
Seuils d'entrée de l'assurance vie luxembourgeoise : fonds externes dès 125 000 euros, FID dès 250 000 euros, FAS dès 1 million. Découvrez quel niveau vous correspond.
L'assurance vie luxembourgeoise bénéficie d'une réputation d'excellence auprès des épargnants avertis. Mais contrairement à une idée reçue persistante, elle n'est pas réservée aux patrimoines à huit chiffres. Les seuils d'accès démarrent, selon les compagnies, à partir de 125 000 euros pour un contrat en fonds externes, et s'échelonnent jusqu'à plus d'un million d'euros pour les véhicules les plus sophistiqués. À chaque palier correspond un niveau de personnalisation, de supports accessibles et de frais spécifique.
Le marché de l'assurance vie au Luxembourg représente près de 220 milliards d'euros d'actifs gérés, dont environ 40 milliards pour les seuls résidents français, selon les données du Commissariat aux Assurances. Pourtant, beaucoup d'épargnants hésitent à franchir le pas faute de comprendre précisément ce que chaque niveau d'accès débloque, et à partir de quel montant l'intérêt réel dépasse les coûts supplémentaires. Ce guide vous donne les clés pour évaluer si un contrat luxembourgeois est pertinent pour votre situation, et à quel niveau y accéder.
Le contrat d'assurance vie luxembourgeois ne fonctionne pas selon un schéma unique. Il propose une architecture modulaire, organisée en quatre niveaux d'accès progressifs. Chaque palier ouvre des possibilités d'investissement supplémentaires et un degré de personnalisation croissant.
Le premier niveau d'accès au contrat luxembourgeois est le fonds externe. Le souscripteur investit dans une sélection de fonds d'investissement (OPCVM, ETF, fonds euros) référencés par la compagnie d'assurance. Le fonctionnement est comparable à celui d'un contrat multisupport français haut de gamme, à une différence près : les actifs bénéficient du triangle de sécurité luxembourgeois, ce qui signifie qu'ils sont déposés chez une banque dépositaire indépendante et séparés du bilan de l'assureur.
Le seuil d'entrée varie selon les compagnies : certaines acceptent des primes initiales de 125 000 euros, d'autres exigent 250 000 euros. L'univers d'investissement est généralement plus large que celui d'un contrat français classique, avec un accès à des fonds internationaux, des fonds en devises (dollar, franc suisse, livre sterling) et parfois des fonds institutionnels habituellement réservés aux investisseurs professionnels.
Le Fonds Interne Dédié (FID) de Classe A constitue le véritable saut qualitatif du contrat luxembourgeois. À partir de 250 000 euros, le souscripteur dispose d'un portefeuille d'investissement créé exclusivement pour lui, géré par un gestionnaire financier indépendant agréé par la CSSF. Ce gestionnaire définit et pilote l'allocation d'actifs selon un mandat de gestion personnalisé, adapté au profil de risque, à l'horizon de placement et aux objectifs patrimoniaux du souscripteur.
Le FID Classe A donne accès à un univers d'investissement élargi : actions individuelles cotées, obligations souveraines et corporate, ETF, fonds de toutes juridictions, et certains produits structurés. Le souscripteur n'intervient pas dans les décisions d'investissement quotidiennes, mais valide le mandat et peut ajuster ses orientations lors de points réguliers avec le gestionnaire.
À partir de 500 000 euros, le FID de Classe B offre une flexibilité d'investissement encore supérieure. Le gestionnaire peut intégrer des instruments plus complexes : produits structurés sur mesure, fonds alternatifs, positions en devises multiples. La politique d'investissement est définie avec un degré de granularité plus fin, permettant par exemple de surpondérer un secteur géographique spécifique, d'intégrer des convictions thématiques (technologie, santé, transition énergétique) ou de mettre en place des stratégies de couverture.
Le FID Classe B est adapté aux investisseurs qui souhaitent une gestion de conviction, proche de ce que proposerait un family office, mais logée dans l'enveloppe fiscale avantageuse de l'assurance vie. Les frais de gestion du gestionnaire sont généralement dégressifs à ce niveau de patrimoine.
Le Fonds d'Assurance Spécialisé (FAS) est le niveau d'accès le plus exclusif du contrat luxembourgeois. À partir d'un million d'euros, le souscripteur peut choisir directement les instruments financiers au sein de son portefeuille, sous le contrôle de la banque dépositaire et de la CSSF. Le FAS permet d'intégrer des actifs habituellement inaccessibles dans un contrat d'assurance vie : parts de fonds de private equity, hedge funds, fonds d'infrastructure, dette privée, voire certains actifs non cotés sous conditions.
Le FAS représente le plus haut degré de personnalisation disponible en assurance vie en Europe. Il s'adresse à des investisseurs disposant d'une culture financière solide et accompagnés par un conseil en gestion de patrimoine expérimenté. La sélection des actifs est soumise à des contraintes réglementaires strictes : la CSSF vérifie l'éligibilité de chaque instrument et la banque dépositaire s'assure de la valorisation et de la conservation des actifs.
| Critère | Fonds externe | FID Classe A | FID Classe B | FAS |
|---|---|---|---|---|
| Seuil d'entrée | 125 000 - 250 000 euros | 250 000 euros | 500 000 euros | 1 000 000 euros + |
| Supports accessibles | OPCVM, ETF, fonds euros, fonds internationaux | Actions cotées, obligations, ETF, fonds multi-juridictions | Idem + produits structurés, fonds alternatifs | Idem + private equity, hedge funds, dette privée, actifs non cotés |
| Mode de gestion | Sélection parmi les fonds référencés par l'assureur | Mandat de gestion personnalisé (gestionnaire agréé CSSF) | Mandat de gestion élargi, allocation de conviction | Sélection directe des instruments par le souscripteur |
| Personnalisation | Limitée (choix parmi un catalogue) | Élevée (allocation sur mesure) | Très élevée (stratégies de conviction) | Maximale (architecture totalement ouverte) |
| Frais de gestion assureur | 0,50 % - 1,00 % / an | 0,50 % - 0,80 % / an | 0,50 % - 0,70 % / an | 0,40 % - 0,60 % / an |
| Frais du gestionnaire | Intégrés aux fonds (non visibles) | 0,30 % - 0,80 % / an | 0,30 % - 0,70 % / an | 0,30 % - 0,60 % / an (souvent négociables) |
| Frais d'entrée contrat | 0 % (majorité des compagnies) | 0 % | 0 % | 0 % |
| Profil type | Patrimoine financier 150 000 - 500 000 euros, recherche de protection | Patrimoine 500 000 - 1 000 000 euros, gestion déléguée personnalisée | Patrimoine 1 000 000 - 3 000 000 euros, investisseur averti | Patrimoine > 2 000 000 euros, quasi-family office |
Sources : conditions générales des principales compagnies luxembourgeoises (Lombard International, OneLife, Sogelife, La Baloise), données compilées par France Épargne.
Répondez à quelques questions sur vos objectifs et découvrez quel type de contrat correspond à votre profil.
Faire le quizAu-delà des montants, il est essentiel de comprendre ce que chaque palier apporte en termes de valeur ajoutée concrète.
Le fonds externe est adapté aux épargnants qui recherchent avant tout la protection du triangle de sécurité et un univers de fonds plus large que celui des contrats français. Si votre objectif principal est de sécuriser votre épargne au-delà du plafond de 70 000 euros du FGAP français, le fonds externe remplit cette fonction dès le premier niveau.
Le FID transforme votre contrat d'assurance vie en un véritable mandat de gestion patrimoniale. Vous ne choisissez plus parmi un catalogue de fonds : un professionnel construit une allocation sur mesure pour vous, en tenant compte de l'ensemble de votre patrimoine, de votre situation familiale, de votre fiscalité et de vos projets. C'est ce niveau qui distingue réellement le contrat luxembourgeois d'un très bon contrat français en ligne.
Le FAS s'adresse aux investisseurs qui souhaitent accéder à des classes d'actifs réservées aux institutionnels : private equity (rendements cibles de 8 % à 15 % annualisés, avec un risque de liquidité), dette privée, fonds de co-investissement, ou produits structurés indexés sur des indices non standards. Le FAS est souvent utilisé dans le cadre de stratégies de diversification avancées, en complément d'un patrimoine immobilier et financier déjà constitué.
Isabelle, 52 ans, cadre dirigeante dans l'industrie pharmaceutique, dispose d'un patrimoine financier de 500 000 euros actuellement placé sur un contrat d'assurance vie français haut de gamme. Les frais de gestion annuels de son contrat actuel sont de 0,75 % sur les unités de compte, et elle a accès à environ 400 supports (OPCVM et ETF). Elle envisage un départ en expatriation au Portugal dans trois ans.
Option A : rester sur son contrat français. Isabelle conserve un bon contrat avec des frais maîtrisés, mais :
Option B : ouvrir un contrat luxembourgeois avec FID Classe A. Isabelle investit 500 000 euros dans un FID géré par un gestionnaire indépendant agréé par la CSSF. Coût annuel total estimé :
| Poste de frais | Montant annuel | Pourcentage |
|---|---|---|
| Frais de gestion assureur | 3 000 euros | 0,60 % |
| Frais du gestionnaire FID | 2 500 euros | 0,50 % |
| Frais internes des supports (moyenne) | 1 000 euros | 0,20 % |
| Total annuel | 6 500 euros | 1,30 % |
Avec son contrat français, Isabelle payait environ 0,75 % de frais assureur + 1,80 % de frais internes moyens de ses OPCVM, soit un total d'environ 2,55 %. Le passage au Luxembourg avec un FID investissant majoritairement en ETF et en titres vifs lui permet de réduire son coût total de 2,55 % à 1,30 %, soit une économie de 6 250 euros par an. Sur 15 ans avec un rendement brut de 5 %, cette économie de frais représente un surcroît de capital d'environ 115 000 euros.
En prime, Isabelle bénéficie du triangle de sécurité (protection intégrale de ses 500 000 euros), d'une gestion personnalisée et d'une neutralité fiscale qui simplifiera considérablement son expatriation au Portugal.
Verdict : pour Isabelle, le contrat luxembourgeois en FID est nettement plus avantageux que son contrat français actuel, tant en termes de protection que de coût réel et d'adaptabilité à sa mobilité internationale.
Rendements, frais, supports : visualisez les différences entre les meilleurs contrats du marché.
Voir le comparatifAntoine, 61 ans, entrepreneur ayant récemment cédé son entreprise, dispose de 2 000 000 euros de liquidités à placer. Il souhaite diversifier au-delà des marchés cotés traditionnels et s'intéresse au private equity et à la dette privée, tout en conservant l'enveloppe fiscale de l'assurance vie pour optimiser la transmission à ses enfants.
Antoine ouvre un contrat luxembourgeois avec un FAS de 2 000 000 euros. Son allocation, définie avec son conseil en gestion de patrimoine et validée par la CSSF :
Le coût annuel total de son FAS :
| Poste de frais | Montant annuel | Pourcentage |
|---|---|---|
| Frais de gestion assureur | 10 000 euros | 0,50 % |
| Frais du gestionnaire | 8 000 euros | 0,40 % |
| Frais internes des supports (moyenne pondérée) | 14 000 euros | 0,70 % |
| Total annuel | 32 000 euros | 1,60 % |
Ce coût est supérieur à celui d'un contrat classique investi uniquement en ETF. Mais l'accès au private equity et à la dette privée, qui offrent historiquement une prime de rendement de 3 à 5 points par rapport aux marchés cotés (source : France Invest, étude annuelle de performance du capital-investissement français), compense largement ce surcoût. Sur 10 ans, avec un rendement global de 7 % brut (tenant compte de la poche alternative), Antoine peut espérer un capital d'environ 3 935 000 euros après frais totaux de 1,60 %, contre environ 3 440 000 euros avec un placement classique à 5 % brut et 1 % de frais. Soit un gain net d'environ 495 000 euros, qui bénéficiera de l'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire en matière de succession.
Verdict : pour Antoine, le FAS est l'outil idéal pour accéder à des classes d'actifs réservées aux institutionnels tout en conservant l'avantage fiscal et successoral de l'assurance vie.
Il serait malhonnête de laisser croire que le contrat luxembourgeois est systématiquement supérieur au contrat français. Dans certaines situations, la complexité et les coûts supplémentaires ne se justifient pas.
Pour un patrimoine financier inférieur à 250 000 euros, le contrat luxembourgeois présente un rapport coût/bénéfice défavorable. L'accès au FID est impossible, et le fonds externe, bien que protégé par le triangle de sécurité, n'offre pas une personnalisation significativement supérieure à celle d'un excellent contrat français en ligne. Les frais de gestion de l'assureur luxembourgeois, combinés aux frais administratifs (convention tripartite, banque dépositaire), représentent un coût fixe incompressible qui pèse proportionnellement davantage sur un petit encours.
Par ailleurs, la protection du FGAP à 70 000 euros couvre une part significative d'un patrimoine de 250 000 euros si celui-ci est réparti sur deux ou trois contrats auprès d'assureurs différents. La stratégie de diversification des assureurs est plus simple et moins coûteuse que le recours au Luxembourg pour ce niveau de patrimoine.
L'un des avantages majeurs du contrat luxembourgeois est sa neutralité fiscale, qui prend tout son sens en cas de changement de pays de résidence. Si vous êtes résident français, que vous comptez le rester et que votre patrimoine financier est inférieur à 500 000 euros, un contrat français haut de gamme via un courtier spécialisé vous offrira une expérience comparable à moindre coût et moindre complexité.
Le contrat luxembourgeois implique davantage d'interlocuteurs (assureur, banque dépositaire, gestionnaire financier, courtier), une documentation contractuelle plus volumineuse (convention tripartite, mandat de gestion, conditions du FID) et des délais de traitement parfois plus longs que ceux d'un contrat français en ligne. Si vous recherchez la simplicité avant tout, et que votre patrimoine est correctement protégé par le FGAP, un bon contrat français est plus adapté.
En résumé, le contrat luxembourgeois devient réellement pertinent à partir de 250 000 euros, et prend toute sa dimension à partir de 500 000 euros (accès au FID avec une économie de frais significative grâce aux supports institutionnels) ou lorsque la mobilité internationale est un paramètre de votre vie patrimoniale.
Allocation, frais, fiscalité : nos conseillers patrimoniaux analysent votre situation gratuitement.
Être rappelé sous 6hL'ouverture d'un contrat d'assurance vie luxembourgeois ne s'improvise pas. Le choix de la compagnie, du niveau d'accès, du gestionnaire financier et de la banque dépositaire conditionne la qualité et le coût de votre contrat pour les années à venir. France Épargne vous accompagne à chaque étape de ce processus.
Le contrat d'assurance vie luxembourgeois est un outil patrimonial puissant, mais ce n'est pas un produit universel. Sa pertinence dépend de votre niveau de patrimoine financier, de vos objectifs de diversification, de votre besoin de protection au-delà du plafond du FGAP et de votre mobilité internationale actuelle ou anticipée. Avec des seuils d'accès échelonnés de 125 000 euros à plus d'un million d'euros, il offre une réponse graduée à des besoins patrimoniaux croissants.
Le fonds externe protège vos actifs. Le FID vous offre une gestion véritablement personnalisée. Le FAS ouvre les portes du private equity et des actifs non cotés. À vous de déterminer, avec l'aide d'un conseil spécialisé, quel niveau correspond à votre situation. Et si vous êtes en dessous de 250 000 euros de patrimoine financier, ne négligez pas les excellents contrats français en ligne qui offrent déjà un rapport qualité-prix remarquable pour des frais parmi les plus bas du marché.
À lire également :
Sources : Commissariat aux Assurances du Luxembourg (rapport annuel), CSSF (cadre réglementaire des FID et FAS), France Assureurs (données encours assurance vie France : 2 107 milliards d'euros, 54 millions de contrats), ACPR (étude comparative des frais), France Invest (étude annuelle de performance du capital-investissement français).
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