens.

Le décret ouvre en regard cinq cadres réglementés qui restent éligibles comme unités de compte immobilières :

  1. ELTIF. Fonds européen d'investissement de long terme, régi par le règlement UE 2015/760, commercialisable auprès d'investisseurs particuliers sous conditions.
  2. FPCI respectant les règles des FCPR. Le fonds professionnel de capital investissement aligné sur le régime des fonds communs de placement à risques.
  3. OPCI. L'organisme de placement collectif immobilier, régi par les articles L. 214-34 et suivants du Code monétaire et financier, qui associe immobilier, actifs financiers et poche de liquidité.
  4. SCPI agréées. La société civile de placement immobilier, régie par les articles L. 214-101 et suivants, agréée par l'Autorité des marchés financiers.
  5. Fonds professionnels spécialisés. Régis par les articles L. 214-140 et suivants du même code.

Une exception mérite d'être notée : les sociétés dont les statuts désignent des actifs fixes et non discrétionnaires échappent à l'obligation de transformation. Ce point technique concerne des montages patrimoniaux spécifiques et se vérifie dans la documentation juridique du support.

Hall d'immeuble de bureaux vide illustrant la liquidité des supports immobiliers en assurance vie

Liquidité et frais : les deux sujets que le décret ne règle pas

Un argument revient dans les commentaires favorables à la réforme : le passage vers des cadres réglementés améliorerait la liquidité des supports immobiliers. Les quatre sociétés de gestion signataires de la tribune de juillet 2026 apportent une nuance directe sur ce point. Le décret agit principalement sur les règles d'investissement applicables aux véhicules et sur leur cadre réglementaire ; il ne modifie pas les mécanismes de liquidité eux-mêmes. Le recours à une structure réglementée ne garantit donc pas mécaniquement une liquidité supérieure.

Les chiffres de marché confirment que la liquidité se joue ailleurs que dans le statut. Au premier trimestre 2026, l'ASPIM recense 2,4 milliards d'euros de parts de SCPI en attente de retrait, un montant en baisse de 14 % par rapport à fin 2025 mais toujours significatif. Sur la même période, les sociétés civiles en unités de compte immobilières enregistrent 160 millions d'euros de décollecte nette. Frédéric Bôl, alors président de l'ASPIM, accompagnait cette publication trimestrielle d'un commentaire indiquant que « le premier trimestre 2026 confirme les signes d'amélioration graduelle observés ».

La question des frais suit la même logique. Dans un contrat d'assurance vie, les frais du support se cumulent avec les frais de gestion du contrat. Une société civile affichant des frais d'entrée compris entre 0 % et 2 % selon les véhicules recensés par la presse spécialisée en 2026 reste soumise aux frais annuels de l'enveloppe. Notre analyse détaillée des unités de compte assurance vie revient sur cette superposition, qui pèse davantage sur la performance nette d'une SCI en assurance vie que le statut réglementaire du fonds.

Lire la poche immobilière de votre contrat en sept vérifications

La méthode qui suit reste valable après 2029, parce qu'elle porte sur les caractéristiques économiques du support et non sur l'actualité réglementaire.

  1. Identifiez la nature exacte du support. Le document d'informations clés, ou DIC, indique s'il s'agit d'une société civile, d'une SCPI, d'un OPCI ou d'un autre véhicule. Le nom commercial ne suffit pas.
  2. Repérez le statut réglementaire. Le DIC et les conditions générales du contrat précisent le régime dont relève le fonds. C'est cette information qui détermine si le calendrier de 2029 s'applique.
  3. Reconstituez les frais réels. Additionnez les frais de souscription du support, ses frais de gestion annuels, et les frais de gestion du contrat sur les unités de compte.
  4. Mesurez la liquidité contractuelle. Vérifiez le délai de règlement d'un arbitrage sortant prévu au contrat, ainsi que les clauses de suspension ou de plafonnement des rachats.
  5. Lisez la politique de valorisation. La fréquence de calcul de la valeur liquidative, hebdomadaire ou mensuelle selon les fonds, conditionne la réactivité d'un arbitrage.
  6. Contrôlez l'exposition réelle. Un même véhicule peut détenir des bureaux, du commerce, de la santé ou de la dette immobilière. Le rapport annuel donne la répartition.
  7. Demandez le cadre cible à votre assureur. Une question écrite sur le régime retenu au titre du décret n° 2026-341 engage l'assureur et documente votre dossier.

Ces sept points forment le socle d'un arbitrage motivé. Ils valent pour une SCI en assurance vie comme pour toute autre unité de compte immobilière logée dans un comparatif assurance vie sérieux.

SCI, SCPI ou OPCI : quel véhicule pour quel objectif

Trois critères séparent utilement ces véhicules pour un épargnant : le niveau de frais d'entrée, le rendement servi, et le régime réglementaire au regard du décret. Le tableau ci-dessous les compare sur ces trois dimensions, à partir des données ASPIM publiées en 2026 et des relevés de frais de la presse spécialisée.

Critère Société civile immobilière SCPI agréée OPCI grand public
Frais d'entrée constatés 0 % à 2 % selon les véhicules souvent 6 % à 8 % en assurance vie variable, généralement inférieurs à ceux des SCPI
Repère de performance environ 1,6 % de performance moyenne recensée par MoneyVox en 2026 taux de distribution moyen de 4,92 % en 2025 (ASPIM) actif net de 10,7 milliards d'euros au 31 mars 2026, en baisse de 12 % sur un an (ASPIM)
Régime au regard du décret catégorie visée, mise en conformité attendue au 1er janvier 2029 cadre réglementé admis cadre réglementé admis

La trajectoire d'encours éclaire ces écarts. Selon MoneyVox, les sociétés civiles logées en assurance vie représentaient un peu plus de 30 milliards d'euros fin 2022, contre environ 21 milliards d'euros à l'automne 2025, avec plus de 1,6 milliard d'euros de sorties entre début 2024 et l'automne 2025. Les données de l'ASPIM prolongent cette pente : 20,7 milliards d'euros d'actif net au 31 mars 2026, en recul de 2 % sur le trimestre.

Dans le même temps, les SCPI collectent de nouveau. L'ASPIM recense 1,4 milliard d'euros de collecte brute au premier trimestre 2026, en hausse de 7 % sur un an, pour une capitalisation de 88,7 milliards d'euros. Le taux d'occupation financier atteint 91,3 % en 2025 et le ratio d'endettement 18,3 %. Ces chiffres décrivent un marché en stabilisation, après un repli moyen de 1,8 % des valeurs de réalisation en 2025.

Pourquoi les encours de SCI en assurance vie reculent depuis 2022

Le reflux des sociétés civiles a commencé bien avant la publication du décret. Selon MoneyVox, les encours logés en assurance vie représentaient un peu plus de 30 milliards d'euros fin 2022, contre environ 21 milliards d'euros à l'automne 2025, une contraction proche d'un tiers en trois ans. L'ASPIM prolonge la mesure avec 20,7 milliards d'euros d'actif net au 31 mars 2026. Comprendre ce mouvement importe autant que lire le décret, parce qu'il détermine dans quel environnement de marché s'inscrit votre décision.

Trois facteurs expliquent ce recul, et aucun n'est de nature réglementaire.

La correction des valeurs d'expertise. Les valeurs de réalisation des fonds immobiliers grand public ont reculé de 1,8 % en moyenne pondérée de la capitalisation en 2025, après plusieurs exercices de baisse liés à la remontée des taux, selon l'ASPIM. Au premier trimestre 2026, le prix moyen des parts évolue encore de moins 0,9 %. Une valeur liquidative qui baisse réduit mécaniquement l'encours, sans qu'aucun épargnant ne soit sorti.

La concurrence de supports mieux rémunérés. L'ASPIM relève un taux de distribution moyen de 4,92 % pour les SCPI en 2025, quand MoneyVox situe la performance moyenne des sociétés civiles autour de 1,6 % en 2026. Cet écart de rémunération, sur des véhicules exposés à la même classe d'actifs, a orienté les arbitrages des épargnants vers les SCPI et vers les fonds en euros dont la collecte progresse.

L'effet cumulatif des rachats. MoneyVox recense plus de 1,6 milliard d'euros de sorties entre le début de l'année 2024 et l'automne 2025. L'ASPIM mesure encore 160 millions d'euros de décollecte nette sur les sociétés civiles au premier trimestre 2026. Des rachats soutenus contraignent le gérant à céder des actifs pour honorer les sorties, parfois dans des conditions de marché défavorables, ce qui pèse à son tour sur la valeur de la part.

Ce contexte change la lecture du décret. Le texte arrive sur un compartiment déjà réduit d'un tiers, dont les valorisations se stabilisent seulement depuis 2025 : le rendement immobilier global des fonds grand public est repassé en territoire positif à 3,1 % en 2025 et la performance globale annuelle à 1,5 %, selon l'ASPIM. Pour un détenteur de SCI en assurance vie, cela signifie qu'un arbitrage décidé aujourd'hui cristalliserait une moins-value de cycle, alors que la réglementation, elle, laisse jusqu'en 2029.

Faut-il arbitrer vos SCI en assurance vie ? Trois scénarios chiffrés

Les trois situations ci-dessous couvrent la majorité des cas rencontrés. Elles reposent sur des ordres de grandeur issus des données ASPIM et France Assureurs citées plus haut, et non sur des dossiers clients nominatifs.

Scénario 1. Une poche immobilière de 40 000 euros dans un contrat de huit ans. Le support est une société civile investie en bureaux, valorisée chaque semaine, frais d'entrée nuls. L'assureur confirme un projet de transformation en OPCI. Arbitrer aujourd'hui déclencherait une sortie sur un point bas de cycle, alors que les valeurs de réalisation ont reculé de 1,8 % en moyenne en 2025 selon l'ASPIM. La surveillance jusqu'à la confirmation du cadre cible coûte moins que l'arbitrage.

Scénario 2. Une poche de 15 000 euros représentant 30 % du contrat. Le support cumule des frais de gestion élevés et une performance proche de 1,6 %, le repère moyen relevé par MoneyVox en 2026. Ici, le motif d'arbitrage existe indépendamment du décret : la concentration et le couple frais-performance justifient un rééquilibrage vers d'autres unités de compte, immobilières ou non.

Scénario 3. Un versement programmé alimentant chaque mois le support. C'est la seule configuration où l'échéance de 2029 impose une décision calendaire. Si le véhicule ne rejoint pas un cadre admis, les versements devront être réorientés. L'anticipation consiste à identifier dès maintenant le support de repli et à vérifier qu'il figure déjà au contrat.

Dans les trois cas, la décision se prend sur des critères patrimoniaux, jamais sur la seule rumeur réglementaire. Le même raisonnement s'applique aux autres évolutions récentes des contrats, comme l'intégration du non coté gestion pilotée dans les mandats. Rappel réglementaire indispensable : sur toute unité de compte, y compris immobilière, l'assureur ne garantit pas la valeur des parts, et le capital investi peut être perdu en partie ou en totalité.

FAQ : la SCI en assurance vie face au nouveau cadre

Ma SCI en assurance vie va-t-elle être vendue d'office ?

Non. Le décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 n'organise aucun rachat forcé. Les parts détenues avant le 6 mai 2026 restent inscrites au contrat, avec leur régime fiscal inchangé. La seule conséquence à l'échéance du 1er janvier 2029 concerne l'alimentation du support : un véhicule resté hors des cadres réglementés admis ne pourra plus recevoir de versements ni d'arbitrages entrants.

Puis-je encore souscrire une société civile immobilière dans un contrat neuf ?

Pas dans la catégorie visée. Depuis le 6 mai 2026, un assureur ne peut plus référencer comme unité de compte un « Autre FIA » non réglementé au sens du III de l'article L. 214-24 du Code monétaire et financier. Les sociétés civiles ayant déjà adopté l'un des cinq cadres admis, notamment le statut OPCI ou SCPI agréée, restent accessibles à la souscription.

Quelle différence entre une SCI et une SCPI dans un contrat ?

La SCPI est agréée par l'Autorité des marchés financiers et régie par les articles L. 214-101 et suivants du Code monétaire et financier. La société civile non cotée relevait, elle, de la catégorie des « Autres FIA ». En pratique, l'ASPIM relève un taux de distribution moyen de 4,92 % pour les SCPI en 2025, quand MoneyVox situe la performance moyenne des sociétés civiles autour de 1,6 % en 2026. Les frais d'entrée suivent la logique inverse.

Que dois-je demander à mon assureur ?

Posez la question par écrit, support par support : quel cadre réglementaire le fonds vise-t-il au titre du décret n° 2026-341, et selon quel calendrier ? Demandez aussi le délai contractuel de règlement d'un arbitrage sortant et la fréquence de valorisation. Ces trois réponses suffisent à décider si votre SCI en assurance vie doit être conservée, allégée ou réorientée.

Le décret s'applique-t-il aussi au plan d'épargne retraite ?

Oui. Le décret vise l'univers d'investissement de l'assurance vie et du plan d'épargne retraite, dispositif d'épargne bloqué jusqu'à la retraite hors cas de déblocage anticipé. Les mêmes règles de référencement et la même échéance du 1er janvier 2029 s'appliquent aux unités de compte immobilières logées dans un plan d'épargne retraite individuel ou collectif.

Comment France Épargne accompagne les détenteurs de SCI en assurance vie

Courtier indépendant immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23001687 et actif depuis 2020, France Épargne compare plus de 25 assureurs partenaires sans lien capitalistique avec aucune compagnie. Cette indépendance compte particulièrement sur un sujet où chaque assureur retient un calendrier de transformation différent pour ses supports immobiliers.

Audit de la poche immobilière. Nous reprenons chaque unité de compte immobilière de votre contrat, identifions son statut réglementaire au regard du décret n° 2026-341, et reconstituons les frais réels cumulés du support et de l'enveloppe.

Interrogation des assureurs. Notre équipe interroge directement les compagnies sur le cadre cible retenu par chaque véhicule, sans passer par un plateau téléphonique. Chaque dossier est traité en interne par un conseiller dédié, avec un engagement de réponse sous 6 heures.

Arbitrage et réallocation. Lorsque l'analyse le justifie, nous construisons l'alternative au sein de votre contrat existant ou d'un contrat mieux adapté, en intégrant la fiscalité assurance vie applicable à chaque opération.

Pour faire le point sur vos supports immobiliers avant l'échéance de 2029, demandez un bilan patrimonial avec un conseiller dédié.

Conclusion

Le décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 a modifié la règle d'entrée des supports immobiliers dans les contrats, sans toucher aux droits des épargnants déjà investis. Depuis le 6 mai 2026, plus aucun « Autre FIA » non réglementé ne rejoint la liste des unités de compte, et les véhicules en place disposent jusqu'au 1er janvier 2029 pour rejoindre l'un des cinq cadres admis. Les chiffres publiés par l'ASPIM au 31 mars 2026, 20,7 milliards d'euros d'actif net pour les sociétés civiles en unités de compte immobilières, décrivent un compartiment qui se contracte depuis 2022 pour des raisons de marché autant que de réglementation.

Pour le détenteur d'une SCI en assurance vie, la bonne séquence consiste à vérifier le statut du support, à interroger l'assureur sur son cadre cible, puis à décider sur des critères de frais, de liquidité et d'exposition. L'échéance de 2029 laisse le temps de cette analyse. Elle ne justifie pas un arbitrage précipité, sur un compartiment immobilier dont les valeurs se stabilisent seulement depuis 2025, et où toute unité de compte expose à un risque de perte en capital.

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Sources :

Questions fréquentes

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