Épargne réglementée · épargne logement

Plan d'Épargne Logement (PEL)

Deux taux figés le jour de l'ouverture du plan

Le jour de son ouverture, un plan d'épargne logement fige la rémunération de l'épargne et le taux du prêt qu'il ouvrira. Un plan ouvert entre 2016 et 2022 sert 1,00 % et ouvre droit à un prêt à 2,20 %. Un plan de 2024 sert 2,25 % et ouvre droit à un prêt à 3,45 %. L'Observatoire Crédit Logement et CSA relève en août 2026 une moyenne de marché de 3,31 % sur vingt ans.

A

Un prêt figé à 2,20 % pour les plans de 2016 à 2022

Les plans ouverts entre 2016 et 2022 servent 1,00 % et ouvrent droit à un prêt à 2,20 %. Les plans de 2024, rémunérés 2,25 %, empruntent à 3,45 %. L'écart de prêt entre ces deux générations atteint 1,25 point (source : La finance pour tous, historique des taux des PEL et des CEL).

B

Le prêt d'un plan récent passe sous la moyenne du marché

Un plan ouvert depuis le 1er janvier 2026 emprunte à 3,20 %, quand l'Observatoire Crédit Logement / CSA relève en août 2026 une moyenne de 3,31 % sur vingt ans et 3,43 % sur vingt-cinq ans. Le taux du prêt reste figé pour toute la durée de vie du plan, quelle que soit l'évolution des conditions de marché.

C

Le droit à prêt se calcule sur les intérêts acquis

Le montant empruntable se calcule sur les intérêts acquis, évalués à l'échéance du plan et convertis par un coefficient que l'article R315-37 du Code de la construction et de l'habitation plafonne à 2,5. Le résultat est borné à 92 000 €, remboursable sur deux à quinze ans. Un plan saturé à 61 200 € n'ouvre donc pas mécaniquement droit au prêt maximal.

D

Ce droit expire cinq ans après le terme du plan

L'article R315-34 du code de la construction et de l'habitation limite l'octroi du prêt à cinq ans après l'arrivée à terme, terme lui-même borné à dix ans par l'article R315-28. Entre 2026 et 2030, environ 3,2 millions de plans atteignent ce quinzième anniversaire, représentant près de 93 milliards d'euros.

Fonctionnement

Notre méthode sur votre épargne logement

01

Bilan

Nous établissons la date d'ouverture exacte de votre plan, donc sa génération, son taux contractuel et son régime fiscal. Un plan de 2013 et un plan de 2019 relèvent de deux générations distinctes, avec des taux et un régime fiscal différents.

02

Étude des droits acquis

Nous calculons les droits ouverts par vos intérêts capitalisés, selon la durée d'emprunt envisagée, et nous vérifions la fenêtre de cinq ans pendant laquelle ces droits restent mobilisables.

03

Mise en concurrence

Nous confrontons le taux gelé de votre plan aux conditions de marché du moment et aux prêts aidés auxquels vous êtes éligible, pour déterminer si mobiliser le prêt réduit le coût total du financement.

04

Arbitrage et suivi

Selon le résultat, nous mobilisons le prêt, conservons le capital comme apport, ou préparons la réaffectation vers une assurance vie, un PER ou des supports immobiliers avant l'échéance des quinze ans.

Comparatif

Taux de prêt et écart de marché par génération

Critère2016 à 20222024Depuis 2026
Rémunération de l'épargne1,00 %2,25 %2,00 %
Taux du prêt, figé à l'ouverture2,20 %3,45 %3,20 %
Écart avec la moyenne de marché sur 20 ans1,11 point en faveur du plan0,14 point en faveur du marché0,11 point en faveur du plan
Fiscalité des intérêts31,4 % dès la première année31,4 % dès la première année31,4 % dès la première année
Intérêt principal du plan aujourd'huiLe droit à prêtLa rémunérationLe droit à prêt
Pour qui

À qui ce plan s'adresse

Primo-accédant à quatre ou dix ans : le plan constitue l'apport et verrouille le coût d'une tranche du financement. Le prêt reste une option, mobilisable si son taux figé passe sous les conditions obtenues auprès de la banque au moment de l'achat.
Parent épargnant pour un enfant : un plan ouvert à huit ans porte une capacité d'emprunt dès ses douze ans. Les droits se cèdent ensuite entre ascendants et descendants, à condition que les deux plans dépassent trois ans d'ancienneté.
Épargnant au plafond de ses livrets : au-delà des 22 950 € du Livret A et des 12 000 € du LDDS, le plan accepte 61 200 € de versements supplémentaires, à un taux figé le jour de l'ouverture, quand celui des livrets réglementés est révisé par arrêté.
Détenteur d'un plan ancien : un plan d'avant 2016 sert 2,00 % ou davantage, difficile à reconstituer sur un placement garanti. La décision porte ici sur l'opportunité de le conserver jusqu'à son échéance.
Ménage préparant des travaux : le prêt d'épargne logement finance aussi les travaux d'amélioration de la résidence principale, à hauteur de 92 000 € et à un taux connu d'avance.
★★★★★

« J'avais un PEL de 2017 dont je ne regardais que le taux d'épargne, en me disant qu'il ne rapportait rien. Le conseiller m'a montré que son taux de prêt était sous ce que ma banque me proposait pour l'achat. J'ai mobilisé le prêt sur une tranche de mon financement et gardé le reste en apport. »

Julien M. · Client France Épargne, acquisition d'une résidence principale en Loire-Atlantique
Questions

Les questions que se posent les détenteurs de PEL

Sa rémunération n'est qu'une des deux jambes du produit. Un plan de 2016 à 2022 sert 1,00 % mais emprunte à 2,20 %, sous la moyenne de marché de 3,31 % relevée sur vingt ans en août 2026 par l'Observatoire Crédit Logement / CSA. Si un projet immobilier existe, ce droit à prêt vaut davantage que le rendement perdu.

Aucun retrait partiel n'existe sur un plan d'épargne logement : toute sortie de fonds entraîne la clôture définitive, avec perte du taux figé et de l'antériorité. Un plan clôturé se rouvre aux conditions de la génération en vigueur au jour de la nouvelle ouverture.

Le montant dépend des intérêts capitalisés multipliés par un coefficient qui varie selon la génération du plan et la durée d'emprunt retenue. Le résultat est plafonné à 92 000 €, remboursable sur deux à quinze ans. Ce sont les intérêts capitalisés, et non le capital détenu, qui commandent ce montant.

Pour les plans ouverts depuis le 1er mars 2011, le plan se transforme en compte sur livret rémunéré aux conditions commerciales de l'établissement, sans plancher réglementaire. Entre 2026 et 2030, environ 3,2 millions de plans suivent ce chemin, soit près de 93 milliards d'euros à réaffecter.

La cession est ouverte au conjoint par mariage, aux ascendants, aux descendants, aux frères et sœurs et à leurs conjoints, à l'exclusion des concubins et des partenaires de PACS. Les deux plans concernés doivent avoir plus de trois ans, et le cumul reste plafonné à 92 000 €.

Un plan ouvert en 2026 sert 2,00 % brut, soit 1,37 % net après le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, contre 1,70 % net sur un Livret A entièrement liquide depuis le 1er août 2026. Sans projet immobilier, les livrets défiscalisés puis l'assurance vie répondent mieux au besoin.

Pour aller plus loin

Qu'est-ce que le plan d'épargne logement ?

Le plan d'épargne logement (PEL) est un produit d'épargne réglementée qui associe deux engagements pris le jour de l'ouverture : une rémunération figée pour toute la vie du plan, et un droit à un prêt immobilier dont le taux est connu dès la souscription. Un plan ouvert depuis le 1er janvier 2026 sert 2,00 % brut et ouvre un prêt à 3,20 %, contre 1,75 % et 2,95 % pour la génération 2025 (source : La finance pour tous, historique des taux d'épargne logement). Cette double promesse distingue le PEL de tous les autres livrets réglementés, dont le taux est révisable par arrêté.

L'ouverture suppose un versement initial de 225 €, puis un versement annuel minimum de 540 €, fractionnable en mensualités de 45 €, en trimestrialités de 135 € ou en semestrialités de 270 €. Le plafond de versements s'établit à 61 200 €, un montant qui ne comprend pas les intérêts capitalisés : un plan saturé continue donc de grossir au-delà de ce seuil par le seul jeu des intérêts, crédités chaque 31 décembre et eux-mêmes producteurs d'intérêts l'année suivante.

Toute personne physique peut détenir un PEL, majeure ou mineure, y compris un non-résident. La règle limite chaque personne à un seul plan, ce qui interdit le cumul de plusieurs PEL au même nom mais autorise chaque membre d'un foyer à ouvrir le sien. Un couple marié ou pacsé dispose ainsi de deux plans, et un enfant mineur peut détenir le sien, ouvert et alimenté par ses parents.

La durée du plan obéit à deux articles du Code de la construction et de l'habitation. L'article R315-28 fixe la durée minimale à quatre ans à compter du versement initial et la durée contractuelle maximale à dix ans : au-delà de la dixième année, plus aucun versement n'est possible. L'article R315-34 ajoute, pour les plans ouverts à compter du 1er mars 2011, que le prêt d'épargne logement ne peut plus être consenti au-delà d'un délai de cinq ans après l'arrivée à terme du plan. La combinaison des deux donne la durée de vie de quinze ans couramment citée, à l'issue de laquelle le plan se transforme en compte sur livret rémunéré aux conditions de la banque. Les plans ouverts avant le 1er mars 2011 échappent à cette limite et continuent de servir leur taux d'origine sans butoir de durée.

La fiscalité dépend entièrement de la date d'ouverture. Les plans ouverts depuis le 1er janvier 2018 supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % dès la première année, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Les plans antérieurs conservent une exonération d'impôt sur le revenu jusqu'à leur douzième anniversaire, les prélèvements sociaux restant dus chaque année (source : Les clés de la banque). Un plan de 2026 servant 2,00 % brut délivre donc 1,40 % net après PFU, un rendement inférieur au Livret A porté à 1,70 % le 1er août 2026 et exonéré de tout prélèvement.

Ce constat déplace la valeur du PEL. Sur la seule rémunération, un plan récent ne rivalise pas avec les livrets défiscalisés. La contrepartie se trouve sur la jambe crédit : le taux de 3,20 % acquis en 2026 se situe onze points de base sous la moyenne de marché de 3,31 % sur vingt ans relevée en août 2026 par l'Observatoire Crédit Logement / CSA, et vingt-trois points de base sous la moyenne sur vingt-cinq ans. Le plan fonctionne comme une option de taux détenue sur son propre financement immobilier.

Cette configuration mérite d'être replacée dans son histoire récente. Entre 2016 et 2022, les plans servaient 1,00 % et ouvraient un prêt à 2,20 %, alors que les meilleurs dossiers obtenaient des financements sous 1,10 % en 2021. La jambe crédit du PEL était alors sans intérêt, ce qui a nourri l'idée durable que le produit avait perdu sa raison d'être. La remontée des taux directeurs et le repricing du crédit immobilier qui a suivi ont rétabli une hiérarchie que les épargnants n'ont pas encore intégrée : un plan souscrit aujourd'hui verrouille un coût de financement inférieur à ce que la moyenne du marché propose au même moment.

Le PEL se distingue enfin par la façon dont il traite le temps. Un livret réglementé voit son taux révisé par arrêté, deux fois par an pour le Livret A, sans que le détenteur puisse s'y opposer. Le PEL immobilise le sien à la date d'ouverture, ce qui produit un effet de génération considérable : un plan de 1990 servant plus de 4 %, un plan de 2011 servant 2,50 % et un plan de 2020 servant 1,00 % coexistent aujourd'hui sous le même nom, avec des régimes fiscaux différents et des valeurs patrimoniales sans commune mesure. La date d'ouverture est donc la première information à établir devant un plan existant, avant même son solde.

Schéma du fonctionnement du plan d'épargne logement, phase d'épargne et droit à prêt
Le PEL articule une phase d'épargne rémunérée et un droit à prêt plafonné à 92 000 € (sources : Code de la construction et de l'habitation, MoneyVox).

Un taux figé pour toute la vie du plan

Le taux de rémunération est arrêté le jour de l'ouverture et ne bouge plus jusqu'à la clôture. Les plans ouverts entre 2016 et 2022 servent encore 1,00 %, ceux de 2024 servent 2,25 %, ceux de 2026 servent 2,00 % (source : La finance pour tous).

Un taux de prêt connu dès la souscription

Le prêt d'épargne logement d'un plan 2026 est fixé à 3,20 %, soit la rémunération majorée de 1,20 point. Ce taux est acquis quelle que soit l'évolution des marchés de crédit d'ici l'achat.

Un capital garanti par la réglementation

Le PEL relève de l'épargne réglementée : les sommes versées ne subissent aucune fluctuation de marché. Les dépôts bancaires bénéficient de la garantie du Fonds de garantie des dépôts et de résolution à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement.

Un plafond très supérieur à celui du Livret A

Le PEL accepte 61 200 € de versements, contre 22 950 € pour le Livret A et 12 000 € pour le LDDS. Les intérêts capitalisés viennent s'ajouter au-delà de ce plafond sans le saturer.

Des droits à prêt transmissibles dans la famille

Les droits acquis se cèdent au conjoint par mariage, aux ascendants, aux descendants et aux frères et sœurs, ainsi qu'à leurs conjoints. Le plan cédé doit avoir plus de trois ans et le bénéficiaire doit lui-même détenir un PEL de plus de trois ans (source : Crédit Agricole).

Un prêt qui repasse sous la moyenne du marché

À 3,20 %, le prêt d'un plan 2026 se place sous les 3,31 % relevés sur vingt ans en août 2026 par l'Observatoire Crédit Logement / CSA. La jambe crédit du PEL retrouve un intérêt qu'elle avait perdu pendant la décennie des taux bas.

Un apport personnel constitué avec discipline

Le versement annuel minimum de 540 € impose un rythme d'épargne régulier. Le capital accumulé renforce le dossier de financement, les banques appréciant un apport couvrant au minimum les frais de notaire et de garantie.

Une antériorité qui se construit tôt

La capacité d'emprunt naît au quatrième anniversaire du plan. Un PEL ouvert au nom d'un enfant mineur porte donc des droits mobilisables avant sa majorité, cessibles ensuite à un parent ou conservés pour son propre projet.

Situez votre plan dans sa génération

Le taux, la fiscalité et la valeur du droit à prêt dépendent entièrement de l'année d'ouverture. Un conseiller France Épargne identifie la génération de votre plan et ce qu'elle vous donne réellement.

Faire le point sur mon PEL

Comment fonctionne concrètement un PEL ?

Le plan se déroule en deux temps que la réglementation sépare nettement : une phase d'épargne pendant laquelle le capital se constitue, puis une fenêtre de prêt pendant laquelle les droits acquis se transforment en crédit immobilier.

La phase d'épargne s'ouvre par le versement initial de 225 € et se poursuit par des versements réguliers atteignant au moins 540 € par an. Le non-respect de ce minimum autorise l'établissement à clôturer le plan, une sanction rarement appliquée sans mise en demeure préalable mais bien prévue au contrat. Les intérêts sont capitalisés au 31 décembre de chaque année : ils s'ajoutent au capital et produisent à leur tour des intérêts, mécanisme qui explique qu'un plan saturé à 61 200 € affiche un solde supérieur au bout de quelques années.

La règle la plus contraignante concerne les retraits. Le PEL n'autorise aucun retrait partiel : toute sortie de fonds, quel qu'en soit le montant, entraîne la clôture définitive du plan. Un épargnant qui prélève 500 € sur un plan de 40 000 € perd le plan entier, son taux figé et son antériorité. Cette indivisibilité impose de calibrer les versements sur une capacité d'épargne réellement disponible à long terme, et de conserver par ailleurs une réserve de précaution sur un livret liquide.

Les conséquences d'une clôture varient selon l'ancienneté. Avant le deuxième anniversaire, les intérêts sont recalculés au taux du compte épargne logement (CEL) en vigueur, soit 1,00 % depuis le 1er février 2026, et la capacité d'emprunt disparaît. Entre deux et trois ans, les intérêts sont conservés mais cette capacité s'éteint. Entre trois et quatre ans, elle subsiste, minorée. Au-delà de quatre ans, la clôture est libre et les droits sont pleinement acquis (source : Les clés de la banque).

Les droits à prêt obéissent à une formule que peu d'épargnants connaissent. Le montant empruntable se calcule à partir des intérêts acquis, évalués à la date d'échéance du plan et convertis en droit à prêt par un coefficient que l'article R315-37 du Code de la construction et de l'habitation plafonne à 2,5. Une durée d'emprunt courte génère un droit supérieur à une durée longue, la charge d'intérêts supportée par l'établissement étant moindre. Le résultat reste borné à 92 000 €, pour une durée comprise entre deux et quinze ans.

Ce plafond situe le prêt d'épargne logement dans son rôle de complément au financement principal. Pour une acquisition de 300 000 €, un prêt PEL de 92 000 € couvre moins d'un tiers de l'opération et s'articule avec un prêt bancaire classique, un prêt à taux zéro le cas échéant, et l'apport constitué. La méthode de travail de France Épargne consiste à chiffrer cette articulation avant l'engagement : mesurer les droits réellement acquis, les comparer aux conditions de marché du moment, puis décider si la mobilisation du prêt PEL améliore le coût total du financement ou si le capital sert mieux comme apport.

La cession des droits acquis ouvre une possibilité supplémentaire. Un parent détenant un plan ancien à taux élevé peut céder ses droits à un enfant, à condition que les deux plans aient plus de trois ans. Le cumul de droits provenant de plusieurs plans familiaux reste plafonné à 92 000 €, mais permet d'atteindre ce plafond quand un seul plan n'y suffirait pas. Les concubins et les partenaires de PACS sont exclus du dispositif, qui vise le conjoint par mariage, les ascendants, les descendants, les frères et sœurs et leurs conjoints respectifs. Cette exclusion surprend souvent les couples pacsés, qui bénéficient par ailleurs d'un traitement aligné sur celui des couples mariés en matière de fiscalité successorale. Sur l'épargne logement, la rédaction du texte vise le conjoint et rien d'autre.

L'objet du prêt obéit lui aussi à un cadre strict. Le crédit d'épargne logement finance l'acquisition ou la construction d'une résidence principale, ainsi que les travaux d'amélioration portant sur celle-ci. Une résidence secondaire n'y ouvre plus droit pour les plans récents, et un investissement locatif reste possible dans des conditions restreintes tenant à l'affectation du logement. Le capital épargné, lui, demeure libre d'emploi : rien n'oblige un titulaire à consacrer les sommes retirées à un projet immobilier. Cette dissymétrie mérite d'être comprise, car elle signifie qu'un plan peut être clôturé sans aucune justification d'usage, la contrainte d'affectation ne pesant que sur le prêt.

Un dernier mécanisme échappe à la plupart des détenteurs : le transfert du plan vers un autre établissement. L'opération conserve la date d'ouverture, donc le taux figé, l'antériorité fiscale et les droits accumulés. Elle donne lieu à des frais qui varient selon les banques et se négocient. Un épargnant mécontent de sa banque n'a donc pas à choisir entre changer d'établissement et conserver un plan ancien à taux élevé ; le transfert permet les deux, à condition que l'établissement d'accueil accepte l'opération.

1

Bilan patrimonial

Un conseiller France Épargne mesure votre capacité d'épargne réellement disponible à quatre ans et vérifie que votre réserve de précaution reste logée sur un support liquide. Le PEL n'autorisant aucun retrait partiel, ce cadrage évite la clôture subie.

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Stratégie d'enveloppes

Nous fixons l'ordre de remplissage entre Livret A, LDDS, LEP le cas échéant, puis PEL et assurance vie. Le PEL prend son sens quand un projet immobilier existe à horizon de quatre à dix ans, ou quand le plafond des livrets défiscalisés est déjà atteint.

3

Ouverture et calibrage des versements

Nous mettons en place le plan avec le versement initial de 225 € et un versement programmé calibré au-dessus du minimum de 540 € par an, ajusté à votre projet et au plafond de 61 200 €.

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Suivi de la génération et des droits

Chaque année, nous suivons vos intérêts acquis, la capacité d'emprunt qui en découle et l'écart entre votre taux de prêt figé et les conditions de marché. Ce suivi détermine le moment où le prêt devient utile.

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Mobilisation ou arbitrage à l'échéance

Au terme du plan, nous chiffrons les deux voies : mobiliser le prêt dans la fenêtre de cinq ans prévue par l'article R315-34, ou réaffecter le capital vers une assurance vie, un PER ou des SCPI selon votre horizon et votre fiscalité.

Étapes d'ouverture et de pilotage d'un plan d'épargne logement
De l'ouverture à la mobilisation du prêt, le PEL suit un calendrier réglementé de quinze ans pour les plans ouverts depuis le 1er mars 2011.

PEL, CEL ou livrets défiscalisés ?

Plan d'épargne logement

  • Rémunération de 2,00 % pour les plans ouverts depuis le 1er janvier 2026
  • Prêt immobilier à 3,20 %, plafonné à 92 000 € sur 2 à 15 ans
  • Plafond de versements de 61 200 €, hors intérêts capitalisés
  • Aucun retrait partiel possible, toute sortie clôture le plan
  • Fiscalité au prélèvement forfaitaire unique de 30 % dès la première année
  • Versement annuel minimum de 540 € obligatoire

Compte épargne logement

  • Rémunération de 1,00 % depuis le 1er février 2026, taux révisable
  • Prêt immobilier à 2,50 %, plafonné à 23 000 €
  • Plafond de versements de 15 300 €
  • Retraits libres à tout moment sans clôture du compte
  • Fiscalité au prélèvement forfaitaire unique de 30 %
  • Aucun versement minimum annuel imposé

Livret A et LDDS

  • Rémunération de 1,70 % depuis le 1er août 2026, taux révisable par arrêté
  • Aucun droit à prêt immobilier associé
  • Plafonds de 22 950 € pour le Livret A et 12 000 € pour le LDDS
  • Retraits libres et disponibilité immédiate des fonds
  • Exonération totale d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux
  • Aucune contrainte de versement

Assurance vie en fonds euros

  • Rendement non garanti à l'avance, révisé chaque année par l'assureur
  • Aucun droit à prêt, mais avance possible sur le contrat
  • Aucun plafond de versement réglementaire
  • Rachats partiels possibles sans clôture du contrat
  • Fiscalité allégée après huit ans avec abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €
  • Versements libres ou programmés au choix

Les chiffres clés du plan d'épargne logement

CritèreDonnéeSource
Taux de rémunération, plans ouverts depuis le 01/01/20262,00 %La finance pour tous, historique des taux 2026
Taux du prêt, plans ouverts depuis le 01/01/20263,20 %La finance pour tous, historique des taux 2026
Taux de rémunération, génération 20251,75 %La finance pour tous, historique des taux
Taux de rémunération, génération 20242,25 %La finance pour tous, historique des taux
Versement initial minimum225 €MoneyVox, fiche PEL 2026
Versement annuel minimum540 €MoneyVox, fiche PEL 2026
Plafond de versements61 200 €Les clés de la banque
Montant maximum du prêt92 000 €MoneyVox, Crédit Agricole
Durée contractuelle maximale du plan10 ansArticle R315-28 du Code de la construction et de l'habitation
Fenêtre de prêt après le terme, plans depuis le 01/03/20115 ansArticle R315-34 du Code de la construction et de l'habitation
Nombre de plans en France8,2 millions fin 2025Banque de France, rapport sur l'épargne réglementée 2025
Encours total205 milliards EUR fin 2025Banque de France, rapport sur l'épargne réglementée 2025
Décollecte nette annuelle26,4 milliards EUR en 2025Banque de France, rapport sur l'épargne réglementée 2025
Encours moyen par planenviron 25 081 €MoneyVox, données fin 2025
Taux moyen du crédit immobilier sur 20 ans3,31 % en août 2026Observatoire Crédit Logement / CSA

Chiffrez votre capacité d'emprunt réelle

Le montant empruntable dépend des intérêts acquis et de la durée retenue. Un conseiller France Épargne calcule vos droits et les confronte aux conditions de marché.

Calculer ma capacité d'emprunt

Analyse : un produit qui se juge sur sa jambe crédit

Le PEL traverse la plus forte contraction de son histoire récente. La Banque de France recense 8,2 millions de plans fin 2025, en repli de 9,7 % sur un an après une baisse de 9,0 % en 2024, pour un encours de 205 milliards d'euros contre 226 milliards un an plus tôt et 257 milliards fin 2023. La décollecte nette atteint 26,4 milliards d'euros en 2025 (source : Banque de France, rapport sur l'épargne réglementée 2025). Cet écart entre la baisse d'encours de 21 milliards et la décollecte de 26,4 milliards s'explique par les intérêts capitalisés au 31 décembre, qui viennent partiellement compenser les sorties.

Une mécanique réglementaire amplifie ce mouvement à partir de 2026. Les premiers plans soumis à la limite de durée issue de la combinaison des articles R315-28 et R315-34, ceux ouverts en mars 2011, atteignent leur quinzième anniversaire en mars 2026 et sont clos automatiquement. Entre 2026 et 2030, environ 3,2 millions de plans sur 9 millions, soit 36 % du parc, arrivent au bout de cette durée, représentant près de 93 milliards d'euros appelés à être réaffectés, avec un pic attendu en 2030. Ces plans se transforment en comptes sur livret rémunérés aux conditions commerciales de l'établissement, généralement très inférieures au taux contractuel qu'ils servaient.

Cette vague crée un enjeu patrimonial de premier ordre. Un plan ouvert en 2011 servait 2,50 %, un taux garanti jusqu'à sa clôture. Sa transformation en compte sur livret fait disparaître cet avantage du jour au lendemain, sans que le titulaire ait à faire quoi que ce soit pour le perdre. La réaffectation de ces sommes vers une assurance vie, un plan d'épargne retraite ou des supports immobiliers demande une décision anticipée, prise avant l'échéance et non après.

La question du maintien se pose différemment selon la génération. Les plans ouverts entre 2016 et 2022 servent 1,00 %, un taux devenu inférieur au Livret A porté à 1,70 % le 1er août 2026 et exonéré de toute fiscalité. Un plan de cette génération, une fois sa capacité d'emprunt devenue inutile, ne se justifie plus par sa rémunération : 1,00 % brut donne 0,70 % net après PFU, contre 1,70 % net sur un Livret A. Les plans ouverts avant 2016 servent en revanche 2,00 % et davantage, avec pour les plus anciens une exonération d'impôt sur le revenu jusqu'au douzième anniversaire, ce qui les rend difficiles à remplacer sur le marché de l'épargne garantie.

Pour les plans récents, l'analyse bascule vers le crédit. La génération 2026 sert 2,00 %, soit 1,40 % net après PFU, en retrait de trente points de base par rapport au Livret A. Sur la seule rémunération, la comparaison est défavorable. Le calcul change quand le droit à prêt entre dans l'équation : à 3,20 %, ce prêt se situe sous la moyenne de marché de 3,31 % sur vingt ans relevée en août 2026 par l'Observatoire Crédit Logement / CSA, et sous les 3,43 % constatés sur vingt-cinq ans. Le plan agit comme une assurance de taux souscrite aujourd'hui sur un emprunt de demain, dont la valeur croît si les taux de crédit remontent et s'annule s'ils refluent nettement.

Cette lecture explique pourquoi le PEL reste pertinent pour un profil précis et discutable pour les autres. Un épargnant sans projet immobilier n'achète, avec un plan récent, qu'un rendement net inférieur aux livrets défiscalisés assorti d'une contrainte d'indisponibilité. Un futur acquéreur à horizon de quatre à dix ans achète une couverture sur son coût de financement, adossée à un capital garanti. Le second usage justifie le produit ; le premier appelle une autre enveloppe.

La contraction du parc s'explique aussi par un effet de ciseaux sur les nouvelles souscriptions. Pendant que les plans anciens se ferment, les ouvertures ne compensent pas : la génération 2016 à 2022, rémunérée 1,00 %, a durablement abîmé l'image du produit auprès des jeunes épargnants, et le rétablissement partiel du taux à 2,00 % en 2026 n'a pas suffi à inverser cette perception. L'écart de rendement net avec le Livret A, défavorable de trente points de base, alimente cette désaffection, alors même que la comparaison porte sur la mauvaise dimension du produit.

La hiérarchie de l'épargne réglementée en août 2026 éclaire ce positionnement. Le livret d'épargne populaire (LEP) sert 2,50 % net sous conditions de ressources, le Livret A 1,70 % net, le PEL 2026 1,40 % net et le CEL 1,00 % brut depuis le 1er février 2026. Sur le seul rendement, le PEL se classe donc derrière deux livrets entièrement liquides et défiscalisés. Un épargnant rationnel remplit le LEP s'il y est éligible, puis le Livret A et le LDDS, avant d'envisager un plan d'épargne logement. La capacité d'accueil devient déterminante au-delà de ces plafonds : 22 950 € pour le Livret A et 12 000 € pour le LDDS bornent l'épargne défiscalisée à 34 950 €, quand le PEL accepte 61 200 € de versements supplémentaires.

L'ampleur de la vague de clôtures pose enfin une question de réallocation collective. Les 93 milliards d'euros libérés entre 2026 et 2030 constituent un gisement que l'ensemble du secteur financier observe. Pour le détenteur, l'enjeu se joue sur quelques mois : un capital laissé sur un compte sur livret après la clôture automatique subit une rémunération fixée librement par l'établissement, sans plancher réglementaire. La décision de réaffectation vaut donc d'être prise avant l'échéance, quand les options restent ouvertes et que le capital travaille encore au taux contractuel du plan.

Évolution de l'encours du plan d'épargne logement

Encours PEL (en milliards EUR)
+257+226+205202320242025
Source : Banque de France, rapports sur l'épargne réglementée 2024 et 2025
Évolution des encours du plan d'épargne logement en France
L'encours PEL recule de 257 à 205 milliards d'euros entre fin 2023 et fin 2025 (source : Banque de France).

Fiscalité, contraintes réglementaires et points de vigilance

La fiscalité du PEL se lit d'abord sur la date d'ouverture. Les plans ouverts depuis le 1er janvier 2018 supportent le prélèvement forfaitaire unique de 30 % dès la première année d'intérêts, décomposé en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ces derniers se répartissent entre 9,2 % de contribution sociale généralisée, 0,5 % de contribution au remboursement de la dette sociale et 7,5 % de prélèvement de solidarité. Les prélèvements sont opérés à la source par l'établissement lors du crédit annuel des intérêts.

Les plans ouverts avant le 1er janvier 2018 relèvent d'un régime plus favorable : exonération d'impôt sur le revenu jusqu'au douzième anniversaire du plan, les prélèvements sociaux restant dus chaque année sur les intérêts crédités. Au-delà du douzième anniversaire, les intérêts deviennent imposables. Un contribuable dont le taux marginal d'imposition est faible conserve la possibilité d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu au lieu du PFU, option globale qui s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer sur l'année.

La prime d'État appartient au passé pour tout nouveau souscripteur. Supprimée par la loi de finances pour 2018, elle ne concerne plus que les plans ouverts jusqu'au 31 décembre 2017. Pour ces plans, son versement suppose la réalisation d'un prêt d'épargne logement d'au moins 5 000 €, et son montant est plafonné à 1 000 €, porté à 1 525 € lorsque l'opération finance un logement respectant la norme bâtiment basse consommation (source : MoneyVox, La finance pour tous). Un épargnant détenant un plan de 2017 ou antérieur perd donc cette prime s'il clôture sans mobiliser le prêt.

La contrainte de liquidité constitue le risque principal du produit. L'absence de retrait partiel transforme chaque besoin de trésorerie imprévu en clôture définitive, avec perte du taux figé et de l'antériorité fiscale. Un plan clôturé ne se rouvre pas aux mêmes conditions : la génération est perdue. Cette irréversibilité impose de ne loger sur un PEL que des sommes dont l'indisponibilité est acquise sur quatre ans au minimum, et de maintenir en parallèle une épargne de précaution de trois à six mois de dépenses sur un livret liquide.

Le risque de non-respect des versements mérite la même attention. Un plan qui ne reçoit pas ses 540 € annuels expose son titulaire à une clôture décidée par l'établissement. Un versement programmé automatique neutralise ce risque pour un coût nul.

La transmission obéit à des règles précises. Le décès du titulaire entraîne en principe la clôture du plan. Lorsque le plan n'est pas arrivé à terme, un héritier a la faculté de se substituer au souscripteur, sous réserve de l'accord des autres héritiers et de l'établissement. Lorsque le plan est déjà arrivé à terme, la pratique bancaire, confortée par la jurisprudence, conduit à sa clôture : le capital, majoré des intérêts, rejoint l'actif successoral. Les droits à prêt suivent un régime distinct : ils peuvent être cédés à un héritier, la demande de prêt devant intervenir dans un délai d'un an à compter du décès. Le capital transmis supporte les droits de succession selon le barème applicable au lien de parenté, alors que les droits au prêt et à la prime en sont exemptés.

Un point mérite d'être signalé sur les prélèvements sociaux. Le PEL et le CEL restent soumis au taux de 17,2 % en 2026, quand certains placements de trésorerie comme les comptes à terme supportent une taxation globale plus lourde. Cette stabilité préserve le rendement net des plans en cours, un paramètre à intégrer dans toute comparaison avec des supports concurrents dont la fiscalité a évolué.

La déclaration fiscale ne demande aucune démarche particulière pour les plans soumis au PFU : l'établissement opère le prélèvement à la source et transmet les montants à l'administration, qui les préremplit. Le contribuable qui souhaite opter pour le barème progressif exerce ce choix lors de sa déclaration annuelle, en cochant la case dédiée. L'option étant globale et irrévocable pour l'année, elle demande un calcul préalable portant sur l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer, au-delà des seuls intérêts du PEL.

Dernier point de vigilance : le PEL n'est pas un instrument de défiscalisation. Il n'ouvre aucune réduction d'impôt, contrairement au plan d'épargne retraite dont les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond annuel. Un épargnant cherchant un levier fiscal doit regarder ailleurs ; celui qui cherche un taux de crédit garanti et un capital protégé trouve dans le PEL un outil calibré pour cet usage. Sa place se situe dans l'architecture d'un patrimoine, en complément des livrets liquides pour la précaution et de l'assurance vie ou du PER pour le long terme, et non en substitution de l'un ou de l'autre.

Questions fréquentes sur le Plan d'Épargne Logement

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La question que je pose en premier à un détenteur de PEL est la date d'ouverture, avant même le montant. Un plan de 2013 et un plan de 2019 portent le même nom en différant sur le taux, sur la fiscalité et sur la valeur du droit à prêt. La génération commande la décision de conserver ou de réaffecter.

Emmanuel d'IbelinConseiller en Gestion de Patrimoine, France Épargne

À qui s'adresse réellement ce plan ?

Le PEL sert des profils bien identifiés, et se révèle inadapté à d'autres. La ligne de partage tient à l'existence d'un projet immobilier et à l'horizon auquel il se situe.

Le primo-accédant à horizon de quatre à dix ans constitue le profil central. Un couple de trentenaires visant l'achat d'une résidence principale dans six ans trouve dans le PEL deux choses simultanément : un capital garanti qui deviendra l'apport personnel, et un taux de crédit verrouillé à 3,20 % sur une fraction du financement. Si les taux de marché remontent d'ici l'achat, ce verrou prend de la valeur. S'ils refluent, le prêt n'est simplement pas mobilisé et le capital sert d'apport. L'asymétrie joue en faveur du souscripteur, à condition que les fonds soient réellement indisponibles pendant la durée du plan.

Les parents épargnant pour un enfant utilisent une propriété méconnue du produit. Un plan ouvert au nom d'un enfant de huit ans porte une capacité d'emprunt dès ses douze ans, et une antériorité qui court. À sa majorité, l'enfant dispose d'un capital constitué et de droits mobilisables pour son premier achat. Les règles de cession permettent en outre de faire circuler ces droits entre ascendants et descendants, à condition que les deux plans concernés aient plus de trois ans.

Le jeune actif au plafond de ses livrets défiscalisés trouve dans le PEL une capacité d'accueil supplémentaire. Une fois le Livret A saturé à 22 950 € et le LDDS à 12 000 €, l'épargne garantie suivante se heurte à la fiscalité. Le PEL, avec ses 61 200 € de versements possibles, absorbe ce surplus à un rendement net de 1,40 % pour la génération 2026, avec l'avantage d'un taux figé que les livrets ne garantissent pas. Un épargnant éligible au livret d'épargne populaire (LEP), rémunéré 2,50 % net, remplira toutefois celui-ci en priorité.

Les détenteurs de plans anciens forment une catégorie à part, dont l'enjeu n'est pas la souscription mais la conservation. Un plan de 2011 servant 2,50 %, ou un plan des années 2000 servant davantage, constitue un actif garanti difficile à reconstituer. La décision de le conserver ou de le clôturer se prend en confrontant son taux contractuel net de fiscalité au rendement des alternatives disponibles, et en anticipant l'échéance des quinze ans pour les plans ouverts depuis le 1er mars 2011.

Les familles préparant des travaux disposent d'un usage moins connu. Le prêt d'épargne logement finance l'acquisition et la construction d'une résidence principale, mais aussi les travaux d'amélioration. Un montant de 92 000 € couvre largement une rénovation énergétique d'ampleur, à un taux figé et sans dépendre des conditions de marché au moment des travaux.

À l'inverse, deux profils gagnent à regarder ailleurs. L'épargnant sans projet immobilier n'achète, avec un plan récent, qu'un rendement net de 1,40 % assorti d'une indisponibilité de quatre ans, quand le Livret A offre 1,70 % net et une liquidité totale. Sa priorité se situe sur les livrets défiscalisés, puis sur une assurance vie dont la fiscalité s'allège après huit ans. L'épargnant cherchant un levier fiscal ne trouvera rien dans le PEL, qui n'ouvre aucune réduction d'impôt : le plan d'épargne retraite (PER), dont les versements sont déductibles du revenu imposable, répond à ce besoin.

Le cas des profils à trésorerie irrégulière mérite une mise en garde. Un travailleur indépendant dont les revenus fluctuent s'expose doublement : au versement annuel de 540 € qu'il doit maintenir, et à la clôture totale que provoquerait un retrait en cas de besoin. Pour ce profil, une assurance vie autorisant des rachats partiels sans clôture du contrat offre la souplesse que le PEL refuse par construction. La méthode de France Épargne consiste précisément à établir ce diagnostic avant l'ouverture, en mesurant la part de l'épargne réellement immobilisable sur quatre ans.

Un cas particulier concerne les ménages éligibles au LEP. Avec 2,50 % nets d'impôt et de prélèvements sociaux, ce livret domine le PEL 2026 sur tous les tableaux : rendement supérieur, liquidité totale, aucune contrainte de versement. Son plafond de 10 000 € et ses conditions de revenu en font toutefois une enveloppe limitée. Un foyer éligible sature d'abord son LEP, puis son Livret A, avant de considérer le plan d'épargne logement pour la fraction de son épargne dépassant ces capacités et destinée à un projet immobilier identifié.

Les acquéreurs à horizon très court, enfin, se heurtent à la mécanique du produit. Un achat prévu dans dix-huit mois ne laisse pas le temps d'atteindre le quatrième anniversaire qui ouvre les droits, et une clôture avant deux ans fait recalculer les intérêts au taux du CEL, soit 1,00 % depuis le 1er février 2026. Le PEL suppose un horizon d'au moins quatre ans pour produire ce qu'il promet. En deçà, un livret liquide ou un compte à terme calibré sur la date de l'opération remplit mieux la fonction, sans immobiliser le capital ni exposer à une reprise d'intérêts.

La décision se ramène donc à trois questions : existe-t-il un projet immobilier, à quel horizon se situe-t-il, et la somme concernée peut-elle rester indisponible jusque-là. Trois réponses affirmatives désignent le PEL. Une seule réponse négative oriente vers une autre enveloppe, et le rôle d'un conseiller consiste à établir ce diagnostic avant l'ouverture plutôt qu'à le constater au moment d'une clôture subie.

Profils d'épargnants concernés par le plan d'épargne logement
Primo-accédants, parents épargnant pour un enfant et détenteurs de plans anciens : trois usages distincts du plan d'épargne logement.

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