Investissement · capital investissement

Programmes de Co-Investissement : Étude du Véhicule et Souscription Accompagnée

Une ligne isolée affiche une médiane de 1,16 quand un portefeuille de fonds atteint 1,44

Les résultats d'un dossier de capital investissement sont fortement asymétriques : le fonds gagne parce qu'il détient les deux ou trois participations d'exception qui compensent celles qui déçoivent. Un co-investissement pris isolément se situe sur la médiane de cette distribution, très en dessous de sa moyenne. France Épargne compte les participations que le programme financera avant que vous ne signiez le bulletin.

A

Deux participations sur trois restent sous leur propre fonds

Reiner Braun, Tim Jenkinson et Christoph Schemmerl mesurent, sur 246 fonds de capital transmission, que 35 % des participations dépassent le PME de leur fonds, et 29 % sur 218 fonds de capital risque (Journal of Financial Economics, volume 136, avril 2020). Le PME rapporte les flux d'une opération non cotée à ceux d'un indice actions sur la même période.

B

La médiane du programme se redresse ligne après ligne

Sur la même base de 1 016 co-investissements, la médiane simulée en capital transmission passe de 1,16 pour une participation à 1,48 pour cinq, 1,63 pour dix, puis se stabilise à 1,65 pour cinquante en l'absence de frais. Les portefeuilles de fonds équivalents se tiennent entre 1,43 et 1,48. Le seuil utile se situe autour de dix participations.

C

Le barème du véhicule d'accès efface une part de l'écart

Sur cinquante participations, la médiane retombe de 1,65 à 1,50 avec un barème de 1 % de commission annuelle et 10 % d'intéressement, puis à 1,47 avec un barème de 0 % et 20 %. En capital risque, toutes les médianes simulées avec frais passent sous celles des portefeuilles de fonds. Nous reconstituons ce barème ligne par ligne.

D

La mention sans frais laisse plusieurs postes de côté

Torys LLP recense, sur des tickets présentés sans commission ni intéressement, des frais administratifs de 0,02 % à 0,10 % du capital, des honoraires de suivi de 1 % à 2 % de l'engagement, des frais de transaction de 0,5 % à 3 % de la valeur d'entreprise et une refacturation des dossiers avortés présente dans environ 20 % des opérations suivies (étude de l'été 2026).

Fonctionnement

Comment se déroule l'étude

01

Bilan et capacité d'immobilisation

Revenus, fiscalité du foyer, enveloppes déjà ouvertes et calendrier de vos projets. Le conseiller arrête la fraction du patrimoine financier qui supporte un blocage de huit à douze ans, et laisse votre trésorerie de court terme en dehors du montage.

02

Qualification du véhicule proposé

Société support portant une participation unique, véhicule levé par la maison de gestion en parallèle de son fonds, véhicule multigérant constitué par un tiers ou fonds nourricier. Chacun porte un nombre de participations et un barème différents, et la qualification précède toute comparaison chiffrée.

03

Comptage des lignes et reconstitution du barème

La fourchette cible du prospectus est recoupée avec les reportings des millésimes antérieurs de la même équipe. Le barème est repris poste par poste, frais administratifs, honoraires de suivi et refacturation des dossiers avortés compris, puis positionné face aux médianes publiées.

04

Contrôle de l'agrément et lecture du pacte

Agrément AMF du gestionnaire, cohérence entre la stratégie annoncée et les opérations conduites, droits de sortie conjointe, droit de suite et droits préférentiels de souscription sur les tours ultérieurs. Un dossier dont les droits de sortie ne sont pas alignés sur ceux du fonds est écarté.

05

Choix de l'enveloppe et souscription

Souscription directe, unité de compte d'assurance vie ou plan d'épargne retraite, selon la fiscalité de votre foyer et votre horizon. France Épargne ouvre ou adapte l'enveloppe, recueille le test d'adéquation et transmet le bulletin, puis relit chaque reporting périodique.

Comparatif

Ce que change une étude préalable

CritèreSans étudeAvec un conseiller France Épargne
Taille du programmeLe dossier présenté est jugé sur la société cibleLes participations que le programme financera sont comptées et recoupées
Frais supportésLa mention sans frais ni intéressement fait foiFrais administratifs, honoraires de suivi et dossiers avortés repris poste par poste
Repère de comparaisonLe multiple cible de la plaquette sert de référenceLes médianes simulées publiées pour la stratégie servent de référence
Droits attachés au ticketLa documentation est signée telle qu'elle est remiseSortie conjointe, droit de suite et souscription préférentielle relevés au pacte
Enveloppe de détentionLe véhicule est logé là où il est proposéDirect, assurance vie et plan d'épargne retraite chiffrés sur votre fiscalité
Pour qui

Les situations que nous accompagnons

Chef d'entreprise après cession dont le produit de vente arrive en une fois et qui connaît le fonctionnement d'une société non cotée
Cadre dirigeant à rémunération variable qui construit un programme par tranches annuelles sur plusieurs millésimes
Détenteur d'un contrat de plus de huit ans dont la poche d'unités de compte reste concentrée sur les marchés cotés
Profession libérale préparant sa retraite, dont l'horizon s'accorde au blocage d'un plan d'épargne retraite
Investisseur déjà présent en FCPR ou en fonds professionnel qui cherche à répartir ses millésimes entre plusieurs équipes
★★★★★

« On m'a proposé un ticket unique sur une société que je connaissais bien, à côté d'un véhicule qui en finançait vingt. Le conseiller a sorti les médianes publiées : 1,16 pour une ligne seule, 1,61 pour vingt lignes au même barème. J'ai engagé les mêmes 200 000 euros, répartis sur le véhicule, dans mon contrat existant. »

Philippe R. · Dirigeant cédant, Loire-Atlantique
Questions

Questions fréquentes

Un conseiller répond sous 6h les jours ouvrés. L'instruction complète, du bilan patrimonial à la note écrite, se déroule sur deux à trois entretiens. Ce rythme tient dans le délai de trois à six semaines qu'impose le calendrier d'une opération de co-investissement.

Dans la politique d'investissement du prospectus, qui annonce une fourchette cible. Le conseiller la recoupe avec les reportings des millésimes antérieurs de la même équipe de gestion, seule manière de vérifier que la fourchette annoncée a déjà été tenue.

La mention porte sur la commission de gestion et sur l'intéressement du gérant. Torys LLP recense par ailleurs des honoraires de suivi de 1 % à 2 % de l'engagement, des frais de transaction de 0,5 % à 3 % de la valeur d'entreprise et une refacturation des dossiers avortés (étude de l'été 2026).

Le montant résulte du test d'adéquation prévu par la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers et de votre capacité d'immobilisation, établie au bilan. Le seuil de 100 000 euros de l'article 423-49 du règlement général de l'AMF qualifie l'investisseur averti en fonds professionnel, sans constituer une recommandation d'allocation.

Pas systématiquement. Chaque assureur retient sa propre liste de supports non cotés, et le décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 a resserré les catégories référençables en unité de compte. Le conseiller examine d'abord les supports disponibles dans votre contrat actuel.

Par les rétrocessions prévues aux règlements des fonds et aux contrats d'assurance, dont le montant vous est communiqué avant la souscription. Toute facturation d'honoraires est arrêtée par écrit en amont de la mission.

Pour aller plus loin

Une prise de participation directe aux côtés de la société de gestion

Un programme de co-investissement réunit plusieurs prises de participation directes au capital d'entreprises non cotées, engagées aux côtés d'une société de gestion de capital investissement et en dehors de son fonds. Le souscripteur entre au véhicule ad hoc constitué pour l'opération, le plus souvent un special purpose vehicle (société support créée pour porter une seule participation), dont la société de gestion assure la gérance. Il acquiert ses titres au même prix et à la même date que le fonds principal. La rémunération habituelle du gérant, commission de gestion annuelle et carried interest (part des plus-values revenant à l'équipe de gestion, usuellement 20 %), est réduite ou supprimée sur ce ticket. Goldman Sachs Asset Management chiffre les encours mondiaux de la stratégie à environ 240 milliards de dollars, multipliés par trois en cinq ans, contre plus de 9 000 milliards pour l'ensemble du capital investissement (étude The Case for Co-Investments, quatrième trimestre 2023).

L'opération naît d'une contrainte de dimensionnement. Une société de gestion signe une acquisition dont le montant de fonds propres dépasse la limite de concentration inscrite au règlement de son fonds. Plutôt que renoncer au dossier ou partager le contrôle avec un concurrent, elle propose le solde à ses propres souscripteurs. Reiner Braun, Tim Jenkinson et Christoph Schemmerl documentent 1 016 opérations de ce type, engagées par 458 investisseurs entre 1981 et 2010 et rattachées à 464 fonds distincts (Journal of Financial Economics, volume 136, avril 2020). Leur travail constitue à ce jour la base de données publique la plus large sur le sujet, et sert de référence à l'ensemble des chiffres cités sur cette page.

Deux formes coexistent. Le ticket syndiqué intervient après la signature : le gérant a sécurisé l'acquisition et rétrocède une fraction de son exposition. Le ticket co-sponsorisé intervient avant l'offre, le souscripteur s'engageant par lettre ferme au moment de la signature. Goldman Sachs situe la phase d'audit à trois à six semaines selon la forme retenue, contre plusieurs mois pour l'instruction d'une souscription de fonds classique. Cette compression du calendrier explique pourquoi le dossier arrive rarement en amont chez un particulier : la chaîne de décision doit tenir dans le délai imposé par le calendrier de l'acquisition.

Trois routes d'accès existent. La première, le programme géré en interne, suppose une équipe dédiée capable d'instruire plusieurs centaines d'opportunités par an ; elle reste l'apanage des grands institutionnels. La deuxième passe par un fonds mono-gérant, levé par la société de gestion en parallèle de son fonds principal pour loger les tickets excédentaires, avec une commission assise sur le capital investi et non sur le capital engagé. La troisième passe par un fonds multigérant, constitué par un tiers spécialisé qui agrège des opérations issues de plusieurs sociétés de gestion et livre un portefeuille diversifié par millésime, par secteur et par zone géographique. Environ dix véhicules multigérants se ferment chaque année depuis une décennie, pour une taille médiane multipliée par cinq sur la période (source : Goldman Sachs).

L'argument commercial tient en trois mots, sans frais ni carried. Torys LLP en documente les limites : au niveau du véhicule, des frais administratifs forfaitaires de 50 000 à 150 000 dollars par an, ou de 0,02 % à 0,10 % du capital engagé ; une quote-part des dossiers avortés, présente dans environ 20 % des opérations suivies ; au niveau de la participation, des honoraires de suivi représentant 1 % à 2 % de l'engagement du co-investisseur, et des frais de transaction de 0,5 % à 3 % de la valeur d'entreprise (étude When no fee means yes fee, été 2026). La gratuité affichée couvre la commission de gestion annuelle et l'intéressement du gérant. Les autres flux énumérés ci-dessus restent prélevés au niveau du véhicule et de la participation.

En France, l'accès du particulier passe par un véhicule réglementé. Le fonds professionnel de capital investissement (FPCI) impose une souscription minimale de 100 000 euros, seuil qui qualifie l'investisseur averti au sens de l'article 423-49 du règlement général de l'AMF. Un montant d'entrée réduit existe pour les souscripteurs qui justifient d'une expérience des sociétés non cotées, dans les conditions que fixe le même règlement. Le fonds commun de placement à risques (FCPR) ouvre la classe d'actifs sans plancher réglementaire et loge un quota minimal de 50 % de titres non cotés. Le règlement européen sur les fonds d'investissement à long terme, entré en application le 10 janvier 2024, a supprimé le ticket plancher de 10 000 euros et la limite de 10 % du patrimoine financier qui verrouillaient l'accès des épargnants.

France Épargne instruit ce type de dossier avant l'engagement. Le conseiller identifie la nature réelle du véhicule proposé, compte les participations que le programme portera à terme, reconstitue le barème du véhicule d'accès au delà de la mention sans frais, contrôle l'agrément de la société de gestion auprès de l'AMF et arbitre l'enveloppe de détention entre souscription directe, unité de compte d'assurance vie et plan d'épargne retraite. La recommandation est remise par écrit avant la signature du bulletin.

Schéma d'un co-investissement, la société de gestion et l'investisseur entrant ensemble au capital d'une entreprise non cotée
Le co-investisseur souscrit au véhicule ad hoc porteur de la participation, au même prix et à la même date que le fonds principal. Source : Goldman Sachs Asset Management, The Case for Co-Investments, quatrième trimestre 2023.

Le nombre de participations est compté avant l'engagement

La médiane simulée d'un programme de capital transmission passe de 1,16 pour une participation à 1,63 pour dix (Braun, Jenkinson et Schemmerl, 2020). Le conseiller relève la fourchette cible du prospectus et la confronte aux réalisations des millésimes antérieurs de la même équipe.

Le barème est reconstitué poste par poste

Torys LLP recense des frais administratifs de 0,02 % à 0,10 % du capital engagé, des honoraires de suivi de 1 % à 2 % de l'engagement et des frais de transaction de 0,5 % à 3 % de la valeur d'entreprise, tous compatibles avec la mention sans frais ni carried (étude de l'été 2026).

L'agrément de la société de gestion est contrôlé

La vérification porte sur l'inscription au registre des agents financiers et sur l'agrément AMF du gestionnaire, puis sur la cohérence entre la stratégie annoncée et les opérations réellement conduites. Aucun dossier n'est transmis avant ce contrôle.

Le véhicule d'accès est qualifié pour ce qu'il est

Un fonds mono-gérant, un fonds multigérant et un ticket direct en société support ne portent ni le même nombre de participations ni la même grille de frais. La qualification du montage précède toute comparaison chiffrée.

Les droits de sortie sont relevés dans le pacte

Le co-investisseur négocie des droits de sortie conjointe et des droits préférentiels de souscription sur les tours suivants, faute de quoi il subit la décision du gérant sans y participer (source : Goldman Sachs, quatrième trimestre 2023).

L'enveloppe de détention est arbitrée sur votre fiscalité

En détention directe, les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. L'article 163 quinquies B du code général des impôts neutralise la part impôt sur le revenu dans un FCPR conservé cinq ans.

Le calendrier de trésorerie est cadré

Le capital d'un co-investissement est appelé en une fois à la réalisation, ce qui atténue la courbe en J, alors qu'un fonds classique échelonne ses appels sur plusieurs années (source : Goldman Sachs). Le conseiller vérifie la disponibilité des liquidités à la date d'exigibilité.

Un interlocuteur unique suit le dossier après la signature

Relecture de chaque reporting périodique, anticipation des appels complémentaires, suivi des distributions et alerte sur toute modification substantielle de la politique d'investissement. Réponse sous 6h les jours ouvrés.

Un programme de co-investissement vous a été présenté ?

Notre simulateur traduit le nombre de participations annoncé et la grille de frais du véhicule d'accès en médiane simulée, et la compare à celle d'un portefeuille de fonds équivalent.

Situer le programme proposé

Pourquoi le compte des participations commande la performance

Le compte des participations qu'un programme portera à terme décide de son résultat plus sûrement que la qualité de chacune. Braun, Jenkinson et Schemmerl mesurent, sur les 365 tickets de capital transmission de leur base, un PME brut médian de 1,16. Le PME, ou public market equivalent, rapporte les flux de l'opération à ceux qu'aurait produits le même calendrier investi sur un indice actions coté ; un PME de 1,16 signifie que l'opération a rendu 16 % de plus que l'indice de référence sur la même période. Or les portefeuilles de fonds simulés dans la même étude affichent une médiane de 1,43 à 1,48 selon leur taille. Une participation isolée part donc en dessous du portefeuille de fonds, et n'y revient que par accumulation.

La cause tient à la forme de la distribution. Les rendements d'un dossier de capital investissement sont fortement asymétriques à droite : la classe modale se situe entre 0 et 0,5 de PME, tandis qu'une poignée d'opérations dépassent cinq, dix ou quinze fois l'indice. Les auteurs mesurent, sur 246 fonds de capital transmission, que 35 % seulement des participations d'un fonds battent le PME de ce fonds. En capital risque, sur 218 véhicules, la proportion tombe à 29 %. Le fonds gagne parce qu'il détient les deux ou trois dossiers d'exception qui compensent les quinze qui déçoivent ; le nombre médian de participations des fonds de l'échantillon s'établit à 23.

L'accumulation redresse la médiane, et le rythme de ce redressement est mesuré. En capital transmission et en l'absence de frais au niveau du véhicule d'accès, la médiane simulée passe de 1,16 pour une participation à 1,48 pour cinq, 1,63 pour dix, 1,61 pour vingt, 1,63 pour trente et 1,65 pour cinquante. Le seuil utile se situe donc autour de dix participations : au delà, la médiane se stabilise et l'apport de chaque ligne supplémentaire devient marginal. La moyenne, elle, reste stable autour de 1,71 à 1,75 quelle que soit la taille du portefeuille, ce qui confirme que l'accumulation ne crée pas de performance mais réduit la probabilité de manquer les quelques dossiers qui la portent.

Le capital risque obéit à une arithmétique plus exigeante. La médiane simulée sans frais ressort à 0,88 pour cinq participations, 1,00 pour dix, 1,17 pour vingt, 1,20 pour trente et 1,21 pour cinquante, alors que les portefeuilles de fonds de capital risque se tiennent entre 1,12 et 1,18. Vingt participations au minimum sont donc requises avant que la médiane du programme dépasse celle des fonds, et cette condition ne tient que si le véhicule d'accès ne prélève rien. La dispersion plus forte des dossiers d'amorçage et de croissance impose une base plus large pour capter les rares succès qui font le millésime.

La couche de frais du véhicule d'accès efface ensuite une part substantielle de l'écart. Sur cinquante participations de capital transmission, la médiane simulée retombe de 1,65 à 1,50 avec une grille de 1 % de commission annuelle et 10 % d'intéressement, puis à 1,47 avec une grille de 0 % et 20 %, contre 1,43 pour un portefeuille de fonds. L'avantage subsiste et reste statistiquement significatif, mais son ampleur économique devient modeste. En capital risque, la même surcouche fait passer toutes les médianes simulées en dessous de celles des portefeuilles de fonds, quelle que soit la taille du programme.

Deux paramètres commandent donc la décision, et tous deux se lisent dans les documents du véhicule. Le premier est le total de participations que le programme financera : il figure dans la politique d'investissement du prospectus sous forme d'une fourchette cible, et se vérifie dans les reportings des millésimes antérieurs de la même équipe. Le second est le barème réellement appliqué au niveau du véhicule d'accès : commission de gestion, assiette de cette commission, taux d'intéressement, seuil de déclenchement, droits d'entrée et refacturation des frais listés par Torys. La lecture croisée de ces deux paramètres suffit à situer un programme par rapport aux médianes publiées.

L'étude conduite par France Épargne suit exactement cette séquence. Le conseiller relève d'abord le compte de participations cible et le compare aux réalisations passées de l'équipe, puis reconstitue le barème ligne par ligne, y compris les postes que la mention sans frais ne couvre pas. Il rapporte ensuite le résultat aux médianes publiées par Braun, Jenkinson et Schemmerl pour la stratégie concernée. Le dernier arbitrage porte sur l'enveloppe : la détention directe, l'unité de compte d'assurance vie et le plan d'épargne retraite ne produisent pas la même fiscalité de sortie ni la même liquidité intermédiaire.

Une précision de méthode s'impose sur la mesure elle même. Le PME rapporte les flux d'une opération non cotée à ceux d'un indice actions coté, ici les indices MSCI régionaux retenus par les auteurs selon la localisation de la société de gestion. Il ne s'agit donc pas d'un multiple du capital appelé mais d'un rapport de performance à un placement coté de référence sur la même période. Les valeurs citées sont par ailleurs écrêtées au quatre-vingt-dix-neuvième centile pour neutraliser les valeurs extrêmes positives, et les simulations reposent sur mille tirages avec remise pour chaque taille de portefeuille. Ces conventions expliquent que les médianes publiées puissent servir de repère de comparaison entre deux montages sans constituer une prévision de rendement.

1

Bilan patrimonial et capacité d'immobilisation

Revenus, fiscalité du foyer, enveloppes déjà ouvertes, réserve de précaution et calendrier des projets. Le conseiller arrête la fraction du patrimoine financier qui supporte un blocage de huit à douze ans, et laisse la trésorerie de court terme en dehors du montage.

2

Qualification du véhicule proposé

Société support portant une participation unique, fonds mono-gérant levé par la société de gestion, fonds multigérant constitué par un tiers ou fonds nourricier : chaque montage porte un nombre de participations et une grille de frais différents. La qualification précède toute comparaison.

3

Comptage des participations et reconstitution des frais

Fourchette cible du prospectus confrontée aux reportings des millésimes antérieurs de la même équipe, puis grille de frais reprise poste par poste, y compris les frais administratifs, la refacturation des dossiers avortés et les honoraires de suivi recensés par Torys LLP.

4

Positionnement face aux médianes publiées

Le résultat est confronté aux médianes simulées de Braun, Jenkinson et Schemmerl pour la stratégie concernée, de 1,16 pour une participation isolée de capital transmission à 1,65 pour cinquante participations sans frais, contre 1,43 pour un portefeuille de fonds.

5

Contrôle de l'agrément et lecture du pacte

Agrément AMF du gestionnaire, cohérence entre la stratégie annoncée et les opérations conduites, droits de sortie conjointe, droit de suite et droits préférentiels de souscription sur les tours ultérieurs. Un dossier sans droit de sortie aligné est écarté.

6

Choix de l'enveloppe, souscription et suivi

Détention directe, unité de compte d'assurance vie ou plan d'épargne retraite selon votre fiscalité et votre horizon. France Épargne ouvre ou adapte l'enveloppe, recueille le test d'adéquation, transmet le bulletin, puis relit chaque reporting périodique.

Étapes d'instruction d'un dossier de co-investissement, du bilan patrimonial au suivi des reportings
L'instruction complète tient dans le délai de trois à six semaines qu'impose le calendrier d'une opération de co-investissement. Source : Goldman Sachs, quatrième trimestre 2023.

Quel véhicule d'accès pour quel programme ?

Ticket direct en société support

  • Une seule participation portée par le véhicule ad hoc du gérant
  • PME brut médian de 1,16 en capital transmission sur 365 tickets étudiés
  • 35 % seulement des participations d'un fonds battent le PME de ce fonds
  • Commission de gestion et intéressement usuellement supprimés sur le ticket
  • Frais résiduels de suivi de 1 % à 2 % de l'engagement selon Torys LLP
  • Capital appelé en une fois à la réalisation de l'opération

Fonds mono-gérant adossé au fonds principal

  • Quelques participations issues du seul portefeuille d'une société de gestion
  • Commission assise sur le capital investi et non sur le capital engagé
  • Concentration de millésime et de style de gestion sur une équipe unique
  • Instruction identique à celle du fonds principal, sans discrétion sur les dossiers
  • Médiane simulée de 1,48 à cinq participations sans frais en capital transmission

Fonds multigérant de co-investissement

  • Participations agrégées auprès de plusieurs maisons de gestion
  • Diversification par millésime, par secteur et par zone géographique
  • Médiane simulée de 1,63 à dix participations sans frais en capital transmission
  • Surcouche de frais du véhicule d'accès, de 1 % et 10 % à 0 % et 20 % selon la grille
  • Médiane ramenée à 1,50 puis 1,47 sur cinquante participations selon la grille appliquée

Fonds de capital investissement classique

  • Nombre médian de 23 participations par véhicule dans l'échantillon étudié
  • Médiane simulée de 1,43 à 1,48 en capital transmission selon la taille du portefeuille
  • Appels de capital échelonnés sur plusieurs années, courbe en J plus marquée
  • Commission de gestion et intéressement pleins, usuellement 2 % et 20 %
  • Accessible en FCPR sans plancher réglementaire de souscription

Repères chiffrés du co-investissement

CritèreDonnéeSource
Base d'étude de référence1 016 co-investissements, 458 investisseurs, 464 fonds, période 1981 à 2010Braun, Jenkinson et Schemmerl, Journal of Financial Economics, avril 2020
PME brut médian d'un ticket de capital transmission1,16 sur 365 opérations, quartiles de 0,26 et 2,45Braun, Jenkinson et Schemmerl, 2020
Participations d'un fonds battant leur fonds35 % en capital transmission, 29 % en capital risqueBraun, Jenkinson et Schemmerl, 2020
Médiane simulée à dix participations sans frais1,63 en capital transmission, contre 1,47 pour un portefeuille de fondsBraun, Jenkinson et Schemmerl, 2020
Effet d'une grille de 1 % et 10 % sur cinquante participationsMédiane ramenée de 1,65 à 1,50Braun, Jenkinson et Schemmerl, 2020
Encours mondiaux de la stratégieEnviron 240 milliards de dollars, multipliés par trois en cinq ansGoldman Sachs Asset Management, quatrième trimestre 2023
Capitaux levés chaque année sur la stratégiePlus de 30 milliards de dollars, contre moins de 10 milliards dix ans plus tôtGoldman Sachs Asset Management, quatrième trimestre 2023
Durée de la phase d'audit d'un dossierTrois à six semaines selon la forme syndiquée ou co-sponsoriséeGoldman Sachs Asset Management, quatrième trimestre 2023
Frais résiduels d'un ticket dit sans fraisSuivi de 1 % à 2 % de l'engagement, transaction de 0,5 % à 3 % de la valeur d'entrepriseTorys LLP, When no fee means yes fee, été 2026
Refacturation des dossiers avortésPrésente dans environ 20 % des opérations suiviesTorys LLP, été 2026
Poids du co-investissement dans le choix des gérants43 % des investisseurs institutionnels interrogésColler Capital, Global Private Capital Barometer, 44e édition, été 2026
Sociétés de gestion offrant du co-investissement82 %, contre 75 % cinq ans plus tôtPrivate Funds CFO, enquête 2024
Souscription minimale d'un FPCI100 000 euros, montant réduit sous conditions d'expérience des sociétés non cotéesArticle 423-49 du règlement général de l'AMF
Capital investissement français investi sur l'exercice36,4 milliards d'euros dans 2 904 entreprises et projetsFrance Invest, étude d'activité 2025, mars 2026
Performance nette du capital investissement français11,3 % par an depuis l'origine pour un multiple de 1,49 fois sur 1 262 fondsFrance Invest et EY, étude de juillet 2025 arrêtée à fin 2024
Encours des fonds non cotés ouverts aux particuliers14,5 milliards d'euros, dont 11,8 milliards en assurance vieFrance Invest, avril 2026
Fiscalité des gains en détention directePrélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % et 18,6 %Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026
Exonération d'impôt sur le revenu en FCPR fiscalAprès cinq ans de conservation, prélèvements sociaux dusArticle 163 quinquies B du code général des impôts

Faites compter les participations avant de signer

Le nombre de participations du programme et la grille de frais du véhicule d'accès se lisent dans le prospectus. Un conseiller France Épargne les relève, les confronte aux médianes publiées et vous répond sous 6h les jours ouvrés.

Demander une étude du programme

Un marché institutionnel qui s'ouvre lentement aux épargnants

L'appétit institutionnel pour la stratégie progresse plus vite que l'offre réellement accessible aux particuliers. Goldman Sachs Asset Management relève que les capitaux levés chaque année sur le co-investissement sont passés de moins de 10 milliards de dollars il y a dix ans à plus de 30 milliards récemment, pour un encours mondial d'environ 240 milliards. Preqin mesure sur ses enquêtes investisseurs de novembre 2019 à novembre 2022 que plus de 65 % des souscripteurs recherchent activement cette exposition, au même niveau que les fonds classiques mono-gérants. Près de deux tiers des investisseurs institutionnels n'y ont pourtant encore aucune exposition, ce qui situe la stratégie dans une phase d'adoption et non de maturité.

Le mouvement s'accompagne d'un resserrement des relations entre souscripteurs et maisons de gestion. Coller Capital, dans la quarante-quatrième édition de son Global Private Capital Barometer publiée le 22 juin 2026, interroge 108 investisseurs institutionnels représentant plus de 2 000 milliards de dollars d'actifs, dont plus de 55 % gèrent chacun plus de 10 milliards : 23 % comptent réduire le nombre de leurs relations avec des équipes de gestion au cours des trois prochaines années, contre 16 % lors de la précédente mesure en 2020. Les engagements se concentrent donc sur un nombre plus restreint de partenaires, et l'accès aux opérations partagées devient l'un des instruments de cette relation resserrée. Côté offre, l'enquête Private Funds CFO de 2024 recense 82 % de sociétés de gestion proposant une forme de co-investissement, contre 75 % en 2020, chiffre repris par Torys LLP dans son étude sur les tendances du co-investissement.

L'ouverture aux épargnants français procède de deux textes. Le règlement européen sur les fonds d'investissement à long terme, applicable depuis le 10 janvier 2024, a supprimé le ticket plancher de 10 000 euros et la limite de 10 % du patrimoine financier, et impose en contrepartie un quota minimal de 55 % d'actifs éligibles. La loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l'industrie verte, en vigueur depuis le 24 octobre 2024, impose une part minimale d'actifs non cotés dans la gestion pilotée : 4 % en profil équilibré et 8 % en profil dynamique pour l'assurance vie, et de 6 % à 15 % selon le profil pour le plan d'épargne retraite, l'obligation s'étendant aux plans collectifs au 30 juin 2026.

Le marché français sous-jacent absorbe ces flux. France Invest recense 36,4 milliards d'euros investis en 2025 dans 2 904 entreprises et projets d'infrastructure, 14,0 milliards de cessions au coût historique pour 1 232 opérations et 42,9 milliards levés, en hausse de 10 % sur l'exercice précédent (étude d'activité publiée en mars 2026). La performance nette mesurée avec EY sur 1 262 fonds et 190,2 milliards d'euros de capitaux appelés ressort à 11,3 % par an depuis l'origine pour un multiple de 1,49 fois, à 12,4 % sur dix ans, et à 14,1 % pour 1,78 fois sur les seuls fonds liquidés (étude publiée en juillet 2025, arrêtée à fin 2024). Les multiples par quartile s'échelonnent de 0,9 à 2,3 fois depuis l'origine, une dispersion du même ordre que celle observée au niveau des participations individuelles.

L'accès grand public reste toutefois de taille modeste. France Invest chiffre à 14,5 milliards d'euros les encours des fonds non cotés ouverts aux particuliers en avril 2026, dont 11,8 milliards logés en assurance vie. La majeure partie de ces véhicules relèvent des fonds classiques et des fonds de fonds. Les programmes de co-investissement y occupent une place réduite. Quand un montage de co-investissement est proposé à un épargnant, il transite le plus souvent par un fonds nourricier ou par une unité de compte adossée à un véhicule professionnel, ce qui ajoute une couche de frais entre le souscripteur et les participations.

Cette couche intermédiaire échappe aux mesures publiques de performance. France Invest calcule ses taux de rendement interne nets hors éventuels frais de distribution, et l'AMF précise que les niveaux de frais qu'elle publie minorent les frais effectivement prélevés en pratique. Le régulateur mesure par ailleurs un coût économique total médian de 2,1 % par an sur les véhicules à appel progressif contre 3,1 % sur ceux à appel unique, pour des rendements médians respectifs de 7,5 % et 2,7 % (étude de janvier 2025). Les frais courants moyens de l'ensemble des organismes de placement collectif français ressortent, eux, à 1,06 % en 2025 contre 1,16 % l'année précédente (lettre de l'Observatoire de l'épargne de l'AMF, avril 2026).

Une question de méthode reste tranchée par la recherche. Fang, Ivashina et Lerner avaient conclu en 2015 à une sélection adverse, les sociétés de gestion réservant leurs meilleurs dossiers à leurs fonds. Braun, Jenkinson et Schemmerl, sur une base près de huit fois plus large, ne retrouvent aucune trace de ce phénomène : les distributions de PME brut des co-investissements et des autres participations des mêmes fonds sont statistiquement identiques, avec des moyennes de 1,76 et 1,70 et des médianes de 1,16 et 1,13. Le débat s'est donc déplacé du choix des dossiers vers la construction du programme et vers son coût.

L'analyse conduite par France Épargne restitue ces repères sur le dossier réel. Le conseiller positionne le programme proposé par rapport aux médianes simulées publiées pour sa stratégie, mesure la surcouche du véhicule d'accès et rapporte le tout à votre capacité d'immobilisation. Aucune performance n'est projetée : les figures citées décrivent une base historique de 1 016 opérations et ne préjugent pas du résultat d'un millésime donné.

Médiane simulée selon le nombre de participations

Portefeuille de fonds équivalentProgramme sans frais
1,51,31,01510203050
Source : Braun, Jenkinson et Schemmerl, Journal of Financial Economics, avril 2020, table 8, panel A, capital transmission, médianes nettes de frais
Progression des encours mondiaux de co-investissement et part des investisseurs institutionnels encore non exposés
Environ 240 milliards de dollars d'encours mondiaux, multipliés par trois en cinq ans, quand près de deux tiers des institutionnels n'ont aucune exposition. Source : Goldman Sachs, quatrième trimestre 2023.

Concentration, blocage et fiscalité : le cadre juridique du ticket

Le risque premier d'un co-investissement est la concentration, et il se mesure. Chaque ticket expose le capital engagé à une entreprise unique, sans dilution par un portefeuille. Braun, Jenkinson et Schemmerl situent le quartile inférieur des 365 participations de capital transmission de leur base à 0,26 de PME brut, contre 2,45 au quartile supérieur et 8,43 au quatre-vingt-dix-neuvième centile. Un écart de cette ampleur signifie qu'une participation sur quatre restitue moins du tiers de ce qu'aurait produit un indice actions sur la même période. Un fonds absorbe cette dispersion par le nombre ; un ticket isolé la subit intégralement.

L'illiquidité constitue la deuxième contrainte, et elle est contractuelle. Le cycle complet, de l'appel de capital à la distribution du produit de cession, s'étend sur une dizaine d'années. Le porteur de parts d'un FCPR ne dispose d'aucun droit au rachat opposable pendant la période de blocage : l'article L214-28 du code monétaire et financier autorise le règlement du fonds à prévoir une durée durant laquelle les rachats ne peuvent être demandés. La durée retenue figure au règlement, que le conseiller relève avant l'engagement. Sur un véhicule support de co-investissement, la sortie intervient à la cession de la participation, décidée par la société de gestion.

Le calendrier de trésorerie diffère de celui d'un fonds classique. Le capital d'un co-investissement est appelé en une fois à la réalisation de l'opération, ce qui raccourcit la courbe en J mais concentre l'effort de trésorerie sur une date unique (source : Goldman Sachs, quatrième trimestre 2023). Des appels complémentaires restent possibles lorsque la participation nécessite un financement additionnel pour une acquisition de croissance externe ou pour une restructuration de sa dette. Un co-investisseur qui ne suit pas ces tours subit une dilution mécanique, sauf droit préférentiel de souscription négocié au pacte.

Les droits attachés au ticket se négocient avant l'entrée. Le co-investisseur recherche un droit de sortie conjointe qui lui permet de céder aux mêmes conditions et à la même date que le fonds principal, un droit de suite en cas de cession forcée, et un droit préférentiel de souscription sur les tours ultérieurs. Goldman Sachs recommande également de vérifier que la société de gestion conserve dans son fonds une exposition au moins égale à sa taille de position habituelle, faute de quoi le partage du dossier traduit un transfert de risque plutôt qu'une conviction.

La fiscalité française dépend du véhicule et de l'enveloppe. En détention directe, les produits et plus-values supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, avec option possible pour le barème progressif. L'article 163 quinquies B du code général des impôts exonère d'impôt sur le revenu les produits et plus-values d'un FCPR fiscal détenu au moins cinq ans, à la condition que le fonds respecte son quota de 50 % de titres non cotés ; les prélèvements sociaux restent dus. En unité de compte d'assurance vie, la fiscalité de sortie obéit au régime du contrat, avec l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple après huit ans de détention.

Le cadre réglementaire de la commercialisation encadre l'entrée. Le FPCI est réservé aux investisseurs professionnels et assimilés, la souscription minimale de 100 000 euros de l'article 423-49 du règlement général de l'AMF constituant le critère qui qualifie l'investisseur averti. Toute souscription reste soumise au test d'adéquation prévu par la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers, qui confronte le produit à la connaissance, à l'expérience, à la situation financière et aux objectifs du souscripteur. Le décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 a par ailleurs resserré les catégories d'actifs référençables en unité de compte, ce qui impose de vérifier la disponibilité du support dans le contrat visé.

Les frais résiduels constituent le dernier poste de vigilance, et ils sont documentés. Torys LLP énumère, sur des tickets pourtant présentés sans commission ni intéressement, des frais d'organisation et de fonctionnement du véhicule plafonnés ou non, des frais administratifs de 50 000 à 150 000 dollars par an ou de 0,02 % à 0,10 % du capital, une quote-part des dossiers avortés présente dans environ 20 % des opérations suivies, des honoraires de suivi de 1 % à 2 % de l'engagement, des frais de transaction de 0,5 % à 3 % de la valeur d'entreprise, et des honoraires de fusion acquisition, de financement et de sortie assis sur la valeur d'entreprise ou sur le produit brut de cession.

France Épargne conduit cette instruction avant la signature du bulletin. Le conseiller relit le prospectus et le document d'informations clés, relève le quota et la politique d'investissement, reconstitue les frais des deux étages, examine le pacte pour les droits de sortie et de souscription, vérifie l'agrément du gestionnaire, puis fixe avec vous la part du patrimoine financier compatible avec une immobilisation de huit à douze ans. Le capital investi dans ces véhicules reste exposé à une perte partielle ou totale.

Questions fréquentes sur les programmes de co-investissement

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La première question posée à un client qui arrive avec un dossier de co-investissement porte sur le compte de lignes que le programme financera, avant même l'examen de la société cible. La recherche établit que 35 % seulement des participations d'un fonds de capital transmission dépassent le PME de ce fonds, et que la médiane simulée d'un programme de dix lignes atteint 1,63 contre 1,16 pour une ligne isolée. La seconde question porte sur les postes de frais que la mention sans frais ne couvre pas.

Emmanuel d'IbelinConseiller en Gestion de Patrimoine, France Épargne

À qui s'adresse ce type de montage ?

Le co-investissement s'adresse à des patrimoines déjà structurés, disposant d'une poche longue et d'une réserve de court terme distincte. La souscription minimale de 100 000 euros de l'article 423-49 du règlement général de l'AMF pour un FPCI, la durée de blocage d'une dizaine d'années et la dispersion des résultats individuels dessinent un profil précis : un investisseur pour qui l'immobilisation d'une fraction du patrimoine financier ne modifie ni le train de vie ni les projets à cinq ans. Cinq situations reviennent régulièrement dans les dossiers instruits par France Épargne.

Le chef d'entreprise qui vient de céder sa société arrive avec un produit de cession disponible en une fois, une fiscalité de l'année déjà arbitrée et une connaissance directe du fonctionnement d'une entreprise non cotée. Il comprend la thèse d'un dossier de capital transmission mieux que la plupart des souscripteurs, et cette familiarité crée précisément le risque : la tentation d'un ticket unique sur un secteur qu'il connaît. L'étude rappelle alors la médiane de 1,16 mesurée sur un co-investissement isolé de capital transmission, contre 1,63 pour un programme de dix participations en l'absence de frais (Braun, Jenkinson et Schemmerl, 2020). Le mécanisme de report d'imposition de l'article 150-0 B ter du code général des impôts, lorsqu'il s'applique, oriente par ailleurs le choix vers des véhicules éligibles au remploi.

Le dirigeant salarié rémunéré en partie sous forme variable alimente une poche longue par tranches annuelles. Son besoin diffère : il ne cherche pas à placer une somme unique mais à construire un programme sur plusieurs millésimes, ce qui correspond exactement à la logique d'accumulation démontrée par la recherche. Un engagement fractionné sur trois ou quatre années successives, réparti entre plusieurs sociétés de gestion, atteint la vingtaine de participations sans concentration de millésime. La contrainte principale porte sur la disponibilité de la trésorerie aux dates d'appel, puisque le capital d'un ticket de co-investissement est exigible en une fois.

Le détenteur d'un contrat d'assurance vie de plus de huit ans dispose du meilleur point d'entrée fiscal. L'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple s'applique aux produits rachetés, et la loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l'industrie verte a élargi l'offre de supports non cotés référencés dans les contrats en gestion pilotée. Sa poche d'unités de compte reste toutefois souvent concentrée sur les marchés cotés. Le travail consiste à vérifier quels véhicules non cotés sont réellement référencés dans son contrat, sachant que le décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 a resserré les catégories référençables, avant d'envisager l'ouverture d'un nouveau contrat.

La profession libérale qui prépare sa retraite dispose d'un horizon aligné sur la durée de vie de ces véhicules. Le plan d'épargne retraite bloque l'épargne jusqu'à la liquidation des droits, sous réserve des cas de déblocage anticipé, ce qui neutralise la principale objection à l'illiquidité : le capital était de toute façon indisponible. Les versements volontaires déduits du revenu imposable dans la limite du plafond annuel produisent en outre un effet de levier à l'entrée. La loi relative à l'industrie verte impose de 6 % à 15 % d'actifs non cotés selon le profil de gestion pilotée retenu, l'obligation s'étendant aux plans collectifs au 30 juin 2026.

L'investisseur déjà présent en FCPR ou en fonds professionnel cherche à diversifier ses millésimes et ses équipes. Son portefeuille comporte souvent deux ou trois véhicules souscrits la même année auprès de la même société de gestion, ce qui concentre le risque de millésime alors même que le total de lignes semble suffisant. France Invest et EY mesurent des multiples par quartile de 0,9 à 2,3 fois le capital appelé sur le capital investissement français, le quartile supérieur ressortant à 23,5 % de taux de rendement interne net moyen (étude de juillet 2025, arrêtée à fin 2024), un écart qui justifie de répartir les engagements entre plusieurs gestionnaires plutôt que de renforcer une relation existante.

Le profil qui ne convient pas se reconnaît à trois signes. Une réserve de précaution insuffisante en dehors du véhicule, un projet identifié à moins de huit ans qui mobiliserait les sommes engagées, ou l'intention de ne réaliser qu'un seul ticket dans l'espoir d'un dossier exceptionnel : chacun de ces trois cas conduit France Épargne à recommander une autre voie d'accès au non coté, fonds classique diversifié ou véhicule à liquidité périodique, plutôt qu'un programme de co-investissement.

L'entretien de cadrage fixe ces paramètres avant toute présentation de dossier. Le conseiller établit la part du patrimoine financier mobilisable sur huit à douze ans, le total de lignes visé et le rythme d'engagement sur plusieurs millésimes, puis l'enveloppe de détention adaptée à votre fiscalité. La recommandation est écrite, et un conseiller répond sous 6h les jours ouvrés, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Profils d'investisseurs accompagnés sur un programme de co-investissement, du dirigeant cédant à la profession libérale
Cinq situations reviennent régulièrement : cession d'entreprise, rémunération variable, contrat d'assurance vie mature, préparation de la retraite et diversification de millésimes.

Parlons de votre allocation en actifs non cotés

Un conseiller France Épargne conduit le bilan patrimonial, instruit le véhicule visé et vous remet une recommandation écrite avant toute signature. Réponse sous 6h les jours ouvrés, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Parler à un conseiller

Faites compter les lignes avant de signer le bulletin

Un conseiller France Épargne qualifie le véhicule proposé, recoupe la fourchette de participations avec les millésimes antérieurs de l'équipe, reconstitue le barème honoraires de suivi compris, contrôle l'agrément du gestionnaire, relève les droits de sortie au pacte et arbitre entre souscription directe, assurance vie et plan d'épargne retraite. Réponse sous 6h les jours ouvrés, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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