Quelle part de la perte climatique reste sans garantie ?
Un aléa qui frappe la recette sans détruire de bien n'ouvre ni la garantie perte d'exploitation ni le régime des catastrophes naturelles. Cet outil chiffre cette bande et le temps qu'un indice fait gagner, sans projeter de prime.
La perte d'exploitation suppose un dommage matériel, et rien d'autre ne le remplace
La garantie perte d'exploitation d'une multirisque professionnelle ne se déclenche qu'après un dommage matériel garanti par le contrat. France Assureurs présente cette condition comme la condition sine qua non de sa mise en jeu : l'entreprise doit établir qu'un bien assuré a été atteint, puis démontrer le lien entre cette atteinte et la baisse d'activité. Les couvertures de perte d'exploitation sans dommage restent des extensions rares et étroitement définies, réservées à quelques causes nommées comme la carence d'un fournisseur ou l'impossibilité d'accès.
Or une part croissante de la perte climatique ne détruit rien. Une canicule vide les terrasses et impose l'arrêt de postes de travail. Un hiver sans neige ferme des remontées mécaniques intactes. Un étiage prolongé sur le Rhin réduit le chargement des barges. Une semaine de pluie annule un festival. Un régime de vent trop faible prive un parc éolien de recette. Dans chacun de ces cas, aucun bien n'est atteint, donc aucune garantie ne s'ouvre, et le régime des catastrophes naturelles reste hors jeu puisqu'il exige à la fois un arrêté interministériel et un dommage matériel.
Pourquoi le délai compte autant que le montant
Quand un dommage matériel existe et qu'un arrêté de catastrophe naturelle est publié, l'indemnisation suit la chaîne de délais de l'article L125-2 du code des assurances : déclaration dans les 30 jours de la publication, information de l'assuré et expertise ordonnée sous un mois, provision sous deux mois après remise de l'état estimatif, proposition d'indemnisation sous un mois après le rapport définitif, versement sous 21 jours après accord. Cumulés, ces délais portent le règlement jusqu'à 171 jours après l'arrêté, sans compter le temps d'instruction de l'arrêté lui même.
Un contrat indiciel remplace cette chaîne par un constat de franchissement. Howden France annonce un versement sous 15 jours, sans expertise ni pièce justificative financière. Sur une trésorerie de PME, l'écart entre ces deux calendriers pèse souvent davantage que l'écart de montant : la marge perdue pendant la saison ne se rattrape pas six mois plus tard, quand les charges fixes ont continué de courir et que le fonds de roulement a absorbé le choc.
Ce que cet outil ne dit pas : votre corrélation et votre prime
Cet outil donne un ordre de grandeur, jamais un devis. Il répartit la recette exposée sur 365 jours et la multiplie par le nombre de journées d'aléa que vous déclarez, ce qui suppose une saisonnalité déjà intégrée dans la part de recette retenue. Une activité dont 80 % du résultat se joue en juillet et août doit raisonner sur la marge de ces deux mois, pas sur une moyenne annuelle lissée.
Le point décisif reste hors de portée d'un curseur : la corrélation entre votre chiffre d'affaires mensuel et la série climatique du point de mesure retenu. C'est elle qui détermine si un indice a un sens, lequel choisir, et où placer le seuil. Elle commande aussi le risque de base, l'écart entre l'indemnité déclenchée et la perte réelle, qui se réduit sans jamais disparaître. Aucun barème public n'existe par ailleurs sur ce marché : la prime se calcule sur la probabilité historique de franchissement du seuil retenu, appliquée au montant d'indemnité choisi.