Qu'est-ce que le plan d'épargne logement ?
Le plan d'épargne logement (PEL) est un produit d'épargne réglementée qui associe deux engagements pris le jour de l'ouverture : une rémunération figée pour toute la vie du plan, et un droit à un prêt immobilier dont le taux est connu dès la souscription. Un plan ouvert depuis le 1er janvier 2026 sert 2,00 % brut et ouvre un prêt à 3,20 %, contre 1,75 % et 2,95 % pour la génération 2025 (source : La finance pour tous, historique des taux d'épargne logement). Cette double promesse distingue le PEL de tous les autres livrets réglementés, dont le taux est révisable par arrêté.
L'ouverture suppose un versement initial de 225 €, puis un versement annuel minimum de 540 €, fractionnable en mensualités de 45 €, en trimestrialités de 135 € ou en semestrialités de 270 €. Le plafond de versements s'établit à 61 200 €, un montant qui ne comprend pas les intérêts capitalisés : un plan saturé continue donc de grossir au-delà de ce seuil par le seul jeu des intérêts, crédités chaque 31 décembre et eux-mêmes producteurs d'intérêts l'année suivante.
Toute personne physique peut détenir un PEL, majeure ou mineure, y compris un non-résident. La règle limite chaque personne à un seul plan, ce qui interdit le cumul de plusieurs PEL au même nom mais autorise chaque membre d'un foyer à ouvrir le sien. Un couple marié ou pacsé dispose ainsi de deux plans, et un enfant mineur peut détenir le sien, ouvert et alimenté par ses parents.
La durée du plan obéit à deux articles du Code de la construction et de l'habitation. L'article R315-28 fixe la durée minimale à quatre ans à compter du versement initial et la durée contractuelle maximale à dix ans : au-delà de la dixième année, plus aucun versement n'est possible. L'article R315-34 ajoute, pour les plans ouverts à compter du 1er mars 2011, que le prêt d'épargne logement ne peut plus être consenti au-delà d'un délai de cinq ans après l'arrivée à terme du plan. La combinaison des deux donne la durée de vie de quinze ans couramment citée, à l'issue de laquelle le plan se transforme en compte sur livret rémunéré aux conditions de la banque. Les plans ouverts avant le 1er mars 2011 échappent à cette limite et continuent de servir leur taux d'origine sans butoir de durée.
La fiscalité dépend entièrement de la date d'ouverture. Les plans ouverts depuis le 1er janvier 2018 supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % dès la première année, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Les plans antérieurs conservent une exonération d'impôt sur le revenu jusqu'à leur douzième anniversaire, les prélèvements sociaux restant dus chaque année (source : Les clés de la banque). Un plan de 2026 servant 2,00 % brut délivre donc 1,40 % net après PFU, un rendement inférieur au Livret A porté à 1,70 % le 1er août 2026 et exonéré de tout prélèvement.
Ce constat déplace la valeur du PEL. Sur la seule rémunération, un plan récent ne rivalise pas avec les livrets défiscalisés. La contrepartie se trouve sur la jambe crédit : le taux de 3,20 % acquis en 2026 se situe onze points de base sous la moyenne de marché de 3,31 % sur vingt ans relevée en août 2026 par l'Observatoire Crédit Logement / CSA, et vingt-trois points de base sous la moyenne sur vingt-cinq ans. Le plan fonctionne comme une option de taux détenue sur son propre financement immobilier.
Cette configuration mérite d'être replacée dans son histoire récente. Entre 2016 et 2022, les plans servaient 1,00 % et ouvraient un prêt à 2,20 %, alors que les meilleurs dossiers obtenaient des financements sous 1,10 % en 2021. La jambe crédit du PEL était alors sans intérêt, ce qui a nourri l'idée durable que le produit avait perdu sa raison d'être. La remontée des taux directeurs et le repricing du crédit immobilier qui a suivi ont rétabli une hiérarchie que les épargnants n'ont pas encore intégrée : un plan souscrit aujourd'hui verrouille un coût de financement inférieur à ce que la moyenne du marché propose au même moment.
Le PEL se distingue enfin par la façon dont il traite le temps. Un livret réglementé voit son taux révisé par arrêté, deux fois par an pour le Livret A, sans que le détenteur puisse s'y opposer. Le PEL immobilise le sien à la date d'ouverture, ce qui produit un effet de génération considérable : un plan de 1990 servant plus de 4 %, un plan de 2011 servant 2,50 % et un plan de 2020 servant 1,00 % coexistent aujourd'hui sous le même nom, avec des régimes fiscaux différents et des valeurs patrimoniales sans commune mesure. La date d'ouverture est donc la première information à établir devant un plan existant, avant même son solde.