Assurance · armateurs et exploitants de navires

Assurance Protection & Indemnity (P&I)

Votre cotisation P&I n'est pas un prix, c'est une option que le club conserve

Un exercice de souscription mutuel ne se referme pas à son échéance. Il reste ouvert plusieurs années, et le club conserve la faculté d'y appeler une cotisation supplémentaire si la charge sinistres dépasse le budget. Le London P&I Club l'a fait sur trois exercices consécutifs, 2019/20, 2020/21 et 2021/22, dans une annonce du 15 octobre 2021 (The Maritime Executive). La remise apparente d'une entrée mutuelle se mesure donc en points d'appel absorbables, pas en euros économisés.

A

Trente points pour sortir, selon l'exemple du marché

The Shipowners' Club publie la mécanique : un club appliquant un appel complémentaire de 20 % de la cotisation d'avance peut majorer la sortie de 10 points, soit 30 % de cette cotisation sur chaque exercice non clos. Un armement avec trois exercices ouverts finance ainsi près d'une année de cotisation pour changer d'assureur.

B

Une part du tarif que personne ne négocie

La quote part de réassurance du Groupe International est publiée et identique pour tous les membres de tous les clubs. Pour l'exercice 2026/27, la circulaire Gard 15/2025 la fixe à 0,5751 dollar par tonneau de jauge brute pour les marchandises sèches, 1,0237 dollar pour les porte conteneurs intégraux et 3,1472 dollars pour les navires à passagers.

C

Une capacité qu'aucun bilan ne reproduit

Rétention du club de 10 millions de dollars, mise en commun entre les douze clubs jusqu'à 100 millions, réassurance du Groupe de 2,25 milliards au-delà, puis overspill collectif de 1 milliard : 3,35 milliards de dollars par événement pour 2026/27, contre 1 milliard de plafond interne sur la seule pollution par hydrocarbures (Gard, Rules, règle 53).

D

Un certificat qui conditionne l'accès aux ports

L'article L5123-1 du Code des transports impose la garantie à tout navire dont la jauge brute atteint 300, sous pavillon français ou entrant dans un port français. Le défaut expose à 45 000 euros d'amende selon l'article L5123-6 et à une expulsion du port selon l'article L5123-5.

Fonctionnement

Notre méthode pour sécuriser votre responsabilité armateur

01

Bilan de l'exploitation

Nous recensons les navires, leur jauge, leur pavillon, leur société de classification, leurs zones de navigation, la composition des équipages et le relevé de sinistralité sur cinq exercices.

02

Étude des obligations conventionnelles

Nous établissons la liste des certificats exigés unité par unité au titre du Code des transports et des conventions CLC, Bunkers, Nairobi, Athènes et MLC, puis vérifions que la capacité envisagée couvre le plafond de limitation applicable.

03

Arbitrage entre mutualité et prime ferme

Nous convertissons l'écart de tarif entre une cotisation d'avance et une prime définitive en points d'appel complémentaire absorbables, puis chiffrons le versement de sortie sur vos exercices encore ouverts.

04

Mise en concurrence et suivi d'exercice

Le dossier est présenté aux clubs accessibles et aux porteurs à prime ferme, comparés sur une base identique franchises comprises. Nous suivons ensuite la charge sinistres exercice par exercice pour anticiper un appel.

Comparatif

Mutualité, prime ferme ou montage combiné

CritèreClub mutuel du GroupeAssureur à prime fermeMontage combiné
Capacité par événement3,35 Md USD, overspill compris500 M EUR jusqu'à 10 000 tjb (Alandia)Club pour la responsabilité principale
Nature de l'engagementCotisation d'avance appelablePrime définitive de l'exerciceAppelable sur la seule entrée club
Coût de sortieRelease call sur chaque exercice ouvertAucun versement de sortieLimité au périmètre confié au club
Profil concernéHaute mer, citernes, passagersRemorqueurs, barges, servitudeArmement exploitant plusieurs typologies
Pour qui

Qui doit revoir son entrée

Armement de transport de haute mer dont les affréteurs et les banques exigent contractuellement une entrée dans un club du Groupe International.
Exploitant de navires de services maritimes, remorquage, travaux sous marins, assistance aux parcs éoliens en mer : 233 unités sous pavillon français au 1er janvier 2026 selon le ministère chargé de la mer.
Affréteur coque nue, expressément visé par l'article L5123-1 du Code des transports, dont l'obligation se confond souvent avec celle du propriétaire dans la charte partie.
Armement de pêche, dont l'assurance représente 1 à 5 % de la valeur du navire par an, soit 2 000 à 10 000 euros pour une unité valorisée 200 000 euros.
Opérateur de transport de passagers, qui supporte le taux de réassurance le plus élevé du Groupe, 3,1472 dollars par tonneau de jauge brute pour 2026/27.
★★★★★

« Nous versions une cotisation d'avance très en dessous du marché depuis quatre ans. Personne ne nous avait dit que trois exercices restaient ouverts. Le chiffrage du versement de sortie a changé notre décision de renouvellement. »

Directeur d'un armement de services maritimes · Client France Épargne, façade atlantique
Questions

Ce que les armateurs nous demandent en premier

Une cotisation additionnelle appelée par un club mutuel quand la charge sinistres d'un exercice dépasse le budget ayant servi à fixer la cotisation d'avance. Elle s'exprime en pourcentage de cette cotisation. Le London P&I Club en a appelé sur trois exercices consécutifs dans son annonce du 15 octobre 2021.

Un release call, exercice ouvert par exercice ouvert. The Shipowners' Club en donne l'illustration : un appel complémentaire de 20 % de la cotisation d'avance majoré de 10 points, soit 30 % par exercice non clos. Certains clubs pratiquent un release call nul, ce qui change l'arbitrage.

Non. La règle 53 des Rules de Gard fixe trois plafonds internes : 1 milliard de dollars par événement pour la pollution par hydrocarbures, 2 milliards pour les créances de passagers, 3 milliards pour les créances de passagers et d'équipage cumulées, dans la limite de la capacité effective du Groupe.

Tout navire dont la jauge brute atteint 300, sous pavillon français ou entrant dans un port français, au titre de l'article L5123-1 du Code des transports transposant la directive 2009/20/CE. La garantie doit au moins égaler le plafond de limitation LLMC applicable, et le certificat se trouver à bord.

Cela dépend de la capacité de l'assureur et de la nature du navire. La couverture d'abandon des marins au titre de la convention du travail maritime relève d'une extension contractuelle spécifique, la MLC Extension Clause. Nous contrôlons la délivrance effective de chaque certificat avant la mise en place.

Oui, chaque navire étant tarifé selon sa catégorie. La quote part de réassurance du Groupe est d'ailleurs calculée par type d'unité, de 0,4337 dollar par tonneau pour un pétrolier propre à 3,1472 dollars pour un navire à passagers en 2026/27 selon la circulaire Gard 15/2025.

Pour aller plus loin

Ce que recouvre la protection et indemnisation

L'assurance Protection and Indemnity, désignée par le sigle P&I, est l'assurance de responsabilité civile de l'exploitant de navire. Elle indemnise les tiers lésés par l'exploitation du bâtiment : les marins blessés ou décédés à bord, les passagers, les propriétaires de la marchandise transportée, les autorités portuaires confrontées à une épave, les riverains touchés par une pollution, les propriétaires d'ouvrages heurtés par la coque. Elle intervient là où la police corps et machines s'arrête, puisque cette dernière n'assure que le navire lui même, ses machines et une fraction seulement de la responsabilité d'abordage.

La particularité du produit tient à son mode de portage. Le risque n'est pas transféré à une compagnie d'assurance classique mais à un club de protection et indemnisation, association mutuelle sans but lucratif dont les membres sont les armateurs eux mêmes. Le premier d'entre eux, la Shipowners' Mutual Protection Society, a été constitué en 1855, quand les assureurs corps de l'époque ont refusé d'étendre leurs polices aux responsabilités nouvelles créées par la navigation à vapeur. Le principe n'a pas bougé : les membres versent des cotisations, le club paie les sinistres, et l'excédent ou le déficit revient aux membres.

Douze clubs constituent aujourd'hui le Groupe International des clubs P&I, qui couvre environ 90 % du tonnage mondial de navigation maritime selon le UK P&I Club. Ces clubs partagent leurs gros sinistres à travers un mécanisme de mise en commun, le Pool, puis achètent collectivement une réassurance dont l'ampleur n'a pas d'équivalent dans l'assurance de responsabilité terrestre. Aucun club du Groupe n'est établi en France : la souscription passe par un courtier maritime, qui présente le navire à plusieurs clubs et négocie les termes de l'entrée.

Le périmètre garanti se lit garantie par garantie dans les règles du club, jamais dans un tableau standardisé. Les postes constants regroupent les créances des marins, dont les frais médicaux, le rapatriement et les indemnités de décès ou d'invalidité, la responsabilité envers les passagers, la responsabilité de transporteur sur la cargaison, la pollution sous toutes ses formes, l'enlèvement d'épave lorsqu'il est ordonné par une autorité, la contribution aux avaries communes non récupérable, les amendes douanières et environnementales, les frais de déroutement engagés pour débarquer un blessé ou un clandestin, ainsi que les frais de défense.

Trois plafonds internes bornent cette couverture, et un armateur qui ne les connaît pas surestime sa protection. Selon la règle 53 des Rules de Gard, la pollution par hydrocarbures est plafonnée à 1 milliard de dollars par événement et par entrée, les créances de passagers à 2 milliards, celles de passagers et d'équipage cumulées à 3 milliards. Hors de ces trois lignes, la couverture club reste illimitée dans son principe, sous réserve de la capacité effective du Pool et de la réassurance qui la portent.

La dimension de service pèse autant que la garantie financière. Un club maintient un réseau mondial de correspondants portuaires qui interviennent dans les heures suivant un incident, mandate les experts, négocie les garanties bancaires exigées pour libérer un navire saisi, et défend le membre devant les juridictions locales. Sur un arrêt technique imprévu à l'étranger, cette capacité opérationnelle décide du nombre de jours d'immobilisation, donc du coût réel du sinistre bien au delà de l'indemnité versée.

La protection et indemnisation n'est pas un produit facultatif pour la majorité des exploitants. La directive 2009/20/CE du 23 avril 2009, transposée aux articles L5123-1 et suivants du Code des transports, impose au propriétaire inscrit et à l'affréteur coque nue de souscrire une assurance couvrant les créances maritimes soumises à limitation, pour tout navire de 300 unités de jauge brute et plus battant pavillon français ou entrant dans un port français. Le certificat correspondant doit se trouver à bord, et son absence expose à une amende de 45 000 euros au titre de l'article L5123-6, voire à une mesure d'expulsion du port prononcée sur le fondement de l'article L5123-5.

Une distinction contractuelle mérite d'être posée dès l'origine, parce qu'elle décide de qui est réellement assuré. L'entrée dite d'armateur, ou owner's entry, couvre le propriétaire inscrit et l'exploitant du navire. L'entrée d'affréteur, ou charterer's entry, couvre une personne qui exploite le navire sans en être propriétaire et qui répond de ses propres fautes envers le propriétaire et envers les tiers. Les deux entrées coexistent sur un même navire sans se confondre, et les plafonds internes s'apprécient par entrée. Sur un montage d'affrètement, la répartition des obligations dans la charte partie détermine laquelle des deux doit être souscrite, et par qui.

À côté du modèle mutuel existe une offre à prime fixe, portée par des assureurs commerciaux comme Alandia, qui couvre les navires jusqu'à 10 000 tonneaux de jauge brute avec une limite de 500 millions d'euros. La différence ne porte pas seulement sur le montant garanti : elle porte sur la nature de l'engagement financier du souscripteur, développée plus loin. France Épargne intervient sur les deux marchés et compare systématiquement les deux formes avant de recommander une entrée.

Schéma des responsabilités de l'armateur couvertes par un club de protection et indemnisation
Les postes de responsabilité pris en charge par un club, hors dommages au navire couverts par la police corps.

Une capacité que nul bilan ne reproduit

La structure de mutualisation et de réassurance du Groupe International porte 3,35 milliards de dollars par événement, overspill collectif compris, pour l'exercice 2026/27 selon la circulaire Gard 15/2025. Un armement de dix navires ne dispose d'aucune surface financière comparable.

Les certificats qui ouvrent les ports

Le club délivre les attestations exigées par les conventions CLC, Bunkers, Nairobi et MLC, ainsi que le certificat de l'article L5123-1 du Code des transports. Sans elles, un navire dont la jauge brute atteint 300 se voit refuser l'accès aux eaux et aux ports européens.

La protection des gens de mer

Frais médicaux, rapatriement, indemnités de décès et d'invalidité de longue durée sont pris en charge. Les amendements de 2014 à la convention du travail maritime imposent en outre une garantie financière contre l'abandon des marins, que les clubs délivrent au titre de la MLC Extension Clause.

Le risque de pollution absorbé

La pollution par hydrocarbures est couverte jusqu'à 1 milliard de dollars par événement selon la règle 53 des Rules de Gard. Le régime CLC de 1992 plafonne pour sa part la responsabilité du propriétaire de navire citerne à 89,77 millions de DTS au delà de 140 000 tonneaux de jauge brute.

L'épave enlevée sans arbitrage budgétaire

La convention de Nairobi de 2007, en vigueur pour la France depuis le 5 mai 2016, rend le propriétaire inscrit responsable de la localisation, du balisage et de l'enlèvement de son épave. Le coût d'une opération lourde dépasse fréquemment la valeur du navire lui même.

Une intervention en heures, pas en semaines

Le réseau de correspondants portuaires du club mandate l'expert, constitue la garantie bancaire qui lève la saisie et engage la défense sur place. Sur une immobilisation à l'étranger, ce délai de réaction pèse plus lourd que le montant de l'indemnité.

Un coût de réassurance transparent

Le Groupe International publie chaque exercice le taux de réassurance appliqué par tonneau de jauge brute : 0,5751 dollar pour les marchandises sèches, 1,0237 dollar pour les porte conteneurs intégraux et 3,1472 dollars pour les navires à passagers en 2026/27, selon la circulaire Gard 15/2025.

Le choix entre mutualité et prime ferme

Un club mutuel appelle une cotisation d'avance révisable, un assureur à prime fixe encaisse une prime définitive. Le second modèle vise les unités de moins de 10 000 tonneaux de jauge brute, remorqueurs, barges et navires de servitude, dont la sinistralité mobilise rarement les tranches hautes du Pool.

Mesurez ce que votre cotisation d'avance laisse ouvert

Une cotisation mutuelle moins chère qu'une prime fixe n'est pas un prix ferme. Notre outil traduit cet écart en points d'appel complémentaire absorbables et chiffre le versement de sortie sur vos exercices ouverts.

Ouvrir l'outil

Le mécanisme financier derrière une entrée au club

Une entrée dans un club mutuel repose sur une chaîne financière à quatre étages, et chaque étage détermine ce qui reste à la charge du membre. Le premier étage est la rétention individuelle du club, fixée à 10 millions de dollars par sinistre pour l'exercice 2026/27 selon la circulaire Gard 15/2025 et la circulaire 22/25 du UK P&I Club. En dessous de ce montant, le club paie seul, sur ses propres ressources, donc sur les cotisations de ses membres.

Le deuxième étage est le Pool, la mise en commun des sinistres entre les douze clubs du Groupe. Il absorbe 90 millions au delà de la rétention individuelle, soit la tranche allant de 10 à 100 millions de dollars. Un sinistre survenu chez un membre grec est ainsi partagé par les membres français, japonais et norvégiens des autres clubs, selon une clé fondée sur le tonnage et la sinistralité de chacun. Le Pool est le cœur de l'édifice : c'est lui qui rend la mutualité mondiale, et non simplement collective.

Le troisième étage est le programme de réassurance excédent de sinistre du Groupe, désigné par le sigle GXL. Il s'attache à 100 millions de dollars et se décompose en trois tranches pour 2026/27 : 650 millions au delà de 100 millions, 750 millions au delà de 750 millions, puis 850 millions au delà de 1,5 milliard. Le total atteint 2,25 milliards de dollars de réassurance achetée au marché. Ce programme a été renouvelé à prix stable pour l'exercice 2026/27, la réallocation entre catégories de navires ayant pesé sur les seuls exploitants de porte conteneurs, selon la P&I Market Review de Lockton.

Le quatrième étage est l'overspill collectif, une tranche de 1 milliard au delà de 2,35 milliards, financée par un appel exceptionnel sur l'ensemble des membres du Groupe si un sinistre venait à l'atteindre. La limite globale ressort ainsi à 3,35 milliards de dollars par événement, en progression de 250 millions par rapport à l'exercice précédent. Deux enveloppes agrégées annuelles distinctes de 1,6 milliard chacune s'appliquent au cyber malveillant et au risque pandémique.

Cette architecture se paie. Chaque membre supporte une quote part de réassurance calculée par tonneau de jauge brute, publiée et identique pour tous les membres de tous les clubs du Groupe. Pour 2026/27, la circulaire Gard 15/2025 arrête ces taux à 0,5758 dollar par tonneau pour les pétroliers transportant des hydrocarbures persistants, en repli de 8 %, 0,4337 dollar pour les pétroliers propres, inchangé, 0,5751 dollar pour les marchandises sèches, en repli de 5 %, 3,1472 dollars pour les navires à passagers, en repli de 8,5 %. Les porte conteneurs intégraux font exception avec 1,0237 dollar par tonneau, en hausse de 15 %, seule catégorie renchérie sur l'exercice.

Le reste de la cotisation relève de la négociation. Le club fixe une cotisation d'avance, versée en début d'exercice sur la base de son budget prévisionnel, en fonction du tonnage, du type de navire, des zones de navigation, de la nationalité des équipages, de l'âge de la flotte et du relevé de sinistralité sur cinq exercices. Vient s'y ajouter une franchise par nature de sinistre, dont le niveau est un levier de négociation aussi puissant que le taux lui même : la plupart des clubs ont durci leurs franchises pour 2026, le Japan P&I Club appliquant par exemple une hausse de 10 % assortie d'un minimum de 1 000 dollars selon le suivi de renouvellement publié par Marsh.

Un exercice de souscription mutuel ne se referme pas à son échéance. Il reste ouvert plusieurs années, le temps que la charge sinistres se stabilise, et le club conserve la faculté d'appeler un appel complémentaire si cette charge dépasse le budget. Le London P&I Club a exercé cette faculté sur trois exercices consécutifs, 2019/20, 2020/21 et 2021/22, dans une annonce du 15 octobre 2021 motivée par des déficits techniques et une sinistralité élevée ; la dernière opération de ce type remontait à 2008 selon The Maritime Executive.

Un phénomène de marché atténue toutefois la portée des hausses affichées. Les armateurs déplacent leurs flottes d'un club à l'autre à chaque échéance, et la concurrence entre souscripteurs efface une partie des augmentations annoncées. Lockton chiffre cet effet, désigné par le terme churn, à 7,4 % de baisse de taux par an en moyenne sur la décennie écoulée, dans sa P&I Market Review du 18 septembre 2025. Un armement qui ne remet jamais son entrée en concurrence paie donc mécaniquement plus cher que le marché, sans que cet écart apparaisse nulle part dans ses avis d'appel.

Un membre qui quitte le club solde ces exercices ouverts par un release call. The Shipowners' Club en donne la mécanique : un club appliquant un appel complémentaire de 20 % de la cotisation d'avance peut assortir la sortie d'un release call de 10 points supplémentaires, soit 30 % de la cotisation d'avance à verser sur chaque exercice ouvert. La cotisation affichée ne mesure donc pas l'engagement réel, et ce décalage est précisément ce que notre outil de conversion chiffre.

1

Bilan de l'exploitation

Nous recensons les navires, leur jauge, leur pavillon, leur société de classification, leurs zones de navigation, la nationalité et l'effectif des équipages, ainsi que le relevé de sinistralité des cinq derniers exercices. Ce dossier détermine à lui seul la qualité des termes obtenus.

2

Étude des obligations réglementaires

Nous établissons la liste des certificats exigés pour votre flotte au titre du Code des transports et des conventions CLC, Bunkers, Nairobi, Athènes et MLC, puis vérifions que la capacité envisagée couvre le plafond de limitation applicable à chaque unité.

3

Arbitrage entre mutualité et prime fixe

Nous chiffrons l'écart entre la cotisation d'avance d'un club mutuel et la prime ferme d'un assureur commercial, puis le convertissons en points d'appel complémentaire absorbables et en versement de sortie sur les exercices encore ouverts.

4

Mise en concurrence des souscripteurs

Le dossier est présenté aux clubs du Groupe International accessibles et aux porteurs à prime fixe. Taux, franchises par nature de sinistre, clauses de navigation et politique d'appel sont comparés sur une base identique, jamais sur la seule cotisation d'avance.

5

Entrée et suivi d'exercice

Nous mettons en place l'entrée, contrôlons la délivrance effective des certificats à bord, puis suivons l'évolution de la charge sinistres exercice par exercice pour anticiper un appel complémentaire ou préparer une sortie.

Illustration du parcours de souscription d'une couverture de responsabilité armateur
Le parcours de souscription, du recensement de la flotte au contrôle des certificats à bord.

Quelle formule choisir ?

Club mutuel du Groupe International

  • Capacité de 3,35 milliards de dollars par événement en 2026/27, overspill compris (circulaire Gard 15/2025)
  • Cotisation d'avance révisable, appel complémentaire possible sur les exercices ouverts
  • Release call dû à la sortie sur chaque exercice non clos, de l'ordre de l'appel complémentaire majoré de 10 points (The Shipowners' Club)
  • Délivrance de la totalité des certificats conventionnels, y compris MLC et Nairobi
  • Réseau mondial de correspondants portuaires et défense sur place
  • Adapté aux navires de haute mer, aux pétroliers, aux vraquiers et aux navires à passagers

Assureur à prime fixe

  • Limite contractuelle ferme, 500 millions d'euros chez Alandia pour les unités jusqu'à 10 000 tonneaux de jauge brute
  • Prime définitive encaissée pour l'exercice, aucun appel ultérieur
  • Aucun versement de sortie, budget d'assurance figé dès la souscription
  • Certificats conventionnels délivrés selon la capacité de l'assureur et la nature du navire
  • Réseau de correspondants plus restreint que celui d'un club du Groupe
  • Adapté aux remorqueurs, barges, navires de servitude et flottes côtières

Combinaison club et couvertures complémentaires

  • Entrée au club pour la responsabilité principale et la délivrance des certificats
  • Souscription séparée pour les responsabilités d'affréteur, de manutentionnaire ou de commissionnaire
  • Franchises calibrées séparément selon la nature de chaque sinistre
  • Articulation contrôlée avec la police corps et machines sur la part d'abordage
  • Pertinent pour un armement diversifié exploitant plusieurs typologies de navires
  • Exige un courtier unique pour éviter les zones non couvertes entre contrats

Chiffres Clés

CritèreDonnéeSource
Clubs du Groupe International12 clubs, environ 90 % du tonnage mondial de navigation maritimeUK P&I Club
Rétention individuelle du club10 millions de dollars par sinistreCirculaire Gard 15/2025
Tranche du Pool90 millions de dollars au delà de 10 millionsCirculaire UK P&I 22/25
Réassurance GXL2,25 milliards de dollars au delà de 100 millions, en trois tranchesCirculaire Gard 15/2025
Limite globale par événement3,35 milliards de dollars, overspill collectif comprisCirculaire UK P&I 22/25
Plafond pollution par hydrocarbures1 milliard de dollars par événement et par entréeGard, Rules, règle 53
Plafond passagers et équipage cumulés3 milliards de dollars par événementGard, Rules, règle 53
Sinistres nets des clubs, exercice 2024/253,1 milliards de dollars, en hausse de 25 %Lockton, P&I Market Review, septembre 2025
Résultat technique collectif 2024/25Perte de 312 millions de dollarsLockton, P&I Market Review, septembre 2025
Réserves libres du Groupe5,96 milliards de dollars, en hausse de 4,81 %Lockton, P&I Market Review, septembre 2025
Hausse générale moyenne au renouvellement6 % sur le Groupe InternationalLockton
Prime mondiale de responsabilité maritime8,2 % de 39,92 milliards de dollars de prime maritimeIUMI Stats Report, novembre 2025
Seuil d'obligation d'assurance en France300 unités de jauge bruteCode des transports, article L5123-1
Sanction du défaut d'assurance45 000 euros d'amendeCode des transports, article L5123-6
Flotte de commerce sous pavillon français464 navires au 1er janvier 2026, dont 231 de transportMinistère chargé de la mer

Vérifiez l'articulation entre votre police corps et votre couverture de responsabilité

La part d'abordage, le renflouement et les avaries communes se répartissent entre deux contrats. Notre outil de délaissement situe le sinistre corps par rapport aux deux seuils applicables et révèle la zone que seule la responsabilité armateur absorbe.

Situer un sinistre corps

Un marché sous tension malgré des réserves record

Le marché mutuel traverse une phase de dégradation technique que les réserves accumulées masquent partiellement. Selon la P&I Market Review publiée par Lockton le 18 septembre 2025, les sinistres nets des clubs ont atteint 3,1 milliards de dollars sur l'exercice 2024/25, en progression de 25 % sur un an et 16 % au dessus de la moyenne des cinq exercices précédents. Les sinistres remontés au Pool sont projetés à 775 millions pour ce seul exercice.

Le compte technique en porte la marque. Les clubs ont enregistré collectivement une perte technique de 312 millions sur 2024/25, après deux exercices excédentaires, portant la perte technique nette cumulée à 98 millions sur trois ans. Les primes totales sont restées stables à 3,96 milliards de dollars malgré une hausse générale annoncée de 5,2 %, signe que la rotation des flottes entre clubs efface une large part des augmentations affichées. Sur le même marché maritime, les primes de la branche corps ont progressé de 3,5 % à 9,67 milliards en 2024, portées par la croissance des flottes et la valeur des navires, selon l'IUMI Stats Report de novembre 2025.

La solidité du système reste pourtant intacte. Les réserves libres du Groupe International ont progressé de 4,81 % pour atteindre 5,96 milliards de dollars, et les produits financiers ont apporté 711 millions sur l'exercice. Cette combinaison, résultat technique négatif et bilan renforcé par les marchés, explique le comportement contrasté des clubs au renouvellement : plusieurs d'entre eux ont restitué du capital à leurs membres tout en réclamant une hausse tarifaire.

Les hausses annoncées pour le renouvellement le plus récent illustrent cette dispersion. Selon le suivi publié par Marsh, Steamship Mutual a demandé 8 %, le UK P&I Club 7,5 %, tandis que Japan P&I Club, NorthStandard, Shipowners' Club, Swedish Club et West of England se sont arrêtés à 5 %. American, Britannia, Gard, London et Skuld n'ont annoncé aucune hausse générale, préférant traiter chaque membre selon son propre relevé de sinistralité. Lockton situe néanmoins la moyenne des hausses générales du Groupe à 6 % pour ce renouvellement.

La sévérité des sinistres progresse plus vite que leur fréquence, et les moteurs de cette sévérité sont identifiés. Lockton cite l'incendie comme facteur croissant des sinistres majeurs, conséquence du vieillissement des flottes et de la mauvaise déclaration de marchandises dangereuses, les véhicules électriques étant explicitement visés. S'y ajoutent l'inflation des matériaux et de la main d'œuvre, les tensions géopolitiques en mer Rouge et le durcissement des régimes de sanctions, la modernisation coûteuse des infrastructures portuaires, et l'allongement des routes qui accroît la probabilité d'avarie machine. Le vieillissement de la flotte mondiale figure explicitement parmi les défis relevés par l'IUMI dans son analyse du marché maritime publiée en novembre 2025.

Le coût de la réassurance collective a suivi une trajectoire propre. Le programme du Groupe a été renouvelé à prix quasi stable pour 2026/27, mais la répartition entre catégories de navires a été refondue. Les porte conteneurs intégraux absorbent une hausse de 15 % de leur taux par tonneau, à 1,0237 dollar, quand les pétroliers transportant des hydrocarbures persistants obtiennent un repli de 8 % et les navires à passagers un repli de 8,5 %. Cette réallocation traduit la sinistralité observée sur le segment conteneurisé, en particulier les incendies de cargaison et les pertes de boîtes en mer.

À l'échelle du marché maritime dans son ensemble, la responsabilité pèse 8,2 % des 39,92 milliards de dollars de prime mondiale relevés pour l'année 2024 par l'IUMI Stats Report publié en novembre 2025, derrière les facultés à 56,7 % et les corps à 24,2 %. Cette part modeste contraste avec l'ampleur des engagements portés : la responsabilité maritime concentre les sinistres extrêmes, quand les facultés concentrent la fréquence.

Un dernier facteur structure le marché européen : la couverture d'assurance est devenue un instrument de police des mers. Le seizième paquet de sanctions de l'Union européenne contre la Russie, adopté le 24 février 2025, a ajouté 74 navires à la liste des unités désignées, portant leur total à 153. Ces navires subissent une interdiction d'accès aux ports de l'Union, une interdiction de fourniture de services maritimes par les opérateurs européens, et une interdiction de transbordement, selon la circulaire 1/2025 de Gard. Un armateur dont la situation assurantielle est irrégulière ne subit plus seulement une amende : il perd l'accès aux routes commerciales.

Taux de réassurance du Groupe par tonneau de jauge brute

Taux de réassurance (en dollars par tonneau de jauge brute)
+0,4+0,6+0,6+1+3,1PétrolierspropresMarchandisessèchesPétrolierspersistantsPorteconteneurs intégrauxNavires àpassagers
Source : Circulaire Gard 15/2025, exercice 2026/27
Illustration de la structure de mutualisation et de réassurance du marché de la responsabilité maritime
Rétention du club, Pool, réassurance GXL et overspill : les quatre étages qui portent la capacité.

Obligations légales, certificats et zones de rupture de garantie

L'obligation d'assurance de responsabilité maritime est codifiée aux articles L5123-1 à L5123-7 du Code des transports, issus de la transposition de la directive 2009/20/CE du 23 avril 2009. L'article L5123-1, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2022, vise le propriétaire inscrit du navire et toute autre personne responsable de son exploitation, l'affréteur coque nue étant nommément cité. Le seuil d'application est fixé à une jauge brute de 300, et la règle s'applique aussi bien aux navires sous pavillon français qu'aux navires étrangers entrant dans un port français.

Le montant de garantie exigé n'est pas laissé au choix du souscripteur : il doit au minimum égaler le plafond de limitation de responsabilité applicable au navire au titre de la convention de Londres de 1976 sur la limitation de la responsabilité en matière de créances maritimes, dite LLMC. Les montants applicables résultent des amendements adoptés par la résolution LEG.5(99) du 20 avril 2012, entrés en vigueur le 8 juin 2015 et publiés en France par le décret n° 2018-545 du 28 juin 2018. Pour les créances de mort ou de lésions corporelles, la limite s'établit à 3,02 millions de DTS jusqu'à 2 000 tonneaux, augmentée de 1 208 DTS par tonneau de 2 001 à 30 000, de 906 DTS de 30 001 à 70 000, puis de 604 DTS au delà. Pour les autres créances, elle part de 1,51 million de DTS et progresse de 604, 453 puis 302 DTS par tonneau selon les mêmes tranches.

La pollution par hydrocarbures relève d'un régime distinct et plus sévère. La convention CLC de 1992 canalise la responsabilité sur le propriétaire du navire citerne et la plafonne à 4,51 millions de DTS jusqu'à 5 000 tonneaux, puis à 89,77 millions de DTS au delà de 140 000 tonneaux selon l'Organisation maritime internationale. Le Fonds international d'indemnisation, le FIPOL, prend le relais jusqu'à 203 millions de DTS par événement, plafond de la convention CLC compris, et le fonds complémentaire institué par le protocole de 2003 porte l'ensemble à 750 millions de DTS.

L'enlèvement d'épave obéit à la convention de Nairobi de 2007, ratifiée par la France le 4 février 2016 et entrée en vigueur pour elle le 5 mai 2016. Elle rend le propriétaire inscrit responsable de la localisation, du balisage et de l'enlèvement de l'épave, et impose une garantie financière assortie d'un certificat. Bureau Veritas est habilité depuis cette date à délivrer ces certificats pour le compte de l'État français, au titre de la délégation prévue par l'article L5123-3 du Code des transports. La France a par ailleurs déclaré appliquer la convention aux épaves situées dans son territoire, mer territoriale comprise, sur le fondement de l'article 3, paragraphe 2.

Deux autres régimes conventionnels complètent l'édifice et figurent expressément à l'article L5123-2 du Code des transports. La convention de 2001 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures de soute étend le régime de garantie financière à tous les navires, et non aux seuls navires citernes, ce qui vise en pratique la totalité des flottes marchandes. La convention d'Athènes relative au transport par mer de passagers et de leurs bagages, dans sa version modifiée, impose de son côté une assurance dédiée aux transporteurs de passagers, assortie d'un certificat propre. Chacun de ces textes exige un document distinct à bord, et un armateur en règle au titre d'une convention peut se trouver en infraction au titre d'une autre.

La protection des marins relève enfin des amendements de 2014 à la convention du travail maritime de 2006. Ils imposent une garantie financière couvrant l'abandon des gens de mer, notamment le rapatriement et les arriérés de salaire, ainsi que les créances contractuelles en cas de décès ou d'invalidité de longue durée. Le certificat correspondant doit se trouver à bord et être affiché en anglais. Un point technique mérite l'attention : l'abandon des marins sort du périmètre classique de la couverture club, et les certificats ne sont délivrés qu'au titre d'une extension contractuelle spécifique, la MLC Extension Clause. Une flotte qui change d'assureur sans reconduire cette clause perd la validité de son certificat sans que la garantie principale soit affectée.

Les sanctions du défaut de couverture sont graduées. L'article L5123-6 punit le défaut d'assurance au titre des articles L5123-1 ou L5123-2 d'une amende de 45 000 euros, et porte à un an d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende l'entrave au contrôle ou le refus d'exécuter une décision d'expulsion. L'article L5123-5 permet en effet aux autorités compétentes d'expulser du port un navire dépourvu de certificat, sans préjudice des autres mesures de sécurité. Les administrateurs des affaires maritimes, les inspecteurs de la sécurité des navires et les agents des douanes sont habilités à monter à bord pour vérifier ces documents au titre de l'article L5123-7. L'organisme délégataire qui manquerait à sa mission de contrôle encourt pour sa part une amende administrative pouvant atteindre 100 000 euros selon l'article L5123-4.

Trois zones de rupture méritent une vérification contractuelle avant toute signature. La première tient aux clauses de navigation : une entrée est consentie pour des zones déterminées, et un déroutement vers une zone exclue suspend la garantie tant que le club n'a pas donné son accord et perçu la surprime correspondante. La deuxième tient au respect des règles de classification et des certificats statutaires : une flotte dont la société de classification a été changée sans notification s'expose à une contestation de garantie. La troisième tient aux sanctions internationales : les règles des clubs comportent des clauses excluant toute prestation qui exposerait l'assureur à une mesure de rétorsion, ce qui rend la conformité aux régimes de sanctions indissociable du maintien de la couverture.

Questions Fréquentes sur l'assurance Protection and Indemnity

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Un armateur qui compare deux offres sur la seule cotisation d'avance compare des budgets, pas des engagements. Le vrai périmètre de la décision, ce sont les exercices encore ouverts, les franchises par nature de sinistre et les clauses de navigation. Nous chiffrons les trois avant de recommander une entrée.

Conseiller France ÉpargneSpécialiste des risques maritimes et de la responsabilité armateur

À qui s'adresse cette couverture ?

Le premier profil concerné est l'armement de transport de haute mer, exploitant vraquiers, navires citernes ou porte conteneurs sous pavillon français ou étranger. Pour lui, l'entrée dans un club du Groupe International n'est pas un choix mais une condition d'exploitation : le certificat de l'article L5123-1 du Code des transports conditionne l'accès aux ports, les affréteurs exigent contractuellement une entrée dans un club du Groupe, et les banques financeuses en font une clause de leur contrat de prêt. La flotte de commerce sous pavillon français comptait 464 navires de plus de 100 unités de jauge brute au 1er janvier 2026, dont 231 navires de transport totalisant plus de 11 millions de tonneaux, selon le ministère chargé de la mer.

Le deuxième profil est l'exploitant de navires de services maritimes : remorquage portuaire, travaux sous marins, pose de câbles, assistance aux parcs éoliens en mer, ravitaillement offshore. Ce segment pèse 233 navires sous pavillon français au 1er janvier 2026, pour 361 301 unités de jauge brute cumulées. Le profil de risque diffère du transport : l'exposition à la marchandise transportée est faible, celle liée aux équipages, aux ouvrages heurtés et aux dommages causés à des tiers pendant les opérations est en revanche élevée. C'est le terrain d'élection du marché à prime fixe, qui vise les unités de moins de 10 000 tonneaux.

Le troisième profil est l'affréteur coque nue, expressément visé par l'article L5123-1 du Code des transports comme redevable de l'obligation d'assurance. Un exploitant qui prend un navire en location coque nue assume l'armement, l'équipage et la responsabilité d'exploitation, sans être propriétaire. Cette configuration crée une zone de confusion contractuelle fréquente : le propriétaire et l'affréteur croient chacun que l'autre porte la couverture. La vérification de la répartition des obligations dans la charte partie est le premier réflexe que nous imposons sur ce type de montage.

Le quatrième profil regroupe les armements de pêche. Leurs contrats prennent en compte des postes que le transport ignore, notamment la perte des engins de pêche, et leur exposition sociale est élevée compte tenu de la sinistralité du métier. Le comparateur Le Comparateur Assurance situe le coût annuel d'assurance d'un navire de pêche professionnel entre 1 et 5 % de sa valeur, soit une fourchette de 2 000 à 10 000 euros pour une unité valorisée 200 000 euros. Ces armements relèvent presque toujours du marché à prime fixe, la capacité d'un club de haute mer étant sans rapport avec leur exposition.

Le cinquième profil est l'opérateur de transport de passagers, compagnie de liaison côtière, exploitant de navires à passagers ou de croisière. Il supporte le taux de réassurance le plus élevé du Groupe, 3,1472 dollars par tonneau de jauge brute pour l'exercice 2026/27 selon la circulaire Gard 15/2025, malgré un repli de 8,5 % sur l'exercice. Le plafond de 2 milliards de dollars par événement sur les créances de passagers, porté à 3 milliards en cumulant les créances d'équipage, prend ici tout son sens : un sinistre de masse sur un navire à passagers reste le scénario extrême du marché.

Le sixième profil est l'exploitant fluvial et côtier, dont les unités passent souvent sous le seuil réglementaire de 300 de jauge brute. L'obligation légale ne joue pas, mais la responsabilité civile demeure entière : pollution d'une voie d'eau, heurt d'un ouvrage d'art, dommage à un ponton, blessure d'un membre d'équipage. Sur ce segment, une couverture à prime fixe correctement calibrée coûte une fraction de la valeur exposée et évite qu'un sinistre unique n'emporte l'exploitation.

Le septième profil, moins évident, est celui de l'investisseur en actifs maritimes. Un particulier ou une société patrimoniale détenant des parts dans un navire exploité par un tiers reste exposé au titre de sa qualité de propriétaire inscrit, et la qualité de la couverture de l'exploitant conditionne directement la valeur de l'actif. La vérification de la couverture de responsabilité fait partie de l'analyse patrimoniale que France Épargne conduit sur ce type d'actif, au même titre que l'examen de la police corps et de la valeur agréée retenue.

Un dénominateur commun relie ces profils : l'écart entre le montant de la cotisation et l'ampleur de l'engagement porté. Un exploitant de dix navires verse une cotisation annuelle de quelques centaines de milliers d'euros et accède à une capacité de 3,35 milliards par événement. Aucun autre contrat d'assurance professionnelle ne présente ce rapport, et c'est ce qui justifie que la décision se prenne sur la structure de l'engagement plutôt que sur le montant affiché.

Illustration des différents profils d'exploitants maritimes concernés par la responsabilité armateur
Transport de haute mer, services maritimes, pêche, passagers et navigation côtière : des expositions distinctes.

Faites auditer votre couverture de responsabilité armateur

Un conseiller France Épargne reprend le périmètre de votre flotte, la liste des certificats exigés, les franchises par nature de sinistre et l'état de vos exercices ouverts, puis met plusieurs porteurs mutuels et à prime fixe en concurrence. Réponse sous 6h du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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Un conseiller France Épargne reprend le périmètre de votre flotte, la liste des certificats exigés, les franchises par nature de sinistre et l'état de vos exercices ouverts, puis met plusieurs clubs et assureurs à prime ferme en concurrence. Réponse sous 6h, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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Courtier immatriculé ORIAS · conseil indépendant