Investissement · capital investissement

FCPR : Sélection du Fonds et Souscription Accompagnée

Vingt-cinq points de TRI annuel séparent les quartiles extrêmes

L'article 163 quinquies B du code général des impôts exonère d'impôt sur le revenu les gains d'un FCPR conservé cinq ans. Cette exonération neutralise 12,8 points de fiscalité. Sur les 1 417 fonds analysés par France Invest et EY à fin 2025, l'écart de TRI net entre le quartile supérieur et le quartile inférieur atteint vingt-cinq points par an. Quatre mécanismes expliquent cette hiérarchie.

A

Une exonération partielle par construction

Le régime de faveur ne touche que la composante d'impôt sur le revenu du prélèvement forfaitaire unique. Les contributions sociales, portées à 18,6 % par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, restent dues sur la totalité du gain.

B

Une dispersion de 0,9x à 2,3x

Répartis par appels de fonds, les résultats depuis l'origine vont d'un multiple de 0,9x pour le quartile inférieur à 2,3x pour le quartile supérieur, soit un TRI net annuel de moins 2,2 % à 22,9 % (France Invest et EY, juin 2026).

C

Un métier qui décale toute la distribution

Le capital-transmission délivre 13,3 % nets par an depuis l'origine sur 528 fonds, le venture et growth 5,6 % sur 375 fonds. Le métier visé par le règlement du fonds déplace la médiane et l'amplitude de la dispersion autour d'elle.

D

Trois couches de frais à reconstituer

L'AMF impose au document d'information de détailler les frais de constitution, les frais de fonctionnement et de gestion plafonnés par le règlement, et les frais indirects sur les fonds sous-jacents. Le carried interest de l'équipe s'y ajoute au-delà du taux de rendement prioritaire.

Fonctionnement

Comment nous instruisons votre dossier

01

Capacité de blocage

Inventaire de vos actifs, de vos revenus et de vos échéances connues. L'article L214-28 du code monétaire et financier autorise le fonds à refuser tout rachat quinze ans durant. Le montant que cette contrainte laisse disponible fixe le plafond de la poche.

02

Positionnement des gérants

Chaque société de gestion accessible en distribution est située dans la dispersion publiée par France Invest, segment par segment et millésime par millésime, avec le niveau de DPI atteint à durée comparable.

03

Lecture du règlement et des frais

Droits d'entrée, frais de gestion plafonnés, frais indirects, carried interest et taux de rendement prioritaire sont reconstitués sur l'horizon annoncé, puis rapportés au capital engagé.

04

Enveloppe et souscription

Arbitrage entre souscription directe sous engagement de conservation, unité de compte d'assurance vie et plan d'épargne retraite. Nous montons le dossier et transmettons les bulletins.

05

Suivi jusqu'au terme

Surveillance des appels de fonds, réinvestissement immédiat des distributions pendant les cinq ans de conservation, lecture annuelle du DPI et du RVPI, préparation de la sortie ou de la prorogation.

Comparatif

Ce que change une étude préalable

CritèreSans étudeAvec un conseiller France Épargne
Choix du fondsLe véhicule proposé par le distributeur est retenuLes gérants accessibles sont classés dans la dispersion publiée
Frais supportésLe taux affiché en première page fait foiDroits d'entrée, frais indirects et carried interest reconstitués sur l'horizon
Montant engagéFixé par le ticket minimal du fondsPlafonné par votre capacité réelle de blocage sur dix ans
Engagement de conservationSigné sans suivi des distributionsFormalisé, chaque répartition étant réinvestie dans le délai de cinq ans
Seuil familial de 25 %Rarement vérifié avant la souscriptionContrôlé pour le porteur, son conjoint, ses ascendants et descendants
Répartition dans le tempsUn millésime uniqueEngagement réparti sur trois à cinq millésimes consécutifs
Pour qui

À qui s'adresse cet accompagnement

Dirigeants après cession, disposant d'un capital disponible d'un coup et imposés à la tranche marginale la plus élevée l'année de l'opération.
Cadres en constitution de patrimoine, dont l'horizon dépasse quinze ans et qui construisent leur poche non cotée par versements successifs.
Professions libérales et chefs d'entreprise en activité, pour lesquels le calendrier des appels de fonds compte autant que le montant engagé.
Familles organisant une transmission, qui utilisent la durée longue du véhicule et la donation démembrée des parts.
Épargnants déjà exposés en gestion pilotée, les textes d'application de la loi Industrie verte imposant 4 % de non coté sur un profil équilibré et 8 % sur un profil dynamique.
★★★★★

« J'ai investi 80 000 euros après la vente de ma société, sur un fonds que ma banque me présentait comme fiscalement imbattable. L'étude a montré que l'exonération représentait quelques milliers d'euros quand le choix de l'équipe en valait plusieurs dizaines de milliers. Nous avons réparti la somme sur deux gérants et trois millésimes. »

Thierry M. · Ancien dirigeant, Haute-Garonne
Questions

Questions sur l'accompagnement

Avant la fermeture de la période de souscription du fonds visé, car le montant engagé n'est plus modifiable ensuite. Un délai de trois à quatre semaines permet de positionner les gérants candidats, de reconstituer les frais et d'arrêter l'enveloppe.

Non. Nous instruisons les sociétés de gestion accessibles en distribution sur le segment retenu, puis présentons celles dont les millésimes antérieurs se situent dans la moitié haute de la dispersion France Invest, avec le niveau de DPI atteint à durée comparable.

Le positionnement de chaque gérant candidat, la reconstitution des frais sur l'horizon annoncé, le calendrier prévisionnel des appels rapporté à votre trésorerie, l'arbitrage d'enveloppe et le montant maximal compatible avec votre capacité de blocage.

La répartition sur trois à cinq millésimes consécutifs limite l'exposition à un millésime déployé au mauvais moment du cycle. Les cessions ont reculé à 1 232 opérations en 2025 selon France Invest, ce qui allonge la détention des portefeuilles récents.

Oui. Chaque appel de fonds et chaque répartition sont surveillés, les distributions reçues pendant les cinq ans de conservation sont réinvesties dans le délai requis, et le DPI est relu à chaque exercice jusqu'au terme du véhicule.

Un conseiller France Épargne revient vers vous sous 6h les jours ouvrés, du lundi au vendredi de 9h à 19h. Le premier échange établit votre capacité de blocage, votre horizon et le segment adapté à votre situation.

Pour aller plus loin

Un fonds à moitié non coté, bloqué jusqu'à quinze ans

Un FCPR (fonds commun de placement à risques) est un véhicule collectif dont l'actif est constitué, pour 50 % au moins, de titres de sociétés qui ne sont pas admises aux négociations sur un marché d'instruments financiers, selon l'article L214-28 du code monétaire et financier. Le souscripteur achète des parts ; une société de gestion agréée par l'AMF (Autorité des marchés financiers) choisit les entreprises, les accompagne plusieurs exercices, puis organise leur cession. Le produit des ventes revient aux porteurs. Le même article ferme la porte de sortie dans les termes suivants : « Les porteurs de parts ne peuvent demander le rachat de celles-ci avant l'expiration d'une période qui ne peut excéder quinze ans. » La contrepartie de ce verrou est un régime fiscal dédié. L'article 163 quinquies B du CGI (code général des impôts) exonère d'impôt sur le revenu les produits distribués et les gains de cession, sous réserve d'un engagement de conservation de cinq ans au minimum et du réinvestissement immédiat de toute somme répartie pendant cette période.

Le quota de 50 % structure tout le reste. Le texte impose qu'il soit « respecté au plus tard lors de l'inventaire de clôture de l'exercice suivant l'exercice de la constitution du fonds », ce qui explique le rythme d'un véhicule de capital-investissement : une période de souscription ouverte quelques mois, puis un déploiement progressif du capital au fil des opérations. La moitié restante de l'actif accueille de la trésorerie, des obligations ou des titres cotés, ce qui donne à la société de gestion la souplesse nécessaire pour honorer ses frais et attendre les bonnes fenêtres d'acquisition.

Quatre métiers cohabitent sous la même enveloppe juridique et ne produisent pas les mêmes résultats. Le capital-transmission finance le rachat de sociétés matures, souvent avec effet de levier bancaire : il affiche un TRI net de 13,3 % par an depuis l'origine et un multiple de 1,61x à fin 2025, sur 528 fonds analysés par France Invest avec EY. Le capital-développement accompagne la croissance d'entreprises déjà rentables et ressort à 8,0 % pour un multiple de 1,35x. Le venture et growth, qui finance les jeunes sociétés technologiques, affiche 5,6 % et 1,30x sur 375 fonds. L'infrastructure, qui porte réseaux, énergies renouvelables et équipements, atteint 10,7 % pour 1,36x. Le segment retenu explique à lui seul 7,7 points de TRI annuel entre le capital-transmission et le venture.

Le FCPR se distingue de ses cousins fiscaux par ce qu'il n'exige pas. Le FCPI (fonds commun de placement dans l'innovation) et le FIP (fonds d'investissement de proximité) ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu à l'entrée, en échange de contraintes de portefeuille bien plus serrées, sur des cibles innovantes ou régionales. Le FCPR ne donne aucune réduction à la souscription. Son levier fiscal joue à la sortie, sur la totalité du gain, et son univers d'investissement reste ouvert à toute société non cotée éligible. Le FPCI (fonds professionnel de capital investissement) applique la même logique de quota mais réserve l'accès aux investisseurs avertis, avec un ticket d'entrée qui démarre généralement à 100 000 euros.

Deux formats coexistent aujourd'hui sur le marché de la distribution. Le fonds fermé classique ouvre une fenêtre de souscription, appelle le capital, puis distribue au fil des cessions sur une durée de vie que l'AMF décrit comme allant « en principe jusqu'à 10 ans ». Le fonds dit evergreen reste ouvert en permanence, publie une valeur liquidative mensuelle et organise des rachats trimestriels, généralement plafonnés autour de 5 % de l'actif net par trimestre. Le second format a ouvert le capital-investissement aux tickets de quelques milliers d'euros, notamment via les unités de compte d'assurance vie et de plan d'épargne retraite. Ce format organise la sortie par une file d'attente trimestrielle plafonnée, sans lever l'illiquidité du sous-jacent.

L'accès s'est élargi par trois portes distinctes. La souscription en direct auprès de la société de gestion reste la voie historique, avec un bulletin nominatif, un engagement de conservation et une fiscalité propre au porteur. Le contrat d'assurance vie et le plan d'épargne retraite ouvrent la deuxième porte, sous forme d'unités de compte adossées à des fonds evergreen, avec des tickets abaissés et la fiscalité de l'enveloppe qui se substitue au régime de droit commun. La troisième porte est le label européen ELTIF (fonds européen d'investissement de long terme), auquel l'article L214-28 renvoie expressément par référence au règlement (UE) 2015/760 : un fonds agréé sous cette dénomination applique le quota d'investissement dans les conditions prévues par ce texte et bénéficie d'un passeport de distribution dans toute l'Union européenne. Le choix de la porte modifie le ticket minimal, la fiscalité de sortie et le calendrier de retour du capital. Le sous-jacent et son degré d'illiquidité restent identiques d'une porte à l'autre.

La question qui décide du résultat n'est pas la catégorie juridique mais l'équipe de gestion. Sur 1 417 fonds analysés depuis 1987, le quartile supérieur rend en moyenne 22,9 % nets par an pour un multiple de 2,3x, quand le quartile inférieur ressort à moins 2,2 % et 0,9x, soit une destruction de capital (source : France Invest et EY, juin 2026). Un écart de vingt-cinq points sépare les deux extrêmes de la même classe d'actifs. France Épargne construit sa recommandation à partir de cette dispersion : historique du gérant sur des millésimes comparables, cohérence entre la thèse annoncée et les opérations réalisées, niveau réel des frais, calendrier de retour du capital. Ces quatre critères forment la grille remise avant toute souscription.

Schéma illustré du partage de l'actif d'un fonds entre titres non cotés et poche de trésorerie
Le quota minimal de 50 % de titres non cotés est fixé par l'article L214-28 du code monétaire et financier.

Sélection sur la dispersion réelle

Le quartile supérieur des fonds français rend 22,9 % nets par an contre moins 2,2 % pour le quartile inférieur (France Invest et EY, juin 2026). Nous positionnons chaque gérant candidat dans cette distribution avant de vous le présenter.

Chiffrage des frais du règlement

L'AMF impose au document d'information de détailler frais de constitution, frais de fonctionnement et de gestion plafonnés, et frais de gestion indirects. Nous reconstituons la charge totale sur l'horizon annoncé, taux de première page et frais indirects compris.

Sécurisation du régime de faveur

L'exonération de l'article 163 quinquies B suppose un engagement de conservation de cinq ans et le réinvestissement immédiat des distributions. Nous formalisons l'engagement et surveillons chaque répartition pour éviter la déchéance du régime.

Arbitrage de l'enveloppe

Souscription en direct, contrat d'assurance vie ou plan d'épargne retraite : le choix change la fiscalité de sortie, le traitement successoral et la liquidité pratique. Nous comparons les trois voies sur votre situation avant de retenir la bonne.

Calendrier des appels et des distributions

Le capital d'un fonds fermé est appelé par fractions sur plusieurs exercices. Nous établissons le plan de trésorerie correspondant pour que les appels ne tombent jamais sur une échéance déjà engagée ailleurs.

Contrôle du seuil familial de 25 %

Le porteur, son conjoint, ses ascendants et descendants ne doivent pas détenir ensemble plus de 25 % des droits dans les bénéfices des sociétés du portefeuille. Ce point est vérifié pour les dirigeants et les familles actionnaires.

Dosage dans l'allocation globale

Le capital-investissement français a surperformé le CAC 40 Gross de 1,2 point par an sur dix ans selon la méthode PME (10,7 % contre 9,5 %). Ce différentiel se paie en liquidité, ce qui fixe une limite à la part logeable dans un patrimoine donné.

Situez votre souscription dans la distribution des gérants

Un outil France Épargne rapproche le multiple médian et le multiple du quartile supérieur de votre montant, à partir des données France Invest et EY publiées en juin 2026.

Mesurer le poids de la sélection

Du quota de 50 % au retour effectif du capital

La vie d'un fonds fermé se lit en trois temps, et chacun appelle une décision de votre part. Le premier temps est la période de souscription, ouverte quelques mois par le règlement du fonds. Le guide pédagogique de l'AMF le formule ainsi : en dehors de ces périodes, il est impossible de souscrire des parts. Le montant que vous engagez est arrêté à ce moment, sans possibilité d'ajustement ultérieur sur le même millésime. Le deuxième temps est l'investissement : la société de gestion appelle le capital par fractions successives, au rythme des opérations qu'elle signe, et doit atteindre le quota de 50 % de titres non cotés au plus tard à l'inventaire de clôture de l'exercice suivant celui de la constitution. Le troisième temps est le désinvestissement, où les cessions de participations alimentent les distributions aux porteurs.

Ce calendrier produit la courbe en J, familière aux investisseurs institutionnels et rarement expliquée aux particuliers. Sur les premiers exercices, les frais de constitution et de gestion sont prélevés alors que les participations n'ont pas encore créé de valeur : la valeur liquidative recule. La remontée s'opère lorsque les entreprises du portefeuille progressent et que les premières cessions interviennent. L'étude de référence de la profession illustre le mécanisme sur un cas théorique : une même série de flux produit un TRI de 13,05 % et un multiple de 2,1x, alors que le versement de la totalité du capital dès la première année ramènerait le TRI à 10,6 % pour le même multiple. Le rythme des appels de fonds pèse donc autant que la qualité des opérations.

Deux indicateurs suivent cette mécanique et méritent d'être lus ensemble. Le DPI (distribution to paid-in) mesure la part du capital appelé déjà rendue en numéraire ; il atteint 0,77x depuis l'origine sur l'échantillon France Invest à fin 2025. Le RVPI (residual value to paid-in) mesure la valeur qui reste dans le portefeuille et pas encore encaissée ; il ressort à 0,71x. Leur somme forme le TVPI, le multiple global, à 1,48x. Un fonds affichant un multiple flatteur mais un DPI proche de zéro n'a encore rendu presque aucun euro. La distinction change la lecture d'un reporting, et elle change la trésorerie du souscripteur.

Le format evergreen déplace le curseur sans le supprimer. Ces véhicules restent ouverts à la souscription, publient une valeur liquidative mensuelle et organisent des rachats trimestriels. Le règlement prévoit à peu près systématiquement un plafond, souvent voisin de 5 % de l'actif net par trimestre, activé lorsque les demandes dépassent la capacité du fonds. Un tel mécanisme fonctionne tant que les flux entrants équilibrent les sorties. Il se déclenche précisément lorsque beaucoup de porteurs veulent sortir en même temps, c'est-à-dire au moment où la liquidité serait la plus utile. Le régime de l'article L214-28 continue par ailleurs de s'appliquer : la période durant laquelle le rachat peut être refusé va jusqu'à quinze ans.

La loi Industrie verte du 23 octobre 2023 a fait entrer cette classe d'actifs dans l'épargne de masse. Ses textes d'application, entrés en vigueur le 24 octobre 2024, imposent une part minimale d'unités de compte investies en actifs non cotés dans la gestion pilotée par défaut, aux côtés du décret n° 2024-713 du 5 juillet 2024 qui a élargi l'univers d'investissement éligible. En assurance vie, le plancher s'établit à 4 % des versements pour un profil équilibré et 8 % pour un profil dynamique, le profil prudent restant à zéro. Sur un plan d'épargne retraite, le plancher dépend de l'horizon : un profil équilibré à plus de vingt ans de la retraite se voit appliquer 8 %, un profil dynamique 12 %, un profil offensif 15 %. Les plans d'épargne retraite d'entreprise disposent d'un délai jusqu'au 30 juin 2026 pour s'aligner. La gestion pilotée par défaut expose donc des épargnants au non coté sans démarche de leur part.

Le sort des parts en cas de décès mérite d'être anticipé dès la souscription. Les parts détenues en direct sont transmises aux héritiers, qui reprennent la position et l'engagement en cours, sans que le fonds n'organise de rachat pour la circonstance. La valeur retenue est celle communiquée par la société de gestion à la date du décès, valeur d'expertise et non prix de marché constaté. Lorsque les mêmes véhicules sont logés en unité de compte, le contrat d'assurance vie déclenche au contraire un dénouement, ce qui oblige l'assureur à valoriser puis à liquider une position peu liquide. Le décret n° 2024-539 du 12 juin 2024 lui permet dans ce cas de retenir une valeur estimative et d'appliquer une décote sur la valeur de rachat. Le choix de l'enveloppe emporte donc des conséquences bien au-delà de la fiscalité des gains, et il se décide avant la signature du bulletin.

La méthode de France Épargne part de ces contraintes plutôt que du discours commercial. Nous lisons le règlement du fonds avant la plaquette, nous reconstituons le calendrier des appels sur votre trésorerie, nous vérifions la cohérence entre la thèse annoncée et les opérations déjà réalisées par l'équipe, puis nous arbitrons entre souscription directe et logement en unités de compte. La recommandation finale porte un montant, une enveloppe, un calendrier, et la raison pour laquelle les autres candidats ont été écartés.

1

Bilan patrimonial et capacité de blocage

Inventaire de vos actifs, de vos revenus et de vos échéances connues. Nous établissons le montant qui peut rester indisponible pendant dix ans sans contrainte, ce qui fixe le plafond de la poche non cotée avant toute discussion de fonds.

2

Étude de la dispersion des gérants

Positionnement des sociétés de gestion candidates dans la distribution publiée par France Invest, par segment et par millésime. Le multiple médian et celui du quartile supérieur sont chiffrés sur votre montant, avec l'écart en euros.

3

Lecture du règlement et des frais

Reconstitution de la charge totale : droits d'entrée, frais de gestion plafonnés par le règlement, frais indirects sur les fonds sous-jacents, carried interest et taux de rendement prioritaire. Le coût est rapporté à l'horizon annoncé par le règlement.

4

Choix de l'enveloppe et souscription

Arbitrage entre souscription en direct sous engagement de conservation, unité de compte d'assurance vie et plan d'épargne retraite. Nous montons le dossier, formalisons l'engagement de cinq ans et transmettons les bulletins.

5

Suivi des appels, des distributions et de la sortie

Surveillance de chaque appel de fonds et de chaque répartition, réinvestissement immédiat des sommes distribuées pendant la période de conservation, lecture annuelle du DPI et du RVPI, préparation de la sortie ou de la prorogation.

Illustration du calendrier d'un fonds de capital investissement, des appels de fonds aux distributions
Appels de fonds progressifs puis distributions au fil des cessions : la courbe en J décrite par France Invest et EY.

Quel véhicule non coté pour quel objectif ?

FCPR fiscal en direct

  • Quota minimal de 50 % de titres non cotés (article L214-28 du code monétaire et financier)
  • Aucune réduction d'impôt à l'entrée
  • Exonération d'impôt sur le revenu à la sortie après cinq ans de conservation
  • Prélèvements sociaux de 18,6 % dus sur le gain malgré l'exonération
  • Univers d'investissement ouvert à toute société non cotée éligible

FCPR evergreen en unité de compte

  • Ticket d'entrée abaissé à quelques milliers d'euros via l'assurance vie ou le PER
  • Valeur liquidative mensuelle et rachats trimestriels prévus par le règlement
  • Plafond de rachat usuel voisin de 5 % de l'actif net par trimestre
  • Fiscalité de l'enveloppe qui se substitue au régime de l'article 163 quinquies B
  • Capital déjà déployé, courbe en J atténuée dès la souscription

FCPI et FIP

  • Réduction d'impôt sur le revenu accordée dès la souscription
  • Portefeuille contraint : sociétés innovantes pour le FCPI, périmètre régional pour le FIP
  • Quota d'investissement plus élevé que celui du FCPR
  • Durée de blocage fiscale de cinq ans identique
  • Espérance de gain historiquement inférieure à celle du capital-transmission

FPCI réservé aux investisseurs avertis

  • Ticket d'entrée démarrant généralement à 100 000 euros
  • Même logique de quota que le FCPR, avec une souplesse de gestion supérieure
  • Accès restreint aux souscripteurs répondant aux conditions réglementaires
  • Frais de gestion souvent inférieurs à ceux des véhicules ouverts au grand public
  • Reporting institutionnel, appels de fonds sur engagement

Repères chiffrés du capital-investissement français

IndicateurValeurSource
TRI net depuis l'origine (1987 à fin 2025)10,8 % par an, multiple 1,48xFrance Invest et EY, juin 2026
TRI net sur dix ans (fin 2015 à fin 2025)10,7 % par an, multiple 1,41xFrance Invest et EY, juin 2026
TRI net des fonds liquidés (millésimes 2008 et suivants)14,6 % par an, multiple 1,91xFrance Invest et EY, juin 2026
Quartile supérieur des fonds22,9 % par an, multiple 2,3xFrance Invest et EY, juin 2026
Quartile inférieur des fondsmoins 2,2 % par an, multiple 0,9xFrance Invest et EY, juin 2026
Montants levés par le marché français42,9 milliards EUR, en hausse de 10 %France Invest, étude d'activité, mars 2026
Montants investis et entreprises accompagnées36,4 milliards EUR dans 2 904 entreprises et projetsFrance Invest, étude d'activité, mars 2026
Quota minimal de titres non cotés50 % de l'actif du fondsArticle L214-28 du code monétaire et financier
Durée maximale de refus de rachatquinze ansArticle L214-28 du code monétaire et financier
Engagement de conservation ouvrant l'exonérationcinq ans à compter de la souscriptionArticle 163 quinquies B du CGI
Prélèvements sociaux sur le gain18,6 % (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, solidarité 7,5 %)Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026
Part minimale de non coté en gestion pilotée équilibrée4 % des versements en assurance vieTextes d'application de la loi Industrie verte, en vigueur depuis le 24 octobre 2024

Choisissez votre porte d'entrée vers le non coté

Fonds evergreen, fonds secondaire, souscription directe : chaque route change le ticket, le calendrier de retour du capital et la fiscalité applicable. Un conseiller France Épargne tranche avec vous.

Comparer les routes d'accès

Une moyenne de 10,8 % qui recouvre vingt-cinq points d'écart

L'étude de référence sur cette classe d'actifs est publiée chaque année par France Invest avec EY, à partir des données déclarées par les sociétés de gestion sur une plateforme européenne de collecte. La 32e édition, parue en juin 2026, analyse 1 417 fonds dont les plus anciens remontent à 1987, et ses répondants représentent 88 % des levées de l'exercice 2025. À fin 2025, le TRI net ressort à 10,8 % par an depuis l'origine pour un multiple de 1,48x, à 10,7 % sur dix ans pour 1,41x, et à 9,2 % sur cinq ans pour 1,28x. Les fonds déjà liquidés des millésimes 2008 et suivants affichent 14,6 % par an et un multiple de 1,91x. Ces chiffres décrivent des résultats constatés après frais de gestion sur des millésimes achevés ou en cours.

La comparaison avec les marchés cotés se fait selon la méthode PME, qui reconstitue ce qu'auraient donné les mêmes flux investis dans un indice à dividendes réinvestis. Sur dix ans, le capital-investissement français ressort à 10,7 %, contre 9,5 % pour le CAC 40 Gross, 9,5 % pour le MSCI Europe Gross, 8,9 % pour le CAC All-Tradable Gross et 7,5 % pour le MSCI Europe Small Caps Gross. L'écart se creuse face aux petites valeurs françaises, à 5,5 % pour le CAC Mid&Small Gross, à l'immobilier d'entreprise mesuré par l'indice EDHEC IEIF à 3,3 %, et à la gestion alternative à 3,5 %. Cette prime de 1,2 point annuel face au CAC 40 Gross se paie en années d'indisponibilité.

La moyenne masque toutefois l'essentiel. Répartis par appels de fonds, les 214 milliards d'euros appelés depuis l'origine se distribuent ainsi : le quartile inférieur ressort à moins 2,2 % par an pour un multiple de 0,9x, le deuxième quartile à 6,9 %, le troisième à 12,1 %, et le quartile supérieur à 22,9 % pour un multiple de 2,3x. Autrement dit, un souscripteur du quartile inférieur récupère 90 centimes par euro appelé quand un souscripteur du quartile supérieur en récupère 2,30 euros. L'étude précise que 75 % des capitaux appelés réalisent tout de même un TRI supérieur à 4,1 % et un multiple supérieur à 1,1x. La dispersion mesurée par nombre de véhicules est encore plus large, de moins 6,7 % à 23,1 %.

Cet écart de vingt-cinq points fixe la hiérarchie des décisions. L'exonération d'impôt sur le revenu de l'article 163 quinquies B vaut 12,8 % du gain, puisqu'elle neutralise la seule composante fiscale du prélèvement forfaitaire unique et laisse subsister les 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur un fonds médian rendant 1,5x, une souscription de 50 000 euros produit un gain de 25 000 euros et une économie d'impôt de 3 200 euros. Le passage d'un fonds médian à un fonds de quartile supérieur sur le même segment, de 1,5x à 2,3x, ajoute 40 000 euros bruts et 32 560 euros après contributions sociales. La sélection du gérant pèse ici dix fois le régime de faveur. Ce rapport reste stable quel que soit le montant engagé et se déforme selon le segment retenu.

Les segments justement ne se valent pas. Le capital-transmission concentre 110 679 millions d'euros appelés et délivre 13,3 % par an depuis l'origine ; l'infrastructure suit à 10,7 % ; le capital-développement à 8,0 % ; le venture et growth ferme la marche à 5,6 % pour un multiple de 1,30x. La logique se comprend : racheter une société rentable avec un levier bancaire produit un résultat plus régulier que financer une jeune pousse technologique. Le capital-risque tire sa justification de sa queue de distribution : son quartile supérieur atteint 19,2 % par an quand sa médiane plafonne à 3,7 %. Un souscripteur qui vise la régularité et un souscripteur qui vise l'exposition à l'innovation ne devraient pas retenir le même véhicule.

La taille des poches et leur millésime pèsent également, ce que l'étude documente segment par segment. Les 214 milliards d'euros appelés depuis l'origine se répartissent très inégalement : 110 679 millions sur le capital-transmission, 33 784 millions sur l'infrastructure, 32 325 millions sur le venture et growth, 24 267 millions sur le capital-développement et 13 052 millions sur les véhicules mixtes. Un particulier se voit rarement proposer les fonds institutionnels qui concentrent ces montants, et l'univers accessible en distribution ne recoupe qu'une partie de l'échantillon analysé. Rapprocher la performance publiée du marché de celle des véhicules réellement souscriptibles constitue donc une étape à part entière de la sélection, distincte de la lecture du palmarès. Un gérant absent des réseaux de distribution reste inaccessible au souscripteur particulier.

Le marché lui-même reste actif. En 2025, les acteurs français ont levé 42,9 milliards d'euros, en hausse de 10 %, investi 36,4 milliards dans 2 904 entreprises et projets d'infrastructure, et cédé pour 14,0 milliards au coût historique sur 1 232 opérations (source : France Invest, mars 2026). Le recul du nombre de cessions allonge mécaniquement la durée de détention des portefeuilles en cours, ce qui pèse sur le DPI des millésimes récents. France Épargne intègre ce paramètre dans chaque recommandation : un fonds performant qui ne distribue pas encore reste un actif immobilisé, et le plan de trésorerie du souscripteur doit en tenir compte.

Performance nette sur dix ans par classe d'actifs

Performance nette annuelle sur dix ans (en %)
+10,7+9,5+9,5+8,9+7,5+5,5+3,5+3,3Capital-investissementCAC 40 GrossMSCI EuropeGrossCACAll-TradableMSCI EuropeSmall CapsCAC Mid&SmallHedge fundsImmobilierd'entreprise
Source : France Invest et EY, performance nette du capital-investissement français à fin 2025, méthode PME, juin 2026
Illustration de la dispersion des performances entre sociétés de gestion du capital investissement français
Du quartile inférieur à moins 2,2 % au quartile supérieur à 22,9 % : la dispersion mesurée sur 1 417 fonds.

Blocage, perte en capital et fiscalité conditionnelle

Le premier risque est l'indisponibilité, et sa durée maximale figure dans la loi. L'article L214-28 du code monétaire et financier autorise le règlement du fonds à refuser tout rachat pendant une période pouvant atteindre quinze ans. Le guide pédagogique de l'AMF est plus direct encore : il est en pratique impossible d'obtenir le rachat de ses parts pendant la durée de vie du fonds, laquelle va en principe jusqu'à dix ans, et cette impossibilité demeure même au-delà du délai fiscal de cinq ans. Beaucoup de souscripteurs confondent les deux durées. Le délai de cinq ans conditionne la seule exonération d'impôt et n'emporte aucun droit de sortie. Une prorogation d'un ou deux exercices, prévue par la plupart des règlements, allonge encore l'attente lorsque le marché des cessions se referme.

Le deuxième risque est la perte en capital. Le quartile inférieur des fonds recensés par France Invest affiche un multiple de 0,9x depuis l'origine, soit dix centimes perdus par euro appelé, sur un échantillon de 1 417 véhicules à fin 2025. Le venture et growth descend à 0,7x pour son quartile le plus faible. Les sociétés financées sont non cotées, souvent endettées dans le cas du capital-transmission, et la défaillance de plusieurs participations d'un même millésime n'a rien d'exceptionnel. L'AMF recommande d'ailleurs aux investisseurs non professionnels de limiter cette classe d'actifs à une fraction modérée de leur patrimoine.

Le troisième risque est la déchéance du régime fiscal, et il tient à des conditions que le souscripteur maîtrise. L'article 163 quinquies B du CGI subordonne l'exonération à trois obligations cumulatives. La première est l'engagement de conserver les parts cinq ans au moins à compter de la souscription. La deuxième est formulée ainsi : « Les sommes ou valeurs réparties doivent être immédiatement réinvesties dans le fonds et demeurer indisponibles pendant la période visée au premier alinéa du I. » Une distribution encaissée au lieu d'être réinvestie fait tomber le bénéfice du régime. La troisième interdit au porteur, à son conjoint, à leurs ascendants et à leurs descendants de détenir ensemble, directement ou indirectement, plus de 25 % des droits dans les bénéfices des sociétés du portefeuille. Ce plafond concerne au premier chef les dirigeants qui souscrivent à un fonds investi dans leur propre secteur.

La quatrième contrainte est fiscale et souvent sous-estimée. L'exonération porte sur le seul impôt sur le revenu. Les contributions sociales restent dues en totalité. Depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, celles-ci atteignent 18,6 % sur les revenus du capital soumis au prélèvement forfaitaire unique, la CSG passant de 9,2 % à 10,6 %, aux côtés de la CRDS à 0,5 % et du prélèvement de solidarité à 7,5 %. Un souscripteur pleinement exonéré d'impôt sur le revenu acquitte donc 18,6 % de son gain, contre 31,4 % pour un placement financier taxé au taux forfaitaire. L'avantage réel se chiffre donc à 12,8 points du gain.

Le cinquième point porte sur les frais, que l'AMF impose de détailler dans le document d'information : frais liés à la constitution du fonds, frais de fonctionnement et de gestion prélevés dans la limite d'un plafond fixé par le règlement, frais de gestion indirects lorsque le fonds investit dans d'autres fonds. Le modèle dominant du métier, dit 2/20/8, ajoute un carried interest de l'ordre de 20 % de la surperformance, servi à l'équipe de gestion une fois qu'un taux de rendement prioritaire proche de 8 % par an a été versé aux souscripteurs. Sur les véhicules ouverts au grand public, les documents relevés font apparaître des droits d'entrée de 0 à 5 % et des frais annuels de 1,5 à 3 %. Sur dix exercices, l'ordre de grandeur cumulé dépasse fréquemment le quart du capital engagé.

Le risque de millésime complète ce tableau. Un fonds constitué juste avant un retournement du marché des cessions déploie son capital à des valorisations élevées puis cède dans un marché fermé, avec un effet mécanique sur son multiple final. L'exercice 2025 en donne une illustration : les cessions ont reculé en nombre, à 1 232 opérations, alors que les montants progressaient de 9 % à 14,0 milliards d'euros au coût historique (source : France Invest, mars 2026). Le portefeuille des millésimes récents reste donc détenu plus longtemps que prévu, ce que traduit un DPI qui monte lentement. La parade tient en une règle appliquée par les institutionnels depuis trente ans : répartir l'engagement sur trois à cinq millésimes consécutifs plutôt que sur un seul exercice, quitte à réduire le montant unitaire de chaque souscription.

La valorisation constitue le dernier point de vigilance. Les participations non cotées sont évaluées périodiquement par la société de gestion, sans prix de marché continu. Le décret n° 2024-539 du 12 juin 2024 autorise d'ailleurs les assureurs à retenir une valeur estimative et à appliquer une décote sur la valeur de rachat d'une unité de compte peu liquide. Une valeur liquidative stable traduit une méthode d'évaluation interne, dont le prix de cession effectif peut s'écarter. France Épargne documente ces six points par écrit avant toute souscription, avec le montant maximal que votre situation supporte et la raison de ce plafond.

Questions fréquentes sur la souscription accompagnée d'un FCPR

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Nous ouvrons chaque étude par les millésimes antérieurs de l'équipe de gestion. Sur les données France Invest, l'écart entre le quartile supérieur et le quartile inférieur atteint vingt-cinq points de TRI annuel, quand l'exonération d'impôt sur le revenu vaut 12,8 points du gain. Ces deux chiffres fixent l'ordre dans lequel nous instruisons un dossier.

Emmanuel d'IbelinConseiller en gestion de patrimoine, France Épargne

À qui cette classe d'actifs convient réellement

Le dirigeant qui vient de céder son entreprise arrive en tête des dossiers traités. Il dispose d'un capital disponible d'un coup, connaît le fonctionnement d'une société non cotée pour l'avoir vécu de l'intérieur, et se trouve souvent imposé à la tranche marginale la plus élevée l'année de la cession. Le capital-transmission lui parle immédiatement : 13,3 % nets par an depuis l'origine et un multiple de 1,61x sur 528 fonds analysés à fin 2025 (source : France Invest et EY, juin 2026). L'attention porte alors sur le seuil des 25 % de l'article 163 quinquies B, souvent frôlé lorsque le fonds retenu investit dans son propre secteur, et sur l'étalement de l'engagement sur deux ou trois millésimes plutôt qu'un seul.

Le cadre dirigeant en milieu de carrière constitue le deuxième profil. Sa capacité d'épargne est régulière, son horizon dépasse quinze ans, et sa poche non cotée se construit par versements successifs. Le format evergreen logé en unité de compte convient à ce rythme, avec des tickets de quelques milliers d'euros et une valeur liquidative mensuelle. Le point de vigilance est le plafond de rachat trimestriel, voisin de 5 % de l'actif net, qui transforme la liquidité affichée en liquidité conditionnelle. Nous fixons dans ce cas un plafond de poche exprimé en pourcentage du patrimoine financier, révisé chaque année.

Le troisième profil est le professionnel libéral ou le chef d'entreprise en activité, dont les revenus varient d'un exercice à l'autre. Pour lui, le calendrier des appels de fonds compte davantage que le montant total. Un fonds fermé appelle son capital sur trois à cinq exercices ; une année creuse qui coïncide avec un appel important crée une tension de trésorerie évitable. Le plan d'appels est donc établi avant la signature, avec une réserve dédiée. Le plan d'épargne retraite offre en parallèle un levier complémentaire, la déduction des versements du revenu imposable venant amortir l'effort d'épargne des exercices fastes.

Le quatrième profil rassemble les familles qui organisent une transmission. Les parts de fonds non cotés se prêtent à la donation démembrée : le donateur conserve l'usufruit, les enfants reçoivent la nue-propriété, et la valorisation retenue tient compte de l'illiquidité du sous-jacent. La durée de vie longue du véhicule s'accorde ici avec l'horizon d'une transmission, puisque personne n'attend de liquidité immédiate. La vérification du seuil familial de 25 % prend toutefois une importance particulière lorsque plusieurs membres du foyer souscrivent au même fonds.

Le cinquième profil est involontaire : l'épargnant en gestion pilotée. Depuis l'entrée en vigueur, le 24 octobre 2024, des textes d'application de la loi Industrie verte, la gestion pilotée par défaut d'un contrat d'assurance vie doit comporter au minimum 4 % de versements en actifs non cotés sur un profil équilibré et 8 % sur un profil dynamique. Sur un plan d'épargne retraite, le plancher atteint 8 % pour un profil équilibré à plus de vingt ans de la retraite, 12 % pour un profil dynamique et 15 % pour un profil offensif. Ces épargnants détiennent du capital-investissement sans l'avoir choisi ni sélectionné. L'audit de leur allocation existante précède alors toute souscription nouvelle.

Un sixième cas revient régulièrement : l'épargnant déjà exposé au non coté par des parts anciennes dont il ne suit plus le sort. Fonds arrivés en fin de vie, prorogations successives votées sans opposition, distributions encaissées au lieu d'être réinvesties pendant la période de conservation, relevés annuels classés sans lecture. Ces dossiers commencent par un inventaire plutôt que par une souscription. Le relevé de chaque position, la lecture du DPI atteint, la date de clôture prévue au règlement et l'état de l'engagement fiscal permettent de savoir ce qui reste à récupérer et à quelle échéance. Cet audit précède systématiquement toute recommandation nouvelle, parce qu'un patrimoine déjà chargé en actifs immobilisés ne supporte pas la même dose supplémentaire qu'un patrimoine liquide. Dans plusieurs dossiers, cet inventaire a conduit à surseoir à toute souscription nouvelle.

Deux situations conduisent en revanche à écarter ce placement. La première est l'absence de capacité de blocage : un capital qui doit financer un achat immobilier, des études ou une échéance connue dans les dix ans n'a pas sa place dans un véhicule dont le rachat peut être refusé quinze ans durant. La seconde est la concentration : engager une part majoritaire d'un patrimoine financier sur un ou deux millésimes expose au quartile inférieur, dont le multiple ressort à 0,9x depuis l'origine. L'AMF recommande d'ailleurs aux investisseurs non professionnels de contenir cette classe d'actifs dans une fraction limitée de leur patrimoine. France Épargne applique cette limite avant de discuter du moindre fonds, et la formule par écrit dans l'étude remise.

Illustration de profils d'investisseurs accompagnés dans leur allocation en actifs non cotés
Dirigeant après cession, cadre en constitution, libéral, famille en transmission, épargnant en gestion pilotée.

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Un conseiller France Épargne positionne les gérants candidats dans la distribution France Invest et EY, reconstitue les frais sur l'horizon annoncé, arbitre l'enveloppe et fixe le montant compatible avec votre capacité de blocage. Réponse sous 6h les jours ouvrés.

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