Assurance · risques transactionnels

Assurance Risques Transactionnels (Warranty & Indemnity)

Votre garantie de passif ne coûte pas une part du prix, elle vous en rend une

Lors d'une cession, la garantie d'actif et de passif engage le vendeur pendant des années et bloque une fraction du prix en séquestre. L'assurance Warranty & Indemnity inverse ce mécanisme : l'assureur se substitue au cédant, le séquestre disparaît, et le vendeur encaisse 100 % du prix dès le closing. Le coût de cette liberté, c'est une prime unique de 1 à 2 % du montant couvert.

A

Le séquestre gèle une part du prix

Dans une garantie d'actif et de passif classique, une fraction du prix, souvent 5 à 10 %, est consignée sur un compte séquestre à la CARPA pendant toute la durée de garantie, de 24 à 60 mois. Le cédant ne dispose pas de cette somme.

B

La W&I supprime ce blocage

L'assureur indemnise l'acquéreur à la place du cédant en cas de violation des garanties. La responsabilité contractuelle du vendeur tombe à un montant symbolique et il encaisse l'intégralité du prix au closing : c'est le clean exit.

C

Une prime unique, pas un capital gelé

La prime représente 1 à 2 % du montant couvert, payée une seule fois au closing (WTW, AIG, Practical Law). Elle remplace un capital immobilisé pendant trois à cinq ans, dont le coût d'opportunité est bien supérieur.

D

Un marché porté par le private equity

Le marché européen des opérations M&A assurance a atteint 789 opérations en 2025, en hausse de 14 % sur un an (FTI Consulting, 2026). Le marché français est très majoritairement buy-side : l'acquéreur souscrit, la prime est souvent déduite du prix.

Fonctionnement

Notre méthode pour structurer votre police W&I

01

Bilan de l'opération

Analyse de la structure de la cession, du périmètre des garanties d'actif et de passif du SPA et du profil de risque de la cible, pour cadrer la couverture utile au-delà d'un plafond forfaitaire.

02

Étude des due diligences

Revue de la profondeur des audits juridique, financier et fiscal exigés par les assureurs, pour anticiper les zones qui resteront exclues et maximiser le périmètre effectivement couvert.

03

Mise en concurrence des assureurs

Sollicitation des porteurs spécialisés des risques transactionnels, distincts des généralistes, pour caler le plafond, la rétention et les exclusions sur votre opération et obtenir la prime la plus juste.

04

Souscription et articulation avec le SPA

Formalisation de la police back-to-back avec le contrat de cession, coordination du calendrier signing et closing, puis suivi de la couverture jusqu'à l'expiration de la durée de garantie.

Comparatif

Garantie de passif classique ou assurance W&I

CritèreCritèreGarantie de passif classiqueAssurance W&I calibrée France Épargne
Disponibilité du prixFraction gelée en séquestre 3 à 5 ans100 % encaissés au closing
Recours en cas de sinistreContre d'anciens actionnairesContre un assureur solvable
Engagement du cédantPersonnel sur toute la duréeRamené à un montant symbolique
CoûtCapital immobilisé, coût d'opportunitéPrime unique de 1 à 2 % de la couverture
Pour qui

Pour qui la W&I fait la différence

Fonds de private equity : distribuer le produit de cession aux souscripteurs sans conserver un passif, ou protéger le service de la dette d'un LBO contre un choc de passif.
Dirigeants cédants : un clean exit qui sécurise le patrimoine personnel post-cession, quand le prix de vente constitue l'essentiel de l'épargne.
PME et ETI en croissance externe : sécuriser un rachat sans dépendre de la solvabilité future du cédant, face à la montée du private equity.
Acquéreurs stratégiques et deals cross-border : harmoniser le traitement du risque entre des parties de cultures juridiques différentes.
★★★★★

« Nous avons vendu à un fonds et voulions un clean exit total. La police W&I a supprimé le séquestre : nous avons encaissé l'intégralité du prix au closing, et l'assureur porte désormais le risque de garantie à notre place. »

Un dirigeant cédant · Cession d'une ETI à un fonds de private equity
Questions

Questions fréquentes

En France, la police est très majoritairement buy-side : l'acquéreur souscrit, souvent un fonds, et la prime est fréquemment déduite du prix. Une police sell-side existe mais reste minoritaire.

La prime est unique et représente généralement 1 à 2 % du montant couvert (WTW, AIG, Practical Law), payée au closing. S'ajoutent des frais de souscription et une rétention de 0,5 à 1 % de la valeur d'entreprise.

Les faits connus révélés en due diligence, la fraude du cédant, certains risques fiscaux comme les prix de transfert, le passif environnemental et les garanties prospectives (Clifford Chance).

La limite s'établit typiquement entre 10 % et 30 % de la valeur d'entreprise, avec un plancher fréquent autour de 5 millions de dollars (Jones Day, Cooley), et peut monter jusqu'à 100 % sur demande.

Le processus d'underwriting dure généralement 2 à 3 semaines (Acquinex). Impliquer l'assureur tôt évite les retards liés à une intégration de dernière minute dans le deal.

Pour aller plus loin

Assurance Warranty & Indemnity : définition et rôle dans une cession

L'assurance Warranty & Indemnity (W&I), aussi appelée assurance de garantie de passif ou assurance Representations & Warranties (R&W), couvre l'assuré contre les pertes financières résultant de la violation des déclarations et garanties consenties par le cédant dans le contrat de cession d'une entreprise. En droit français, ces déclarations et garanties forment la garantie d'actif et de passif (GAP) : le vendeur y affirme que la situation de la société cible est conforme à ce qu'il a déclaré. Si un passif non révélé apparaît après le closing ou si un actif se révèle surévalué, l'assureur indemnise l'assuré à la place du cédant.

Le mécanisme répond à une tension structurelle de toute opération de fusion-acquisition. L'acquéreur veut une garantie solide et durable ; le vendeur veut être libéré et disposer de son prix. La GAP traditionnelle résout ce conflit par la consignation : une fraction du prix, souvent 5 à 10 %, est déposée sur un compte séquestre à la CARPA pendant toute la durée de la garantie. La W&I remplace ce blocage par une police d'assurance : le séquestre disparaît, la responsabilité contractuelle du cédant est ramenée à un euro symbolique, et le vendeur encaisse l'intégralité du prix dès la vente.

Le recours à la W&I a fortement progressé en France sous l'influence du private equity, selon Thomson Reuters Practical Law. Un fonds vendeur doit distribuer le produit de cession à ses souscripteurs sans conserver un passif éventuel pendant des années ; un fonds acquéreur préfère se retourner, en cas de sinistre, vers un assureur solvable plutôt que vers d'anciens actionnaires dispersés. Le marché européen des opérations de M&A recourant à l'assurance a atteint 789 opérations en 2025, soit une hausse de 14 % par rapport à 694 en 2024 (baromètre FTI Consulting, 2026), et 65 % des praticiens interrogés anticipaient une hausse de l'usage de la W&I et de la R&W (Norton Rose Fulbright, 2025).

La police est un produit à prime unique : elle représente généralement 1 à 2 % du montant couvert, payée une seule fois au closing, non renouvelable (WTW, AIG, Practical Law). Elle n'est pas une couverture d'exploitation renouvelée chaque année, mais un instrument de transaction, calé sur une opération précise et sur le périmètre exact des garanties du SPA (Share Purchase Agreement). Sa limite de couverture, sa rétention, sa durée et ses exclusions se négocient au cas par cas, ce qui distingue la W&I des assurances de masse.

En pratique, la police se décline en deux formes. La police buy-side, souscrite par l'acquéreur, domine très largement le marché français : elle protège l'acheteur, et sa prime est souvent déduite du prix de cession. La police sell-side, souscrite par le vendeur, reste minoritaire et couvre le cédant contre une réclamation de l'acquéreur pour violation non intentionnelle des garanties. Dans les deux cas, la logique est la même : substituer la solvabilité d'un assureur à l'incertitude d'un recours contractuel entre des parties dont les intérêts divergent une fois la vente conclue.

Il faut distinguer la W&I de la simple garantie contractuelle qu'elle vient doubler. La garantie d'actif et de passif reste inscrite dans le contrat de cession : le cédant continue de déclarer que les comptes sont sincères, que la société n'a pas de dette cachée, qu'elle est en règle avec l'administration fiscale et sociale. Ce que la W&I change, ce n'est pas le contenu de ces déclarations, mais l'identité de celui qui en supporte la charge financière si elles se révèlent inexactes. L'assureur devient le débiteur de l'indemnité, ce qui transforme un litige incertain entre anciennes parties en une réclamation traitée par un professionnel du risque. Cette bascule explique que la W&I soit souvent présentée comme un instrument de transfert de risque plus que comme une assurance classique.

La distinction avec d'autres couvertures transactionnelles mérite aussi d'être posée. La W&I ne couvre pas un risque fiscal déjà identifié et chiffré, qui relève d'une assurance de risque fiscal dédiée (tax liability insurance) ; elle ne couvre pas non plus un contentieux en cours, qui relève d'une assurance de risque spécifique (contingent risk insurance). La W&I porte sur l'inconnu : les violations de garanties non révélées au jour de la cession. C'est précisément parce qu'elle assure l'imprévu qu'elle exige des due diligences sérieuses, seul moyen pour l'assureur de délimiter ce qu'il accepte de garantir. Confondre ces produits conduit à croire couvert un risque qui ne l'est pas, une erreur fréquente que l'accompagnement d'un courtier spécialisé permet d'éviter dès la structuration de l'opération. Chez France Épargne, cette articulation entre les différentes assurances transactionnelles fait partie du cadrage initial de chaque opération, afin qu'aucun risque ne reste orphelin entre deux polices.

Schéma du mécanisme de l'assurance de garantie de passif dans une opération de fusion-acquisition
La W&I substitue une police d'assurance au séquestre de la garantie d'actif et de passif (source : synthèse France Épargne, WTW, AIG).

Clean exit pour le cédant

Le vendeur encaisse 100 % du prix dès le closing, sans immobilisation de fonds. Son engagement se limite à la prime, et il élimine le risque de restituer une part significative du prix des années plus tard.

Un assureur solvable côté acquéreur

En cas de sinistre, l'acquéreur se retourne vers un assureur plutôt que vers d'anciens actionnaires parfois insaisissables. La sécurité du recours est renforcée, pas affaiblie, ce qui explique la domination des polices buy-side.

Une prime unique maîtrisée

La prime représente 1 à 2 % du montant couvert, payée une seule fois au closing (WTW, AIG). Elle est prévisible, contrairement au coût d'opportunité d'un capital gelé en séquestre pendant trois ans.

Un plan de financement LBO sécurisé

Une hausse inattendue du passif fiscal ou un redressement social peut menacer le service de la dette et déclencher un défaut de covenant. La W&I répercute ce choc sur l'assureur au lieu de l'acquéreur.

Une négociation débloquée

Quand vendeur et acquéreur butent sur le plafond ou la durée de la GAP, la police lève l'obstacle : l'assureur porte le risque et la transaction avance sans compromis paralysant sur le partage du risque.

Un périmètre calé sur le SPA

La police est structurée back-to-back avec les garanties du contrat de cession. La couverture épouse les déclarations effectivement négociées, avec un plafond usuel de 10 à 30 % de la valeur d'entreprise.

Une rétention en recul

La franchise (rétention) s'établit couramment entre 0,5 % et 1 % de la valeur d'entreprise, avec une tendance baissière jusqu'à 0,25 % à 0,5 % sur les grosses opérations en 2025 (wi-insurance.com).

Un standard des deals cross-border

La W&I est devenue un réflexe des opérations transfrontalières et des sorties de fonds. Elle harmonise le traitement du risque entre des parties de cultures juridiques différentes.

Votre cession justifie-t-elle une police W&I ?

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Comment fonctionne une police Warranty & Indemnity

La police W&I s'articule autour d'un principe simple : la couverture est structurée back-to-back avec les garanties du contrat de cession. L'assureur reprend, dans la police, les déclarations et garanties du SPA, puis les module par un jeu de plafonds, de seuils et d'exclusions. Comprendre ces paramètres est indispensable pour évaluer ce que la police protège réellement.

Le premier paramètre est la limite de couverture (policy limit), c'est-à-dire le montant maximal que l'assureur indemnisera. Elle peut aller de 2,5 % à 100 % de la valeur d'entreprise, mais s'établit typiquement entre 10 % et 30 % de la valeur d'entreprise, avec un plancher fréquent autour de 5 millions de dollars (Jones Day, Cooley). Cette limite reflète l'appétit au risque de l'assuré et le niveau de garantie qu'il aurait exigé du cédant en l'absence d'assurance.

Le deuxième paramètre est la rétention (retention ou deductible), la franchise que l'assuré conserve à sa charge avant que la police n'intervienne. Elle se situe couramment entre 0,5 % et 1 % de la valeur d'entreprise pour une entreprise opérationnelle, avec une tendance baissière : les assureurs proposent de plus en plus des rétentions inférieures à 1 %, jusqu'à 0,25 % à 0,5 % pour les grosses transactions en 2025 (wi-insurance.com). Une rétention nulle (nil retention) reste rare et réservée aux opérations à faible risque, principalement immobilières.

Le troisième paramètre est le de minimis, le montant plancher que chaque perte doit atteindre pour engager la couverture, souvent aligné sur le seuil de matérialité retenu pour les due diligences. En dessous, la perte n'est pas indemnisable. Ce seuil évite d'engorger la police de réclamations mineures et concentre la couverture sur les sinistres significatifs.

Le processus d'underwriting conditionne l'accès à la police. L'assureur exige des due diligences couvrant au minimum les aspects juridique, financier et fiscal de la cible, à un niveau conforme aux standards de marché pour une opération de taille comparable. La revue de l'assureur est confirmatoire : elle vérifie que les garanties reposent sur une analyse sérieuse. Après un underwriting call, l'assureur pose des questions dites de Tranche 1 puis de Tranche 2 pour clarifier les zones grises, puis remet un premier projet de police, négocié entre l'acquéreur et l'assureur. Le processus dure généralement 2 à 3 semaines (Acquinex).

La police est émise à la date de signing du contrat de cession, et la prime est réglée en une fois au closing de l'opération. Cette chronologie a une conséquence pratique : intégrer la W&I au dernier moment, pour dénouer un blocage de dernière minute entre vendeur et acquéreur, provoque des retards, car l'assureur doit alors reprendre l'ensemble des documents. La bonne pratique consiste à impliquer l'assureur tôt, dès la structuration de l'opération, pour que l'underwriting avance en parallèle des négociations.

La police distingue par ailleurs deux périodes de couverture, alignées sur les catégories de garanties. Les garanties générales (business warranties) portent sur l'état opérationnel de la société : contrats, litiges, propriété intellectuelle, conformité. Elles sont couvertes sur une durée courte, souvent 24 à 36 mois. Les garanties fondamentales (fundamental warranties), qui touchent à la propriété des titres et à la capacité de vendre, ainsi que les garanties fiscales, bénéficient d'une durée plus longue, jusqu'à 5 ou 7 ans. Cette structuration à deux vitesses épouse la réalité du risque : un litige commercial se révèle vite, un redressement fiscal peut surgir des années après la cession, dans la limite des délais de prescription.

Un autre mécanisme mérite attention : la couverture de la période entre le signing et le closing (gap coverage). Entre la signature du contrat et la réalisation effective de la vente, des faits nouveaux peuvent apparaître. Les faits connus de l'acquéreur pendant cet intervalle sont généralement exclus, mais la police peut couvrir les violations de garanties qui surviennent à son insu. La négociation de ce point, souvent technique, illustre pourquoi la structuration d'une W&I ne se résume pas au choix d'un plafond : elle engage une lecture fine du calendrier de l'opération et du partage du risque entre les parties.

Enfin, le coût complet de la police ne se limite pas à la prime. S'y ajoutent l'underwriting fee de l'assureur, réglé au closing, les honoraires du courtier qui structure la couverture, et parfois le coût de due diligences complémentaires exigées par l'assureur pour lever une réserve. Un conseiller France Épargne cadre ce budget global en amont, afin que l'assuré compare le coût réel de la W&I à celui, souvent sous-estimé, d'un capital gelé en séquestre pendant plusieurs années. Cette lecture économique, et non seulement juridique, est au cœur de l'accompagnement sur les opérations de cession.

1

Bilan de l'opération

Analyse de la structure de la cession, du périmètre des garanties d'actif et de passif du SPA et du profil de risque de la cible, pour cadrer la couverture utile au-delà d'un plafond forfaitaire.

2

Étude des due diligences

Revue de l'état d'avancement et de la profondeur des due diligences juridique, financière et fiscale, exigées par les assureurs, pour anticiper les zones qui resteront exclues et celles qui seront couvertes.

3

Mise en concurrence des assureurs

Sollicitation des porteurs spécialisés des risques transactionnels, distincts des généralistes, pour caler le plafond, la rétention et les exclusions sur votre opération et obtenir la prime la plus juste.

4

Souscription et articulation avec le SPA

Formalisation de la police back-to-back avec le contrat de cession, coordination du calendrier signing et closing, puis suivi de la couverture jusqu'à l'expiration de la durée de garantie.

Processus d'underwriting d'une police Warranty & Indemnity, du signing au closing
L'underwriting confirmatoire s'adosse aux due diligences et dure 2 à 3 semaines (source : synthèse France Épargne, Acquinex).

Garantie de passif classique ou assurance W&I ?

Garantie d'actif et de passif classique

  • Le cédant reste engagé personnellement sur la durée de la garantie
  • Séquestre CARPA de 5 à 10 % du prix consigné pendant 24 à 60 mois
  • Recours contre d'anciens actionnaires parfois insaisissables
  • Plafond souvent de 10 à 30 % du prix, dégressif dans le temps
  • Aucune prime, mais un capital immobilisé et un coût d'opportunité

Assurance Warranty & Indemnity

  • Le cédant encaisse 100 % du prix au closing, clean exit
  • Aucun séquestre : le capital reste disponible immédiatement
  • Recours contre un assureur solvable en cas de sinistre
  • Couverture usuelle de 10 à 30 % de la valeur d'entreprise
  • Prime unique de 1 à 2 % du montant couvert, payée une fois

Chiffres clés de l'assurance de garantie de passif

CritèreDonnéeSource
Prime W&I1 à 2 % du montant couvert (unique)WTW, AIG, Practical Law
Rétention (franchise)0,5 à 1 % de la valeur d'entreprisewi-insurance.com, 2025
Plafond de couverture usuel10 à 30 % de la valeur d'entrepriseJones Day, Cooley
Séquestre GAP classique5 à 10 % du prix consigné à la CARPAPraticiens M&A France
Durée de garantie24 à 36 mois (opérationnel), 3 à 5 ans (fiscal, social)Praticiens M&A France
Délai d'underwriting2 à 3 semainesAcquinex
Marché M&A assurance Europe789 opérations en 2025, +14 %FTI Consulting, 2026

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Analyse d'expert : pourquoi la W&I s'est imposée dans le M&A français

L'essor de l'assurance de garantie de passif en France ne relève pas d'un effet de mode, mais d'une transformation structurelle du marché des cessions. Le moteur principal est la montée en puissance du private equity. Pour de nombreuses PME et ETI, la vente à un fonds d'investissement est devenue le scénario le plus probable, avec des valorisations en moyenne supérieures de 10 à 15 % pour les sociétés à fort potentiel selon plusieurs études de place. Or un fonds a une contrainte propre : il doit distribuer le produit de cession à ses souscripteurs dans des délais courts, ce qui rend inacceptable la conservation d'un passif éventuel pendant trois à cinq ans.

La W&I résout précisément cette contrainte. En supprimant le séquestre et en ramenant la responsabilité du cédant à un montant symbolique, elle permet au fonds vendeur de rendre le capital sans réserve. Cette même logique bénéficie au dirigeant cédant : après une vie professionnelle consacrée à bâtir son entreprise, il sécurise son patrimoine personnel post-cession au lieu de rester exposé à une réclamation pendant des années. Le clean exit n'est pas un confort, c'est une condition de faisabilité de nombreuses opérations.

Du côté de l'acquéreur, l'analyse est symétrique. Un fonds acquéreur qui finance son acquisition par effet de levier (LBO) intègre la W&I à son plan de financement. Une hausse inattendue du passif fiscal, un redressement de cotisations sociales ou un litige majeur peuvent dégrader le cash-flow, mettre en péril le service de la dette et déclencher un non-respect des covenants bancaires. La police permet de répercuter ce choc exogène sur l'assureur plutôt que de laisser l'acquéreur en absorber l'intégralité. La W&I devient ainsi un instrument de gestion du risque de crédit, pas seulement une garantie juridique.

Le marché confirme cette dynamique. Le baromètre FTI Consulting recense 789 opérations de M&A assurance en Europe en 2025, en hausse de 14 % sur un an, et 65 % des praticiens interrogés par Norton Rose Fulbright anticipaient une progression de l'usage de la W&I et de la R&W en 2025. Le marché français se distingue par sa forte prévalence des polices buy-side : c'est l'acquéreur qui souscrit, la prime étant fréquemment déduite du prix de vente, une pratique que l'on retrouve dans les régions les plus matures où les polices côté acheteur dépassent 70 % des placements.

Une innovation récente élargit encore le champ de la W&I : l'assurance synthétique. Lorsque le cédant refuse de donner des garanties, par exemple dans une vente aux enchères où le vendeur veut un processus purement commercial, l'assureur peut construire des garanties de synthèse directement dans la police, sans support contractuel côté vendeur (White & Case). Ce produit, plus complexe à structurer, illustre la maturité atteinte par le marché : la W&I n'accompagne plus seulement la GAP, elle peut la remplacer entièrement. Pour l'épargnant chef d'entreprise comme pour l'investisseur, cette évolution rend l'assurance transactionnelle incontournable dès qu'une opération dépasse un à deux millions d'euros.

L'évolution des conditions de marché mérite une lecture attentive. Après une période de forte demande, le marché de la W&I a connu un assouplissement tarifaire : la concurrence entre assureurs spécialisés a fait baisser les taux de prime et les niveaux de rétention, tout en élargissant les périmètres couverts. Les assureurs proposent désormais des rétentions inférieures à 1 % de la valeur d'entreprise, parfois jusqu'à 0,25 % sur les grandes opérations (wi-insurance.com). Cette dynamique profite à l'assuré, mais elle ne dispense pas d'une mise en concurrence rigoureuse : les écarts de conditions entre porteurs, à couverture équivalente, restent significatifs. C'est précisément le rôle d'un courtier spécialisé que d'objectiver ces écarts.

Un point souvent mal compris concerne le traitement de la fraude du cédant dans une police buy-side. Si le vendeur a menti sur l'état de la société, l'acquéreur, dans une garantie contractuelle classique, doit prouver cette fraude et poursuivre un vendeur parfois insolvable. Dans une police W&I buy-side, l'assureur indemnise l'acquéreur même en présence de fraude du cédant, puis exerce son recours contre ce dernier par subrogation. L'acheteur est ainsi protégé contre le pire scénario, celui d'un vendeur malhonnête et insaisissable. Cet avantage, rarement mis en avant, constitue pourtant l'un des arguments les plus puissants de la couverture côté acquéreur.

Enfin, l'analyse serait incomplète sans souligner le rôle du conseil dans la valeur de la police. Une W&I n'est jamais un produit standardisé : sa qualité dépend de l'adéquation entre les garanties du contrat de cession, le périmètre des due diligences et les clauses de la police. Un décalage entre ces trois éléments crée des angles morts que l'assuré ne découvre qu'au moment du sinistre, quand il est trop tard. France Épargne intervient précisément à cette jonction, en s'assurant que la police est structurée back-to-back avec le SPA et que les due diligences couvrent l'ensemble du périmètre assuré. Cette exigence de cohérence, plus encore que le prix, détermine si la couverture tiendra ses promesses le jour où une réclamation survient.

Répartition du coût d'une cession de 20 M€ avec séquestre de 15 %

En euros
+2 958 000+42 000Capital libéréau closingCoût de lapolice W&I (1,4 %)
Source : Illustration France Épargne : séquestre de 15 % sur 20 M€, prime W&I de 1,4 % de la couverture
Croissance du marché des assurances transactionnelles en Europe
Le marché européen a atteint 789 opérations M&A assurance en 2025, en hausse de 14 % (source : FTI Consulting, 2026).

Exclusions, risques et cadre juridique de la police W&I

L'assurance de garantie de passif ne couvre pas tout, et ses exclusions sont le premier point de vigilance. Le principe fondateur est qu'un assureur ne garantit pas un risque déjà connu. Les faits révélés en due diligence (known issues) sont donc systématiquement exclus : ce qui a été identifié et intégré dans le prix ne peut pas être transféré à l'assureur. Se retrouvent également hors du champ la fraude ou la déclaration mensongère de l'assuré, certains risques fiscaux comme les prix de transfert (transfer pricing), le passif environnemental, le sous-financement des retraites (pension underfunding), les fuites de valeur (leakage), les amendes pénales et les garanties prospectives (forward-looking warranties) portant sur l'avenir plutôt que sur l'état passé de la cible (Clifford Chance, wi-insurance.com).

Ces exclusions se classent en trois familles : les exclusions générales, communes à toutes les polices ; les exclusions sectorielles, propres à l'activité de la cible (un environnemental renforcé pour un site industriel, par exemple) ; et les exclusions liées à la transaction, qui découlent des zones grises non couvertes par les due diligences. Une due diligence insuffisante se traduit mécaniquement par une exclusion : l'assureur ne couvre pas ce qui n'a pas été analysé. La qualité de l'audit préalable est donc le levier principal pour maximiser le périmètre de la police.

Le cadre juridique français rattache la W&I à la garantie d'actif et de passif, convention par laquelle le cédant garantit la conformité de la situation de la société aux déclarations faites lors de la cession. La police ne modifie pas la nature de la GAP, elle en transfère la charge financière à un assureur. La durée de la garantie couverte suit les standards du marché : 24 à 36 mois pour les risques opérationnels courants, 3 à 5 ans pour les risques fiscaux et sociaux, alignés sur les prescriptions légales applicables. En cas de fraude avérée du cédant, l'engagement contractuel peut s'étendre jusqu'à dix ans, mais cette fraude est précisément exclue de la couverture assurantielle.

La garantie de la garantie mérite une attention particulière. Dans une GAP classique, une part du prix, généralement 5 à 10 %, est consignée sur un compte séquestre à la CARPA (Caisse Autonome des Règlements Pécuniaires des Avocats) pendant la durée de la garantie, afin de s'assurer que des fonds seront disponibles en cas de sinistre. La W&I rend ce séquestre inutile : la solvabilité de l'assureur remplace la consignation. C'est l'un des apports les plus tangibles du produit, et celui que notre outil d'estimation permet de chiffrer.

Le dernier point de vigilance concerne la coordination avec le contrat de cession. La police doit être structurée back-to-back avec le SPA : tout écart entre les garanties du contrat et celles de la police crée une zone non couverte. De même, l'articulation du de minimis, de la rétention et du plafond doit être cohérente entre les deux instruments. Une police mal calée sur le SPA, ou intégrée trop tard dans le processus, laisse subsister des angles morts que seul un conseiller expérimenté dans les risques transactionnels sait identifier avant la signature.

La question du traitement fiscal de la prime se pose également. La prime d'assurance W&I, lorsqu'elle est supportée par l'acquéreur, s'analyse le plus souvent comme un coût lié à l'acquisition, dont le régime dépend de la structuration de l'opération et de la localisation des parties. Ce point doit être arbitré avec les conseils fiscaux de l'opération, car il influe sur le coût net de la police. De même, l'indemnité versée par l'assureur en cas de sinistre appelle une analyse : elle peut, selon les cas, être traitée comme une réduction du prix d'acquisition. Ces subtilités confirment que la W&I ne se souscrit pas isolément, mais s'intègre à l'architecture juridique et fiscale globale de la cession.

Un risque pratique souvent sous-estimé tient à la gestion du sinistre lui-même. Souscrire la police n'est qu'une étape : encore faut-il, en cas de violation de garantie découverte après le closing, respecter les modalités de déclaration prévues au contrat. Les délais de notification, la documentation exigée et la démonstration du préjudice conditionnent l'indemnisation. Une réclamation mal formée ou tardive peut être rejetée alors même que le sinistre entre dans le champ de la couverture. L'accompagnement ne s'arrête donc pas à la souscription : il se prolonge dans le suivi de la police et, le cas échéant, dans la gestion de la réclamation.

Sur le plan réglementaire, la distribution d'une assurance W&I relève des règles applicables aux intermédiaires en assurance, encadrées par le Code des assurances et supervisées par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Le courtier qui structure la police doit être immatriculé à l'ORIAS et respecter ses obligations de conseil et de transparence. Ce cadre protège l'assuré en garantissant que la couverture proposée correspond réellement à son besoin, et non à un produit standard. France Épargne, en sa qualité de courtier en assurance, met en concurrence les assureurs spécialisés et documente le conseil délivré, de sorte que l'assuré dispose d'une couverture calibrée sur son opération et d'une traçabilité complète des arbitrages retenus. C'est cette combinaison de rigueur juridique et d'expertise assurantielle qui distingue une police W&I bien structurée d'un contrat mal ajusté.

Questions fréquentes sur l'assurance Warranty & Indemnity

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La W&I ne remplace pas la due diligence, elle la valorise. Une cession bien auditée obtient une couverture large et une prime maîtrisée ; une cession mal préparée accumule les exclusions. La qualité de l'audit préalable est le vrai levier de la police.

Un conseiller France ÉpargneConseiller en risques transactionnels

À qui s'adresse l'assurance de garantie de passif

L'assurance W&I n'est pas réservée aux méga-deals internationaux. Elle concerne une variété de profils dès qu'une cession d'entreprise dépasse un à deux millions d'euros, et chacun y trouve un intérêt distinct.

Les fonds de private equity sont les premiers utilisateurs. En position de vendeur, un fonds a besoin de la W&I pour distribuer le produit de cession à ses souscripteurs sans conserver un passif éventuel pendant des années. En position d'acquéreur, le même fonds intègre la police à son plan de financement LBO pour protéger le service de la dette contre un choc de passif. Cette double utilité explique la domination des polices buy-side sur le marché français, où l'acquéreur souscrit et déduit souvent la prime du prix.

Les dirigeants cédants forment le deuxième profil, et sans doute le plus sensible sur le plan patrimonial. Après avoir bâti son entreprise, un dirigeant qui la vend veut un clean exit : encaisser 100 % du prix et tourner la page sans rester exposé à une réclamation. La W&I sécurise son patrimoine personnel post-cession, un enjeu décisif quand le produit de la vente constitue l'essentiel de son épargne. Pour ce profil, l'assurance transactionnelle s'inscrit dans une stratégie patrimoniale globale, aux côtés du réinvestissement du prix de cession.

Les PME et ETI en croissance externe constituent le troisième cercle. Un acquéreur qui rachète un concurrent ou un fournisseur pour se développer utilise la W&I pour sécuriser son investissement sans dépendre de la solvabilité future du cédant. Face à la montée en puissance du private equity, une part croissante de dirigeants choisit désormais un fonds plutôt qu'un concurrent industriel, avec des valorisations en moyenne supérieures de 10 à 15 % pour les sociétés à fort potentiel selon plusieurs études de place. La W&I accompagne cette bascule.

Les acquéreurs stratégiques et les groupes industriels menant des opérations transfrontalières recourent également à la W&I pour harmoniser le traitement du risque entre des parties de cultures juridiques différentes. Sur un deal cross-border, la police devient un langage commun : elle transfère le risque de garantie à un assureur, ce qui évite des négociations interminables sur le partage du risque entre des systèmes juridiques hétérogènes.

Enfin, les situations de vente aux enchères et de cessions structurées par des mandats de vente compétitifs relèvent de plus en plus de l'assurance synthétique, quand le cédant refuse de donner des garanties pour préserver un processus purement commercial. Dans tous ces cas, le point commun est le même : l'assurance de garantie de passif transforme un risque contractuel incertain, pesant sur des personnes, en un risque assuré porté par un acteur solvable. Un conseiller identifie, pour chaque profil, la structure de couverture qui sert l'opération sans en alourdir le coût.

Deux cas d'usage illustrent la valeur concrète de la police. Prenons un dirigeant qui cède son ETI à un fonds pour une valeur de vingt millions d'euros. Sans W&I, l'acquéreur exige un séquestre de 15 %, soit trois millions consignés à la CARPA pendant trois ans : le cédant ne dispose pas de cette somme et reste exposé à une réclamation. Avec une police W&I, le séquestre disparaît, le vendeur encaisse la totalité du prix au closing, et sa responsabilité tombe à un euro symbolique. La prime, de l'ordre de 1,4 % de la couverture, est sans commune mesure avec l'immobilisation évitée. Notre outil d'estimation permet à chaque cédant de chiffrer ce capital libéré en fonction de son propre prix de cession.

Second cas : un groupe qui rachète un concurrent dans le cadre d'une croissance externe. L'acquéreur veut protéger son investissement contre un passif caché, mais ne veut pas dépendre de la solvabilité future du cédant, ni s'engager dans un contentieux long en cas de sinistre. La W&I buy-side lui offre un recours direct contre un assureur, y compris en cas de fraude du vendeur grâce à la subrogation. Le groupe sécurise ainsi son opération tout en préservant une relation commerciale saine avec les anciens dirigeants, souvent conservés dans le management post-acquisition. Cette dimension relationnelle, invisible dans une garantie contractuelle classique, est un atout décisif de la couverture.

Au-delà des profils, un dénominateur commun se dégage : la W&I s'adresse à tous ceux pour qui la disponibilité du capital et la sécurité du recours priment sur l'économie d'une prime. Pour un dirigeant, le prix de cession est souvent le fruit d'une vie de travail et constitue le socle de son patrimoine futur ; le libérer sans réserve n'est pas un luxe, c'est une nécessité patrimoniale. Pour un fonds, la capacité à distribuer rapidement conditionne son taux de rendement interne. France Épargne accompagne ces différents profils en reliant l'assurance transactionnelle à une vision patrimoniale globale : sécuriser l'opération, libérer le capital, puis en organiser le réinvestissement. C'est cette continuité, de la cession à la gestion du produit de vente, qui fait la différence pour le chef d'entreprise comme pour l'investisseur.

Profils concernés par l'assurance de garantie de passif : fonds, dirigeants cédants, PME et ETI
Fonds de private equity, dirigeants cédants et acquéreurs stratégiques recourent à la W&I dès un à deux millions d'euros (source : synthèse France Épargne).

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