Qu'est-ce qu'un conducteur malussé ou résilié ?
Le vocabulaire des assureurs regroupe sous l'expression risques aggravés deux situations distinctes qui se cumulent souvent. Le conducteur malussé est celui dont le coefficient de réduction majoration, le CRM, dépasse 1,00. Ce coefficient, régi par l'annexe à l'article A121-1 du Code des assurances, est multiplié par 1,25 à chaque sinistre entièrement responsable et par 1,125 en cas de responsabilité partagée, dans la limite d'un plafond de 3,50. Un CRM de 1,25 signifie que la part de prime liée au coefficient est majorée de 25 % ; à 3,50, la prime est multipliée par trois et demi par rapport à la référence.
Le conducteur résilié est celui dont l'assureur a rompu le contrat de sa propre initiative. Le Code des assurances n'autorise cette rupture que pour des motifs précis : non-paiement de la prime, sinistralité, aggravation du risque, fausse déclaration, ou résiliation à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois. Chaque motif emporte des conséquences différentes sur la suite du parcours, la résiliation pour non-paiement étant statistiquement la plus fréquente et la fausse déclaration la plus pénalisante.
Deux fichiers suivent alors le conducteur. Le relevé d'information, que l'ancien assureur doit remettre sous quinze jours, récapitule le coefficient de bonus-malus et les sinistres des cinq dernières années. Le fichier des résiliations automobile, tenu par l'AGIRA, enregistre la résiliation et son motif, et il est consultable par l'ensemble des entreprises d'assurance opérant en France.
L'enjeu est immédiat, car l'assurance de responsabilité civile reste obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur, même stationné sur un terrain privé. Conduire sans couverture constitue un délit passible d'une amende pouvant atteindre 3 750 €, avec suspension de permis et confiscation du véhicule possibles, et la détection est désormais automatisée par le fichier des véhicules assurés. Le FGAO estimait déjà en 2019 qu'environ 700 000 conducteurs circulaient sans assurance en France. La bonne nouvelle tient en une phrase : un marché structuré d'assureurs spécialisés existe pour ces profils, et la loi organise un recours ultime lorsque toutes les portes se ferment.