Épargne financière · placements à formule

Dépôts Structurés et Certificats

Un coût d'entrée de 5,83 % réglé d'avance pour une détention moyenne de deux ans

Sur un dépôt structuré comme sur un certificat, la rémunération de la chaîne n'apparaît sur aucun relevé : elle est intégrée au prix et acquittée en totalité au moment de l'ordre. La documentation la rapporte à l'échéance affichée, de huit à douze ans. Les rappels observés interviennent après deux ans. Toute la décision se joue dans cet écart.

A

5,83 % de coût d'entrée moyen, dans une fourchette de 1,20 % à 13,16 %

Le Pôle commun AMF ACPR a mesuré ces montants sur 60 titres de créance structurés portés par 18 émetteurs et 20 distributeurs (rapport de juin 2026). Ces produits « se distinguent par l'absence de prélèvement direct sur le nominal ou sur le rendement » : la rémunération prend la forme d'une marge ajoutée à la valeur de marché, publiée dans le document d'informations clés sous le nom de coût d'entrée implicite.

B

Deux ans de détention réelle pour une échéance affichée de huit à douze ans

Sur la période 2022 à 2024, la plupart des placements à formule ont été remboursés par anticipation après une durée moyenne de deux ans. Plus de 90 % des produits clos entre 2021 et 2023 l'ont été avant leur durée maximale théorique, dont 80 % avant trois ans. Un coût d'entrée de 5,83 % pèse 0,58 % par an sur dix ans et 2,92 % par année réellement détenue sur deux ans.

C

Les frais d'entrée ne sont pas restitués lors du rappel anticipé

Le rapport de juin 2026 l'écrit sans ambiguïté : « le client doit comprendre que les frais payés à l'entrée ne lui seront pas partiellement remboursés quand bien même le produit serait rappelé avant son échéance ». La présentation annualisée de ces coûts figure d'ailleurs parmi les situations de non conformité relevées par les deux autorités.

D

0,90 % à 7,11 % pour le distributeur, sur un produit identique

La rémunération du distributeur final s'établit à 3,15 % en moyenne, à 3,95 % chez les conseillers en gestion de patrimoine et à 2,69 % chez les prestataires de services d'investissement. Le rapport en tire la conséquence directe : « une rémunération plus faible serait de nature à améliorer les caractéristiques du produit offertes au client », en rentabilité comme en niveau de protection.

Fonctionnement

Notre méthode, du cahier des charges au dénouement

01

Horizon de blocage avant tout choix de produit

Nous relevons votre patrimoine financier, votre épargne de précaution disponible et la date à laquelle vous aurez besoin des sommes envisagées. Cet horizon décide seul du choix entre un dépôt bancaire remboursable au terme et un titre de créance cessible en cours de vie.

02

Cahier des charges chiffré et opposable

Nous écrivons le niveau de protection recherché, le seuil de rappel acceptable, la nature du sous-jacent et le plafond de coût d'entrée que vous acceptez. Ce document sert de référence commune à tous les émetteurs interrogés, ce qui rend leurs propositions comparables ligne à ligne.

03

Mise en concurrence sur une base identique

Nous sollicitons plusieurs établissements sur ce même cahier des charges et confrontons les coûts d'entrée implicites publiés dans chaque document d'informations clés. La part revenant au distributeur est arrêtée par écrit avant l'ordre, dans une fourchette de marché qui va de 0,90 % à 7,11 %.

04

Vérification du marché cible et arbitrage d'enveloppe

Nous contrôlons que le produit retenu vous inclut dans son marché cible positif, 46 % des produits recensés excluant le grand public. Nous tranchons ensuite entre compte titres, contrat d'assurance vie et contrat de capitalisation au regard de votre antériorité fiscale et de vos contrats existants.

05

Suivi des dates de constatation et réemploi

Nous surveillons chaque date d'observation et vous alertons dès qu'un rappel se déclenche. Le capital libéré est réaffecté selon un plan préparé à l'avance, sans stationner sur un dépôt à vue rémunéré 0,04 % quand les nouveaux dépôts à terme de plus de deux ans servaient 2,85 % en juin 2026 (Banque de France).

Comparatif

Trois véhicules pour une même formule

CritèreDépôt structuréCertificat ou titre de créanceUnité de compte en assurance vie
Nature juridiqueDépôt bancaire intégralement remboursable à l'échéance, article L. 312-22 du code monétaire et financierTitre de créance négociable inscrit à la dette de marché de l'émetteurSupport référencé dans un contrat, sans détention directe par l'épargnant
Sortie avant le termeGénéralement impossible ou fortement pénaliséeCession à la valeur de marché, coût de sortie moyen de 0,71 %, jusqu'à 2,60 %Arbitrage interne au contrat, à la valeur du support du jour
Garantie publique en cas de défaillance bancaireGarantie des dépôts plafonnée à 100 000 euros, sous réserve d'un remboursement au pairExclu de la garantie des dépôts par l'article L. 312-4-1 du code monétaire et financierActifs cantonnés au bilan de l'assureur, hors périmètre du fonds de garantie des dépôts
Couche de frais en sus du coût d'entréeAucuneDroits de garde du teneur de compte, et 0,50 % d'exécution en moyenne via une plateformeFrais de gestion annuels du contrat et 0,56 % en moyenne pour l'assureur, jusqu'à 1,50 %
Imposition des gainsPrélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, hors plan d'épargne en actionsImposition au rachat, abattement de 4 600 euros par an après huit ans de contrat
Part du marché françaisOffre bancaire directe, volume non publié séparément21 % des investissements réalisés en compte titres79 % des investissements, circuit dominant du marché
Pour qui

À qui s'adresse cet accompagnement

Détenteurs d'un contrat d'assurance vie multisupport à qui un support structuré est proposé, et qui veulent connaître les trois couches de frais avant d'arbitrer.
Épargnants disposant d'un capital déjà constitué, avec une épargne de précaution intacte à côté et une date de besoin postérieure au terme envisagé.
Chefs d'entreprise détenant une trésorerie patrimoniale, pour qui le rang de créance et la répartition entre plusieurs signatures bancaires priment sur le coupon affiché.
Investisseurs recevant plusieurs propositions concurrentes sur un sous-jacent voisin, et qui cherchent à les ramener à une base de coût comparable.
Retraités visant un complément de revenu conditionnel, qui veulent mesurer la probabilité de versement avant de compter sur ces flux.
Porteurs d'un produit déjà souscrit qui approche d'une date de constatation et qui préparent le réemploi du capital rappelé.
★★★★★

« Ma banque m'a présenté un coupon de 7 % par an sur dix ans. Personne ne m'avait dit que les frais partaient en une fois et que ce type de produit se rembourse le plus souvent au bout de deux ans. Une fois la division faite, j'ai demandé une autre proposition, et l'écart de coût représentait plus de trois mille euros. »

Cadre supérieur, région lyonnaise · Client accompagné par France Épargne
Questions

Les questions posées avant une souscription

Dans le document d'informations clés PRIIPs, sous la forme d'un coût d'entrée implicite, calculé comme la différence entre le nominal et la juste valeur théorique des instruments de réplication. Il ressort à 5,83 % en moyenne sur le marché français, entre 1,20 % et 13,16 % (Pôle commun AMF ACPR, juin 2026). Aucun prélèvement séparé n'apparaît sur le relevé.

Parce que le Pôle commun AMF ACPR classe cette présentation parmi les situations de non conformité. Les frais sont acquittés en totalité à la souscription et ne sont pas restitués lors d'un rappel anticipé. Le rapport précise que le montant total, non annualisé, doit servir de base à l'information sur les coûts et frais.

Rarement de façon totale. Sur 4 046 produits en vie à fin 2024, 14 % offrent une protection totale et inconditionnelle à l'échéance, 57 % une protection conditionnelle par barrière et 26 % aucune protection. Toute garantie annoncée dépend par ailleurs de la solvabilité de l'émetteur et ne joue qu'au terme.

Non. L'article L. 312-4-1 du code monétaire et financier exclut expressément « les titres de créances négociables et autres titres de créances émis par l'établissement de crédit ». La garantie des titres, plafonnée à 70 000 euros, répond à la disparition des titres chez un teneur de compte défaillant et non à la défaillance de l'émetteur.

Celle du distributeur final, comprise entre 0,90 % et 7,11 % pour une moyenne de 3,15 %. Le rapport de juin 2026 indique qu'une rémunération plus faible améliorerait la rentabilité ou le niveau de protection offert au client. Nous arrêtons ce montant par écrit avant de transmettre l'ordre.

La date de retour dépend du franchissement des seuils aux dates d'observation, inconnu à la souscription. Les rappels observés entre 2022 et 2024 sont intervenus après deux ans en moyenne, et 80 % des produits clos entre 2021 et 2023 l'ont été avant trois ans, pour des échéances affichées de huit à douze ans.

Pour aller plus loin

Deux enveloppes juridiques pour une seule formule de rendement

Un dépôt structuré est un dépôt bancaire intégralement remboursable à l'échéance, assorti d'un intérêt ou d'une prime déterminés selon une formule faisant intervenir un indice, un instrument financier, une matière première ou un taux de change. Cette définition est celle de l'article L. 312-22 du code monétaire et financier, dans sa version en vigueur depuis le 3 janvier 2018. Un certificat vise le même résultat économique par une voie juridique distincte : la banque émet un titre de créance négociable dont le remboursement obéit lui aussi à une formule écrite d'avance. Les deux familles relèvent de ce que l'Autorité des marchés financiers nomme un produit structuré, soit « un placement dont la valeur dépend de l'évolution d'un ou plusieurs actifs financiers sous-jacents et d'une formule de calcul prédéfinie » (AMF, note explicative de juin 2026).

La différence de nature juridique commande tout le reste. Le dépôt reste inscrit au passif bancaire et son principal revient au pair au terme convenu. Le certificat quitte le bilan de dépôt pour rejoindre la dette de marché de l'émetteur, ce qui le rend cessible en cours de vie mais aussi soumis aux variations de sa valeur de marché. Le Pôle commun de l'ACPR et de l'AMF le formule sans détour dans son rapport de juin 2026 : « en cas de défaut de l'émetteur, l'investisseur ne sera pas remboursé ». La même étude ajoute que la garantie totale du capital, lorsqu'elle existe, « n'est effective qu'à l'échéance ».

Les mécanismes se ressemblent d'une famille à l'autre. Le premier est le remboursement anticipé automatique, souvent appelé autocall, qui met fin au placement sans intervention de l'épargnant dès que le sous-jacent franchit un seuil à une date d'observation prévue. Le deuxième est la protection conditionnelle du capital, matérialisée par une barrière : tant que l'indice ne l'a pas franchie, le capital initial revient intact ; en dessous, la perte suit la baisse de l'indice et peut être totale. Le troisième est le coupon, versé périodiquement ou en une fois, le plus souvent conditionné par le comportement du sous-jacent. L'AMF résume l'assemblage en une phrase que tout candidat devrait lire deux fois : « les gains sont plafonnés tandis que les pertes peuvent être totales ».

Le marché français a changé d'échelle. La collecte brute auprès des particuliers est passée d'environ 23 milliards d'euros à près de 42 milliards d'euros en deux exercices, soit une progression de 41 %, selon la cartographie publiée par le Pôle commun en avril 2025 sur la base des données de dix producteurs. La commercialisation se fait très majoritairement en assurance vie : 79 % des investissements passent par un contrat, contre 21 % en compte titres. À fin 2023, les supports structurés logés en unités de compte représentaient 57 milliards d'euros sur 507 milliards d'euros d'unités de compte détenues en France, soit 11,3 % contre 8,9 % deux ans plus tôt.

La rémunération de la chaîne ne se lit pas sur un relevé. Le Pôle commun l'écrit ainsi : ces produits « se distinguent par l'absence de prélèvement direct sur le nominal ou sur le rendement », et les acteurs « se rémunèrent par une marge ajoutée à la valeur de marché du produit ». Le règlement européen PRIIPs oblige l'émetteur à publier dans le document d'informations clés un coût d'entrée implicite, calculé comme la différence entre le nominal et la juste valeur théorique des instruments qui permettent de répliquer le produit. Sur un échantillon de 60 titres de créance structurés portés par 18 émetteurs et 20 distributeurs, ce coût d'entrée total ressort à 5,83 % en moyenne, entre un minimum de 1,20 % et un maximum de 13,16 %.

Le montant reste identique quelle que soit la durée de détention, puisqu'il est acquitté une fois pour toutes au moment de l'ordre. Le rapport de juin 2026 en tire la conséquence pratique : « le client doit comprendre que les frais payés à l'entrée ne lui seront pas partiellement remboursés quand bien même le produit serait rappelé avant son échéance ». Cette phrase vaut son pesant d'arbitrage, car la durée moyenne de détention observée sur les produits rappelés entre 2022 et 2024 s'établit à deux ans, quand l'échéance théorique inscrite au contrat court de huit à douze ans. France Épargne construit son analyse à partir de cette asymétrie plutôt qu'à partir du coupon affiché en couverture de brochure.

Une comparaison simple éclaire la décision avant même d'ouvrir la brochure. Les nouveaux dépôts à terme de plus de deux ans des ménages étaient rémunérés 2,85 % en juin 2026, contre 2,73 % le mois précédent, selon le Stat Info publié par la Banque de France le 31 juillet 2026. Ce taux est certain, connu à la signature, et il ne dépend d'aucune condition de marché. Un placement à formule remplace cette certitude par une espérance conditionnelle, plafonnée à la hausse, adossée à la signature d'une banque. Le rendement annuel médian brut servi par les produits remboursés entre 2021 et 2023 s'est établi à 6,50 %, hors frais et hors imposition, dans une fenêtre de marchés actions favorables. Mesurer l'écart entre ces deux repères, puis retrancher le coût d'entrée réellement supporté, constitue la première étape de tout arbitrage sérieux.

Schéma opposant le dépôt bancaire remboursable au pair et le titre de créance négociable
Le dépôt structuré revient au pair à l'échéance, le certificat suit la dette de marché de son émetteur (source : article L. 312-22 du code monétaire et financier).

Le coût d'entrée rapporté à la durée vécue

Le coût d'entrée total moyen atteint 5,83 % et se paie intégralement à la souscription. Rapporté aux deux ans de détention observés en moyenne, il pèse 2,92 % par année détenue, contre 0,58 % dans une présentation annualisée sur dix ans. Le Pôle commun qualifie cette dernière présentation de non conforme.

La part distributeur mise en concurrence

La rémunération du distributeur final s'étale de 0,90 % à 7,11 % selon l'acteur, avec une moyenne de 3,95 % chez les conseillers en investissements financiers et en gestion de patrimoine, et de 2,69 % chez les prestataires de services d'investissement. C'est le seul poste sur lequel une négociation produit un effet mesurable.

La nature exacte de la protection annoncée

Sur 4 046 produits en vie à fin 2024, 74 % affichent une protection en capital, mais 14 % seulement offrent une protection totale et inconditionnelle à l'échéance. 57 % reposent sur une barrière, souvent fixée à 30 % ou 40 % de baisse, et 26 % n'offrent aucune protection.

L'arbitrage entre dépôt et titre de créance

Le dépôt structuré demeure un dépôt bancaire remboursable au pair au terme convenu. Le certificat est un titre de créance négociable, cessible avant l'échéance mais exposé aux variations de sa valeur de marché. Le choix se décide sur votre horizon réel de blocage.

Le calendrier des dates de constatation

Plus de 90 % des produits clos entre 2021 et 2023 l'ont été avant leur durée maximale théorique, 80 % avant trois ans. Le suivi des dates d'observation détermine le moment où votre capital revient et la nécessité de préparer son réemploi.

La lecture de l'indice retenu

Un peu plus du tiers des produits reposent sur un indice à décrément, construit à partir d'un indice à dividendes réinvestis dont on retranche un montant fixe. Ce mécanisme transfère à l'épargnant le risque de variation du dividende, selon la note explicative de l'AMF de juin 2026.

La vérification du marché cible

46 % des produits recensés dans la cartographie d'avril 2025 excluent le grand public au titre du marché cible négatif. Un placement proposé hors de sa clientèle visée expose autant l'épargnant que le distributeur, et cette vérification précède toute proposition chez France Épargne.

Le suivi jusqu'au dénouement

Le capital revient rarement à la date inscrite en couverture. France Épargne suit chaque date d'observation, vous prévient du rappel, et prépare l'affectation du capital libéré avant qu'il ne stationne sur un compte courant rémunéré 0,04 % (Banque de France, juin 2026).

Chiffrez le coût d'entrée sur la durée que vous détiendrez vraiment

Renseignez le montant envisagé, l'échéance affichée sur la brochure et le coût d'entrée annoncé. L'outil restitue la charge par année réellement détenue, l'écart avec la présentation annualisée sur l'échéance théorique, et le montant que rendrait un sourcing au bas de la fourchette observée.

Calculer mon coût par année détenue

Fabrication de la formule et cheminement de votre argent

La banque qui émet un placement à formule ne place pas votre capital sur le sous-jacent annoncé. Elle le décompose en deux briques. La première est une créance sans risque de marché, calibrée pour rendre le nominal au terme convenu lorsque le produit annonce une protection totale. La seconde est un ensemble d'options achetées et vendues, qui reproduit la courbe de gain décrite dans la documentation. L'émetteur met ensuite en place « une politique de couverture en recourant à des instruments dérivés », selon les termes du rapport du Pôle commun de juin 2026. Sa rémunération « n'est pleinement connue qu'à l'échéance », puisqu'elle dépend des conditions de marché futures et du résultat effectif de cette couverture.

La formule s'articule autour de trois paramètres que la brochure présente séparément mais qui s'achètent ensemble. Le niveau de protection fixe le prix de la brique obligataire : plus il est élevé, moins il reste de budget pour acheter de l'optionnalité. La note explicative de l'AMF le dit en une ligne : « une protection plus élevée du capital peut limiter le rendement du produit ». Le seuil de rappel détermine la fréquence à laquelle le produit peut se dénouer par anticipation. La barrière de protection, enfin, borne la baisse absorbée avant que la perte ne devienne équivalente à celle d'un investissement direct. Les barrières observées se situent souvent entre 30 % et 40 % de baisse du sous-jacent.

Le sous-jacent lui même mérite un examen. Les indices dominent : ils représentaient 57 % des encours commercialisés en 2023, devant les actions à 27 % et la classe taux à 13 %. Une part notable de ces indices est développée spécifiquement pour le produit, en lien avec l'établissement qui le structure. Un peu plus du tiers des placements recensés reposent sur un indice à décrément, construit à partir d'un indice à dividendes réinvestis auquel un montant fixe est retranché, en pourcentage ou en points. Le mécanisme sert à couvrir l'émetteur contre la variation du dividende, en transférant ce risque à l'épargnant. En marché haussier, un décrément exprimé en points surperforme un décrément exprimé en pourcentage ; en marché baissier, la hiérarchie s'inverse.

Le coût d'entrée est intégré au prix du produit et n'apparaît sur aucune ligne de prélèvement distincte. Le règlement PRIIPs impose de le calculer comme la différence entre le nominal et la juste valeur économique théorique des instruments de réplication, puis de le publier dans le document d'informations clés. Le rapport du Pôle commun décompose la fourchette observée sur son échantillon de 60 titres : 3,15 % en moyenne pour le distributeur final, 1,07 % pour les distributeurs intermédiaires, 0,56 % pour l'assureur lorsqu'une enveloppe d'assurance vie intervient. Le total ressort à 5,83 % en moyenne. La part restante revient à l'émetteur ; la répartition déclarée entre l'émetteur et les autres maillons se situe généralement entre 50/50 et 30/70 des coûts totaux.

Ces montants sont acquittés en une seule fois. La conséquence arithmétique est directe : la charge réelle se mesure sur la durée pendant laquelle vous détenez effectivement le placement, indépendamment de celle inscrite en couverture. Le Pôle commun a relevé, parmi les situations de non conformité, une « présentation annualisée des coûts qui sont pourtant payés par le client en totalité au moment de l'entrée ». Il rappelle que « ce montant total, non annualisé, doit être la base de l'information sur les coûts et frais ». Un coût d'entrée de 5,83 % divisé par une échéance affichée de dix ans donne 0,58 % par an ; le même coût divisé par les deux ans de détention effectivement observés donne 2,92 % par année détenue. L'écart entre les deux lectures vaut exactement l'échéance affichée divisée par la durée vécue.

S'ajoutent parfois des frais de sortie. Le coût de sortie moyen relevé atteint 0,71 %, avec un maximum de 2,60 %, et 42 des 60 produits étudiés appliquent 0,50 % lorsque le client cède avant le terme. Lorsque l'ordre transite par une plateforme, des frais d'exécution de 0,50 % en moyenne viennent en complément de ceux prélevés à l'entrée. L'information sur ces charges reste rarement conforme : sur 15 prestataires interrogés, 2 seulement, soit 13 %, communiquent l'information ex ante de manière conforme aux exigences de la directive MIF 2. France Épargne reconstitue systématiquement le total avant la souscription et le présente en euros, sur la durée que vous envisagez réellement de tenir.

Le document d'informations clés reste la seule pièce à lire ligne par ligne. Il publie l'indicateur synthétique de risque sur une échelle de 1 à 7, les scénarios de performance, la durée de détention recommandée et le coût d'entrée implicite. Ce dernier chiffre dépend des paramètres propres à l'émetteur et des conditions de marché au moment de la valorisation, ce qui le rend difficile à reconstituer de l'extérieur. Le rapport de juin 2026 le reconnaît explicitement : il est « par conséquent difficile pour le client de connaître, ex ante, la part du montant investi qui servira à rémunérer les différents acteurs de la chaîne ». Cette opacité justifie à elle seule de demander plusieurs documents comparables plutôt que d'en examiner un isolément.

1

Bilan patrimonial et horizon de blocage

Nous relevons votre patrimoine financier, votre épargne de précaution disponible et la date à laquelle vous aurez besoin des sommes envisagées. Cet horizon détermine si un dépôt bancaire remboursable au terme convient mieux qu'un titre de créance cessible en cours de vie.

2

Cahier des charges chiffré

Nous écrivons le niveau de protection recherché, le seuil de rappel acceptable, la nature du sous-jacent et le plafond de coût d'entrée que vous acceptez. Ce document sert de référence commune à tous les émetteurs interrogés, ce qui rend les propositions comparables.

3

Mise en concurrence des émetteurs

Nous sollicitons plusieurs établissements sur le même cahier des charges et comparons les coûts d'entrée implicites publiés dans chaque document d'informations clés. La rémunération du distributeur, comprise entre 0,90 % et 7,11 % sur le marché, est arrêtée par écrit avant l'ordre.

4

Vérification du marché cible et souscription

Nous contrôlons que le produit retenu vous inclut dans son marché cible positif, puis nous arrêtons l'enveloppe de détention entre compte titres, contrat d'assurance vie et contrat de capitalisation. La souscription intervient une fois cette vérification écrite.

5

Suivi des dates de constatation

Nous surveillons chaque date d'observation et vous alertons dès qu'un rappel anticipé se déclenche. Le capital libéré est réaffecté selon un plan préparé à l'avance, sans stationner sur un support de trésorerie faiblement rémunéré.

6

Point annuel et réemploi

Nous reprenons chaque année la position, sa valeur de marché indicative et la distance qui reste jusqu'à la barrière. Le point sert autant à préparer le réemploi qu'à décider d'une éventuelle cession avant le terme, coût de sortie compris.

Représentation des dates de constatation et du mécanisme de remboursement anticipé automatique
Plus de 90 % des produits clos entre 2021 et 2023 l'ont été avant leur durée maximale théorique, 80 % avant trois ans (source : Pôle commun AMF ACPR, avril 2025).

Quelle enveloppe pour votre placement à formule ?

Dépôt structuré bancaire

  • Dépôt intégralement remboursable à l'échéance au sens de l'article L. 312-22 du code monétaire et financier
  • Rémunération versée sous forme d'intérêt ou de prime déterminés par une formule indexée
  • Aucune cotation, donc aucune valeur de marché à suivre en cours de vie
  • Sortie avant le terme généralement impossible ou fortement pénalisée
  • Intérêts imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026
  • Convient aux capitaux dont la date de besoin est postérieure au terme convenu

Certificat ou titre de créance structuré

  • Titre de créance négociable émis par une banque, cessible avant le terme
  • Valeur de marché quotidienne, sensible au sous-jacent, aux taux et à la signature de l'émetteur
  • Coût de sortie moyen de 0,71 % en cas de cession anticipée, jusqu'à 2,60 %
  • Exclu du plan d'épargne en actions, qui n'accueille pas les titres de créance
  • Gains soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en compte titres
  • Convient aux épargnants qui veulent garder la faculté de sortir avant l'échéance

Unité de compte structurée en assurance vie

  • Support logé dans un contrat, sans détention directe du titre par l'épargnant
  • Circuit majoritaire du marché français, avec 79 % des investissements réalisés par cette voie
  • Rémunération de l'assureur de 0,56 % en moyenne, jusqu'à 1,50 %, en sus du coût d'entrée
  • Frais de gestion du contrat prélevés chaque année sur l'encours du support
  • Abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule après huit ans de contrat
  • Convient aux détenteurs de contrats existants recherchant une transmission organisée

Chiffres clés du marché français des placements à formule

CritèreDonnéeSource
Collecte brute annuelle auprès des particuliers23 milliards d'euros puis près de 42 milliards d'euros en deux ansPôle commun AMF ACPR, cartographie d'avril 2025
Part souscrite via un contrat d'assurance vie79 % des investissements, contre 21 % en compte titresPôle commun AMF ACPR, cartographie d'avril 2025
Coût d'entrée total, moyenne et fourchette5,83 % en moyenne, de 1,20 % à 13,16 %Pôle commun AMF ACPR, rapport de juin 2026
Rémunération du distributeur final3,15 % en moyenne, de 0,90 % à 7,11 %Pôle commun AMF ACPR, rapport de juin 2026
Coût de sortie avant le terme0,71 % en moyenne, jusqu'à 2,60 %Pôle commun AMF ACPR, rapport de juin 2026
Durée réelle avant remboursement anticipé2 ans en moyenne, pour une échéance affichée de 8 à 12 ansPôle commun AMF ACPR, rapport de juin 2026
Produits clos avant leur durée maximale théoriqueplus de 90 %, dont 80 % avant trois ansPôle commun AMF ACPR, cartographie d'avril 2025
Protection totale et inconditionnelle du capital14 % des 4 046 produits en vie à fin 2024Pôle commun AMF ACPR, rapport de juin 2026
Produits sans aucune protection en capital26 % des produits en vie à fin 2024Pôle commun AMF ACPR, rapport de juin 2026
Rendement annuel médian brut des produits remboursés6,50 % sur les produits clos entre 2021 et 2023Pôle commun AMF ACPR, cartographie d'avril 2025
Écart de performance face aux fonds indiciels équivalents2,4 points en défaveur des placements à formule sur 2022 à 2024Pôle commun AMF ACPR, rapport de juin 2026
Plafond de la garantie des dépôts100 000 euros par déposant et par établissementFonds de garantie des dépôts et de résolution
Plafond de la garantie des titres70 000 euros par client et par établissementFonds de garantie des dépôts et de résolution
Taux des nouveaux dépôts à terme de plus de deux ans2,85 % en juin 2026 pour les ménagesBanque de France, Stat Info du 31 juillet 2026

Comparez deux propositions sur la même base de coût

Deux brochures affichant le même coupon peuvent porter des coûts d'entrée séparés de plus de dix points. L'outil ramène chaque proposition à une charge par année détenue et chiffre en euros l'écart entre un sourcing au bas et au haut de la fourchette observée sur le marché.

Comparer mes propositions

Un marché multiplié par 1,8 en deux exercices, sous surveillance renforcée

La collecte brute des placements à formule auprès de la clientèle non professionnelle française est passée d'environ 23 milliards d'euros à près de 42 milliards d'euros en deux exercices, soit une progression de 41 %, selon la cartographie du Pôle commun AMF ACPR publiée en avril 2025 à partir des données de dix producteurs. Deux causes sont identifiées : l'arrivée d'une banque étrangère sur le marché français et la montée en volume des producteurs déjà installés, en particulier du leader historique. Le nombre de produits commercialisés a pratiquement doublé sur la même période. Les quatre premiers producteurs concentrent plus de la moitié du marché.

La remontée des taux directeurs a modifié la physionomie de l'offre. Quand l'argent sans risque rapporte, la brique obligataire qui garantit le capital coûte moins cher à construire, ce qui libère du budget pour l'optionnalité. La part de produits offrant une protection totale du capital à l'échéance a donc augmenté sans interruption : plus d'un tiers des produits émis lors du dernier exercice cartographié. La proportion des produits les moins risqués a suivi, avec près de 40 % de produits notés SRI 1 à 3, contre 9 % deux ans plus tôt. L'indicateur synthétique de risque SRI est attribué à chaque placement par le règlement PRIIPs sur une échelle de 1 à 7.

Les rendements servis pendant cette période ont été portés par des marchés actions orientés à la hausse. Le rendement annuel médian brut ressort à 6,50 % sur les produits remboursés entre 2021 et 2023, hors frais et hors fiscalité, et moins de 1 % des produits remboursés ont enregistré une perte en capital. Ce chiffre décrit une fenêtre favorable et non une caractéristique du véhicule. La cartographie prend soin de le rappeler : ces performances « ne doivent pas occulter le risque de perte en capital en cas de retournement du marché ».

Le rapport de juin 2026 apporte la mesure qui manquait, celle du coût d'opportunité. Le Pôle commun a répliqué les sous-jacents de 65 produits représentatifs du marché, portant 5 milliards d'euros d'encours, par des fonds indiciels sans protection du capital, sur la même période. L'écart atteint 2,4 points en défaveur des placements à formule. Le rapport en donne l'explication : le rendement de ces produits « est généralement plafonné et conditionnel », la formule empêchant de capter l'intégralité de la hausse du sous-jacent, en contrepartie d'une protection le plus souvent conditionnelle.

La contrepartie joue en sens inverse dans les marchés sans tendance. Le rapport le reconnaît explicitement : dans un environnement faiblement haussier ou faiblement baissier, les coupons conditionnels génèrent un rendement positif y compris sans progression du sous-jacent, et l'épargnant peut alors percevoir une performance supérieure à celle d'un investissement direct qui serait nulle ou négative. La question posée à un candidat n'est donc pas celle du rendement passé mais celle du scénario de marché qu'il anticipe et de sa tolérance à un gain plafonné.

Les deux autorités ont durci leur regard sur la distribution. Sur 52 titres de créance structurés étudiés, 93 % disposaient d'un marché cible, mais 34 n'avaient pas renseigné le sous-critère de durabilité et 4 n'avaient pas renseigné l'horizon d'investissement. Les investisseurs au niveau de connaissances le plus faible figuraient au marché cible positif de 14 produits, soit 28 % de l'échantillon, dont certains recouraient à un indice à décrément. Sur 11 prestataires fournissant un service de conseil, 3 seulement disposaient d'un questionnaire d'évaluation des connaissances jugé satisfaisant. La Recommandation ACPR n° 2023-R-01 s'applique depuis le 1er janvier 2024 et encadre la commercialisation en assurance vie.

La conclusion opérationnelle tient en une phrase du rapport : « une rémunération plus faible serait de nature à améliorer les caractéristiques du produit offertes au client », en rentabilité comme en niveau de protection. Autrement dit, la marge prélevée par la chaîne de distribution n'est pas un simple coût de fonctionnement, elle réduit directement le budget disponible pour construire la formule. C'est sur ce point précis que porte le travail de France Épargne : arrêter par écrit la rémunération du distributeur avant l'ordre, et faire jouer la concurrence entre émetteurs sur un cahier des charges identique.

Les flux observés en assurance vie donnent la mesure du renouvellement permanent de l'encours. Sur le premier exercice couvert par la cartographie, 18 milliards d'euros ont été investis par les assurés français dans des unités de compte structurées, quand 11 milliards leur étaient remboursés. L'exercice suivant, 25 milliards ont été investis pour 15 milliards remboursés. Chaque rappel anticipé libère donc un capital qui doit être réaffecté, souvent dans un délai court et sans plan préétabli. La thématique ESG, très présente au début de la période, recule nettement : les produits indexés sur un indice à thématique environnementale, sociale et de gouvernance ne représentent plus que 5 % du nombre de produits commercialisés, contre 18 % deux ans plus tôt.

Rémunération observée par maillon de la chaîne de distribution

Minimum observé (en %)
+0,9+2+0,900+1,2DistributeurfinalCIF et CGPPrestataire deservices d'investissementDistributeurintermédiaireAssureurCoût d'entréetotal
Source : Pôle commun AMF ACPR, échantillon de 60 titres de créance structurés, rapport de juin 2026
Illustration de la répartition du coût d'entrée entre les maillons de la chaîne de distribution
Le coût d'entrée total s'échelonne de 1,20 % à 13,16 % selon le circuit retenu (source : Pôle commun AMF ACPR, juin 2026).

Défaut de l'émetteur, garanties légales et imposition applicable

La première ligne de risque d'un placement à formule porte sur la signature de celui qui l'émet. Le rapport du Pôle commun de juin 2026 l'écrit sans nuance : « en cas de défaut de l'émetteur, l'investisseur ne sera pas remboursé », et « même en cas de garantie totale du capital, celle-ci est soumise au risque de défaut de l'émetteur et n'est effective qu'à l'échéance ». La protection annoncée sur la brochure constitue une promesse contractuelle de la banque émettrice, qu'aucun mécanisme extérieur ne reprend. Elle produit ses effets au seul terme du produit : une cession décidée par l'épargnant en cours de vie ou le dénouement d'un contrat d'assurance vie logeant le support la laissent sans portée.

Les deux mécanismes publics de garantie répondent à des situations différentes de celle-là. La garantie des dépôts couvre 100 000 euros par déposant et par établissement en cas de défaillance bancaire. L'article L. 312-4-1 du code monétaire et financier en exclut expressément plusieurs catégories, parmi lesquelles « les dépôts dont le principal n'est pas remboursable au pair, ou n'est remboursable au pair qu'en vertu d'une garantie spécifique ou d'un accord spécifique », « les dépôts dont l'existence ne peut être prouvée que par un instrument financier » et « les titres de créances négociables et autres titres de créances émis par l'établissement de crédit ». Un certificat, en tant que titre de créance, relève de cette dernière exclusion.

La garantie des titres suit une logique distincte encore. Elle indemnise jusqu'à 70 000 euros par client et par établissement, et elle se déclenche uniquement lorsque les titres ont disparu des comptes et que l'établissement, en cessation de paiements, ne peut plus les restituer. Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution précise qu'elle ne couvre pas les litiges nés d'une mauvaise gestion du portefeuille ni les variations de valeur des titres liées à l'évolution des marchés. La défaillance de l'émetteur d'un titre détenu chez un teneur de compte solvable sort donc du périmètre de ce dispositif.

Le deuxième bloc de risque tient à la formule elle même. Sur 4 046 produits en vie à fin 2024, 26 % n'offrent aucune protection en capital et 57 % reposent sur une protection conditionnelle matérialisée par une barrière, le plus souvent située entre 30 % et 40 % de baisse. En deçà de ce seuil, l'exposition redevient équivalente à celle d'un investissement direct, et la perte peut être totale. Seuls 14 % des produits assurent une protection totale et inconditionnelle du capital à l'échéance, sous réserve d'une conservation jusqu'au terme. Le rapport ajoute que 3 % offrent une protection partielle inconditionnelle, protégeant généralement entre 70 % et 90 % du capital investi.

Le troisième bloc concerne l'information reçue. Sur 15 prestataires interrogés sur les coûts, 2 seulement communiquaient une information ex ante conforme aux exigences de la directive MIF 2, soit 13 %. Parmi les manquements relevés figurent l'absence complète de communication au motif que le client avait déjà reçu le document d'informations clés, la présentation annualisée de coûts pourtant payés en totalité à l'entrée, et l'absence de mention des rétrocessions reçues du producteur. Un placement souscrit dans une offre exemptée de prospectus ne peut par ailleurs être proposé à plus de 149 investisseurs non qualifiés dans un même pays.

L'imposition dépend de l'enveloppe. En compte titres, les intérêts d'un dépôt structuré comme les gains d'un certificat relèvent des revenus de capitaux mobiliers et supportent le prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux après le relèvement de la contribution sociale généralisée de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du patrimoine. L'option pour le barème progressif reste ouverte et se calcule au cas par cas. Un titre de créance structuré n'entre pas dans un plan d'épargne en actions, qui n'accueille pas cette catégorie de titres.

En assurance vie, la fiscalité s'applique au rachat et non au dénouement du support. Après huit ans de contrat, l'abattement annuel atteint 4 600 euros de gains pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune, et les produits d'assurance vie conservent 17,2 % de prélèvements sociaux. Le support structuré supporte en plus les frais de gestion annuels du contrat, calculés sur l'encours, ainsi que la rémunération de l'assureur au titre de la distribution, mesurée à 0,56 % en moyenne et jusqu'à 1,50 %. France Épargne chiffre ces trois couches avant l'ordre plutôt qu'à la première déclaration de revenus.

Le canal de distribution conditionne enfin le niveau de complexité auquel vous serez exposé. Le rapport de juin 2026 observe que les produits diffusés par des réseaux internes présentent le plus souvent des caractéristiques standards, tandis que la distribution externe fait apparaître plus fréquemment des indices taillés sur mesure, des fonds maison utilisés comme sous-jacents et des indices sur action unique assortis d'un décrément. En compte titres, les produits placés dans une offre exemptée de publication d'un prospectus sont décrits comme « généralement plus complexes et risqués » que ceux distribués en offre au public. Demander sous quel régime d'offre le produit est diffusé constitue donc une question simple dont la réponse renseigne immédiatement sur le degré de sophistication attendu.

Questions fréquentes sur les dépôts structurés et les certificats

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La question que je pose en premier n'est jamais celle du coupon affiché. Je demande à mon client à quelle date il aura besoin de cet argent, puis je divise le coût d'entrée par cette durée. Sur les propositions que je reçois, l'écart entre la charge annoncée et la charge réellement supportée va souvent du simple au quintuple.

L'équipe conseil de France ÉpargneConseillers en Gestion de Patrimoine

À qui ces placements à formule conviennent réellement

Le profil type se reconnaît à trois traits mesurables : un capital déjà constitué, un horizon de blocage identifié, et une épargne de précaution intacte à côté. Le placement à formule ne convient jamais comme premier support, parce que la protection annoncée ne joue qu'à l'échéance et que la sortie anticipée s'opère à la valeur de marché du jour. Le rapport du Pôle commun de juin 2026 insiste sur ce point : la protection du capital « n'est valable qu'à l'échéance » et l'épargnant « ne sera pas protégé en cas de sortie en cours de vie du produit ».

Le détenteur d'un contrat d'assurance vie multisupport constitue le premier profil concerné, et de loin. Il représente le circuit dominant du marché français, avec 79 % des investissements réalisés par cette voie. L'intérêt tient à l'articulation entre le support et l'enveloppe : l'antériorité fiscale du contrat continue de courir, la clause bénéficiaire reste inchangée, et le capital rappelé par anticipation se réinvestit à l'intérieur du contrat sans imposition intermédiaire. La contrepartie est double, avec les frais de gestion annuels du contrat et la rémunération de l'assureur au titre de la distribution, mesurée à 0,56 % en moyenne.

Le cadre supérieur en phase de constitution vient ensuite. Son épargne de précaution est logée sur des livrets réglementés, son immobilier de résidence est financé, et il dispose d'une capacité d'affectation qu'il ne souhaite pas exposer intégralement aux marchés actions. Un produit à protection totale et inconditionnelle du capital, catégorie qui ne représente que 14 % de l'offre en vie à fin 2024, lui apporte une exposition indirecte sans risque de marché à l'échéance. La comparaison pertinente n'est alors pas le CAC 40 mais un dépôt à terme classique, rémunéré 2,85 % sur les nouveaux contrats de plus de deux ans en juin 2026 selon la Banque de France.

Le chef d'entreprise disposant d'une trésorerie patrimoniale trouve dans le certificat une souplesse que le dépôt ne donne pas. Le titre est coté, cessible avant le terme, et il peut loger dans un contrat de capitalisation détenu par une société. Le point de vigilance porte sur le rang de créance : un certificat est une dette de marché de la banque émettrice, exclue de la garantie des dépôts par l'article L. 312-4-1 du code monétaire et financier. La répartition du risque entre plusieurs signatures devient alors un exercice de construction à part entière.

Le retraité recherchant un complément de revenu trouve une réponse partielle dans les formules distribuant des coupons conditionnels. Le rapport de juin 2026 décrit précisément le scénario dans lequel ces produits prennent l'avantage : en marché faiblement haussier ou faiblement baissier, les coupons conditionnels génèrent un rendement positif alors qu'un investissement direct dans le sous-jacent serait nul ou négatif. La limite tient au caractère conditionnel du versement et au plafonnement du gain, qui interdit de compter sur ces flux comme sur une rente contractuelle.

Deux profils doivent être écartés sans hésitation. Le premier est l'épargnant dont le capital constitue la seule réserve disponible, parce que l'échéance affichée court de huit à douze ans et que la date de retour dépend de seuils de marché inconnus à la souscription. Le second est celui qui ne parvient pas à réexpliquer la formule avec ses propres mots. Le Pôle commun le formule ainsi : « un investisseur particulier ne devrait pas investir dans un produit structuré s'il n'est pas en mesure d'en comprendre le fonctionnement, les conditions de performance et les risques de perte ». Cette phrase engage autant le distributeur que l'épargnant, et 46 % des produits recensés excluent d'ailleurs explicitement le grand public de leur marché cible.

Reste la question du dimensionnement. Certains assureurs interrogés dans l'enquête ont instauré un seuil de 50 % maximum de supports complexes au sein d'un contrat, précisément pour éviter la concentration sur une seule classe d'actifs. Ce garde-fou interne donne un ordre de grandeur utile, même s'il n'a aucune valeur réglementaire générale. France Épargne raisonne à partir de votre patrimoine financier global, de vos échéances connues et du nombre de signatures bancaires déjà portées par vos autres placements, puis fixe une part cible avant de sélectionner le moindre produit.

L'éligibilité théorique des produits ne recoupe pas les usages constatés. La cartographie d'avril 2025 relève que 47 % des produits sont éligibles à la fois au compte titres et à l'assurance vie, 37 % à l'assurance vie seule et 16 % au compte titres seul. Le choix d'enveloppe se joue donc rarement sur une contrainte technique et presque toujours sur votre situation patrimoniale. À l'autre extrémité du spectre, 8 % des encours sont réservés à une clientèle qualifiée d'avancée par les émetteurs eux mêmes, c'est-à-dire des investisseurs informés, capables de supporter une volatilité marquée et des pertes partielles ou totales, avec un horizon de placement long. Se situer honnêtement sur cette échelle vaut mieux que toute grille de risque remplie à la hâte.

Illustration des profils d'épargnants concernés par les placements à formule
79 % des souscriptions passent par un contrat d'assurance vie, contre 21 % en compte titres (source : Pôle commun AMF ACPR, avril 2025).

Faites relire votre proposition avant de signer l'ordre

Un conseiller France Épargne reprend le document d'informations clés, isole le coût d'entrée implicite, le rapporte à votre horizon réel de blocage et vérifie que vous figurez bien au marché cible positif du produit. La rémunération du distributeur est arrêtée par écrit avant la souscription. Réponse sous 6h, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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Faites relire votre proposition avant de transmettre l'ordre

Un conseiller France Épargne reprend votre document d'informations clés, isole le coût d'entrée implicite, le rapporte à votre horizon réel de blocage et vérifie que vous figurez au marché cible positif du produit. Plusieurs émetteurs sont interrogés sur un cahier des charges identique avant toute souscription. Réponse sous 6h, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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