
Calcul bonus malus : barème et méthode du CRM
Calcul bonus malus : barème officiel, coefficient CRM année par année, exemples chiffrés et méthode pas à pas pour vérifier votre prime auto.
Le calcul bonus malus repose sur une règle unique fixée par la loi : votre coefficient se multiplie par 0,95 chaque année sans sinistre responsable, soit une réduction de 5 %, et par 1,25 à chaque accident responsable, soit une majoration de 25 %. Ce coefficient, appelé CRM (Coefficient de Réduction-Majoration), part de 1 lors de la première souscription, descend jusqu'à un plancher de 0,50 après treize années sans accident et monte jusqu'à un plafond de 3,50. Le barème et la méthode sont identiques chez tous les assureurs français : ils sont imposés par l'annexe de l'article A121-1 du Code des assurances. Cet article détaille le calcul du bonus malus année par année, avec le barème complet, des exemples chiffrés et une méthode pas à pas pour vérifier le coefficient inscrit sur votre relevé d'information.
À retenir :
- Le coefficient se multiplie par 0,95 par année sans sinistre responsable et par 1,25 par sinistre responsable, selon l'annexe de l'article A121-1 du Code des assurances.
- Le bonus maximal de 50 % (CRM 0,50) s'atteint après 13 années consécutives sans accident responsable, en partant d'un CRM de 1.
- Le plafond légal du malus est fixé à 3,50, soit une prime de référence multipliée par 3,5 au maximum.
- Après 2 années consécutives sans sinistre responsable, le coefficient revient automatiquement à 1 (règle dite de descente rapide).
- Un conducteur au CRM 0,50 depuis au moins 3 ans conserve son bonus malgré un premier accident responsable.
Qu'est-ce que le coefficient bonus malus (CRM) ?
Le bonus malus est un mécanisme qui ajuste la prime d'assurance automobile selon l'historique de sinistres du conducteur. Son nom technique est le CRM (Coefficient de Réduction-Majoration) : un nombre qui se multiplie à la prime de référence fixée par l'assureur pour obtenir la prime réellement payée. Un conducteur dont la prime de référence est de 800 € et dont le CRM vaut 0,80 paie donc 640 €, tandis qu'un conducteur au CRM 1,25 paie 1 000 € pour la même prime de référence.
Ce dispositif est obligatoire et encadré par l'État. Le service-public.gouv.fr rappelle que le système s'applique à tous les véhicules terrestres à moteur soumis à l'obligation d'assurance, à l'exception de certaines catégories comme les véhicules de collection ou les deux-roues de moins de 125 cm³. Le coefficient suit le conducteur et non le véhicule : il est inscrit sur le relevé d'information, document que l'assureur remet sous quinze jours en cas de demande et qui retrace les cinq dernières années de sinistralité.
La prime de référence, elle, reste libre. Chaque assureur la calcule selon le profil du conducteur, le véhicule, la zone géographique et les garanties souscrites. Le CRM ne touche pas à cette base : il l'amplifie ou la réduit selon une règle mathématique identique partout. C'est cette séparation qui explique pourquoi deux conducteurs au même coefficient paient des primes très différentes.
Comment fonctionne le calcul du bonus malus année par année ?
Le calcul du bonus malus suit une logique multiplicative simple, appliquée à chaque échéance annuelle du contrat. La règle de base tient en deux opérations.
Sans aucun sinistre responsable sur l'année écoulée, le coefficient de l'année précédente est multiplié par 0,95. Le résultat est arrondi par défaut à deux décimales. Un conducteur au CRM 1 passe ainsi à 0,95 la première année, puis à 0,90 la deuxième (0,95 × 0,95 = 0,9025, arrondi à 0,90), et ainsi de suite.
À chaque accident responsable, le coefficient est multiplié par 1,25. Si le conducteur est reconnu partiellement responsable, par exemple à 50 %, la majoration tombe à 12,5 %, soit une multiplication par 1,125. Cette distinction figure explicitement à l'annexe de l'article A121-1 du Code des assurances.
L'arrondi systématique par défaut joue en faveur du conducteur sur le bonus : il accélère légèrement la descente vers le plancher. À l'inverse, sur le malus, la majoration s'applique au coefficient en cours, ce qui fait que deux sinistres dans la même année se cumulent de façon multiplicative et non additive.
Le rôle de la date d'échéance
Le calcul se fait à chaque échéance annuelle, et non à la date des sinistres. La période de référence retenue par l'assureur court de deux mois avant l'échéance de l'année précédente à deux mois avant l'échéance en cours. Un sinistre déclaré juste après cette fenêtre est rattaché à l'exercice suivant. Cette mécanique de la période de référence est rarement détaillée par les comparateurs, alors qu'elle conditionne l'année où le malus frappe la prime.
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Barème du bonus malus : le tableau année par année
Le tableau ci-dessous donne le coefficient théorique d'un conducteur qui démarre à 1 et n'a aucun accident responsable. Chaque ligne applique la multiplication par 0,95 et l'arrondi par défaut à deux décimales prévus par le Code des assurances.
| Année sans sinistre | Calcul | Coefficient CRM | Réduction sur la prime |
|---|---|---|---|
| Souscription | 1 × 1 | 1,00 | 0 % |
| 1 an | 1,00 × 0,95 | 0,95 | 5 % |
| 2 ans | 0,95 × 0,95 | 0,90 | 10 % |
| 3 ans | 0,90 × 0,95 | 0,85 | 15 % |
| 4 ans | 0,85 × 0,95 | 0,80 | 20 % |
| 5 ans | 0,80 × 0,95 | 0,76 | 24 % |
| 6 ans | 0,76 × 0,95 | 0,72 | 28 % |
| 7 ans | 0,72 × 0,95 | 0,68 | 32 % |
| 8 ans | 0,68 × 0,95 | 0,64 | 36 % |
| 9 ans | 0,64 × 0,95 | 0,60 | 40 % |
| 10 ans | 0,60 × 0,95 | 0,57 | 43 % |
| 11 ans | 0,57 × 0,95 | 0,54 | 46 % |
| 12 ans | 0,54 × 0,95 | 0,51 | 49 % |
| 13 ans | 0,51 × 0,95 | 0,50 | 50 % |
Au-delà de la treizième année, le coefficient reste bloqué à 0,50 : c'est le plancher légal. Aucun assureur ne peut accorder une réduction supérieure à 50 % au titre du bonus malus seul. Le comparateur LeComparateurAssurance et l'assureur Allianz publient des tableaux identiques, ce qui confirme l'uniformité du barème imposée par l'annexe A121-1.
Côté malus, la progression est nettement plus rapide. Un premier accident responsable porte un CRM de 1 à 1,25, un deuxième à 1,56 (1,25 × 1,25), un troisième à 1,95. Le plafond de 3,50 est atteint après environ cinq accidents responsables consécutifs depuis un coefficient de 1.
Exemples chiffrés de calcul du bonus malus
Trois cas concrets permettent de tracer la mécanique du calcul du bonus malus sur une prime de référence fixée à 800 € pour la lisibilité.
Cas 1 : un conducteur prudent sur dix ans. Parti à 1 lors de sa première souscription, il ne déclare aucun sinistre responsable pendant dix ans. Son CRM atteint 0,57 selon le barème. Sa prime passe de 800 € à 456 € (800 × 0,57), soit une économie annuelle de 344 €. S'il poursuit trois ans de plus sans accident, il atteint le plancher de 0,50 et paie 400 €.
Cas 2 : un accident responsable après cinq ans de bonus. Le conducteur a un CRM de 0,76 après cinq ans sans sinistre. Un accident dont il est entièrement responsable multiplie ce coefficient par 1,25 : 0,76 × 1,25 = 0,95. Sa prime remonte de 608 € à 760 €, soit 152 € de plus. Il lui faudra deux années sans sinistre pour effacer le malus, le CRM repassant alors sous le seuil de 0,90.
Cas 3 : un conducteur partiellement responsable. Reconnu responsable à 50 % d'un accrochage, le conducteur subit une majoration de 12,5 % et non de 25 %. Avec un CRM de départ de 0,80, le calcul donne 0,80 × 1,125 = 0,90. La prime passe de 640 € à 720 €. La responsabilité partagée divise donc par deux l'impact du malus, un point que beaucoup de conducteurs ignorent au moment de la déclaration.
Ces calculs supposent une prime de référence stable, ce qui n'est jamais le cas en pratique : l'assureur révise sa base chaque année selon l'évolution des coûts de réparation et de sa sinistralité. Le CRM amplifie ou réduit cette base mouvante, il ne la fige pas.
Méthode de calcul pas à pas pour vérifier votre coefficient
Vérifier soi-même son coefficient évite les erreurs de report, qui ne sont pas rares lors d'un changement d'assureur. Voici la méthode appliquée par les services de gestion.
- Relevez votre CRM de l'année précédente sur votre dernier relevé d'information ou votre avis d'échéance. C'est le point de départ du calcul.
- Comptez vos sinistres responsables survenus pendant la période de référence, soit la fenêtre allant de deux mois avant l'échéance n-1 à deux mois avant l'échéance en cours.
- Appliquez les multiplications : 0,95 si aucun sinistre responsable, 1,25 par sinistre entièrement responsable, 1,125 par sinistre à responsabilité partagée. Les opérations se cumulent dans l'ordre chronologique.
- Arrondissez par défaut à deux décimales uniquement pour le bonus. Le résultat ne peut jamais descendre sous 0,50 ni dépasser 3,50.
- Comparez le résultat au coefficient inscrit sur votre nouveau contrat. Tout écart doit être signalé à l'assureur, justificatifs à l'appui.
Un simulateur de bonus malus automatise ces cinq étapes, mais le calcul manuel reste le meilleur moyen de détecter une erreur de saisie. Le relevé d'information fait foi : en cas de litige, c'est ce document, et non la mémoire du conducteur, qui tranche.
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Demander un audit gratuitRègles particulières qui modifient le calcul
Le barème de base connaît plusieurs exceptions inscrites dans le Code des assurances, qui jouent presque toujours en faveur du conducteur.
La descente rapide. Après deux années consécutives sans aucun sinistre responsable, le coefficient revient automatiquement à 1, quel que soit le niveau de malus atteint auparavant. Un conducteur monté à 2,50 après plusieurs accidents retrouve donc un CRM de 1 après deux ans propres, sans repasser par les paliers intermédiaires.
La protection du bonus à 50 %. Un conducteur qui détient un CRM de 0,50 depuis au moins trois ans conserve ce coefficient malgré un premier accident responsable. Cette règle, désignée bonus à vie chez plusieurs assureurs, récompense l'ancienneté sans sinistre. Elle ne vaut que pour le premier accident : un second, dans la même période, réactive le malus.
Les sinistres sans malus. Plusieurs sinistres n'affectent pas le coefficient. Le service-public.gouv.fr cite le vol, l'incendie, le bris de glace, les dommages causés par un tiers identifié et responsable, et les cas de force majeure. Un accident dans lequel le conducteur n'a aucune part de responsabilité laisse le CRM inchangé.
Le cas du jeune conducteur. Le jeune conducteur débute systématiquement avec un CRM de 1, sans malus a priori. La surprime qu'il subit n'est pas un malus : il s'agit d'une majoration commerciale distincte, plafonnée à 100 % la première année et dégressive, qui s'applique à la prime de référence avant le CRM. Cette confusion fréquente entre surprime et malus est détaillée dans notre guide complet sur l'assurance auto du jeune conducteur.
Bonus malus et changement d'assureur : ce qui se conserve
Le coefficient est attaché au conducteur et reste acquis lors d'un changement d'assureur. Le relevé d'information transmis par l'ancien assureur, daté de moins de quinze jours, suffit à reporter le CRM sur le nouveau contrat. Aucun assureur ne peut effacer un bonus acquis sous prétexte d'une nouvelle souscription.
Le tableau ci-dessous compare les situations courantes lors d'un changement de contrat.
| Situation | Effet sur le CRM | Document à fournir |
|---|---|---|
| Changement d'assureur | Coefficient conservé à l'identique | Relevé d'information de moins de 15 jours |
| Conduite exclusive d'un nouveau véhicule | CRM transféré du précédent véhicule | Relevé d'information |
| Première souscription sans antécédent | CRM fixé à 1 | Aucun |
| Reprise après interruption de moins de 3 ans | CRM conservé | Relevé d'information d'origine |
| Interruption de plus de 3 ans sans assurance | CRM remis à 1 | Aucun, historique périmé |
Une interruption de plus de trois ans sans contrat d'assurance fait perdre le bénéfice du bonus accumulé : le conducteur repart à 1. Comparer plusieurs offres au moment du changement reste pertinent, car la prime de référence varie fortement d'un assureur à l'autre alors que le CRM, lui, ne bouge pas. Notre comparatif des prix de l'assurance auto par profil et région détaille ces écarts de base tarifaire.
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Être rappelé sous 6hFAQ : calcul du bonus malus
Comment calculer son bonus malus soi-même ?
Multipliez votre coefficient de l'année précédente par 0,95 si vous n'avez déclaré aucun sinistre responsable, ou par 1,25 par accident responsable (1,125 en responsabilité partagée). Arrondissez le bonus par défaut à deux décimales. Le résultat reste compris entre le plancher de 0,50 et le plafond de 3,50 fixés par l'article A121-1 du Code des assurances. Comparez-le ensuite au coefficient inscrit sur votre relevé d'information.
Combien de temps pour atteindre le bonus maximum de 50 % ?
Il faut treize années consécutives sans aucun accident responsable, en partant d'un coefficient de 1, pour atteindre le plancher de 0,50, soit la réduction maximale de 50 %. Le barème issu de l'annexe A121-1 du Code des assurances ne permet aucune accélération de cette descente, hormis la règle de retour automatique à 1 après deux années sans sinistre.
Le bonus malus se conserve-t-il en changeant d'assureur ?
Oui. Le coefficient est attaché au conducteur, pas au véhicule ni au contrat. Le relevé d'information remis par l'ancien assureur, daté de moins de quinze jours, permet de reporter le CRM à l'identique chez le nouvel assureur. Le bonus n'est perdu qu'après une interruption d'assurance de plus de trois ans, qui remet le coefficient à 1.
Un accident non responsable augmente-t-il le malus ?
Non. Un sinistre dans lequel le conducteur n'a aucune part de responsabilité laisse le CRM inchangé. Le vol, l'incendie, le bris de glace, les dommages causés par un tiers identifié et responsable, ainsi que les cas de force majeure n'entraînent aucune majoration, selon le service-public.gouv.fr. Seuls les accidents responsables ou partiellement responsables modifient le coefficient.
Quel est le malus maximum possible ?
Le plafond légal du CRM est fixé à 3,50, soit une prime de référence multipliée par 3,5. Ce niveau s'atteint après environ cinq accidents entièrement responsables consécutifs depuis un coefficient de 1. Aucun assureur ne peut appliquer une majoration supérieure au titre du bonus malus, mais il reste libre de résilier le contrat ou de réviser sa prime de référence à la hausse.
Que devient le malus après deux ans sans accident ?
Après deux années consécutives sans aucun sinistre responsable, le coefficient revient automatiquement à 1, quel que soit le malus atteint auparavant. Cette règle de descente rapide, prévue par le Code des assurances, efface l'historique de majoration sans passer par les paliers intermédiaires. Un conducteur monté à 2 retrouve donc un CRM de 1 après deux ans propres.
Comment France Épargne vous accompagne
France Épargne intervient comme courtier en assurance automobile et accompagne chaque conducteur dans la lecture de son coefficient et l'optimisation de sa prime, au-delà du seul barème légal.
Vérification du relevé d'information
Nos conseillers contrôlent le report du CRM lors de chaque changement de contrat, là où les erreurs de saisie sont les plus fréquentes. Un écart d'un seul palier sur une prime de 900 € représente jusqu'à 45 € par an, récupérables sur simple justificatif.
Comparaison des primes de référence
Le coefficient ne bouge pas d'un assureur à l'autre, mais la prime de référence varie de plus de 30 % selon les acteurs pour un même profil. France Épargne met en concurrence plusieurs assureurs partenaires pour appliquer votre bonus à la base tarifaire la plus avantageuse.
Optimisation patrimoniale globale
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Pour estimer votre prime selon votre coefficient actuel, utilisez nos simulateurs en ligne ou demandez une analyse personnalisée de vos contrats existants. Vous pouvez aussi consulter notre guide pour optimiser le coût de votre assurance automobile et le guide complet des formules et tarifs.
Conclusion
Le calcul du bonus malus obéit à une règle unique et transparente, fixée par l'annexe de l'article A121-1 du Code des assurances : multiplication par 0,95 par année sans sinistre, par 1,25 par accident responsable, dans une fourchette comprise entre 0,50 et 3,50. Maîtriser ce barème permet de vérifier son coefficient, d'anticiper l'effet d'un sinistre et de repérer une erreur lors d'un changement d'assureur. Le coefficient ne représente toutefois qu'une partie de la prime : la base tarifaire, librement fixée par chaque assureur, pèse tout autant. C'est sur cette base que se joue l'essentiel des économies, et c'est là que l'accompagnement d'un courtier prend sa valeur.
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Sources :
- Service-public.gouv.fr : le bonus-malus en assurance auto (F2655) : consulté en 2026
- Code des assurances, article A121-1 (clause type bonus-malus) : Légifrance
- Code des assurances, annexe à l'article A121-1 (texte du barème) : Légifrance
- Code des assurances, article A121-2 : Légifrance
- Code des assurances : chapitre des clauses types (articles A121-1 à A121-2) : Légifrance
- LegiPermis : barème des coefficients bonus-malus : consulté en 2026
- LeComparateurAssurance : calcul du bonus-malus et tableau des coefficients : consulté en 2026
- Allianz : calcul du bonus-malus : consulté en 2026
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